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Full text of "Le Capitole romain antique et moderne: La Citadelle, les temples, le Palais sénatorial, le ..."

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OUVRAGES DU MEME AUTEUR 



COLA DI RIENZO. — HISTOIRE DE ROME DE 1342 A i354. 

Un volume in-8*, avec gravures et cartes. — Paris, Lahure, i88'3. 

LE SAINT-SIÈGE ET LES JUIFS. - LE GHETTO A ROME. 

Un volume grand in-8*, avec planche hors texte, gravures et plan. — 
Paris, FiRMis-DiDOT, 1891. 

LES CORPORATIONS OUVRIÈRES DE ROME DEPUIS LA CHUTE 
DE L'EMPIRE ROMAIN. 

Ouvrage couronné par l'Académie française. Deux volumes in-4% avec 
planches hors texte. — Paris, A. Picard et Fils, 189^. 

COURTISANES ET BOUFFONS.— Étude de mœurs romaines au XVI* siècle. 
Un volume in 8*. — Paris, E. Flammarion, 1894. 

RENÉE DE FRANCE {DUCHESSE DE FERRARE). 

Ouvrage couronné par l'Académie française. Un volume in-8% avec por- 
trait. — Paris, Paul Ollendorff, 1896. 

TOLLA LA COURTISANE. — Esquisse de la vie privée à Rome en Van du 
j utile 1700. 

Un volume in-12. — Paris, E. Flammarion, 1897. 

BONAPARTE ET LES ILES IONIENNES. — Un épisode des guerres de 
la République et du Premier Empire. 

Ouvrage honoré d'une souscription du Ministère de l'Instruction pu- 
blique. Un volume in-8% avec cartes. — Paris, F. Alcan, 1899. 

LES DERNIERS TEMPS DU SIÈGE DE LA ROCHELLE. — Relation 
du Nonce apostolique. 

Un volume in-8* avec cartes et plans. — Paris, A. Picard et Fils, 1899. 

AVENTURES D'UN GRAND SEIGNEUR ITALIEN A TRAVERS L'EU- 
ROPE EN 1606. 

Un volume in-12. — Paris, E. Flammarion, 1899. 

ÉLISA NAPOLÉON (BACIOCCHI) EN ITALIE. 

Un volume in-12, avec portrait. — Paris, E. Flammarion, 1900. 

LES INSTITUTIONS COMMUNALES DE ROME SOUS LA PAPAUTÉ. 
Un volume in-iX — Paris, A. Picard et Fils, 1901. 

LES INFORTUNES D'UNE PETITE-FILLE D'HENRI IV, MARGUE- 
RITE D'ORLÉANS, GRANDE-DUCHESSE DE TOSCANE. 

Un volume in-8' avec portraits et fac-similé. — Paris, E. Flammarion, 1902. 



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LE CAPITOLE ROMAIN 



ANTIQUE ET MODERNE 



Ef RODOCANACHI 



LE 

CAPITULE ROMAIN 

ANTIQ.UE ET MODERNE 

LA CITADELLE - LES TEMPLES 
LE PALAIfi SÉNATORIAL — LE PALAIS DES CONSERVATEURS 
•. LE AfUSÉE 

OUVKAaE CONTENANT 4q GRAVURES DANS LE TESTE 



PARIS 

LIBRAIRIE HACHETTE ET C" 



1905 



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A. 

^' 5 UNE VISITE AU CAPITULE 

'\ Avant (V entreprendre Vhtstoire et de décrire les aspects 

Z^ l successifs des monuments capitolins, il a paru utile de 

z donner la description de Vétat actuel de la place et des trois 

' palais qui l'entourent et d'^indiquer à qui en fait la visite 

^ ce qui semble le plus digne d'' attention , 
>^ 

"^ T^LACE DU Capitole ET VOIES d'accès. — L'escalier monu- 
"^ r^ mental par lequel on accède de la place d'Aracœli au 
Capitole, est dû à Tarchitecte Giacomo délia Porta 
qui eut une grande part dans les travaux d'achèvement des 
palais capitolins. Il fut commencé en Tannée 1677 et 
promptement achevé (p. iSg). Les deux spfiinx que Ton 
voit au bas, de chaque côté, sont la reproduction de ceux 
qu'y fit placer Pie IV et qu'on avait découverts près de 
réglise Santa Maria supra Minerva ; les originaux se 
trouvent actuellement dans la cour du nouveau palais 
(celui de gauche), de chaque côté de la statue de Marforio. 
La substitution eut lieu en i885. 

Le petit jardin triangulaire qui se trouve à gauche de 
Tescalier, entre celui-ci et Tescalier conduisant à l'égHse 
d'Aracœli fut, jusqu'en 1818, un dépôt d'immondices. On 
y voit actuellement une médiocre statue de Mazini repré- 
sentant le tribun Cola di Rienzo et, un peu plus haut, 
une cage contenant des louves. Jadis les Romains conser- 
vaient un lion au Capitole (p. 175). A droite de l'escalier 
se trouve une rampe à quatre lacets par laquelle les voi- 
tures atteignent la place ; elle porte le nom de Via délie 
Tre Pile à cause des trois Piepates ou pots qui figurent 






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LE CAPITULE ROMAIN, 



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dans les armes du pape Innocent XII, le créateur de cette 
' voie, et qui sont représentés sur une borne assez élevée 
située au troisième tournant (p. 144). 

Les deux groupes des Dioscures qui ornent le haut de 
Tescalier furent placés en cet endroit par les soins du pape 
Grégoire XIII, en i583 ; on les avait découverts une 
vingtaine d'années auparavant dans le ghetto et Valsoldo 
les avait restaurés. Michel-Ange, dans le projet de transfor- 
mation du Capitole qu'il fit en i535 à Toccasion de la venue 
de l'empereur Charles-Quint, avait proposé de disposer 
deux groupes à cette place mais en long et se faisant 
face (p. 142). 

La balustrade qui borde la place fut achevée en 1692 ; 
on y plaça, en iSgo, les trophées dits de Marius qui s'y 
voient encore; ils proviennent du « château de TAcqua 
Marcia » situé sur TÊsquilin (p. 142). A Tune des extrémités 
de la balustrade {Cordonata), fut disposée, vers la même 
époque, la borne milliaire qui marquait le premier mille 
sur la voie Appienne où elle avait été retrouvée en i583. 
Une autre borne milliaire, trouvée un peu plus loin, lui 
sert de pendant. Jadis une boule les surmontait Tune et 
l'autre (p. 142). Les deux statues de Constantin et de son 
fils Constance qui se voient entre les trophées et les co- 
lonnes ne furent amenées à cette place qu'en i653; elles 
étaient antérieurernent sur les degrés qui mènent de la 
place du Capitole à l'église d'Aracaeli. La base de la statue 
de Constantin existe encore à cette place; elle forme le 
coin de l'escalier et son nom s'y voit gravé. Une troisième 
statue, représentant le deuxième fils de l'empereur, figu- 
rait au même endroit; elle passa ensuite au musée du 
Capitole et se trouve actuellement au Latran où la fit 
transporter le pape Clément XII (1737). Ces trois statues 
avaient été découvertes dans les thermes de Constantin 
(p. 142, 199). 

Cheval de Constantin. — Au centre de la place qui 
servit de marché jusqu'en l'année 1477, s'élève depuis i538, 
la statue équestre de Marc-Aurèle, érigée primitivement 
sur le Forum, puis amenée avant le ix^ siècle devant la 




UNE VISITE AU CAPITOLE. Vil 

basilique de Latran. On supposa longtemps qu'elle repré- 
sentait l'empereur Constantin et que le sort de la ville était 
attaché à sa conservation. Ce fut ce qui en empêcha la 
destruction. Cette statue est un des plus beaux monuments 
de bronze qui nous soient parvenus. « Tous les autres che- 
vaux de bronze doivent être les très humbles serviteurs de 
celui-là » disait le président De Brosses au xviii« siècle. 
D'aucuns assurent qu'en se plaçant en avant du cheval et 
un peu à gauche, on croit voir une chouette formée par 
les oreilles et une mèche de la crinière ; c'est à cette illu- 
sion qu'il faut sans doute attribuer l'étrange légende qu'on 
racontait au sujet de ce groupe (p. 128). L'idée d'en déco- 
rer le place du Capitôle est due à Michel Ange et ce fut 
la seule partie de son programme qui fut exécutée de son 
vivant. Thorwaldsen et l'architecte français Valadier y ont 
fait des restaurations en i836. Le bloc énorme qui lui sert 
de piédestal vient du forum de Trajan. Au xvii*^ siècle, le 
' cheval de Constantin avait son gardien spécial (p. i36). 
Les degrés et le portique qui donnent accès d'une part au 
Monte Tarpeio et de l'autre à l'église Santa Maria Aracaeli, 
sont de Vignole (p. 189). 

Palais sénatorial. — Le palais central est celui où le 
sénateur, magistrat judiciaire généralement étranger à la 
ville, rendait la justice civile et criminelle. Il s'élève à 
l'emplacement iqu'occupait au moyen âge le château fort 
dans lequel se réunissaient les représentants du peuple 
et que le pape Luce II tenta vainement de prendre d'as- 
saut en 1145 (p. 63). 

Façade. — La façade actuelle a été construite par 
Girolano Rinaldi sur les plans de Michel Ange et de 
Giacomo délia Porta; elle fut achevée sous le pontificat 
de Clément VIII, entre 1692 et i6o5. On l'a appliquée sur 
les anciennes constructions et l'on voit très nettement, de 
chaque côté, le point de suture (p. 149). L'escalier double 
qui mène à la grande porte date de 1682 ; la fontaine qui 
est au-dessous fut terminé en i588, non sans de grandes 
discussions entre le conseil communal qui voulait être 



VIII LE CAPITULE ROMAIN. 

assuré qu'on y amènerait de Teau et le pape qui en avait 
proposé le plan. De fait, Teau n'y fut amenée que trente 
ans après, en 1619 (p. 148). 

Les deux groupes qui ornent cette fontaine sont un pré- 
sent du pape Léon X; ils paraissent dater du temps des 
Antonins et viennent du temple de Sérapis situé sur le 
mont Quirinal; ils furent transportés au Capitole en 1517. 
L'une des figures représentait le Tigre; on remplaça le 
tigré qui figurait à ses côtés par une louve et on en fit ainsi 
l'image du Tibre. 

L'autre représente le Nil. Avant de décorer la façade du 
palais sénatorial, elles se trouvaient au pied du palais des 
conservateurs (p. 121). La statue de basalte rouge qui est 
au centre de la fontaine, était une Minerve ; on en a fait une 
représentation de Rome. Elle fut placée en cet endroit en 
1692, remplaçant une statue plus grande. En 1614, on y 
fit certaines réparations; en i653, on lui refit le bras, le . 
nez, deux doigts ; plus tard, l'autre bras et presque tout 
le corps (p. 148). 

Sur la façade, an-dessous du premier étage sont des 
plaques de marbre glorifiant la prise de Rome et portant 
les noms des soldats morts en cette circonstance, le 20 sep- 
tembre 1870. Les plus basses remplacent des fenêtres par 
l'une desquelles, celle inférieure de droite, les prisonniers 
enfermés au Capitole, sollicitaient la charité des passants 
(p. 161). 

Les fenétrçs du premier étage, construites en iSçS, éclai- 
rent la grande salle d'audience. A droite et à gauche de la 
grand'porte sont les armes du peuple et celles du royaume 
d'Italie; plus haut une inscription à la gloire de Clé- 
ment VIII (1592-1605). 

Campanile. — Le campanile que Michel Ange avait conçu 
peu élevé, a trois étages; il fut commencé en 1678 par 
Martino Lunghi dont le plan avait été adopté après con- 
cours, et terminé en deux ans. Le nom du pape, régnant, 
Grégoire XIII, se voit gravé an sommet, sur les quatre 
faces. La statue qui le surmonte fut enlevée durant le pon- 
tificat de Sixte-Quint qui ne voulait pas qu'une représenta- 



UNE VISITE AU CAPITULE. IX 

tion idolâtre fût placée au-dessus des cloches (i585) (p. 147). 
Ce fut en 1804 que le conseil communal fit installer la pen- 
dule qui orne le campanile; elle coûta 260 écus (p. 222). 
Du haut du campanile, on jouit d'une vue incomparable 
sur la ville et la campagne de Rome. 

Façade orientale. — La façade du côté oriental, don- 
nant dans la ruelle qui conduit à Tare de Septime Sévère 
{Via delV Arco di Setttmio), est la plus intéressante partie 
de rédiflce ; près de la place s'élève la tour de Martin V 
ainsi dénommée parce que ce pape la fit restaurer en 1427 ; 
dans la partie inférieure, se voient à droite en haut, près 
dé Tarète de la tour, les armes du sénateur Nicolo Tolosano 
(1544-1545), au-dessous, celles de la famille Gualdi flan- 
quées de deux inscriptions rappelant les noms de Galleotto 
et de son fils Francesco, sénateurs de Rome en i5io et en 
i53o; plus bas à gauche une inscription rappelant les 
travaux accomplis dans le palais sénatorial par le pape 
Innocent XII (1692); les quatre pendentifs qui sont au-des- 
sous contiennent les armes des trois conservateurs et celles 
du prieur des caporioni en exercice au moment de l'appo- 
sition de la plaque commémorative ; plus à gauche, un 
groupe de bas-reliefs dont Tun était supposé représenter 
Teffigie de Scipion l'Africain ; un peu plus haut, à part, les 
armes du sénateur Giacomo Bovio (i5i4) sommées d'une 
fleur de lis (p. i25). 

Plus bas s'ouvre une porte donnant actuellement sur une 
petite terrasse; elle était jadis au niveau du sol et servait 
d'entrée au grenier à sel qui était dans le Tabularium. On 
la nomme porte de Sixte IV car ce fut sous son pontificat, 
en 1477, qu'elle fut construite. Ses armes, le chêne des 
Délia Rovere^ sont gravées au-dessus ; celles du peuple 
sont à gauche, celles du cardinal d'Estouteville, camer- 
lingue, à droite. Dans la frise sont trois petits écussons; 
ceux des extrémités sont surmontés d'un porc, armes de la 
famille Porcari, dont un membre, Bernardo Porcio, était 
alors chef de quartier ; l'attribution de l'écusson du centre 
est incertaine (p. 98, 218). 

L'angle de cette façade et de la façade sud est formé 



X LE CAPITOLE ROMAIN. 

par la tour de Nicolas V ; on y voit ses armes tout près 
du faîte, à côté de celles du pape Innocent VIII et du car- 
dinal Cibo, son neveu, placées un peu plus bas (p. 87). 

Façade sud. — La façade tournée vers le Forum se com- 
pose de deux parties bien distinctes ; la partie inférieure 
qui est l'ancien Tabularium, seul vestige des monuments 
romains qui s'élevaient sur la colline capitoline, et la partie 
supérieure qui date du xvii® siècle sans doute. Le Tabula- 
rium servait de dépôt pour les documents publics; au 
moyen âge, il avait été transformé en grenier à sel ; les 
paiois en furent même corrodées à ce point que Ton dut, en 
1604 et en 1612, consacrer des sommes importantes à des 
travaux de soutènements, car tout Tédifice et principale- 
ment la salle d'audience menaçaient ruine (p. 178). Les 
pierres qui forment la partie subsistante du Tabularium 
sont en péperin et mesurent de i'",io à i'",i5 de longueur; 
le mur a quatre mètres d'épaisseur. Les fenêtres qui 
donnent sur le Forum étaient, au moyen-âge, au niveau du 
sol ; Tune d'elles à droite avait même été élargie afin de 
servir de porte et c'est par* là que les bêtes de somme 
apportaient les sacs de sel débarqués sur la berge du 
Tibre (p. 70). Un long corridor règne dans toute la lon- 
gueur du Tabularium et aboutit à la porte de Sixte IV 
dont il a été parlé et qui est actuellement condamnée. Un 
escalier relie cette galerie à l'étage supérieur. Jadis le 
Tabularium comprenait encore un étage qui a été rasé lors 
des invasions des barbares. C'est du Tabularium que part 
l'escalier conduisant au haut du campanile. On a fixé 
au mur de cet escalier des étalons de mesure linéaire et 
une inscription commémorant le don fait par l'empereur 
Frédéric II du char de guerre, du carroccio, des Milanais, 
pris par lui à la bataille de Cortenuova en 1287 (p. 86). 

Façade occidentale. — On a accès au Tabularium par 
une haute porte carrée qui se trouve sur la façade occi- 
dentale du Capitole, dans la Via capitolina (p. loi). Un 
peu plus haut, entre les deux tours dites de Boniface IX 
(p. 74) est la porte des services municipaux qui sont établis 



UNE VISITE AU CAPITULE. xi 

dans les parties modernes du monument; c'était rentrée 
des prisons. Les exécutions se faisaient soit devant le pa- 
lais, sur la place du Capitole, soit au gibet' élevé sur le 
sommet du Monte Tarpeo ; le sénateur était tenu d'y assis- 
ter de la fenêtre qui se trouve dans la tour formant Tangle 
de la façade occidentale et de la façade septentrionale 
(p. 84, io3). 

Intérieur du palais sénatorial. — L'intérieur du palais 
sénatorial, où l'on ne pénètre d'ailleurs qu'avec quelque 
peine, est peu intéressant; on n'y remarque guère que la 
grande salle où le sénateur tenait la justice et où avaient 
lieu Les cérémonies, couronnements poétiques, réceptions 
de grands personnages, installations de nouveaux magis- 
trats. Les noms des papes Sixte-Quint et Paul V, qui lui 
donnèrent son aspect présent, sont inscrits sur le linteau 
des deux principales portes (p. i5i). On a encastré, dans 
le mur, des fragments de fresque trouvés dans les soubas- 
sements du palais et une représentation de la Madone, 
fort en vénération au moyen-âge et qui se trouvait au- 
dessus de l'escalier principal intérieur (p. 88, 219). Dans 
une salle voisine sont les étendards des anciens quartiers 
de Rome décorés de leurs armoiries. 

Palais des Conservateurs. — A droite de la place 
s'élève le palais des conservateurs. Commencé avant la fin 
du xiv^ siècle, alors que les conservateurs, qui avaient suc- 
cédé aux bannerets, étaient en passe de devenir les repré- 
sentants effectifs du peuple, il prit de plus en plus d'im- 
portance en même temps que leur puissance s'accroissait. 
Il ne fut d'ailleurs achevé qu'à la fin du xvi^ siècle sous la 
direction de l'architecte Giovanni delDuca. Aux antiques 
arcades qui s'ouvraient sur la place et sur la cour inté- 
rieure où l'on en peut découvrir encore les traces, del 
Duca, se conformant au plan de Michel Ange, substitua la 
froide colonnade que l'on voit maintenant. Il ne modifia 
le plan du maître qu'en élargissant la fenêtre du milieu, ce 
qui lui fut reproché avec raison. Les inscriptions qu'on 
lit au-dessus de quelques-unes des portes ainsi que dans la 



XII LE CAPITOLE ROMAIN. 

ruelle qui longe le palais et conduit au Monte Tarpeo, 
rappellent les corporations dont les consuls siégeaient 
autrefois comme juges dans les salles du rez-de-chaussée 
(p. ï66). 

C'est dans ce palais que se trouvent les Archives capito- 
lines (au fond de la cour) et une partie du musée. La déco- 
ration de la grande salle est due au chevalier d^Arpino, 
celle de la salle carrée qui y fait suite à Tommaso Laureti, 
celle de la éalle du coin, à Ripanda ; les autres sont attri- 
bués à Daniele da Volterra, à Carrache, au Perrugin 
(p. i5i). 

NoutEAU Palais. — Le palais qui fait face à celui des 
conservateurs ne fut entrepris que longtemps après Tachè- 
vemcnt du premier. Commencés en 1644, les travaux exté- 
rieurs furent terminés en i655 sous la direction de Carlo 
Rinaldi. Comme le trésor communal était vide, on dut 
5upprimer, afin de trouver les fonds nécessaires à son 
édification, les appointements de la plupart des officiers 
municipaux et même ceux des maîtres d'école. Dans la 
cour en contre-bas de l'église d'Arecœli sont des inscrip- 
tions rappelant la part prise par Innocent X à son achève- 
ment (p. 181). 

Musées. -- L'origine des musées capitolins remonte à pro- 
prement parler au pontificat du pape Sixte IV qui donna au 
peuple, en 1471, plusieurs des objets qui sont encore parmi 
les plus précieux de la collection, entre autres la Louve 
de bronze, l'Hercule doré, un Camillus, une tète colossale 
de Néron. Vers i5og, le' musée établi dans le palais des 
conservateurs renfermait déjà de nombreuses statues, des 
inscriptions, des fragments et le conseil communal s'efi'or- 
çait soit par des achats, soit par des échanges, quelquefois 
à titre d'amende, d'en accroître la richesse (p. 200). 

Ce fut au commencement de ce siècle que l'on s'occupa 
de mettre quelque ordre dans les collections. Vers 1700, 
on profita de l'achèvement du nouveau palais pour y trans- 
porter une partie des objets entassés dans les salles de 
l'ancien palais. Benoît XIII et surtout Clément XII enrichi- 



UNE VISITE AU CAPITOLE. xill 

rent ce musée de dons considérables. C'est à Benoît XIV 
(1749) que Ton doit la création de la galerie de tableaux 
qui n'a, à vrai dire, que peu de valeur (p. 216). 

• Collections du palais des conservateurs. — Les col- 
lections du palais des conservateurs dont Tordre vient 
d'être profondément modifié et qui ne sont pas encore dé- 
finitivement classées, comprennent les objets qui ont formé 
le noyau de la collection; la Louve se trouve dans une des 
salles du premier étage, dans la salle carrée décorée par 
Laureti; les oies ou plutôt les canards de bronze achetés 
au xvi^ siècle, sont dans une des petites salles en retour; le 
Tireur d'épine dans la dernière salle à gauche, au fond du 
couloir qui mène à la cour supérieure. Dans la même salle 
se trouve une tête colossale de bronze et, à côté une 
tensa. Au deuxième étage se trouve l'Hercule doré au fond 
du corridor, ainsi que le Camillus ; en outre, on y a placé 
récemment des mosaïques, des fresques et des bronzes 
antiques. Les. Fastes consulaires sont au premier étage 
dans la salle qui fait suite à celle décorée par Ripanda. 
Dans l'escalier ont été placés des bas-reliefs pris à l'église 
S.-Martina; dans la cour sont demeurés les fragments de 
statues colossales, têt^, doigts et pieds, appartenant en 
partie, croit-on, à une figure d'Auguste; là aussi, à côté 
de la porte conduisant aux archives, se voit un grand vase 
rectangulaire en granit qui servit à contenir les cendres 
de la première Agrippine, femme de Germanicus, morte 
en exil ; ce vase f^it utilisé au moyen-âge comme mesure à blé . 
Sur l'une deç faces se trouve la représentation d'un soldat 
des milices romains (p. 192). Au fond de la cour sont deux 
grandes statues d'esclaves en marbre gris (p. 211). Dans 
la cour supérieure, le plan de Rome, Forma Urbis, par- 
tiellement rétabli grâce à l'intelligente activité du Comm. 
Lanciani (p. 214), occupe tout un pan de muraille. Au' fond, 
est le groupe fameux formé d'un lion dévorant un cheval, 
assez médiocrement restauré. On asseyait au moyen âge 
les criminels sur le cheval qui était alors placé devant le 
palais sénatorial (p. 76). 



^ 



XIV LE GAPITOLE ROMAIN. 

Collections du nouveau Palais. — Dans la cour du 
nouveau palais, au fond, se voit le Marforio, statue repré- 
sentant un fleuve, le Rhin, sans doute, sous les traits de 
Jupiter ; elle était dans une rue au bas du capitole et l'on y 
collait les réponses aux épigrammes de Pasquin. Elle allait' 
être transportée sur la place Navona, en 1692, quand le 
conseil communal la réclama « pour servir de fleuve au- 
dessus de la fontaine ». Elle fut placée en 1787 à Tendroit 
qu'elle occupe. Elle a été restaurée par Bescapé loïs de 
son transport au Capitole. Dans la galerie et dans les salles 
du rez-de-chaussée, se trouvent deux cinocépales (p. 199) 
et des statues égyptiennes venant en partie de la villa 
d'Hadrien (p. 214); au premier étage, le Gladiateur mourant, 
la table contenant la Lex Regia qui servit de texte au tri- 
bun Cola di Rienzo pour pousser les Romains à secouer le 
joug des nobles, le Satyre en marbre rouge, une Amazone 
blessée, THercule enfant et le Faune, les bustes des Philo- 
sophes et ceux des Empereurs dans deux salles spéciales ; 
ils avaient été réunis par le cardinal Alexandre Albani et 
donnés au musée en 1783, après sa mort, par le pape 
Clément XII. La salle des Colombes est ainsi appelée à 
cause d'une mosaïque remarquable par sa finesse (p. 216); 
dans le couloir, dans une sorte d'alcôve, se trouve la Vénus 
(p. 214). 




LE CAPITULE DANS L'ANTIQUITÉ 



LE CAPITOLE ROMAIN 

ANTIQUE ET MODERNE 



LE CAPITOLE DANS V ANTIQUITÉ 



PÉRIODES ROYALE ET REPUBLICAINE 

L'hémicycle des. hauteurs, centre de la Rome historique, qui 
converg-ent autour de la dépression du Forum (Palatin, au 
Sud; Velia, Esquilin, Viminal, Quirinal, à l'Est et au Nord- 
Est), est fermée, vers le Nord-Ouest, par une colline escarpée 
de tuf volcanique, le Capitole. Le Capitole sépare l'une de l'autre 
deux plaines de grandeur fort inégale : au Nord, la plaine rive- 
raine du Tibre, le Champ de Mars ; au Sud, le Forum Boarium 
avec ses annexes du Vélabre et du Forum, ne laissant entre elles 
que deux étroits passages : l'un au Sud-Ouest, large d'environ 
deux cents mètres, le long du fleuve; l'autre, à son extrémité 
Nord-Est, au voisinage du Quirinal. 

Primitivement, la colline capitoline n'était pas, comme elle 
Test aujourd'hui, une hauteur isolée de toutes parts. Elle se ratta- 
chait au Quirinal, dont elle formait le prolongement, par une 
croupe rocheuse, longue, d'environ i8o mètres et haute, à son 
point culminant, de 3o. Cette croupe, qui a subsisté pendant 
toute la période républicaine, a disparu au début du ii" siècle 
après J.-C, lorsque Traj an, pour établir une liaison directe entre 
le Forum et le Champ de Mars, a nivelé le sol naturel et con- 
struit, à un niveau inférieur, le Forum qui porta son nom 2. 

La colline capitoline, longue de 460 mètres environ du Nord- 

I. M. L. Homo, ancien membre de l'École française de Rome, a bien voulu 
se charger de rédiger cette première partie. — 2. Dion Cass., Lxvrri, 16. Cf. 
l'inscription de la colonne de Trajan, C. /. L., VI, (;6o. 



2 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Est au Sud-Ouest, large au maximum de i8o, comprend deux 
sommets, reliés par un seuil assez analogue à celui qui formait 
autrefois la liaison entre l'ensemble du Capitole et le Quirinal. 
Le sommet septentrional, l'ancienne Arx, est à la fois le plus 
élevé (49 mètres, à l'emplacement de l'église actuelle S. Maria 
in Aracœli) et celui qui offre la superficie la plus restreinte 
8000 à 9000 mètres carrés) ; le sommet méridional, le Capitole 
proprement dit, d'altitude légèrement inférieure (46 mètres, à 
l'emplacement du Palazzo Caffarelli), possède une superficie 
plus considérable (iSooo mètres carrés environ). — Le seuil qui 
unit ces deux sommets l'un à l'autre, l'ancien Asylum, a une 
altitude de 36 mètres (emplacement de la Piazza del Campido- 
glio); sa superficie est à peu près égale à celle de l'Arx. — 
L'ensemble du Capitole, avec ses deux points culminants (49 et 
46 mètres), domine de 3o mètres en moyenne, au Nord-Quest, la 
plaine du Champ de Mars (altitude 17-18 mètres), au Sud-Ouest, 
la dépression du Vélabre (niveau antique au pied du Janus 
Quadrifons, 11 mètres) et du Forum (i3 mètres). 

Les caractères géographiques essentiels du Capitole, — à 
savoir lien naturel, avec le Quirinal et, au contraire, par rapport 
au Palatin, isolement dû aux marécages du Forum et du Vélabre: 
escarpement de tous côtés au-dessus des plaines voisines et enfin 
faible superficie, qui ne se prêtait pas, comme les plateaux du 
Palatin, du Caelius et du Quirinal, à l'établissement de colonies 
considérables, — ont été décisifs pour l'histoire de la colline. 

Les deux parties du Capitole semblent avoir eu primitivement 
une histoire et un développement indépendants. Jusqu'à la fin de 
la période royale, il n'y avait aucun nom qui désignât l'ensemble 
de la colline. L'Arx paraît avoir, dès le début, dépendu du 
Quirinal et de la colonie sabine qui y était installée. La hauteur 
méridionale portait primitivement le nom de Mons Tarpeius». 
Elle était occupée par une colonie, vraisemblablement d'origine 
latine, qui, selon la légende, avait été fondée par Saturne et, du 
nom de son fondateur, avait pris le nom de Saturnia. Denys 
d'Halicarnasse raconte que cette dénomination existait déjà au 
temps où une colonie de Grecs, conduite par Hercule, analogue 
à la colonie arcadienne qui, sous la conduite d'Evandre, avait 
occupé le Palatin, vint s'installer sur la colline*. Quelques sou- 

i. Varron, de Ling. Latin., v, 41 : « Hic mo«5 (le Capitole) an té Tarpeius 
dicttis.... » Denys d'Halic, iir, 69 : « Tov ûirepxeîiJLsvov xf,; lyopâ; Xôcpov, ô'ç 
TÔTE |xèv èxaXsîTO TapitTjiOî, vGv ôè KairtxwXîvoç. » Dion Cass., fragm. 11,8 : 
« '0 Tap-îC'ôio; Xôcpoç jxexwvojJLàaOYi KairixwXïvo?. » Tit. Liv., i, 55, dit de même, 
que le temple de Jupiter fut construit sur le IVIons Tarpeius. — 2. Denys 
p'Halic, I, 34 : « Aôçov èirtxiQÔsiov e'jpôvxeç... o^ vOv {xèv KairexwXîvoî dvopià- 



PÉRIODES ROYALE ET RÉPUBLICAINE. 3 

venirs de l'ancienne colonie Saturnia se maintinrent à une époque 
postérieure : l'autel de Saturne, situé à l'extrémité Sud-Ouest du 
F'orum, au pied du Capitole, près duquel fut construit plus tard 
un temple du dieu, le nom de Saturnii, porté par les habitants 
delà région, et celui de Saturnia, primitivement donné à la porte 
Pandana qui s'ouvrait sur le flanc méridional du Capitole et don- 
nait accès à l'Area Capitolina*. 

Le nom de Capitolium, appliqué à l'ensemble de la colline 
capitoline, ne semble pas antérieur à la fin de l'époque royale 
et à la construction du temple de Jupiter Capitolin. Selon la 
légende, qui se trouve, pour la première fois, rapportée par 
l'historien Fabius Pictor, on aurait découvert, en établissant les 
fondations du temple, une tête humaine (Caput) et, pour rap- 
peler ce fait, on aurait donné à la hauteur le nom de Capitolium*. 
La vérité historique est plus simple : la citadelle particulière de 
la colonie sabine du Quirinal, située sur le rebord septentrional 
de la colline, portait déjà le nom de Capitolium'. Lorsque les 
deux colonies du Palatin et du Quirinal se furent fondues, en 
vertu d'un traité que la tradition rapporte aux deux rois Romulus 
et Titus Tatius, la colline capitoline devint la citadelle, le centre 
militaire de la nouvelle cité. A la fin de l'époque royale, sous les 
Tarquins, lors de la construction du temple de Jupiter, elle en 
devint aussi le centre religieux. C'est à ce double titre, qu'elle 
prit le nom de Capitolium, qui paraît avoir été, dès le début 
une dénomination officielle. 

Le nom de Mons Tarpeius ne disparut pas; mais l'extension 
en fut restreinte. Il cessa de désigner l'ensemble de la hauteur, 
pour ne plus s'appliquer qu'à l'éperon rocheux du Saxum Tar- 

ÇeTat, ÙTzà ôi twv tôt' ÂvBpu>'7C(<>v SaxoOpytoi; êXi^exo. » Ces nouveaux venus 
auraient été surtout des Péloponésiens : « Tûv 5' ûiroXeicpOévxwv ol [lèv TrXeîoui; 
fjaav nsXoi:ow7)(jioi, <I>6ve5Tai xe xal 'Eiceiwl ol èÇ TlXtéoi;.... » Parmi eux se 
trouvaient aussi, selon la légende, Un certain nombre de Troyens (Denys 
d'Halic, loc cit.). — I. Varron, de Ling. Latin., v, 42. Solin, i, i3 : « Castelli 
qtioque quod excitaverunt portant appelîaverunt Saturniam quœ postmodum 
Pandana vocitata est. » — 2. Fabius Pictor, fragm. 12. Varron, de Ling. 
Latin., v, 41 : « Capitolium dictiim quod hic cum fundamenta fodérentur œdis 
lavis caput humanum dicitur inventum. » Tu. Liv., i, 55 : « Caput humanum 
intégra facie aperientitus fundamenta templi dicitur apparuisse; quœ visa spe- 
cies haud per ambages arcem eam imperii caputque rerum fore portendebat. • 
Denys d'Halic, iv, 5961; Plutarq., CamtW., xxvi; Dion Cass., fragm. 11,8. 
— 3. Varron, de Ling. Latin., v, i58 : « Clivus proximus a Flora sususQ) versus 
Capitolium Vêtus, quod ibi sacellum Jovis, Junonis, Minervœ, et id antiquius 
quam sedis quœ in Capitolio facta. » Ce sanctuaire prit, dès lors, le nom de 
Capitolium Vêtus, par opposition au Capitole nouveau, et le conserva jusqu'à 
la fin de l'Empire. Martial, v, 22; vi, 27; vu, 73. Notit., Reg. VI. Inscriptions : 
Bull. Archeol. Corn., 1887, p. 25i. Ch. Huelsen, /" Topog. Jahresber., Rômisch. 
Mitth.y 1899, pp. 252-254; //•' Top. Jahresber. y id.j 1891, pp. 103-104. 



4 LE CAPITOLE ROMAIN. 

peium ou Rupes Tarpeia, la Roche Tarpéienne. Dès l'époque de 
la République, le sommet septentrional du Capitole, qui était la 
citadelle proprement dite, est g-énéralement désigné sous le nom 
d'Arx; la hauteur méridionale, sous le nom de Capitolium. 

La situation du Capitole était excentrique par rapport aux pre- 
miers centres de colonisation qui se sont formés sur le sol ro- 
main. La Roma Quadrata n'occupait que le Palatin et ses abords 
immédiats ; la ville septimontiale, qui lui succéda et dans laquelle 
entrèrent avec les deux sommets du Palatin, le Cermalus et le 
Palatium, la Velia, les trois croupes de l'Esquilin (Oppius, Cis- 
pius, Fagutal) et la vallée de la Subura, ne comprit pas le 
Capitole. 

A une époque postérieure, autant qu'on peut le discerner 
d'après les légendes primitives, le Capitole proprement dit et la 
colonie de Saturnia semblent avoir été rattachés à la colonie 
latine du Palatin, tandis que l'Arx appartenait aux Sabins du 
Quirinal ; la tradition conserva plus tard le souvenir d'une mai- 
son du roi sabin Titus Tatius, située sur l'Arx*. Romulus aurait 
ouvert un lieu de refuge (Asylum) dans la dépression qui sépa- 
rait les deux hauteurs et y aurait accueilli de nombreux bannis * : 
il avait, disait-on, entouré le Capitole d'une enceinte fortifiée'. 
Plus tard, à la suite de sa victoire sur le roi des Caeniniens, 
Acron, qu'il avait tué de sa main, il était monté en triomphe au 
Capitole, avait consacré, au sommet de la colline, le premier 
temple de Jupiter, celui de Jupiter Feretrius, et suspendu, dans 
la cella du dieu, les premières dépouilles opimes*. 

Les guerres que se livrèrent ensuite les Latins du Palatin et 
les Sabins du Quirinal, eurent pour conséquence une occupation 
temporaire du Capitole par les Sabins. C'est à ce fait que se 
rapportait la légende relative à Tarpeia, la fille du commandant 
de la citadelle, Spurius Tarpeius, dont la trahison avait introduit 
les Sabins dans la place*. Devenu maître du Capitole, le roi des 
Sabins, Titus Tatius, y voua, au voisinage du temple de Jupiter 
Feretrius, plusieurs sanctuaires, en particulier ceux de Terminus, 
de Juventas, peut-être aussi de Mars, qui devaient subsister jus- 
qu'à la fin de l'Empire^. 

I. Plutarq., Romulus, xvii : « "Qxsi ôè Tàxioç jxsv oicou vOv d xf^ii Movt^tt,!; 
vaô; éart » ; Solin, i, 21. — 2. Tit. Liv., i, 8; Denys d'Halic, ii, i5; Plutarq., 
Romul., ix; Strab., v, 23o; Ovid., Fast., 111,429,399. — 3. Denys d'Halic, ii, 
37 : « To'jç itapaxetiJLévou; Xdcpoui; tôv ts Aùevxtvov xal tôv KaicsTOiXîvov vOv 
XeYÔ{X£vov diroxacppEÛwv xal xotpa^twixaat xapTepoiç itâpiXaixeàvwv. » — 4. Tit. 
Liv., I, 10; Denys d'Halic, ii, 33-34. — 5. Tit. Liv., i, ii, 399; Denys d'Halic, 
II, 38. — 6. Tit. Liv., i, 55 : « ...Sacella... quas aliquot ibi a Tatio rege primum 
in ipso discrimine adversos Romulum pugnœ vota, consecrata inaugurataque 
postea fuerunt. » Voir plus loin, p. 27, à propos de la construction du 



PÉRIODES ROYALE ET RÉPUBLICAINE. 5 

Le traité conclu entre Romulus et Titus Tatius, qui mettait fin 
aux dissensions des deux peuples et donnait aux deux rois des 
pouvoirs égaux, ouvre une nouvelle période dans l'histoire du 
Capitole*. Désormais, l'unité des populations établies au centre 
du sol romain est constituée. Le Capitole devient la citadelle de 
la ville. Les fortifications particulières de la colline sont conser- 
vées et renforcé.es ; à cette époque appartient le fragment encastré 
dans le mur d'une maison (n" i) de la Via dell' Arco di Settimio, 
et formé de blocs de tuf noirâtre, analogues à ceux de la Roma 
Quadrata du Palatin *. 

La topographie du Capitole est ^xéQ pour deux siècles : au 
Nord-Est, l'Arx avec l'Auguraculum, lieu d'observation pour les 
Augures; au centre, l'Asylum, avec les deux bois qui le flan- 
quent; au Sud-Ouest, le Capitole, avec le temple de Jupiter 
Feretrius, agrandi par le roi Ancus Marcius, les sanctuaires de 
Terminus, Juventas et Mars, la porte Pandana', qui, sans doute 
en vertu du traité conclu entre Romulus et Titus Tatius, devait 
rester toujours ouverte et la Roche Tarpéienne. 

L'époque des Tarquins, décisive pour le développement ,de 
Rome, le fut aussi pour l'histoire du Capitole. Leur œuvre, en ce 
qui concerne le Capitole, comprend trois parties essentielles. 

r Le Capitole fut rattaché au reste de la ville par une série 
de grands travaux d'édilité. 

Jusque-là, les communications entre le Capitole et le Palatin 
étaient difficiles ; le Forum et la région du Vélabre étaient en- 
core, en partie, couverts de marécages. 11 n'y avait sans doute 
pas alors de route carrossable qui donnât accès au sommet du 
Capitole. Tarquin l'Ancien assura le dessèchement du Forum et 
du Vélabre par la construction d'un réseau de cloaques et du 
plus important d'entre eux, la Cloaca Maxima*. — C'est lui, pro- 
bablement, qui rattacha directement le Capitole au Forum par 
l'établissement du Clivus Capitolinus, voie qui formait le pro- 
longement naturel de la Via Sacra et, par une série de lacets, 
aboutissait successivement à l'Asylum et au sommet du Capitole 
proprement dit. 

temple de Jupiter Capitolin. — i. Tit. Liv., i, 12; Denys d'Halic, ir, 5o; 
Plutarq., Romiil, xix; Appien, Hist. Rom., i, fragm. 4; Serv., ad JEneid., 
VII, 709. — 2. R. Lanciani, The Rtiins and Excavations of Ancient Rome, p. 61. 
Notiz. degli Scavi, 1890, p. 2i5. — 3. Selon Varron, de Ling. Latin., v, 42 et 
SoLiN, I, i3 (cf. plus haut, p. 3, note i), la porte Pandana s'était primitivement 
appelée Porta Saturnia. Festus, 363 : « Tantis postea in pace facienda cavit a 
Romulo ut ea Sabinis semper pateret; » cf. Ep., 220 : « Pandana porta dicta 
est Romx qtiod semper pateret. » Polyen., viii, 25; Denys d'Halic, x, 14. — 
4. Tit. Liv., i, 38-56; Denys d'Halic, m, 67;iv, 44; Pline, Hist. Nat., xxxvi, 
106. 



6 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Le Forum, devenu le grand marché de la ville, le Capitole, 
qui en était la citadelle et allait bientôt en être le centre reli- 
gieux, étroitement reliés l'un à l'autre, devaient avoir dès lors 
une histoire et un développement communs. 

2" Le Capitole cessa d'être une citadelle isolée et fut rattaché 
à la défense de la ville par la construction du mur de Ser^'ius 
Tullius. 

Jusque-là, le Capitole avait joué, par rapport à la ville, le rôle 
d'une citadelle autonome; Servius Tullius, le successeur de 
Tarquin l'Ancien, rattacha la colline à l'enceinte qu'il construisit 
autour de Rome. Tout le front septentrional du Capitole, celui 
qui était tourné vers le Champ de Mars, devint partie intégrante 
de la nouvelle ligne de défense. Le mur de Servius, qui rem- 
plaça sur ce point les anciennes fortifications particulières du 
Capitole et de l'Arx, fut construit à mi-côte, sur une banquette 
artificiellement taillée dans le tuf de la colline. Quelques frag- 
ments en ont été découverts à diverses reprises, notamment : sur 
le flanc septentrional de l'Arx, en 1887*, 1889* et 1892'; sur le 
flanc du Capitole proprement dit, en 1872 et 1892 (via délie Tre 
Pile)*. Un sixième fragment existe, en outre, sur le rebord sep- 
tentrional de la colline, au pied du Palazzo Caff'arelli. Le Capi- 
tole présentait, vers le Nord, un escarpement à pic. Il n'y avait 
aucune communication directe entre le Champ de Mars et le 
sommet de la hauteur; en conséquence, aucune porte ne fut 
aménagée dans cette partie de l'enceinte. 

La défense du Capitole fut rattachée d'une part à celle du 
Quirinal, de l'autre, à celle du Tibre. Au Nord-Est, le mur de 
Servius se détachait de l'Arx et franchissait, pour gagner le 
Quirinal, la dépression qui séparait l'Arx de cette colline ; là se 
trouvait la porte Ratumena*. Au Sud-Ouest, le mur se dirigeait 
vers le Tibre qu'il atteignait vis-à-vis de l'extrémité méridionale 
de l'île. Dans cette partie de l'enceinte s'ouvraient deux portes : 
au pied du Capitole, la porte Carmentalis^, sur la voie qui 

I. Notiz. degli Scavi, 1O87, p. ii3; ift^), p- 2i5. — 2. Ai., 1890, p. 2i5. Ch. 
HuELSEN,//" Topogr. Jahrester., Romisch. Mitlh., 1891, p. 104. — 3. Notiz. degli 
Scavi, 1892, p. 200; Ch. Huelsen, IV" Topog. Jahresber., Romisch. Mitth.,\ëg^^ 
p. 287. — 4. R. Lanciaxi, The Ruins and Excavations of Ancient Rome, p. 54; 
Bull. Archeol. Com., 1873, p. 141 ; Notiz. degli Scavi, 1890, p. 2i5, 1892, p. 229 
(cf. Ch. Huelsen, /K" Topog. Jahresber., RÔmisch. Mitth., 1893, p. 287). — 5. La 
légende rapportait qu'un certain Raturaena, aurige vainqueur aux courses de 
Véies, avait été emporté par son attelage, et précipité, au pied du Capitole, à 
l'emplacement de la porte qui prit son nom. Festus, p. 274; Plin., Hist. Nat.^ 
yiii, 161; SoLix, XLV, i5; Flutarq., P«^/îco/., xiii, d'après Valerius Antias : 
voir plus loin, p. 29. — 6. La porte Carmentalis était au pied du Capitole. 
Denys d'Halic, I, 32 : « ^r-îtô li^ )C3Xou{xév(o Kai:ixo)Xt(f> », non loin de l'autel 
delà nymphe Carmenta; Solin, i, i3: « Pars etiam infima Capitolini montis 



^ 



l'ÉRIODKS ROYALE ET REPUBLICAINE. 



mettail en communication le Forum Boarium et le Forum Holi- 
torium; la porte Flumentana', sur la route qui longeait la rive 
du fleuve. 

Bien que couvert, au Nord, par l'enceinte de Sèrvius, le Capi- 
tôle conserva, vers le Forum, ses fortifications particulières. Il 
continua à être la citadelle de la ville et forma dés lors une 
seconde liffne de défense en arrière de la première. 

3* Le t'apitoie devînt le centre' religieux de la cité. 

Tarquin l'Ancien, au cours de la guerre contre les Sabins, 
voua à la triade Jupiter, Junon, Minerve, un temple, qui fut 
élevé sur le Capitole et qui devint le centre du culte national 
romain. La construction ex i^a d'énormes travaux préparatoires: 
nivellement du Capitole, Établissement d'une vaste plate-forme 
artificielle, au sommet, et de substructions, sur les flancs de la 
colline, — qui se poursuivirent sous le règne de Tarquin le 
Superbe. L'édifice ne devait ôtre terminé qu'en 245/509 avant J.-C, 
l'année qui suivit l'expulsion des rois. 



H C^nnenlx juit. uti C^rmtntii «une fjaiim csl, a qu3 Carmenlilt 
porta Nomcn d^lum : Tct. Liv., xicv, <:; «vu, ,17; Oïid., FasI., u. 101: 
Festïs, 285; Ep., 335; Sekï., ad JEneU., viii, Jil- — i. Vabhos, de Re Rus- 
lica, ICI, i ; Cicer., ad Allie, vu. 3, 9; T:t, Ltv-, vi. m; nxiv, 21 ; Festis. 
p. Ug: • FliimenUua porU Ronai affellali qiiod Titeris firlcm ca fiaxiise 
affirmant. - 



8 LE CAPITULE ROMAJN. 

L*achèvenicnt du Clivus Capitolinus; qui devait former la 
grande voie d'accès au temple, compléta la voie triomphale de la 
Ma Sacra. 

A la fin de la période royale, la physionomie primitive du 
Capitole avait déjà subi une profonde transformation. Le sommet 
de la colline était occupé par une large esplanade, l'Area Capi- 
tolina, reliée directement au Forum par le Clivus Capitolinus et 
couverte de monuments : au centre, le grand temple de Jupiter; 
tout autour, l'ancien temple de Jupiter Feretrius, le temple de 
la Fides et le sanctuaire de la Fortuna Primigenia, qui, selon la 
tradition, avaient été fondés, le premier par Numa, le second par 
Servius Tullius, sans doute aussi la Curia Calabra, lieu de 
réunion des comices Calâtes pendant les premiers siècles de la 
République*. 

L'Arx, dont la construction du mur de Servius avait renforcé 
les défenses, était la citadelle proprement dite ; le Capitole, à la 
suite des grands travaux exécutés par les Tarquins, était devenu 
plus spécialement le centre religieux de la cité romaine. 

Dans la période de recul, qui suivit pour Rome l'expulsion des 
Rois et la proclamation de la République, l'importance militaire, 
politique et religieuse du Capitole ne fit que croître. 

Le Capitole joua un grand rôle dans les guerres que Rome 
soutint, pour la défense de son territoire, au v et au iv* siècle, 
et dans les dissensions intérieures, qui accompagnèrent la lutte 
des deux ordres. En 263/491 avant J.-C, lorsque Coriolan marcha 
sur Rome avec une armée volsque, le Capitole fut mis en état de 
défense*. En 283/471, sous le consulat d'Appius Claudius Sabinus 
et de T. Quinctius Capitolinus, une émeute éclata contre le 
consul Appius :- la plèbe occupa le Capitole'^, dont l'escarpe- 
ment dominait le F'orum et le Comitium, et ne consentit à l'évacuer 
que sur l'intervention du sénat. En 294/460, le Sabin Herdonius, 
avec une troupe de 4000 hommes, descendit le Tibre et enleva 
par surprise le Capitole et l'Arx; trois jours plus tard, les 
Romains, sous la conduite du consul L. Valerius Publicola, 
montèrent à l'assaut, le long du Clivus Capitolinus, et réussirent 
à réoccuper la citadelle*. En 304/460, le décemvir Appius Claudius 
dit aux plébéiens qu'une forteresse comme le Capitole n'est pas 

I. Sur ces divers édifices, voir plus loin, pp. 25, 27, 40. — 2. Denys d'Halic, 
VIII, 22. — 3. Denys d'Halic, ix, 48. — 4. Sur la surprise du Capitole par Her- 
donius, TiT. Liv., III, i5-i8 : « Exules servique ad duo millia hominiim et qttin- 




Ô'jvajA'.v EÎXe TO çpoûptov, êxsîOev ô' êirl tyîv dtxpav w^àjxsvo;, STXt 5s tw Kotiït- 
TwXto) irpoasxTQ?, xdxeîvrjç êYeydvet xOpio?. » 



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PÉRIODES ROYALE ET RÉPUBLICAINE. 9 

seulement dirig-ée contre les ennemis du dehors*. Un peu plus 
tard, on découvrit une conjuration d'esclaves, qui voulaient 
s'emparer du Capitole pour appeler ensuite les autres esclaves à 
la liberté*. 

Le principal épisode de l'histoire militaire du Capitole pendant 
les trois premiers siècles de la République fut le siège par les 
Gaulois en 364/390. Les Romains, pris de panique à la bataille 
de l'Allia, n'avaient même pas song-é à défendre le mur de 
Servius. Les Gaulois pénétrèrent librement dans la ville. La 
résistance se concentra au Capitole; les Gaulois ne purent enlever 
la- citadelle de vive force et la lég^ende relative aux oies du Capi- 
tole a conservé le souvenir de leurs efforts infructueux. Ils réus- 
sirent toutefois à la prendre par la famine et contraig^nirent les 
défenseurs à payer rançon. 

A mesure que Rome étendait ses conquêtes en Italie, la cita- 
delle capitoline perdit nécessairement de son importance. L'assaut 
des Gaulois est la dernière attaque étrangère que le Capitole ait 
eu à repousser. 

L'État patricien, qui, en 246/609, avait remplacé la Royauté, 
poursuivit l'œuvre de transformation entreprise par les Tarquins 
au Capitole. — Le temple de Jupiter fut solennellement consacré 
en 245/509 par le consul M. Horatius Pulvillus'. La vie politique 
et religieuse du Capitole prit un nouvel essor. 

C'est au Capitole que le sénat tenait, au commencement de 
chaque année, sa première séance*; il s'y réunissait, en outre, 
dans certaines circonstances exceptionnelles. En 414/340, il y 
donna audience aux envoyés des Latins révoltés^; en 565/189, il 
remit à Antipater, fils du roi Antiochus, le traité signé avec 
Rome**. — Les magistrats, lorsqu'ils entraient en charge, se 
rendaient solennellement au Capitole et offraient un sacrifice à 
Jupiter' : c'est de là qu'ils partaient lorsqu'ils quittaient Rome 
pour aller se mettre à la tête des armées et prendre possession 
de leurs provinces*. 

Les comices Calâtes se réunissaient, au début de chaque mois, 
dans la Curia Calabra. — La plèbe tint fréquemment ses 
« Concilia » sur l'Area Capitolina, surtout au ir siècle (en 
558/196, 559/195, 585/169, 587/167, etc.)o. C'est là que Tiberius 

1. Denys d'Halic, XI, 35. — 2. Dexys d'Halic, xii, fragrn. 6. — 3. Tit. Liv., 
11,8; VII, 3; PoLYB., III, 22; Dkxys d'Halic, v, 35; Plutarq., Putlicol., xiv; 
Valer. Maxim., V, 10, i; Tac, Hist., m, 72. — 4. Tit. Liv., xxii, i; xxhi, 3i; 
XXIV, 10; XXVI, 1; XXVIII, 3<;; xxx, 27; xxxii, 8, etc. Cf. Suetox., yl«jf., xxvi. — 
5. TiT. Liv., viii, 5. —6. /il, xxxvii, 55. — 7. Tit. Liv., xxir, i ; Sueton., Aug.^ 
XXVI. — 8. TiT. Liv., XXI, 63; xi.i, 10; xlii, 49. — 9. Tit. Liv., xxxiii, 35; xxxiv, 
I ; XLiii, 16; XLV, 36, etc. 






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LE CAPITOLE ROMAIN. 



Gracchus fut tué en 621/1 33*. — Les orig-inaux des traités signés 
par Rome avec les peuples étrangers étaient déposés dans le 
bureau des édiles, voisin du temple de Jupiter Capitolin*. 

C'est au Capitole que les consuls procédaient annuellement aux 
levées et à la prestation du serment militaire : un drapeau rouge, 
arboré sur TArx, annonçait à la ville que la cérémonie était 
terminée'. — Les jeunes gens, lorsqu'ils atteignaient leur 
seizième année, y prenaient solennellement la toge*. 

Le Capitole était le lieu d'expiation pour les crimes les plus 
graves : les traîtres ou ceux qui étaient convaincus d'aspirer à la 
tyrannie (ainsi Manlius Capitolinus, en 370/384), les incestes, etc. 
étaient précipités de la Roche Tarpéienne. 

Au Capitole enfin se rapportaient deux des manifestations reli- 
gieuses les plus importantes de la vie romaine : les processions 
et les triomphes. 

Chaque année, le jour des Ludi Romani, la procession (pompa) 
se formait au temple de Jupiter. Les statues des dieux étaient 
placées sur des chars (thensaî) et menées solennellement, par le 
Clivus Capitolinus et la Via Sacra, jusqu'au Grand Cirque où 
elles étaient exposées. Les jeux terminés, on les ramenait au 
Capitole et on les replaçait dans leurs sanctuaires. 

Le temple de Jupiter Capitolin était le point d'aboutissement 
des triomphes*. Le triomphateur allait remercier Jupiter et lui 
faire hommage des victoires qu'il avait remportées grâce à sa 
protection ; il offrait un sacrifice solennel et consacrait au dieu de 
riches offrandes. Le Capitole se trouvait ainsi directement 
associé au développement de la grandeur romaine; chaque 
conquête, chaque extension de l'Empire avait sa consécration 
officielle au Capitole. 

I. Flutarq., Tib. Gracch.,xix-xx; Appien, Guerr. civ., i, i6; Oros.,v, 9. — 
2. PoLYB., III, 26 : « riapi TÔv A{a tôv KairsTwXiov iv x(p tûv dyopavôiJLtov 
Ta{JLteî(o. ■ — 3. TiT. Liv., xxxii, i5; Polyb., vi, 19; Macrob., Saturn., I, 
16, i5; Festus, Ep. io3; Serv., ad JEneid., viii, i. — 4. Serv., ad Eclog., 
IV, 5(). — 5. Les triomphes de Camille ("64/390) . sur les Gaulois, de Papirius 
Cursor (430/324, 435/319, 445/3o(;, 461/293) sur les Samnites, de Fabricius (472-282 
et 476/278) et de Curius Dentatus (464/290 et 479/275) sur les Lucaniens, les 
Tarentins et Pyrrhus, scellent la conquête définitive de l'Italie par Rome; ceux 
d'Appius Claudius (490-264), de Lutatius Catulus (5i3/24i) et de Scipion l'Afri- 
cain (553/201), la chute de Carthage; ceux de Flamininus (560/194) sur la Macé- 
doine, de L. Cornélius Scipio Asiaticus (565/i89) sur Antiochus, de Fulvius 
Nobilior (567-187) sur les Etoliens, de Paul-Emile (587/167) tt de Metellus 
(608/146) sur la Macédoine, de Mummius (609/145) sur la Grèce, de Scipion 
Emilien (608/146) sur Carthage, de Metellus (648-106) sur Jugurtha, de Marius 
(653-101), sur les Cimbres et les Teutons, de Sylla (673/81) et de Lucullus (691/63), 
sur Mithridate, de Pompée (693/61) sur l'Orient, de César (708/46) sur la Gaule, 
d'Octavicn (725/29) sur l'Egypte, la soumission à Rome du Bassin Méditer- 
ranéen. 



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PÉRIODES ROYALE ET RÉPUBLICAINE. a 

Parallèlement au développement politique et religieux se 
poursuit la transformation monumentale du Capitole. — - Au début 
de la République, il y avait encore, sur le Capitole, un grand 
nombre de maisons particulières. Denys d'Halicarnasse raconte 
qu'en 294/460, lorsque le Sabin Herdonius surprit le Capitole, 
ceux des habitants qui n'avaient pas été tués s'enfuirent ou se 
barricadèrent dans leurs maisons*. 

Manlius Capitolinus, le défenseur du Capitole contre les 
Gaulois en 364/390, possédait une maison sur l'Arx*. Après la 
retraite des Gaulois, le sénat, pour rappeler la défense du Capi- 
tole, établit les Jeux capitolins (Ludi Capitolini) et en confia 
l'org-anisation aux habitants de la colline constitués en collège 5. 
Lorsque Manlius Capitolinus eut été mis à mort pour haute 
trahison, en 370/384, sa maison fut rasée; une loi, votée la même 
année, interdit aux patriciens d'habiter sur le Capitole ou sur 
l'Arx*. Pendant les trois derniers siècles de la République, les 
maisons particulières firent place peu à peu aux monuments 
publics. 

Les terrains situés au pied du Capitole, vers le Champ de Mars 
et le Forum Boarium, appartenaient au domaine public : ils 
étaient occupés par les Sodalités religieuses des Pontifes, des 
Augures, des Décemvirs et des Flamines. En 666/88, au moment 
de la guerre contre Mithridate et pour procurer à l'État les 
ressources qui lui manquaient, Sylla les leur reprit et les mit en 
vente ^; le quartier se couvrit alors de maisons particulières, qui 
subsistèrent jusqu'à la fin de l'Empire. 

Au dernier siècle de la République, la topographie générale 
du Capitole était la suivante. Sur l'Arx, s'élevaient les temples 
de Juno Moneta, avec les ateliers de la Monnaie, de Vejovis et 
de la Concorde ; le mur de Servius tombait partout en ruines. 
L'Asylum, maintenant restreint et séparé du Forum par la masse 
du Tabularium, ne contenait qu'un édifice, le sanctuaire de 
Vejovis. Un espace clos, entouré d'un mur (loais Saeptus)^ 
rappelait l'emplacement où Romulus avait autrefois ouvert son 
refuge. Sur le Capitole, autour du grand temple de Jupiter, se 
groupaient les temples de Jupiter Feretrius, de la Fides, de la 

I. Denys d'Halic, x, i5.... « Ta Té-yr) twv o?xîwv xaTsi/ov Sp-a yuvaiçiv, 

(îx; diro toûtwv dywvioOiJisvoi irpoç toù; £Î(jeÂTiXuOoTa<;. » — 2. Tit. Liv., vi, 
20; VII, 28; la maison de M. Àlanlius Capitolinus se trouvait à l'emplace- 
ment occupé plus tard par le temple de Juno Moneta et la Monnaie. Plltarq., 
CamilL, xxxvi. — 3. Tit. Liv., v, 5o. Cf. C /./.., I, 8o5. — 4. Tit. Liv., vi, 20 : 
« ne quis patricius in Arce aut Capitolio habitaret » ; Plutar^., Camill, xxxvi. 
— 5. Appiex, Milh., 22; Oros., v, 18 : « Loca piiblica qiias in circuitîi Capitolii 
pontificibuSy atiguribus, decemviris et flaminibus in possessionem tm^ita erant, 
cogente inopia vendita siint. » 



12 LE CAPITULE ROMAIN. 

Mens, de Venus Erucina, d'Ops, le sanctuaire de la Fortuna 
Primig:enia et un grand nombre de monuments (statues, bases 
dédicatoires...), dont il sera question plus" loin. — Quelques 
maisons privées s'étaient maintenues, particulièrement sur les 
flancs de la colline et sur les pentes qui, de l'Asylum, donnaient 
accès au Capitole et à l'Arx. 



PERIODE IMPERIALE 

Au point de vue administratif, le Capitole était resté en dehors 
des quatre rég-ions de Servius, qui constituaient la ville propre- 
ment dite : cet état de choses durait encore au début de l'Empire, 
lorsque Aug-uste substitua à l'ancienne division une organisation 
plus large et créa les quatorze régions. Le Capitole, avec l'ancien 
Forum et les Fora impériaux, forma la VHP région*. 

Bien que les fortifications du Capitole fussent tombées en 
ruines, la colline, en vertu de sa situation dominante et de sa 
proximité du centre de la ville, n'avait pas perdu toute son 
importance militaire. Les événements qui se produisirent à 
Rome, en 69, après la mort de Néron, rappelèrent la période de 
la lutte des deux ordres*. Les partisans de Vespasien, ayant à 
leur tête le frère de Vespasien, Sabinus, se jetèrent dans le 
Capitole; les troupes de Vitellius, rangées en colonne sur le 
Clivus Capitolinus, montèrent à l'assaut. Les soldats de Sabinus, 
du haut du Capitole et du portique qui longeait le Clivus, firent 
pleuvoir sur les assaillants une grêle de projectiles, barricadèrent 
la porte qui donnait accès à l'Area Capitolina et réussirent à les 
repousser. Les assiégeants changèrent alors de tactique ; renon- 
çant à l'attaque de front, ils entreprirent deux attaques de flanc : 
au Nord, du côté de l'Asylum où les maisons particulières 
disposées en terrasses sur la pente du Capitole, favorisaient leur 



I. Les Régionnaires du iv* siècle mentionnent dans la VIII* région : « Ros- 
ira III. Genium Populi Romani Auretim et Equiim Constantini. Senattim. 
Atrium Minervœ, Forum Cassaris. Aiigusti. Nervœ. Trajani. Templum divi 
Trajani et coltimnam cochlidem. Cohortem VY Vigilum. Basilicam Argenta- 
riam. Templum Concordix. Umbiliciim Romx. Templum Saturni et Vespasiani 
et Titi. Capitolium. Miliariiim Auretim. Basilicam Juliam. Templum Casto- 
rum. Vestam, Horrea Germaniciana et Agrippiana. Aquam cernentem. IV Sca- 
ros sub /Ede. Atrium Cad. Vicum Jugarium et Unguentarium. Grœcostadium. 
Porticum Margaritariam. Elefantum Herbarium. » Il faut remarquer que, 
dans cette énumération, aucun des nombreux édifices du Capitole n'est expres- 
sément mentionné. — 2. Sur ces événements, voir surtout Tacite, Histoires^ 
III, 71 et Suétone, Vitellius^ xv. 






PÉRIODE IMPÉRIALE. i3 

attaque, au Sud par l'escalier des Centum Gradus. Cette double 
attaque réussit : le Capitole fut enlevé. Sabinus et la plupart de 
ses partisans furent massacrés. Dans le tumulte, plusieurs des 
édifices qui couvraient l'Area Capitolina, en particulier le temple 
de Jupiter, furent incendiés*. 

Sous l'Empire, le sénat continua à siég-er au Capitole dans les 
circonstances solennelles. Le temple de Jupiter fut encore le 
théâtre de nombreux triomphes, où les triomphateut*s n'étaient 
plus les consuls, mais les empereurs. Les plus brillants furent 
ceux d'Auguste, après la conquête de l'Egypte, de Claude, à la 
suite de la conquête de la Bretagne, de Vespasien et Titus, après 
la répression de l'insurrection juive, d'Hadrien, qui triompha 
pour les victoires remportées par Trajan, de Marc Aurèle, L. Verus 
et Commode, vainqueurs des Parthes et des Germains, de Cara- 
calla, d'Alexandre- Sévère et d'Aurélien, qui, par un luxueux 
triomphe où parurent prisonniers l'empereur des Gaules Tetricus 
et la reine de Palmyre Zénobie, consacra la reconstitution de 
l'Unité Impériale. 

Les empereurs élevèrent de nouveaux édifices sur le Capitole. 
A plusieurs reprises, notamment à la suite des deux grands in- 
cendies de 69*, sous Vitellius, et de 80, sous Titus', ils réparè- 
rent ou reconstruisirent les anciens. 

Auguste reconstruisit le temple de Jupiter Feretrius* (vers 
723/31), et éleva sur l'Area Capitolina deux nouveaux temples 
consacrés à Jupiter Tonans^ (722/32) et à Mars Ultor® (734/20) ; 
en 745/9, il répara le temple de Jupiter Capitolin, qui avait été 
frappé de la foudre '. 

Germanicus dédia des trophées, près du temple de la Fides®, 
en commémoration de ses victoires sur les Germains. 

Caligula entreprit la construction d'un palais sur l'Area Capi- 
tolina^; mais l'œuvre resta inachevée. 

Claude éleva, sur l'Area, l'autel de Jupiter Soter ^^ ; Néron, dans 
l'Asylum, un arc de triomphe et des trophées", pour rappeler 
les victoires de Corbulon sur les Parthes. En 55, le temple de 
Jupiter Capitolin fut frappé de la foudre**. 

Vespasien reconstruisit le temple de Jupiter Capitolin in- 
cendié en 69 *'. 

I. Tac, Hist., m, 71. Cf. Sueton., VitelL, xv. — 2. Voir plus loin, pp. 3o, 3i. 

— 3. Sueton., Tit., viii; Dion. Cass., lxvi, 24. — 4. Res Gest. Div. Aug., 4, 5; 
CORNEL. Nepos, Attic, XX ; Tit. Liv., iv, 20. — 5. Res Gest. Div. Aug., 4, 5; 
Sueton., Aug., xxviii, xci. — 6. Dion Cass., xlv, 8. — 7. Res Gest. Div. Aug., 
4, 9. —8. C. I. L., III, pp. 856857 (Diplômes militaires de l'année 86), n" xiii-xiv. 

— 9. Sueton., Calig., xxii : « In area Capitolina novx domus fundamenta jecit ». 

— 10. Phlegon, Mirab.y vi; Serv., ad JEneid., vin, 65i. — 11. Tac, Ann.^ xiii, 
41 ; XV, 18. — 12. Tac, Ann., xiii, 24. — i3. Tac, Hist., iv, 53; Dion Cass., lxvi, 



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LE CAPITOLE ROMAIN. 












Sous Titus, en 80, le temple de Jupiter fut incendié pour la 
troisième fois *. Domitien le reconstruisit avec magnificence, en 
81 et 82* et institua, en 86, un Agon Capitolinus, jeux qui de- 
vaient être célébrés tous les quatre ans'. Avant son avènement 
à TEmpire, il éleva un sanctuaire de Jupiter Conservator, trans- 
formé plus tard en temple de Jupiter Custos*. Il est question 
aussi, en 82, d'un tribunal de Vespasien, Titus et Domitien situé 
sur le Capitole ^. 

Hadrien construisit une salle d'audition, TAthenaeum^, à la- 
quelle était annexée une bibliothèque, et Marc-Aurèle, un sanc- 
tuaire de la Beneficentia •. 

Le dernier monument en date dont les textes fassent mention, 
est la statue de Claude le Gothique®, qui fut élevée après sa 
mort, au début de 270, par décret du Sénat. 

Au moment où s'ouvre le iv* siècle, le Capitole est entièrement 
couvert d'édifices civils et religieux. L'évolution est terminée et 
la décadence est proche : c'est le moment auquel il faut se placer 
pour étudier, dans' ses détails, la topographie de la colline 
capitoline. 



LA TOPOGRAPHIE DU CAPITOLE. ~ VOIES D'ACCÈS 



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Topographiquement et historiquement, le Capitole constituait, 
par rapport au reste de la ville, un ensemble nettement carac- 
térisé. Ce n'était pas un quartier couvert de maisons particu- 
lières, comme la plupart des quartiers de Rome, ou de palais 
impériaux, comme le Palatin. Les maisons particulières, dès la 
République, y étaient devenues de plus en plus rares. On n'en 
trouvait plus que sur les flancs de la colline vers le Vélabre et 
le Champ de Mars, ou sur les pentes du Capitole et de l'Arx, 
vers l'Asylum. Les Régionnaires du iv" siècle mentionnent pour 
la VIIl" Région, qui, outre le Capitole, comprenait l'ensemble 
des Fora, 84 vici, 8480 Insulœ et i3o Domus. — Le Capitole, 







lu; SuETON-, Vcspas., viii; Aurel. Victor, Caîsjr.,9, 7; Plutarq., Putlicol., 
XV ; Chroniq. de St- Jérôme, ad ann. Abrah., 2089. — i. Dion. Cass., lxvi, 24; 
SuETON., Domit., Yiii; Plutarq., PublicoL, xv. — 2. Sueton., Domit., v; 
Plutarq., Putlicol., xv. — 3. Censor., 18, i5; Sueton., /)omï7., iv; Stac, St/v., 
V, 3, 23i ; Martial, vi, 3i^7, etc. — 4. Tac, Hist., m, 74; Sueton., Domit., 
V. — 5. C. /. L., III, pp. 1960-1Ç61 (Diplômes militaires de l'année 82 : in 
Tribimali Cxsarum Vespasiani Titi Domitiani, et 86 : in tribttnali). — 6. Dion 
Cass., lxxiii, 17; Aurel. Vict., Cœsar.y 14, 3-4. — 7. Dion Cass., lxxi, 34. — 
8. Vita Claud., m, 4. 



TOPOGRAPHIE DU CAPITOLE. i5 

TArx, et la plus grande partie de rAsylura étaient occupés par 
de nombreux édifices publics civils ou religieux. 

Le Capitole, placé comme une barrière entre la plaine du 
Champ de Mars au Nord-Ouest, le Forum Boarium, le Vélabre 
et le Forum, au Sud-Est et au Sud, présentant partout au Nord, 
presque partout au Sud, un escarpement à pic, n'était pas un 
lieu de passage. Le trafic devait contourner les deux extrémités 
de la colline ; au Sud, il empruntait la rue qui, se détachant du ^ 
Forum Boarium, franchissait le mur de Servius à la porte Car- 
mentalis, atteignait le Forum Holitorium, et, passant entre le 
théâtre de Marcellus et le portique Minucia gagnait le Champ 
de Mars. Cette rue, qui correspondait à la Via délia Bocca délia 
Verità actuelle, était la voie de communication la plus ancienne 
et la plus facile entre les régions situées sur les deux flancs du 
Capitole. 

A l'extrémité Nord-Est du Capitole, entre l'Arx et le Quirinal, 
il n'y avait, à l'époque royale et sous la République, qu'une 
série de ruelles escarpées tracées sur le flanc des deux collines. 
La création des Fora impériaux, dont l'idée première appartient 
à César, transforma tout ce quartier. C'est alors que semble 
avoir été établi le Clivus Argentarius (Via di Marforio actuelle), 
destiné à relier le Forum au Champ de Mars. Mais bientôt cette 
voie cessa de suffire aux exigences d'une circulation et d'un 
trafic sans cesse grandissants. Trajan, par la construction de 
son Forum, établit entre les deux quartiers une nouvelle voie 
large et facilement accessible. La colonne Trajane indiqua, par 
ses dimensions, la hauteur du col que l'empereur avait fait raser. 

La communication entre les deux voies qui contournaient le 
Capitole à ses deux extrémités, était assurée par les deux voies 
parallèles du Vicus Jugarius et du Vicus Tuscus, qui reliaient 
la grande artère du Forum, la Via Sacra, au Tibre. 

Au Nord-Ouest, il n'y avait pas de communication directe 
entre le sommet du Capitole et la plaine du Champ de Mars 
située au pied. Toutes les voies d'accès au Capitole se trouvaient 
au Sud-Est, vers le Forum : c'était là une conséquence à la fois 
de la disposition topographique et du développement historique 
de la colline. Le seul point où la colline ne présentait pas un 
escarpement à pic, était au Sud-Est, du côté de l'Asylum. 
D'autre part, au moment où le Capitole était devenu la citadelle 
de la ville, la plaine du Champ de Mars n'était pas encore peu- 
plée. La ville s'étendait tout entière au Sud et à l'Est. Le Forum 
était déjà devenu le centre et le grand marché de la nouvelle 
Cité. Il était donc naturel que Tarquin établît de ce côté la 
grande voie d'accès au Capitole, le Clivus Capitolinus. 






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i6 LE CAPITOLE ROMAIN 

Depuis la fin de l'époque royale, les voies d'accès au Capitole 
étaient au nombre de trois : une seule, le Clivus Capitolinus,. 
était carrossable, les deux autres étaient des escaliers taillés 
dans le tuf de la colline : Scalae Gemoniaî et Gradus Moneta, 
sur l'Arx, Centum Gradus, sur le Capitole. 

Le Clivus Capitolinus*, la g-rande voie des processions et des 
triomphes, se détachait de la Via Sacra, dont il formait le pro- 
long-ement naturel, en avant du temple de Saturne. La différence 
de niveau (84 mètres), qui existait entre le Forum et le sommet 
du Capitole, avait contraint d'adopter pour le Clivus un tracé en 
lacets. Il passait d'abord entre le temple de Saturne, d'une part, 
le temple de Vespasien et le portique des Dii Consentes, de 
l'autre, parallèlement au front du Tabularium, se repliait ensuite 
à ang-le droit, dans la direction Sud-Nord, long-eait le Tabula- 
rium, qu'il limitait au Sud-Est, comme les Scalœ GemonijE le 
limitaient au Nord-Ouest, et atteignait l'Asylum, au point où 
débouche la Via del Campidoglio actuelle. De là, il gag-nait 
l'Area Capitolina, en suivant une direction analogue à celle de 
l'escalier, qui fait aujourd'hui communiquer la Piazza del Cam- 
pidoglioet la. Via di iMonte Tarpeo. 

Vers le milieu du Clivus Capitolinus se trouvait une impasse 
(angiportus), où chaque année le XVII des Calendes de Juillet 
(i5 juin), on déposait solennellement le fumier sacré du temple 
de Vesta. Cette impasse était fermée par une porte, la porte Ster- 
coraria*. Plus loin s'élevaient deux arcs de triomphe : l'un dédié 
en 564/190, par Scipion l'Africain, orné de sept statues dorées 
et précédé de deux vasques de marbre', l'autre, le Fornix Cal- 
purnius, qui Remontait probablement à la même époque*. 

Dans la dernière partie du trajet, le Clivus était orné d'un 
portique qui avait été construit en 580/174, lors des travaux de 
réfection (pavage, etc.), exécutés par les censeurs P. Fulvius 
Flaccus et A. Postumius Albinus, et qui se prolongeait jusqu'au 
niveau de l'Area Capitolina ^. — Vers le Forum se trouvaient 



I. TiT. Liv., XLi, 27, 7; Plin., Hist. NaL, xix, 23; Tac, Hist., iir, 71 ; Cicer., 
pro Sest.y XXVIII ; post Redit., xii; pro Milon., lxiv ; Philipp., ir, 16, 19; ad 
Atjic, II, I, 6; Festus, p. 344; Servius, ad JEneid., 11, 116; viii, 319. — 2. Fes- 
Tus, 344 : • Stercus ex asde Vestas, xvii. Kal. Jtil. deferttir in angiportiim mé- 
dium jere clivi Capiiolini, gui lociis clauditur porta Ster cor aria » ; Id., 2vo, 
Varron, de Ling. Latin., vi, 32. — 3. Tit. Liv., xxxvii, 3, 7. — 4. Orose, v, 9, 
raconte que Tiberius Gracchus fut tué tandis qu'il s'enfuyait de l'Area Capito- 
lina, par l'escalier qui se trouve au-dessus du Fornix Calpurnius : « per gradus 
qui sunt super Calpurnium fornicem. » — 5. Tit. Liv., xli, 27 : « Clivum Capi- 
tolinum silice sternendum et porticum ab sede Saturni in Capitolium... fece- 
rtint. » Tac, Hist., m, 7J (à la date de 69) : • Erant antiquitus porticus in 
la ter e clivi dextrx subcuntibus. » 




\ 



L'ARX. i7 

encore, au dernier siècle de la République, quelques maisons 
particulières, notamment celle de iMilon, l'adversaire de Clodius*. 

Les Scalae Gemoniae* se détachaient du Comitium au Sud du 
Garcer, et atteig-naient l'Asylum un peu au Nord-Est, semble-t-il, 
de la Via deir Arcp di Settimio actuelle, à laquelle cet escalier 
était parallèle. — De l'Asylum, un autre escalier, les Gradus 
Monetae^, prolongement du précédent, menait au sommet de 
TArx. — Au temps de la République, et encore sous l'Empire, 
les corps des condamnés, après leur exécution, étaient exposés 
sur les Scalae Gemoniae : Sejan et sa famille sous Tibère, Sabinus 
et Vitellius, tués en 69, y furent encore placés ♦. 

Les Centum Gradus, situés à l'extrémité méridionale du Capi- 
tole, mettaient en communication le quartier du Forum Boarium 
avec l'Area Capitolina *. En 69, les soldats de Vitellius, repoussés 
dans leur attaque de front, le long- du Clivus Capitolinus, g-ravi- 
rent les Centum Gradus pour pénétrer dans l'enceinte du 
Capitole». . . 

Conformément à la topographie générale de la colline et aux 
liens qui l'unissaient au Forum, les édifices du Capitole étaient, 
pour la plupart, orientés vers le Sud-Est. C'était le cas notam- 
ment pour le temple de Jupiter Capitolin et pour le Tabularium 
qui occupait de ce côté tout le front de l'Asylum. 

Les processions qui se rendaient du temple de Jupiter au 
Grand Cirque ; les triomphes qui gagnaient le Capitole, suivaient 
le Forum dans toute sa longueur : la Via Sacra, continuée par 
le Clivus Capitolinus, était essentiellement le chemin du 
Capitole. 



L'ARX 

L'Arx, l'ancienne citadelle capitoline, avait conservé jusqu'au 

dernier siècle de la République une importance militaire réelle. 

En raison de son caractère spécial, et aussi de l'exiguïté du 

I. CicER., fro Milon.j xxiv, 64. — 2. Valer. Max., vi, 3, 3; ix, i3; Tac; 
Ann., m, 14; vi, 4, 3i ; Hist., m, 74, 85; Sueton., Tiber.^ lui, lxi, lxxv, 
Vitell.y XVII ; Dion Cass., lviii, i, 5, 11, 16; lxv, 21. Plin., Hist' Nat., viii, 
146, emploie l'expression : gemitorii gradus. — 3. Les Gradus Monetse ne sont 
mentionnés que par un texte d'OviDE, Fast , i, 638 : « Qiia fert sublimes alta 
Moneta Gradus. » —4. Séjan et les siens : Tac, Ann., vi, 4; Dion Cass., lviii, 
5. Sabinus : Tac, Hist.^ m, 74. Vitellius : Tac, Hist., m, 85. Sueton., VitelL, 
XVII. — 5. Tac, Hist., m, 71 : « Diverses Capitolii aditus invadunt juxta 
lucum Asyli et qua Tarpeia Rupes centum gradibus acittur. » Les Centum 
Gradus se trouvaient à peu près à l'emplacement de l'escalier, qui donne au- 
jourd'hui accès de la Via dei Saponari à la Via di Monte Tarpeo. Cf. p. 52; 
note 2. — 6. Id. 



i8 LE CAPITOLE ROMAIN. 

terrain, les édifices qui s'y élevaient étaient peu nombreux. 
Nous n'en connaissons aucun dont la construction soit posté- 
rieure à la fin du iv siècle avant Jésus-Christ. 

Les seuls édifices mentionnés par les textes sont les temples 
de Juno Moneta, de la Concorde et de Vejovis, construits sous 
la République, et l'Aug-uraculum que la tradition faisait remonter 
à l'époque royale. 

• Le temple de Juno Moneta était à la fois le plus important et 
le plus ancien des édifices de l'Arx. Ce temple avait été voué en 
410/344, au cours de la g-uerre contre les Aurunci par le dicta- 
teur L. Furius Camillus*. La dédicace eut lieu en 411/343*, le 
jour des Calendes de Juin (i" juin)'. Le temple s'élevait dans la 
partie septentrionale de l'Arx*, à l'emplacement, disait-on, de 
l'ancienne maison de Manlius Capitolinus, rasée en 370/384 par 
décret du sénat ^. — La légende racontait que l'épithète de Mo- 
neta était d'origine postérieure, et rappelait un conseil (monere), 
donné aux Romains par Junon, à l'époque de la guerre contre 
Tarente^ (vers 482/272). Trois années plus tard, en 485/269, 
lorsque Rome commença à frapper la monnaie d'argent, l'atelier 
fut installé dans les dépendances du temple de Junon ^ Il devait 
y rester jusqu'à la fin du V siècle avant Jésus-Christ (probable- 
ment sous le règne de Nerva), date à laquelle il fut déplacé et 
annexé à la monnaie impériale du Caelius. Le temple de Juno 
Moneta semble avoir été frappé de la foudre à la fin du 11' siècle 
(639/1 15) 8; à la suite de cet incendie, il fut réparé, peut-être 
reconstruit. Les textes ne donnent sur ce fait aucune indication 
précise. — Le temple de Juno Moneta a dû disparaître de bonne 
heure : on n'en a pas retrouvé de traces. 

Le temple de la Concorde, postérieur de i23 ans au temple 
de Juno Moneta, avait été voué, en 553/221, par le préteur 
L. Manlius à l'occasion d'une mutinerie qui avait éclaté dans son 

I. TiT. Liv., VII, 28; OviD., Fast., vi, i83, 599; Macrob., Saturn., i, 12, 3o. — 
2. Id. « Anno postquam vota erat ssdes Monetx dedicatur. » — 3. Calendr. 
Venons., le jour des Calendes de Juin. C. I. L., I-, p. 221. — 4. Ovid., Fast., 
loc. cit. « l7i stnnma Arce. » — 5. Tit. Liv-, vu, 28. — 6. Il existait à Rome 
plusieurs traditions sur la nature du conseil donné par Junon : Cicer., De 
Divin., I, 45, ICI : • Scriptum a miiltis est, cum terrx motus factus esset, ut sue 
plena procuratio fieret, vocem ab xde Junonis ex arce exstitisse : quo circa 
Junonem illam appellatam Monetam » (cf. 11, 32, 69). Suidas au mot MovT^Ta : 
les Romains, manquant d'argent, à l'époque de la guerre contre Pyrrhus et 
Tarente, implorèrent Junon, qui leur répondit : « El xûv oirXwv àvôé^ovxat 
ixexà ôixaioffûvTi;, xf ïiixaxa aôxoù; ixrj éTriÀsi^siv xuxovxèç 6è Twjxatot xf,ç 
aîXTQcrswi; èxipLTjaav "Hpav jjiovfixav xouxéaxi uO jxSouXov, xô vd[xt<Tp,a êv xû Eepû 
aûx^n; vo[xi(Tivx£<; xapàxxeaôai. » — 7. Tit. Liv., vi, 20 : « Uti nunc asdes atque 
ofjicina Monetx est. ■ — 8. Plin., Hist. Nat., 11, 144 : « Tacta Junonis œde 
Romœ, Scauro consule qui mox princeps fuit. » 



L'ARX. 19 

armée, en Gaule, et qu'il avait réussi à apaiser*. Les travaux, 
adjugés en 534-220 par les duumvifs C. Pupius et C. Quinctius 
Flamininus, avaient été terminés deux ans plus tard *. La dédi- 
cacé avait eu lieu le jour des Nones de Février (5 février) 536/2 18 
par les soins des duumvirs M. et C. Atilii'. On y sacrifiait 
annuellement le 5 février, jour anniversaire de la dédicace**. 

Le temple de Vejovis avait été voué en 558/196 par le consul 
L. Furius Purpureo et dédié quatre ans plus tard, en 562/192*. 
Dans la cella se trouvait une statue de Vejovis, en bois de cyprès, 
que Pline l'Ancien mentionne au temps des Flaviens ^. 

Ces deux sanctuaires de la Concorde et de Vejovis devaient 
être de dimensions assez restreintes. Leur emplacement exact ne 
peut être déterminé avec certitude. Il est probable toutefois que 
le temple de la Concorde se trouvait sur le flanc méridional de 
l'Arx, à proximité du grand temple de la Concorde situé à l'ex- 
trémité N.-E. du Forum. 

Au Sud du temple de Juno Moneta s'étendait l'Auguraculum '. 
Le terrain qui dominait vers le Sud la dépression du Forum et 
d'où la vue pouvait embrasser l'amphithéâtre de collines formé 
par le Palatin, l'Aventin, le Caelius, l'Esquilin et le Quirinal, 
offrait un champ très va^te aux observations augurales. L'Au- 
guraculum proprement dit, sans doute une hutte ® analogue aux 
cabanes de Romulus conservées pieusement sur le Capitole et le 
Palatin, s'élevait au milieu d'une esplanade gazonnée. C'est là 
que croissaient les verveines sacrées, que l'on envoyait solen- 
nellement aux féciaux, chargés de déclarer la guerre au nom du 
peuple romain^. 

Des anciennes .fortifications particulières de l'Arx, vers le 
Forum, il ne reste qu'un fragment encastré dans un mur de la 
Via dell'Arco di Settimio (n" i) : la construction est identique à 
celle de l'enceinte palatine primitive *o. — La. partie du mur de 

I. TiT. Liv., XXII, 33, 7 : * In religionem etiam venit, œdem Concordiœ quant 
per seditionem militarem biennio ante L. Manlius prœtor in Galtia vovisset 
locatam ad id tempus non esse. » — 2. Id. : « Duumviri ad eam rem creati a 
M. A^milio praetore tirbis C. Pupius et Cxso Quinctius Flamininus asdem in 
arce faciendam locaverunt. » — 3. Id., xxiii, 21, 7 : « Duumviri creati M. et 
C. Atilii xdem Concordiœ quam C. Manlius prœtor voverat dedicaverunt. » — 
4. Calendr. Prenest.y le jour des Nones de Février. — 5. Tit. Liv., xxxv, 41. 

— 6. Plin., Hist. Nat., xvi, 216 : « Nonne simulacrum Vejovis in arce e cupresso 
durât a condita DLXI anno dicatum. » — 7. Varron, de Ling. Lat., vu, 8; 
Festus, p. 18 : « Auguraculum appellabant antiqui quam nos arcem dicimuSy 
quod ibi Augures auspicarentur. Cf. Cicer., de Offic.^ m, 16, 66. — 8. Peut-être 
est-ce la « casa sacrorum stramentis tecta » dont parle Vitruve, De Archit.y 
II, i, 20. — 9. Plin., Hist. Nat., xxii, 5 : « Gramen cum sua terra ex arce 
evulsum ». Tit. Liv., i, 24 : « Fetialis ex arce graminis herbam puram attulit. » 

— 10. R. Lanciani, The Ruins and Excavations of Ancient Rome, p. 61. 



20 LE CAPITULE ROMAIN. 

Servius qui suivait les contours de l'Arx avait, à l'époque impé- 
riale, presque entièrement disparu; il n'en restait guère que 
quelques fragments, utilisés comme substructions ou comme 
murs d'appui. Trois de ces fragments ont été retrouvés, à l'oc- 
casion des travaux du monument de Victor-Emmanuel, en 1887 *, 
en 1889* (4 rangs de blocs, d'une longueur totale de i5",20, 
alternativement disposés dans le sens de la longueur et de 
l'épaisseuf), en 1892 (6 rangs de blocs : largeur totale 3",5o, 
hauteur 3'",6o) ', les deux premiers vers la Via di Marforio, la 
troisième vers la Via Giulio Romano. 

Sur les flancs de l'Arx, notamment au Nord-Est, vers le Champ 
de Mars, s'élevaient de nombreuses maisons particulières dispo- 
sées en terrasses et adossées à l'escarpement de la colline. Le 
front de ces maisons était orienté, à l'Est sur le Clivus Argen- 
tarius, au Nord sur une rue qui se détachait du Clivus, non loin 
du Sépulcre de Bibulus, et longeait la base de la colline dans 
une direction sensiblement parallèle à celle de la Via Giulio 
Romano actuelle; une partie de cette rue a été découverte en 
1871. On a trouvé, de 1888 à 1892, de nombreux restes de mai- 
sons particulières, notamment entre l'église Beata Rita et l'es- 
calier moderne de l'Aracœli ; ces maisons étaient ornées de pa- 
vages de mosaïque et de peintures murales ♦. 

Enfin la base septentrionale de l'Arx était occupée par un cer- 
tain nombre de sanctuaires consacrés à des divinités étrangères, 
surtout orientales, et creusés dans le roc*^ : les inscriptions nom- 
ment la Dea Celestis^, Jupiter Sabazius', Hécate ^ Mithra^. Un 
de ces sanctuaires, découvert en 1892 au voisinage de la Via 
Giulio Romano, mesurait 3",3o de longueur, 2",25 de largeur, 
2",5o de hauteur *^. 

I. Notiz, d. Scav., 1887, p. ii3; 1890, p. 2i5. — 2. /rf., 1890, p. 2i5; Ch. Huelsen, 
//•' Topog. Jahresber.y Rômisch. Mitth., 1891, p. 104. — 3. Notiz. d. Scav.^ 1892, 
p. 200; Bull. Archeol. Corn., 1892, pp. 145-146; Ch. Huelsen, /K" Topog. Jahresb.^ 
Rômisch. Mitth.y 1893, p. 287. — 4. Voir surtout iVo//^. d. Scav.y 1888, p. 68; 
1889, p. 160; 1892, 43, 3i3, 343, 348, 406; Bull. Archeol. Corn., 1889, p. 206; Notiz. 
d. Scav., 1891, p. 3i5, et les Jahresberichte de Ch. Huelsen. Rômisch. Mitth., 
1889, pp. 254-255; 1891, p. 104; 1892, p. 292; 1893, p. 288. — 5. Notiz. d. Scav., 
1892, p. 407; Ch. Huelsen, IV" Topog. Jahresber.y Rômisch. Mitth.^ 1893, p. 288. 
— 6. Base de marbre, haute de o",75, large de o'",53, épaisse de o",4i. — 7. Sta- 
tuette haute de o",36 avec inscription. « Sancto deo Sabazi Attia Celerina 
d(onum) d(edh') per voc(em) Pegasi Sacerdo(tis). » Notiz. d. Scav., 1892, p. 43; 
Bull. Archeol. Com., 1892, 364. Ch. Huelsen, loc. cit. — 8. /. G. /. (Ed. Kaibel), 
1017. —9. C /. L., VI, 719. — 10. Ch. Huelsen, loc. cit., p. 288. 



L'ASYLUM. 21 



. L'ASYLUM. - LE TABULARIUM 

L'ancien Asylum, dont la Piazza del Campidog-lio actuelle oc- 
cupe le centre, s'étendait primitivement au Nord-Est et au Sud- 
Ouest jusqu'aux pentes de l'Arx et du Capitole proprement dit, 
au Nord-Ouest jusqu'à l'escarpement qui domine le Champ de 
Mars, au Sud-Est jusqu'au Forum. Il avait été restreint en 
676/78 par la construction du Tabularium, dont les dimensions 
correspondaient à peu près à celles du palais sénatorial actuel. 

Les deux bois (luci) de l'Arx et du Capitole, dont le souvenir 
s'était maintenu dans l'expression mter duos Lucos^ avaient déjà 
disparu au début de l'Empire. De l'Asylum, que Romulus, selon 
la lég-ende, avait autrefois ouvert, il n'était resté qu'un espace de 
dimensions restreintes, entouré de murs et désigné sous le nom 
de « Locus Sœptus* >; peut-être, un ancien sanctuaire se trou- 
vait-il compris dans cette enceinte*. Au voisinage s'élevaient 
plusieurs édifices publics : le temple de Vejovis, l'arc de triom- 
phe et les trophées de Néron, vers le Champ de Mars, le Tabu- 
larium, vers le Forum. 

Le temple de Vejovis, distinct du temple de Vejovis situé suf 
l'Arx, existait déjà au dernier siècle de la République '. Chaque 
année, on y célébrait un sacrifice, le jour des Nones de Mars 
(7 mars), anniversaire de la dédicace ♦. A l'intérieur de la cella, 
se trouvait une statue du dieu, représenté sous une forme juvé- 
nile, un faisceau de flèches à la main et avec une chèvre à côté 
de lui 5. 

L'arc et les trophées de Néron furent élevés de 58 à 62, à la 

I. TiT. Liv., 1,8: « Loctim qui nunc sxptus descendentibiis inter duos lucos 
est. » OviD., Fast., m, 481 : 

« Romulus saxo lucum circiimdedit alto. » 

Dion Cass., xlvii, 10; Strabox, v, 23o. — 2. Denys d'Halic, ii, i5, dit de 
Romulus : « Naôv é-îr' TOÛTt») xaxaaxcuaaàjxâvo; (ôtw oê ipa Oefp f, 5aijxôvwv 
oùx s/w t6 aacpèç eÎTrsîv). Cf. l'expression de Strabox, loc. cit. : TS[ievo^. — 
3. ViTRLV., DeArchit., iv, 8, 4; Ovm., Fast., vi, 429, 399 : 

Una nota est marti nonis, sacrata qtiod illis 
Templa putant lucos Vediovis ante duos. 

—'4. Calendr. Prenest., jour des Nones de Mars (C. /. /.., I*, p. 3ii). — 5. Aulu 
Gell., V, 12 : « Simulacrum igitur dei Vediovis g uod est in sede de qua supra 
'dixi, sagittas tenet^ quœ sunt videlicet parlas ad nocendum. Quapropter eum 
deum plerumque Apollinem dixerunt immolaturque rite humano capra ejusque 
animalis figmentum juxta simulacrum stat. • Cf. Ovid., Fast., m, 437, 599. 



22 LE CAPITOLE ROMAIN. 

suite des victoires de Corbulon sur les Parthes *. Une monnaie 
de Néron représente cet arc comme formé d'une seule arche : le 
sommet du fronton est orné d'un quadrige; les deux côtés, de 
statues de bronze *. Les monuments xie Néron, qui ne sont plus 
mentionnés par la suite, ont probablement été détruits après sa 
mort, en 68. 

Le Tabularium, le plus important des édifices de l'Asylum, a 
été construit en 676/78, sous le consulat de M. iîlmilius Lepidus 
et de Q. Lutatius Catulus'. Les inscriptions dédicatoires (dont 
deux sont connues; l'une est restée en place jusqu'au xvi* siècle, 
l'autre a été découverte lors des travaux de déblaiement exécutés 
en 1845), ne portent que le nom de Q. Lutatius Catulus : 
« Q(uintus) Lutatius Q(uinti) f(ilius) Q(uinti) n(epos) Catulus 
Co(n)s(ul) Substructionem et Tabularium de s(enatus) s(cntentiay 
faciendum coeravit (ei) demque prob(avit) ♦ » ; la seconde inscrip- 
tion est plus courte : « (Q. Lu)tatius Q. f. Q. n. (Catulus cos 
ex s)en. sent, faciundum (coeravit) eidemque prob(avit)*. — 
Les fortifications qui reliaient la défense de l'Arx à celle du 
Capitole proprement dit et qui dataient de l'époque royale «, 
durent disparaître définitivement lors de la construction du 
nouvel édifice. 

Les diverses administrations publiques avaient eu antérieure- 
ment, et elles conservèrent encore par la suite, leurs archives 
particulières. Le Tabularium du Capitole était destiné à concen- 
trer, sous forme d'orig-inaux et de copies, l'ensemble des actes 
qui concernaient l'histoire et l'administration de l'État fomain 
(sénatus-consultes, plébiscites, traités de paix,...). Le Tabularium 
souffrit de l'incendie qui, au cours des troubles de 69 ap. J.-C, 
éclata au Capitole et détruisit notamment le temple de Jupiter 
Capitolin : trois mille pièces d'archives, gravées sur des tables 
d'airain, périrent. Vespasien, raconte Suétone ', en fit rechercher 
partout des copies et réussit à les reconstituer. 

Le plan et la disposition intérieure du Tabularium sont assez 
irréguliers : la cause de cette irrégularité est double. 11 a fallu 
tenir compte des constructions et des voies d'accès préexistantes 
(temple de la Concorde, portique des Dii Consentes, Clivus. 
Capitolinus, Scalae Gemoniae), et aussi de la différence de niveau 

I. Tac, Ann., xiir, 41 : « Statuas et Arcus... decernuntur »; xv, 18 : « Arcus 
medio Capitolini montis sistel>antur. » — 2. H. Cohen, Description historique 
des Monnaies frappées sous l'Empire romain, 2* édit., I, Néron, 3o6. — 3. H. Jor- 
dan, die Topographie der Stadt Rom im Altertum, I, 2, pp. i35-i54; Fr. Reber, 
Die Ruinen Roms, pp. 69-73. —4. C /. L., I, 592; VI, i3i4. — 5. C. /. L., I, 591 ; 
VI, i3i3. — 6. Cf. le fragment qui subsiste encore dans la maison portant' 
le n» I de la via dell' Arco di Scttimio. Voir plus haut, p. 19. — 7. Sieton., 
Vespas., VIII. 



LE TABULARlll.M. î3 

considérable (24 mèires en moyenne), qui existe entre le Forum 
et la platerforme capitoline. 

Le Tabularium a la forme d'un trapèze : les deux fronts, vers 
le Forum et le Capitole (la façade moderne, sur la Piazza del 
Campidoi^lio, repose sur l'ancien mur du Tabularium), mesurent 
respectivement 85 et 80 mètres, les deux flancs, 45. Les deux 
parties les mieux conservées sont celles qui font face à la \'ia 
del Campidoglio et surtout au Forum. 

L'ensemble de l'édifice est construit 
en blocs de pèperin, longes de i-.io à 
i",i.î, hauts de o",5o à o",55, disposés 
alternativement dans le sens de la 
longueur et de l'épaisseur. Le Tabu- 
larium proprement dit repose directe- 
ment sur te tuf de la colline: la façade 
tournée vers le Forum, orientée pa- 
rallèlement au temple de la Concorde 
et au portique des Dii Consentes, est 
portée sur de hautes substructions 
qui sont expressément mentionnées 
(Substructio et Tabularium] dans 
l'inscription dédicatoire de Q. Luta- 
tius Catulus. Ces substructions, dès 
le début, étaient masquées, au Nord- 
Est et au Sud-Ouest, par le temple 
de la Concorde et le portique des Dii 
Consentes : seule la partie centrale 
était visible du Clivus Capitolinus. 

En arrière du mur de façade, épais 
de 4 mètres, se trouve une série de p. , __ ^^^ j^ Noron 
chambres, construites au niveau du (Monnaie de Ntron.) 

Forum et communiquant entre elles 

par un passage voûté. Ces chambres dont la paroi postérieure ' 
est formée par le tuf de la colline, étaient éclairées par une ligne 
de fenêtres (larges de 2 pieds), percées dans l'épaisseur des 
substructions. On y accédait du premier étage par un escalier 
situé à l'extrémité Nord-F^t de l'édifice. 

Au-dessus de ces substructions s'étend une galerie voûtée, 
large de 7 mètres, haute de io",5o, qui occupe tout le front du 
Tabularium. Construite à un niveau intermédiaire entre ceux du 
Forum et de l'Asylum, cette galerie débouchait, à ses deux 
extrémités, sur le Clivus Capitolinus et sur les Scalœ Gemonia;. 
établissant ainsi une communication directe entre le Capitoic et 
l'Ar.x. Le sol était pavé de blocs polygonaux de basalte, dont 



24 LE CAPITOLE ROMAIN. 

quelques restes ont été retrouvés en i83o. L'entrée, du côté de 
la Via del Campidoglio, existe encore aujourd'hui; la porte, qui 
se trouvait à l'autre extrémité de la g-alerie, à l'emplacement de 
la Via dell'Arco di Settimio actuelle, a disparu. 

Vers le Forum, cette g-alerie s'ouvrait par une série d'arcades, 
onze au total, qui sont aujourd'hui murées à l'exception d'une 
seule. Ces arcades, hautes de 7'",5o, larg-es de 3", 70, étaient 
supportées par des piliers massifs de péperin, ornés, vers l'exté- 
rieur, de colonnes doriques engagées; les chapiteaux des 
colonnes et l'entablement étaient construits en travertin. 

Cette galerie était autrefois surmontée d'un second étage, qui 
présentait une série d'arcades symétriques à celles du premier. 
Ce second étage a fait place aux constructions modernes du 
palais sénatorial. 

La disposition intérieure du Tabularium, tel qu'il subsiste 
aujourd'hui, est complexe et la destination des différentes pièces 
ne peut être déterminée avec certitude. En arrière de la galerie 
à arcades qui occupe toute la largeur du premier étage et paral- 
lèlement à elle, s'étend, à un niveau supérieur, un hall voûté, 
qui, postérieurement à la construction de 676/78, sans doute sous 
l'Empire, a été divisé en deux parties par une rangée de piliers 
disjDOsés dans le sens de la longueur. Ce hall communiquait à la 
fois avec la galerie à arcades du premier étage et avec le Forum : 
avec la première, grâce à un escalier voûté, découvert en 1843, 
qui se trouvait dans la partie Nord-Est de l'édifice, et débouchait 
dans la galerie, vis-à-vis de la seule arcade qui soit restée 
ouverte; avec le Forum, par un long escalier de 67 marches, 
découvert en i85o. On accédait à cet escalier, du côté du Forum, 
par une porte voûtée, encore aujourd'hui visible, située entre le 
temple de la Concorde et le portique des Dii Consentes. Sous 
Domitien, lors de la construction du temple de Vespasien, dont 
la partie postérieure s'appuie sur les substructions du Tabularium, 
cette porte a été murée et les communications directes entre le 
Tabularium et le Forum se sont trouvés interceptées. 

La partie Nord-Est du Tabularium, comprise entre l'escalier 
qui fait communiquer la galerie à arcades avec le hall supérieur, 
et la Via dell'Arco di Settimio actuelle, est occupée par une 
série de quatre pièces, disposées perpendiculairement à cette 
dernière, sur laquelle elles s'ouvraient autrefois et communiquant 
entre elles. La première de ces pièces, limitrophe de la galerie 
à arcades, contient un escalier, qui mène au rez-de-chaussée et 
dessert les chambres ména;^ées dans l'épaisseur des substructions. 

L'ensemble de ces pièces, des pièces qui leur étaient symé- 
triques au Sud-Ouest, du côté de la Via del Campidoglio (ces 



LE CAPITOLE. 25 

dernières ont subi une transformation complète) et du g-rand hall, 
situé en arrière, constituait, par opposition avec les substructions 
et la galerie de la façade, le Tabularium proprement dit. 

Outre le Locus Saeptus, le temple de Vejovi^ et le Tabularium, 
qui occupaient les parties centrale et méridionale de l'Asylum, il 
y avait sur les pentes qui, de l'Asylum, donnaient accès au Capi- 
tole et à l'Arx, un certain nombre de maisons privées. Tacite 
raconte qu'en 69 les partisans de Vitellius purent atteindre le 
sommet du Capitole g-ràce aux maisons qui se succédaient sans 
interruption jusqu'au niveau supérieur de la colline». — Une des 
maisons qui se trouvaient au Nord- Est de l'Asylum, sur la pente 
de l'Arx, a été découverte en 1888*, au pied de l'escalier qui 
mène de la Piazza del Campidoglio à l'ég-lise Santa Maria in 
Aracœli : on a reconnu notamment une salle pavée de marbre. 
Les murs et les objets trouvés portaient la trace d'un incendie. 

D'autres maisons particulières étaient construites sur le revers 
septentrional de l'Asylum vers le Champ de Mars, où le mur de 
Servius était depuis longtemps tombé en ruines '. L'une d'elles a 
été découverte en 1892, à la base de la colline, dans la partie 
inférieure de la Via délie Tre Pile. La construction en était élé- 
gante : les murs étaient ornés de peintures et le sol, pavé de 
mosaïque*. 



LE CAPITOLE. — L'AREA CAPITOLINA 

La croupe méridionale de la colline, le Capitole proprement 
dit, était à la fois, moins élevée et plus vaste que l'Arx. Le 
sommet était occupé par une esplanade de forme régulière, 
l'Area Capitolina (surface : i5ooo mètres carrés environ) dont les 
limites coïncidaient avec le rebord même de l'escarpement. 

Cette Area Capitolina était en grande partie une œuvre artifi- 
cielle*; les Tarquins, lorsqu'ils avaient jeté les fondements du 
temple de Jupiter, avaient nivelé, sur toute son étendue, le 
sommet irrégulier de la colline, puis ils avaient recouvert le sol 

I. Tac, Hist., m, 71. — 2. Notiz. d. Scav., iffïî, p. 497; Dull. Archeol. Com., 
1888, p. 33i. Cf. Ch. Huelse.n, /•' Topogr. Jahresber., loc. cit., 1889, p. 225. — 
3. Sur les deux fragrments du mur de Servius, trouvés en 1872 et en i^V;2, à 
l'emplacement de la Via délie Tre Pile, Dtdlet. Archeol. Com., 1873, p. 141; 
Notis. d. Scavi, 1890, p. 21 5; 1892, p. 200 (cf. Ch. Hu^lsen, ///" Topog. Jahrest., 
Rômisch. Mitth., 1893, p. 287); R. Lanciaxi, The Rtiins and Excavations of 
Ancient Rome, p. 64. — 4. Notiz. d. Scav., 1892, p. 229; Ch. Huelsen, loc. cit. — 
5. Dexys d'Halic, III, 69; TiT. Liv., i, 38. Sur les substructions du Capitole, 
voir plus loin, pp. 38, ?(). 



26 LE CAPITOLE ROMAIN. 

naturel d'une vaste plate-forme composée de morceaux quadran- 
gulaires de tuf. Les limites de ces substructions ont pu être déter- 
minées sur deux points : sur le rebord septentrional de la colline, 
au-dessus de la Via Tor de* Specchi (ce fragment mesurait 
25 mètres de longueur et i3 mètres de hauteur)*, à l'Est, en 1875, 
au haut de l'escalier qui donne accès de la Piazza del Campido- 
glio à la Via di Monte Tarpeo*. 

L'Area Capitolina, dont le temple de Jupiter occupait le 
centre, était entourée, sur ses quatre faces, d'un mur de clôture' 
auquel était adossé un portique construit en SçS/iSq sous la cen- 
sure de P. Cornélius Scipio Nasica et C. Popillius Laenas*. — 
Dans cette enceinte s'ouvraient trois portes : au Sud-Est, la porte 
Pandana toujours ouverte, qui donnait accès à la partie supé- 
rieure de la Roche Tarpéienne, au Sud-Ouest, une porte de 
dimensions probablement assez restreintes, qui, par l'escalier des 
Centum Gradus, mettait en communication l'Area Capitolina et 
la plaine riveraine du Tibre ; enfin, au Nord-Est, la porte prin- 
cipale*, à laquelle aboutissait la seule voie carrossable qui menât 
au Capitole, le Clivus Capitolinus. En 69, lors de l'assaut donné 
au Capitole par les soldats de Vitellius, Sabinus obstrua l'entrée 
en y accumulant plusieurs statues de l'Area Capitolina enlevées 
de leurs piédestaux^. Cette porte était fermée la nuit' : un 
gardien 8, chez lequel Domitien réussit à se cacher^, et dont la 
maison, peu après, fit place au sanctuaire de Jupiter Conservator, 
puis au temple de Jupiter Custos*», et des chiens y veillaient *^ 

L'Area Capitolina était ornée d'une foule d'édifices et de monu- 
ments de tout genre : le plus important était le grand temple 
de Jupiter Optimus Maximus, auquel il convient de donner une 
place à part. 



1. FicoRONi, Vestigie e Rarita diRoma antica, p. 42; H. Jordan, Topographie 
der Stadl Rom im Altertum, I, 2, p. 67, not. 67 : les blocs mesuraient environ 
o",22xo*,88. — Ces substructions n'appartenaient pas, comme le croit H. Jor- 
dan, loc. cit., au temple de Jupiter Capitolin, mais à l'Area Capitolina. — 
2. R. Lanciani, Bull. Archeol. Com., 1875, p. 184. — 3. C. /. L., III, p. 852 
(Diplôme militaire de l'année 74, IX : introeuntibus ad sinisiram in muro inter 
duos arctis). — 4. Vell. Patercul., ii, i, i; 3, i : « Qui censor portions in 
CapitoUo fecerat. ». — 5. Sueton., August., xciv : Fores Capitolii; Appien, 
Guerr. Civ., i, 16, dit que les statues des rois de Rome, placées sur l'Area 
Capitolina, se trouvaient : « xaxà 'zbn; Oûpas; ». Tac, Hist., m, 71 : « Ad primas 
Capitolinœ arcis fores; » C I. L., III, p. 852 (Diplôme militaire de l'année 74, 
IX : in Capitolio introeuntibus). — 6. Tac, Hist., m, 71 : « Ambustasque Capi- 
tolii fores pénétrassent, in Sabinus révulsas undique statuas, décora majorum, 
in ipso aditti vice mûri objecisset. ». — 7. Aul. Gell., Nuits Attiq.,\i, 1,6.— 
8. Aul. Gell., loc. cit. — 9. Tac, Hist., m, 74; Sueton., Domit., i. — 10. Tac, 
loc. cit. — II. CicER., pro Rose. Amer., xx, 5o : « Canes aluntur in Capitolio ut 
significent, si f lires venerint » ; Aulu Gell., loc. cit. 



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LE TEMPLE DE JUPITER CAPITOLIN. 27 



LE TEMPLE DE JUPITER CAPITOLIN 

Le temple de Jupiter Optimus Maximus fut voué, à l'époque 
royale, par Tarquin F Ancien, au cours de la g-uerre contre les 
Sabins*. Lorsqa'il fut rentré à Rome et après son triomphe, les 
travaux commencèrent aussitôt. Plusieurs sanctuaires, qui selon 
la tradition remontaient au roi sabin Titus Tatius*, occupaient 
l'emplacement du futur temple : ils furent déplacés en vertu 
d'une exauguratio solennelle : « Lorsqu'il fut sur le point de 
commencer la construction du temple, écrit Denys d'Halicar- 
nasse', Tarquin réunit les augures, et leur demanda de déclarer 
d'abord quel était l'emplacement qui conviendrait le mieux à 
l'érection du sanctuaire et qui serait le plus ag'réable aux dieux. 
Ils indiquèrent la colline qui domine le Forum, alors appelée 
Mont Tarpéien et depuis Mont Capitolin. Tarquin leur demanda 
ensuite de fixer exactement l'emplacement : la chose n'était pas 
facile. Il y avait, en effet, sur le Capitole, de nombreux autels de 
dieux et de demi-dieux, ^très voisins les uns des autres, et qu'il 
était nécessaire de transférer ailleurs pour faire place au nouveau 
temple. Les augures décidèrent que, pour chacun des autels 
antérieurs, il fallait consulter les dieux et leur demander s'ils 
consentaient au transfert. Les dieux et les demi-dieux donnèrent 
généralement leur consentement : seuls Terminus* et Juventas'^, 
longuement et instamment consultés par les augures, refusèrent 
d'abandonner leur place. Leurs autels furent conservés, lors de 
la construction du temple. Actuellement, l'un se trouve dans le 
pronaos d'Athena, l'autre dans le sanctuaire même, non loin de 
la statue. Les augures conclurent de ce fait que les frontières de 
l'État romain seraient immuables et que rien ne pourrait affaiblir 
la vigoureuse jeunesse de Rome. » 

Dès le début des travaux, on se heurta à d'énormes difficultés. 
Le sol était de forme irrégulière ; le tuf naturel était fissuré et 
friable. Il fallut niveler l'ensemble du terrain et construire une 

1. TiT. Liv., I, 38 : « jEdem in Capitolio Jovis quam voverat bello Sabino... » ; 
Denys d'Halic, m, 69 : « 'Evexe^p^i^e 5è xal tôv vewv xaxatrxeuàÇeiv xoO te 
Mo<; %oà Tf); 'Hpaç xal Tfjç 'AOirjvâç d paaiXeùç oOto; eO'/Tlv àiroôtôoùî;, yjVTTEp 
è'KOiTi<jaLXO Toî;; ésoïq év Tf) TsXsuTaiqt i:pô; ïa6tvou(; jxixTi • ; Cicer., De Repub., 
II, 20, 36; Plutar^., Publicol., xiv; Tac, Hist., m, 72. — 2. Tit. Liv., i, 55. — 
3. Denys d'Halic, m, 69. — 4. Caton (cité par Festus, 162); Ovid., Fast., ii, 
665; Serv., ad yEneid., ix, 448; Tit. Liv., i, 55, ne parlent que de Terminus. 
— 5. Le sanctuaire de Juventas n'est mentionné que par ce texte de Denys 
d'Halicarnasse. Saint Augustin cite en outre — mais le fait est douteux — 
un sanctuaire de Mars {Cité de Dieu, iv, 23). 



28 LE CAPITULE ROMAIN. 

plate-forme artificielle destinée à soutenir l'édifice : « La colline 
sur laquelle devait s'élever le nouveau temple, écrit encore Denys 
d'Halicarnasse*, n'était ni d'accès facile, ni de niveau égal: elle 
était escarpée et était terminée par un sommet aigu. Tarquin 
l'entoura de tous côtés de hautes substructions, remplit d'une 
épaisse couche de terre l'espace compris entre les substructions 
et le sommet, nivelant ainsi la colline et rendant possible la 
construction du temple*. » 

Ces travaux occupèrent les quatre dernières années du règne 
de Tarquin l'Ancien '; ils se poursuivirent probablement sous 
Servius Tullius*. Tarquin le Superbe destina à l'érection du 
temple le butin considérable (selon Pison 40000 livres d'argent, 
selon Fabius Pictor 40 talents = 225.200 francs, chiffre que Tite- 
Live juge préférable), conquis dans la ville volsque de Suessa 
Pometia ^. Tarquin contraignit en outre les plébéiens à fournir 
la main-d'œuvre*^. 

Mais la somme disponible suffit à peine à l'établissement des 
fondations ^ Le travail dut être ralenti, sans toutefois être inter- 
rompu entièrement, Tarquin le Superbe fit venir des charpen- 
tiers d'Étrurie*; le quadrige et les statjies du fronton, en terre 
cuite, furent commandés à des artistes étrusques de Véies*. 
L'édifice était presque terminé en 24,5/509, lorsque Tarquin fut 
expulsé de Rome; la décoration seule, semble-t-il, était encore 
inachevée : «Le temple de Jupiter était" près d'être achevé, 
raconte Plutarque *<', lorsque Tarquin voulut, soit d'après un 
oracle, soit de son propre mouvement, faire placer sur le faîte 
un quadrige de terre cuite dont il confia l'exécution à des ou- 
vriers étrusques de Véies; peu de temps après, il fut chassé du 
trône. Quand le quadrige fut fait, les ouvriers le mirent au four 

I. Denys d'Halic, iii, 69. — 2. Tit. Liv-, vi, 4, à propos des réparations de 
366/388, dit des substructions du Capitole : « Opiis vel in hac magnificentia 
urtis conspiciendum »; Plin., Hist. Nat., xxxvi, 104 : « Substnictiones insanas 
Capitolii mirabantur. » — 3. Tit. Liv., i, 38 : « Aream... jam prassagiente 
animo futtiram olim amplitudinem loci occupai fundamentis. » Denys d'Halic, 
m, 69 : • Toù; BspLsXtouî oùx êcpSaçe Oeivai toO vsw xpovov êiriBiwaa; {lexi TTiv 
xaTàXudiv ToO iroXéixou xsTpaexfj. » Plutarq., PutlicoL, xiv;Tac., Hist., ni, 
72 : « Jecerat Jiindamenta spe inagis futurae magnitudinis qiiam qiio modicx 
adhtic populi romani res sufflcerent. » —4. Tac, loc. cit. : « Mox Servius Tul- 
lius, sociorutn studio, dein Tarquinius Superbus... extruxere. » — 5. Tit. Liv., 
i, 55, 7 : « Pometinœ manubiœ »; Tac, Hist., m, 72 : « Capta Suessa Pometia 
hostium spoliis » ; Denys d'Halic, iv, 59-61. — 6. Tit. Liv., i, 56, i : « Non pecu- 
nia solum ad id publica est usus, sed operis etiam ex plèbe »; Cicer., Verr., 
V, 19, 48 : « Capito'.ium, sicut apud majores nostros factum est, publiée coactis 
f abris operisque imperatis, gratis exœdificari atque effici potuit. » — 7. Tit. 
Liv., i, 55. — 8. Tit. Liv., i, 58 : « Fabris undique ex Etruria accitis. » — 

9. Plin., Hist. Nat., xxxv, 157; Festcs, p. 174; Plutarq., Publicol., xiii. — 

10. pLrT.\^Q., Publicol., xiii. 






LE TEMPLE DE JUPITER CAPITOLIN. 29 

pour le cuire, mais au lieu de se serrer et de se condenser par 
révaporation de l'humidité, comme il arrive à la terre que l'on 
met au feu, il s'étendit, s'enfla et forma une masse si considé- 
rable, si forte et si dure qu'après avoir démoli la voûte et les 
murailles du four, on eut bien de la peine à l'en tirer. Les devins 
ayant déclaré que c'était un présag-e de bonheur pour le peuple 
auquel ce char resterait, les Véiens résolurent de ne pas le 
donner aux Romains qui Pavaient fait demander. Ils répondirent 
donc qu'il appartenait à Tarquin et non pas à ceux qui l'avaient 
chassé. 

< A quelque temps de là, ils célébrèrent des courses de chars, 
avec la pompe et la mag-nificence ordinaires. Les jeux finis, le 
vainqueur, qu'on venait de couronner, conduisait lentement son 
char pour sortir de la carrière. Tout à coup, les chevaux pren- 
nent l'épouvante sans aucune cause visible et, par un pur hasard 
ou par une impulsion divine, courent à toute bride vers Rome. 
Le conducteur fait inutilement de la main et de la voix tout ce 
qu'il peut pour les retenir. Se voyant emporté malgré lui, il les 
abandonne à leur impétuosité et est entraîné jusqu'au pied du 
Capitole, où les chevaux le renversent près de la porte qu'on 
appelle aujourd'hui Ratumena. Les Véiens, surpris et effrayés 
de cet événement, permirent aux ouvriers de livrer le char aux 
Romains. » 

La dédicace du temple de Jupiter Capitolin fut faite solennel- 
lement, l'année qui suivit l'expulsion des rois, le jour des Ides 
de Septembre (i3 sept.) 246/609, par le consul sufl'ect M. Hora- 
tius Pulvillus*. 

La cérémonie de la dédicace est décrite par Plutarque* : 
« Quand le temple fut terminé et décoré avec la magnificence 
convenable, Publicola désira fort en faire la consécration; plu- 
sieurs des premiers citoyens de Rome lui envièrent cette préro- 
gative. Ils avaient vu sans jalousie la gloire qu'il s'était juste- 
ment acquise par ses lois et ses victoires, mais ne croyant pas 
qu'il eût droit à ce nouvel honneur, ils excitèrent Horatius à y 
prétendre. Il survint dans ce moment une guerre qui obligea 
Publicola à marcher à la tête de l'armée. Ses envieux, sentant 
qu'il ne leur serait pas facile de l'emporter s'il était présent, 
firent, en son absence, décréter par le peuple qu'Horatius ferait 
la dédicace du temple, et sur-le-champ ils le conduisirent au Ca- 



I. TiT. Liv., 11,8; VII, 3 : « Horatius consul ex lege iemplum Jovis optimi- 
maxitni dedicavit anno post reges exactos. » Polyb., m, 22; Denys d'Halic, 
V, 35; Tac. //i5/., m, 72; Pltjtarq., PublicoU, xiv; Valer. Max., v, 10, i. Cf. 
Plin., Hist. Nat., xxxiii, 19. — 2. Putlicoly xiv. 



3o LA CAPITULE ROMAIN. 

pitole. D'autres disent que les consuls ayant tiré au sort, le com- 
mandement de l'armée échut à Publicola et la consécration du 
temple à Horatius. On peut cependant juger de ce qui s'était 
passé précédemment entre eux par ce qui arriva le jour de la 
cérémonie. Le jour des Ides de Septembre, tout le peuple était 
assemblé au Capitole dans un profond silence. Horatius, après 
avoir accompli toutes les autres cérémonies, tenait déjà, suivant 
l'usage, une des portes du temple et allait prononcer la prière 
solennelle de la consécration, lorsque Valerius, frère de Publi- 
cola, qui, placé depuis longtemps près de la porte du temple, 
attendait ce moment, lui dit : c Consul, votre fils vient de mourir 
de maladie dans le camp. » Cette nouvelle affligea tous les'assis- 
tants, mais Horatius, sans se troubler, se contenta de lui répon- 
dre : « Jetez son corps où vous voudrez; pour moi, je n'en 
prendrai pas le deuil », et il acheva la consécration. La nouvelle 
était fausse et Valerius l'avait imaginée pour empêcher qu'on 
n'achevât la cérémonie. Horatius montra, dans cette occasion, 
une fermeté admirable, soit qu'il eût reconnu tout de suite la 
ruse de Valerius, soit que, croyant la nouvelle vraie, il n'en eût 
pas ressenti la moindre émotion. » 

Le temple des Tarquins se maintint, sous la République, jus- 
qu'en 671/83. Au cours de ces quatre siècles, il fut constamment 
embelli, notamment en 458/296 par les édiles curûles Q. et Cn. 
Ogulnii *, en 612/142, sous la censure de Scipion Emilien et de 
C. Mummius Achaicus * ; une importante réparation eut lieu en 
575/179, sous la censure de M. ifemilius Lepidus et M. Fulvius 
Nobilior '. Mais l'ensemble de la construction resta intact. 

Le 6 juillet 671-83, sous le consulat de L. Scipion et de Cn. 
Norbanus, un incendie, dû vraisemblablement à la négligence 
des gardiens, détruisit entièrement l'édifice *. Sylla, après sa vic- 
toire définitive sur le parti marianiste en 672/82, entreprit la 
reconstruction du temple ^. Les travaux furent poussés avec une 
grande activité^. Après la mort de Sylla, Q. Lutatius Catulus, 



I. TiT. Liv., X, 23. — 2. Plin., Hist. Nat., xxxiri, 57. — 3. Tit. Liv., xl, 5i. — 
4. L'année est indiquée par Cicéron, Catilin.y m, 419; Sallust., Catilin., 
xlvii;Denys d'Halic, iv, 62; Tac, Hist., m, 72 : « L. Scipione C Nortano 
consulibus » ; le jour, par Plutarque, Syll.,x\su. — Denys d'Halic, loc. cil. ; 
Tacite, loc. cil. ; Appien, Guerr. Civil., i, 86 (avec réserves), attribuent cet 
incendie à la malveillance ; Dion Cassius, fragm. cvi, 2, à la foudre ; Cassiodore, 
ad ann. 671, et Obsequens, 67, à la négligence des gardiens. — 5. Tac, Hist., m, 
72 : « Curant Victor Sulla suscepil neque tamen dedicavil. » Plutarq. Publicol., 
XV ; Valer. Max., ix, 3, 8. — 6. Valer. Max, loc. cit. : * Sylla, furieux de voir 
que Granius, premier magistrat de Pouzzoles où il se trouvait alors, ne se 
pressait pas de lui donner l'argent promis par les décurions de cette colonie 
pour le rétablissement du Capitole, entra dans de tels accès de rage, et poussa 



LE TEMPLE DE JUPITER CAPITOLIN. 3i 

consul en 676/78, fut chargé par le sénat en qualité de « Curator 
reficiendi Capitolii^ >, de poursuivre l'entreprise : neuf ans plus 
tard en 685/69, Catulus procéda solennellement à la dédicace *. 
En 708/46, le sénat décida de substituer le nom de César à celui 
de Catulus sur l'inscription dédicatoire ; mais le décret ne fut pas 
appliqué : le nom de Catulus fut maintenu '. 

Le temple fut à deux reprises frappé de la foudre, en 689/65 * 
et en 745/9*. Auguste le répara, sans y placer d'inscription à 
son nom 6. En 69 après Jésus-Christ, lors de l'assaut livré au 
Capitole par les partisans de Vitellius, le temple fut incendié 
pour la seconde fois. Tacite ' décrit ainsi cet événement : « On 
doute si ce furent les assiégeants ou les assiégés qui allumèrent 
l'incendie ; l'opinion la plus commune est que les assiégés mirent 
le feu à ces édifices pour repousser ceux qui montaient ou qui 
étaient en haut. La flamme gagna les portiques qui se trouvaient 
autour du temple ; bientôt les aigles qui soutenaient le faîte et 
dont le bois était vieux, prirent feu et nourrirent l'embrasement. 
Ainsi périt le Capitole, les portes fermées, et sans que personne 
le défendît, ni le pillât. » 

Vespasien, devenu empereur, s'occupa aussitôt de relever le 
temple de Jupiter Capitolin : les travaux commencèrent dès 70 : 
€ Le onzième jour des Calendes de Juillet (=21 juin), écrit 
Tacite ®, par un ciel serein, tout l'espace consacré au temple fut 
environné de bandelettes et de couronnes. Des soldats, portant 
des noms heureux, entrèrent dans cette enceinte avec des ra- 
meaux de favorable augure. Les Vestales, accompagnées de 
jeunes garçons et de jeunes filles, dont les pères et les mères 
vivaient encore, firent des aspersions d'eaux de sources vives et 
de rivières. Ensuite le préteur Helvidius Priscus, guidé par le 
pontife Plautius Helianus, purifia le terrain en offrant un sacri- 
fice, et, les entrailles des victimes ayant été posées sur un autel 
de gazon, il pria Jupiter, Junon, Minerve et les dieux tutélaires 
de l'Empire, de seconder l'entreprise et d'élever, par leur divine 

des éclats de voix si violents, qu'il se rompit un vaisseau dans la poitrine et 
expira. ». — i. Varr., cité par Aulu-Gelle, Nuits Att., 11, 10 : « <^. Catulus, 
curator reficiendi Capitolii. ». — 2. Tit. Liv., Perioch., 98 : « Templum Jovis in 
Capitolio quod incendia consumptum ac refectum erat a Q. Catulo dedicatum 
est. » Cassiodor. ad ann. 685; Tac, Hist., in, 72; Plutarq., Putlicol, xv; 
Phlégon, Fragm. Hist. Grœc. (Ed. C. Muller, III, p. 606). —3. Dion Cass., 
XLii, 14; Tac, Hist., m, 72 : « LutatiiCatuli nomen, inter tanta Cœsarum opéra, 
usque ad Vitellium mansit. » — 4. Cicer., Catil., m, 8, 19. — 5. Dion Cass., 
Lv, i. — 6. Res. Gest. Div. Aug., 4, 9 : « Capilolium... impensa grandi refeci sine 
ulla inscriptione nominis mei. ». — 7. Tac, Hist., m, 71; Stac, Silv., v, 3, 
pp. 195 sqq. — 8. Tac, Hist., iv, 53; Dion Cass., lxvi, 10; Sueton., Vespas., 
viii; Aurel. Victor, Cxsar., g, 7; Plutarq., Publicol., xv; Chronique de Saint 
Jérôme ad ann. Abrah. 2089. 



32 LE CAPITOLE ROMAIN. 

assistance, cette demeure commencée pour eux par la piété des 
hommes. Puis il toucha les bandelettes attachées à la première 
pierre et entrelacées avec des cordes. En même temps, les autres 
magistrats, les prêtres, le sénat, l'ordre équestre et une g-rande 
partie du peuple, rivalisant d'efforts et d'allégresse, traînèrent à 
sa place cette pierre énorme. On jeta çà et là dans les fonde- 
ments des pièces d'or et d'argent et les prémices de métaux à 
l'état naturel et que nulle fournaise n'avait domptés encore. » 
— Vespasien, lors du déblaiement, voulut porter lui-même * 
quelques pierres sur son dos. La dédicace eut lieu, du vivant de 
l'empereur, probablement vers 76. 

Quelques années à peine après l'achèvement de l'édifice, en 80, 
sous Titus, un grand incendie ravagea le Champ de Mars et la 
région du Circus Flaminius ; le feu gagna le Capitole et, pour la 
troisième fois, le temple fut détruit*. Titus entreprit aussitôt de 
le reconstruire : le VIP jour des Ides de Décembre (7 déc.) 80, 
les Arvales se réunirent au Capitole, dans le temple d'Ops, pour 
faire des vœux solennels en faveur du nouveau temple '. Titus 
mourut quelques mois plus tard. Les travaux furent continués et 
achevés par Domitien*; la dédicace semble avoir eu lieu, un an 
après la mort de Titus, en 82 ; des monnaies furent frappées en 
Asie Mineure avec la légende « Capitolium Restitutum ». Cette 
réédification devait être la dernière; le temple de Domitien resta 
debout jusqu'à la fin de l'Empire. 

Le premier temple de Jupiter Capitolin, celui des Tarquins, 
représenté au dernier siècle de la République sur une monnaie 
de M. Voltelus*^, triumvir monétaire vers 666/88, était un édifice 
hexastyle, d'ordre toscan, avec trois rangées de colonnes sur le 
front et une seule sur les côtés : la partie postérieure de l'édi- 



I. SuETON., Vespas.,yiu: • Ipse {Vespasianus)reslitutionem Capitolii aggres- 
sus, ruderibtis purgandis, manus primtis admovit ac suo collo quaedam extulit... » 
— 2. Dion. Cass., lxvi, 24 : « Tôvte vewv xoO KairiT(»)X{ou {Aetà xwv auvvàwv 
aÛToO xaxixauffsv »; Plutarq., Publicol., xv; Sueton., Domit., v, viii. — 
3. C /. L., VI, 2o59, p. 507, 10 : M. Tillio Frtigi T. Vinicio Juliano coss 
(=80 ap. J.-C), VII Id. Decembr. in Capitolio in asdem Opis convenernnt ad 
vota nuncupanda ad restitutionem et dedicationem Capitoli ab imp{eratore) 
T{ito) Csesare Vespasiano Aug{usto). — 4. Plutarq., Publiçol., xv ; « '0 5g 
TéxapTOç oÛTo; ùtzo AojisxtavoO xaî auvsTsXéaSTj xal xaOtepwST). » Sueton., 
Domit., V : « Plurima et amplissima opéra incendio absumpta (Domitianus) 
restituit, in qiiis et Capitolium guod rtirsus arserat, sed omnia sub titulo tantum 
suo ac sine ulla pristini auctoris memoria. » Suétone, id., viii, raconte, en 
outre, que Domitien « fit détruire par ses soldats un tombeau qu'un de ses 
affranchis avait élevé à son fils avec des pierres destinées au temple de Jupiter 
Capitolin et qu'il fit jeter dans la mer les cendres et les ossements qui s'y trou- 
vaient. » — 5. E. Babelon, Description historique et chronologique des mon- 
naies de la République romaine, II, p. 565, clxxxi, Volteia (n' i). 






LE TEMPLE DE JUPITER CAPITOLIN. 33 

fice, au Nord-Ouest, était dépourvue de colonnes. Le temple, 
porté sur un haut soubassement, dans l'intérieur duquel étaient 
ménagées une série de chambres souterraines (les/avissa?), était 
de forme massive, presque carrée; les colonnes étaient épaisses, 
basses et très espacées. — Le fronton, supporté par une archi- 
trave de bois, était surmonté au centre d'un quadrige, sur les 
côtés de statues en terre cuite, dont l'une était celle de Jupiter 
Sùmmanus*. En 458/296, les édiles curules Q. et Cn. Ogulnii, 
avec le produit d'amendes imposées aux usuriers, remplacèrent 
le quadrifre de terre cuite par un quadrige de bronze*, orné 
d'une statue de Jupiter portant une couronne'; plus tard, la 
statue de Jupiter Summanus, frappée par la foudre, fut remplacée 
par une statue de bronze*. Le 
tympan du fronton était orné 
de reliefs sur lesquels nous 
ne savons rien : la monnaie de 
Volteius n'indique qu'un foudre I 

ailé', mais il est vraisemblable 
que cette représentation est 
incomplète. Le temple fut ré- 
paré en 575/179, sous la cen- 
sure de M. Emilius Lepidus et 
M. Fulvius Nobilior ; les colonnes, en o'utre, furent blanchies et 
polies *. 

L'intérieur comprenait trois cellœ, disposées parallèlement dans 
le sens de la longueur et recouvertes d'un même toit ' ; au centre, 
la cella de Jupiter, qui était la principale; à l'Ouest (vers le 
Tibre), la cella de Minerve; à l'F^t,- vers l'Asylum, la cella de 
Junon : on accédait à ces trois cellœ par trois portes de bronze, 
celle du milieu, qui menait à Li cella de Jupiter, plus grande que 
les deux autres, qui sont représentées sur la monnaie de ^L Vol- 
teius', sur les bas-reliefs du musée des Conservateurs et du 
Musée du Louvre dont il sera question plus loin. — Le sol, 

i. CiccR.. Je Dlvinal., 1. 10, iû : ■ Cum Summunus In jasHgio Jovis optimi 
maximi qui lum eral ficliUs, e cmlo kliis essel... •. Cf. Tit. Liv.. PeriocH.. 14. 

— j. TiT. Tiv., X, 23. — 3. Pl.vut., TrinuMitt., Si : • SI te surripuisse suspicet 
Jori coronum dtcapileex Capilollo, quod. In columtnesslalsummoi; Id-.Vm., 
ç^l xtAlego le sacrum coronjin surriputsse Jovl. •- — 4.\'oiT piusliauUnot 1. 

— S. E, Bauelon, iot. d(. — 6..T1T. Liï., ïL, Si :• M. emilius LepiSus... tUem 
Jtnl! I« Captiollo columnasque circa poUendas alto locJiiil el ab his coliimnis 
qum fttcomMoJe opposUa ttdebiHlur signa amovil clipeaque âe columnls el 
signa mililaria al fixa omnis generis dempsit. ». — 7. Dehvs d'Haï k.. 
n,6i. Cf. TiT. Liv., VI. S); vu, 38; i, 23, et:. - Pus., Hisl. NjI.. mxiï; Vaieh. 
Maiim.. ïiii, i5, I ; Sene-)., Episl., yS, 75, etc. — B- Voir plus haut, pag. 32, 



34 LE CAPITOLE ROMAIN. 

depuis 6o4/i5o environ, était recouvert d'une mosaïque blanche*, 
la première qu'on ait vue à Rome ; le seuil était de bronze, de- 
puis l'édilité curule de Q. et Cn. Og-ulnii (458/296)*. Les lambris 
du plafond furent dorés en 612/142', sous la censure de Scipion 
Émilien et de L. Mummius Achaicus. Le toit était couvert de 
tuiles de bronze. 

Au fond des trois cellae, se trouvaient les autels et les statues 
des trois divinités : la statue de Jupiter, statue de terre cuite 
analogue aux statues du fronton, dont on enduisait le visage 
de vermillon les jours de fêtes, était »l*œuvre d'un artiste étrus- 
que de Véies. Les anciens* autels de Terminus et de Juventas, 
que les rites n'avaient pas permis de déplacer, se trouvaient à 
l'intérieur du temple : l'autel de Juventas dans la cella de 
iMinerve, celui de Terminus, dans le Pronaos ; comme le culte de 
Terminus devait être célébré en plein air, une ouverture avait 
été ménagée dans le toit du temple ^. 

A l'intérieur du temple de Jupiter, se trouvaient de nombreuses 
œuvres d'art, dons des rois et des peuples étrangers, des magis- 
trats et des triomphateurs ; des statues — deux statues de Jupiter, 
l'une placée entre les deux cellae de Jupiter et de Minerve, pri- 
mitivement à Préneste, dédiée en 374/380 par le dictateur T. 
Quinctius^; l'autre, amenée de Macédoine par T. Quinctius Fla- 
mininus'; une statue de Scipion l'Africain s, dans la cella de 
Jupiter....; des Victoires d'or, dont une dédiée en 538/2i6 par 
Hiéron de Syracuse » ; des boucliers apposés aux colonnes, dont 
un grand nombre furent déplacés au cours des travaux de 
575/179 **>; des couronnes d'or, dédiées par les triomphateurs ou 
les peuples étrangers : Mamercus iïimilius, dictateur en 317/437" ; 
T. Quinctius, dictateur 374/380»*, les Herniques 305/449*', les 
Carthaginois 411/343**, Philippe de Macédoine 563/i6i*'*; des 

I. Plin., Hist. Nat., xxxvi, i85 : « Scutulatum in Jovis Capitolini œde primum 
factum est. ». — 2. Tit. Liv., x, 23 : « Cn. et Q. Ogulnii œdiles curules... œnea 
in Capitolio limina... posuerunt. » — 3. Plin., Hist. Nat., xxxiii, 57 : 
« Laqueariaj qux nunc et in privatis domibus atiro tegttntur, primo in Capitolio 
inaurata sunt censura L. Mummis. » — 4. Plin., Hist. Nat., xxxiii, 57. Cf. 
XXXIII, m. — 5. Denys d'Halic, m, 69 (cf. plus liaut, p. 27). — 6. Tit. Liv., 
VI, 29. — 7. CiCER., Verr., iv, 58, 129. — 8. Valer. Maxim-, viii, i5, i : « {Scipio 
Africanus) imaginent in cella Jovis optimi maximi positam habet. ». — 9. Tit. 
Liv., XXII, 37 : cette Victoire était du poids de 220 livres. — 10. Id., xl, 5i. Voir 
plus haut, p. 3o. — II. TiT. Liv., iv, 20 : • Mamercus uEmilius coronam au- 
ream libram pondo ex publica pecunia populi jussu in capitolio Jovi donum 
posuit ». — Cf. xxv, 39; xxxviii, 35; Plin., Hist. Nat., xxxv, 14. — 12. Festus, 
p. 363 : « T. Quinctius trientem tertium pondo coronam auream dédisse se Jovi 
donum scripsit. » — i3. Tit. Liv., v, 37. — 14. Id., vu, 38. — i5. Id., xxxvi, 34; cf. 
aussi xliii, 6. — D'autres offrandes sont mentionnées par Tite Live, xxix, 38 
(quadrige d'or), xxxviii, 35 (un char doré avec attelage de six chevaux), etc. 



LE TEMPLE DE JirPlTER CAPITOLIN. . 35 

tableaux : l'un d'eux représentait la reddition de Junurllia'. 

Un trésor était placé sous le siège de la statue de Jupiter'. 
Le jeune Marius l'emporta à Préneste en 672/82'; Sylla, vain- 
queur, le rapporta à Rome. A l'intérieur du temple se trouvaient 
aussi conservés les livres sibyllins*. D'autres objets d'art, enfin, 
étaient déposés dans \eifavissx des su bst rut tiens. 

Les Irois reconstructions successivesdu temple n'altérèrent pas 
sensiblement le plan primitif. En 676/78, Q. Lulalius Catulus 
voulut surélever le temple et lui donner un aspect plus imposant, 
en abaissant tout autour le niveau de i'Area Capilolina : i! en fut 
empêché par l'existence des/avissa:^. 

En 70 ap. J.-C, lors de la seconde reconstruction du lemple, 
il fut de nouveau question de 
modifications à apporter au plan 
de l'ancien édifice. L'affaire fut 
soumise aux haruspices : • Les 
haruspices, dit Tacite", prescri- 
virent de transporter dans des 
marais les débris de l'ancien 
temple et d'en bâtir un nouveau 
sur le même emplacement, ajou- 
tant que les dieux ne voulaient 
pas que le plan fût changé.... La hauteur en fut augmentée; 
c'est le seul changement que la religion sembla permettre et la 
seule magnificence qui parut manquer à l'ancien temple. > Il faut 
ajouter que l'ordre corinthien fut substitué à l'ordre toscan. Les 
temples de Vespasien et de Domilien restèrent hexastyles, 
comme l'avaient été ceux des Tarquins et de Q. Lutatius 
Catulus. 

Le temple reconstruit en 676/78 par Q. Lutatius Catulus est 
représenté sur une monnaie de Petillius Capitolinus', Iriumvir 
monétaire en 71 1/43, avec sa façade de six colonnes, son fronton, 
orné de reliefs (au centre, Rome assise sur des boucliers ; à 
droite, la Louve et les Jumeaux; à droite et à gauche, des 
oiseaux), surmonté, au centre, du quadrige de Jupiter, sur les 
côtés, des statues de Minerve et de Junon, et de deux aigles en 
aerotères. Le toit était soutenu par des aigles de bois', dont il a 
été question plus haut à propos de l'incendie de 69. — Les portes 
des cellœ, masquées par trois boucliers suspendus entre les 

i. Plutarq., Mar., xxxii. — 2. Tit. Liv.. v, 5o; Pun., HIsI. Kit., XKXia. i^-i6 r 
ce trésor comprenaEt originairement 2 oa» livres d'or. — 3. Appien, Guerr. Ch:. 
8;. — 4. Dents d'HaliC, Cï. ûî. — 5. AuL- Gell-, Nuils Alllq., ii, lo, 2. — 
6. Tac.. Hte(., iv, 53. — 7. E. Babelon, lot. cil., U, pp. 291-21)2. n- cxïh, PelIllU 
(n- 1-4), — 8. Tac, Hisl.. ai. 71. 



36 LE CAPITOLE ROMAIN. 

colonnes centrales, ne sont pas visibles sur la monnaie de Petil- 
lius Capitolinus. Les tuiles de bronze, qui recouvraient le toit, 
avait été dorées par Catulus*. 

De nouvelles offrandes avaient remplacé à Tintérieur de l'édi- 
fice celles qui avaient péri dans l'incendie de 671/83; des statues 

— une statue d'Apollon, œuvre de Calamis, amenée d'ApoUonie 
(Asie Mineure) et consacrée en 683/71 par LucuUus*; une statue 
de Thésée, de Parrhasius ' ; une statue d'éphèbe, dédiée en 
679/75*; une statue de Minerve*, consacrée par Cicéron en 
666/58 ; deux bustes, dédiés en 696/57 par le consul P. Cornélius 
Lentulus Spinther^; la statue de Jupiter, de Myron, consacrée 
par Auguste'; un quadrige et une Victoire, consacrés en 712/42 
parle consul C. Munatius Plancus®; des pièces d'orfèvrerie^; 
une collection de pierres gravées, provenant du butin fait sur 
Mithridate et offerte par le grand Pompée *<* ; des tables de bronze, 
contenant des traités et autres actes publics". La statue assise, 
qui occupait le fond de la cella de Jupiter, était d'or, d'ivoire et 
de marbre"; enfin, les livres sibyllins avaient été reconstitués et 
replacés dans les souterrains du temple *'. 

La représentation du temple de Vespasien, sur les monnaies de 
Vespasien**, est analogue, mais l'édifice est de style corinthien. 
Le fronton était orné de reliefs, représentant, au centre, la triade 
capitoline, Jupiter, assis; tenant un sceptre, Minerve et Junon 
debout, à sa droite et à sa gauche; de part et d'autre du groupe 
central, étaient deux groupes d'hommes (les Cyclopes) frappant 
sur l'enclume. Le faîte était surmonté d'un quadrige, au centre ; 
de deux biges et d'aigles en acrotères. — Les haruspices avaient 
interdit de profaner l'édifice avec de l'or ou des pierres destinés 
à un autre usage; parmi les offrandes, Pline*'' mentionne des 

T. Plin., Hist. Nat., xxxiii, 57 : « Cum varie sua œtas de Cattilo existimaverit, 
quod tegulas aereas CapUoli inaurasset. » Cf. Seneq., Controv., i, 6, 4 : fasH- 
gatis sufra tectis auro puro fulgens prœlucet Capitolium » ; Id., ii, i, 1 : 
t Inauratum Capitolium. ». — 2. Plin., Hist. Nat., xxxiv, 89 : « 7n Capitolio 
Apollo tralatus a M. Lucullo ex Apollonia Ponti urbe XXX cubitorum. » 
Strab., VII, 6, 1. — 3. Plin., Hist. Nat., xxxv, 69. — 4. Festus, p. 262. — 5. Dion 
Cass., xxxviii, 17; XLV, 17; Obseq., 68. — 6. Plin., Hist. Nat., xxxiv, 44. — 
7. Strab., xiv, 14. — 8. Plin., Hist. Nat., xxxv, 108 : « In Capitolio quant 
Planais imperator posueraty Victoria quadrigam in sublime rapiens. » — 9. Plin., 
Hist. Nat.y xxvii, 18, etc. — Divers dons laits par les empereurs, sont men- 
tionnés par Suétone, Tiber., lui; Calig., xvi; NerOy x, xii, xiv; Tacit., Ann., 
XV, 74, etc. — 10. Plin., Hist. Nat., xxxvii, 11. — 11. Cicer., Catilin., m, 19. 

— 12. Chalcid., ad Plat. Tim., 336; Varron (cité par Non., p. 162); Josèphe, 

Antiq. Juiv., xix, i, 2. — i3. Lactanc, de Ira Dei, xxii, 6; Fenestella, Instit., 
I, 16, 14. — 14. H. Cohen, loc. cit., 2' édit., I, Vespasien, n" 486-493. Voir p. 46, 
47. — i5. Hist. Nat., xii, 94 : « Coronas ex cinnamo in terrasili auro inclusas 
primtis omnium in templis Capitolii atque Pacis dicavit imperator Vespasianus 
Augustus. » 



LE TEMPLE DE JUPITER CAPITOLJN. 87 

S en bois de canneltier, ornées d'or, qui furent offertes 
par Vespasien. 

Enfin le temple de Domitien, celui qui a subsisté jusqu'à la Rn 
de l'Empire, est représenté sur les monnaies de cet emper,eur ' 
et sur trois bas-reliefs : l'un de ces bas-reliefs, provenant de l'arc 
de Marc-Aurèle, est aujourd'hui consente au musée des Conser- 
vateurs, à Rome»; le second est au musée du Louvre (le fronlon 
manque)'; le troisième qui se trouvait au xvr siècle^ dans la 
Bibliothèque du Vatican, a aujourd'hui disparu, mais on en 
possède quatre dessins exécutés au xvi' siècle' : l'un est h la 
bibliothèque de Cobourg'; un secondy provenant 'de la bibliO: 
thèque de Fulvio Orsini, est conservé à la bibliothèque Vaticane ; 
un troisièmea élé esquissé vers 
la fin du xvT siècle, par un 
sculpteur de Reims, au cours 
d'un voya^ à Rome" et un 
quatrième, par Piranesi'. 

De toutes ces représenta- 
tions, la plus exacte et la plus 
sûre est donnée par le dessin 
de la bibliothèque de Cobourg;. 
Les faits certains sont les sui- 
vants : le temple reconstruit par Domitien était hexastyle comme 
les temples antérieurs. Le fronton était, comme dans le temple 
de Vespasien, surmonté d'un quadrige, au centre; de deux bi^es 
et de statues (dont une représentant Mars avec la lance, une 
autre, Minerve), sur les côtés. Les reliefs du tympan représen- 
taient : au centre, la triade capitoline, Jupiter assis, Miner\'e 
et Junon, debout. De part et d'autre, les deux chars du Soleil 
et de la Lune convergeant vers le groupe central; deux groupes 
de trois hommes (Vulcain et les Cyclopes), frappant sur l'en- 
clume; quelques figures accessoires : aux pieds de Jupiter, un 
jeune homme deb>out (Ganymède?); aux pieds de Minen'e, 
Hercule, et à droite, près de Junon, un homme et une femme, 

1. H. Cohen, /of. cil.,Domilie», n" 05.90; /J., n*2.'!. — 2. Bartoii, AJmIr. Rom. 
Aitllq.. pi. IX. — RiGHETTi, Mus. i. Campidoglia. 1, 00. — Moiium. âeW InsHIul. 
dl CoTTisp. Archeol.. \. pi. ihvi. — 3. Clahao, Musée de sculpture a«tljueet 
moderne, II. i, -iz {cl. Planches II. i5[, 3<xi). — 4. Sur ces dessins, voirsurlout 
AuG. AunOLLENT, Z>eïîiii luidil du fronton du Temple Je Jupiter CapUolin. 
MiUngesde l'École Irinçiise de Rome. IX. iQ-Sç, pp- i2o-i33-, Direuberc et 
Saqlio. Diclionnaire dis Antiquités firecques et romaines, article • Capitolium • 
(I, I", 2- partie. C, pp. goi-çôù). — 5. Reproduit par M. Sculltïe, Archeol. 
ZHiung, 1872. pi. LVll (cf. DiREHBEBG Cl Saglio. loc. cil., p, 904, fiff, ii5]). 
— û. Aïc. AtDOLLEST. loc. Cit. — 7. P[BA.SESi, Magniftcenca eJ Archtleltiira dei 
Romani, pi. CXCVIU. 



38 LE CAPITOLE ROMAIN. 

probablement Esculape et Vesta. Dans les angles^ deux divinités 
couchées : le Tibre et probablement la Terre. 

Le nouvel édifice éclipsait en mag-nificence tous ceux qui l'a- 
vaient précédé. Les colonnes étaient de marbre blanc, du Penté- 
lique, et cannelées; elles provenaient d'Athènes où Plutarque 
dit les avoir vues*. Pour les adapter à leur nouvelle destination, 
on les retailla à Rome. « Ce second travail, dit encore Plutar- 
que, leur a donné moins de g-râce qu'il ne leur a enlevé de leur 
symétrie : en les effilant trop, on leur a fait perdre toute leur 
beauté. » Les trois portes* qui donnaient accès aux cellae et les 
tuiles du toit' étaient de bronze doré. L'ensemble de la construc- 
tion, selon Plutarque, avait coûté plus 2000 talents (66 millions 
720000 francs)*. Plus tard Trajan eut sa statue dans le pronaos 
du temple^. 

Au moyen âge, le temple de Jupiter disparut complètement. 
On perdit jusqu'au souvenir de son emplacement. Un grand 
nombre des écrivains qui, depuis le xvr siècle, ont traité la 
topographie de la colline capitoline, plaçaient le temple de Jupiter 
sur le sommet septentrional du Capitole et considéraient le som- 
met méridional comme l'Arx. Les fouilles exécutées sur le Capi- 
tole à l'emplacement du Palazzo Caffarelli et du musée des Con- 
servateurs, en 1865^, 1875-1878', complétées par quelques dé- 
couvertes postérieures (notamment, en 1896, Via di Monte 
Tarpeo*), ont permis de résoudre définitivement la question. 

Les limites orientale et occidentale des substructions sur les- 
quelles s'élevait le temple, ont pu être déterminées grâce aux 
trouvailles de i865 (Jardin du Palazzo Caffarelli : limite occiden- 
tale), de 1875 (musée des Conservateurs : limite orientale), et de 
1896 (Via di Monte Tarpeo : angle sud-est des substructions). 
— La distance, qui séparait les deux flancs oriental et occiden- 
tal, et par suite la largeur du temple, était de 5i mètres ^ chifi*re 
auquel il faut ajouter l'épaisseur des deux revêtements aujour- 
d'hui disparus : soit au total 55 mètres environ pour le front. 

La longueur, sur laquelle les trouvailles n'ont pas fourni d'in- 
dications précises, peut toutefois être déterminée d'une manière 



I. Plutarq., Publicol.y xv. — 2. Zosim., 'latopia Néa, v, 38. — 3. Procop., 
Ciuerr. Vandal., i, 5. — 4. Plutarq., Piiblicol., loc. cit.— 5. Plin. lejf.un., 
Panégyr. de Trajan, 52 : « In vestitulo Jovis Optimi Maximi. » — 6. Kosa, 
Annal. deW Institut., i865, 382 sqq. ; Monument. delV Instit., VIII, tab. 23, 2; 
H. Jordan, Topographie der Stadt Rom im Altertum, I, 2, p. 67, not. 67. — 
7. R. Lanciani, Bm//. Archeol. Com., 1875, pp. 165-189; 187^1 3i-34; H. Jordan 
et ScHVPMAHs, Annal. delV Instit., 145-1^2; Dressel, Bull, dell' Instit., 1882, 
226 sqq. —8. G. Gatti, Notiz. d. Scav., 1896, p. 161. — 9. H. Jordan, Topogra- 
phie der Stadt Rom im Alterthum, I, 2, pp. 69-70. 



LE TEMPLE DE JI'PITER CAPITOLIN, Sg 

indirecte; Denys d'Halicarnasse', rappelant la eonstruelion du 
temple de Jupiter, donne le chiffre total du périmètre, huit 
plèthres (;^246",5o); il ajoute que la différence entre la longueur 
et la largeur n'atteignait pas i5 pieds (=4",42). Il faut donc 
admettre une longueur totale de 60 mètres. Le chiffre du péri- 
mètre serait donc de aSo mètres, soit sept plèthres i/3, chiffre 
inférieur de 16 mètres à celui de Denys; il est probable que Denys 
a simplement arrondi le chiffre en huit plèthres. 

Le temple occupait le centre de l'Area Capitolina, dont il cou- 
vrait un peu plus du cinquième (33oo mq. sur iSoooJ; l'espace 
resté libre tout autour, l'Area proprement dite, mesurait environ 
35 mètres sur le front, 33 mètres sur les deux flancs, 25 mètres 

rientalion, que les 

fouilles ont permis 

de déterminer', 

était Nord -Sud, 

avec une déviation 

de 24 degrés vers I 

l'Est 

Lesrestesdécou- 
vertsappartiennent 
presque exclusive- 
ment aux substruc- 
tions*. Ces sub- 

structions, hautes de 5 mètres environ, sont formées de blocs 
quadrangulaires de tuf (dimensions moyennes : largeur o",6o 
longueur 0,70, hauteur o,3i), superposés sar.s mortier. On a pu 
également, dans la partie Sud-Est de l'édifice, recueillir quelques 
indications précises sur les dimensions des murs qui soutenaient 
les 6 rangées de colonnes du pronaos et la disposition des fa- 
vissœ*. 

De l'édifice lui-même on n'a recueilli que quelques débris : un 
fragment de colonne cannelée' et un chapiteau corinthien de 
marbre pentélique"; un fragment de base attique, également en 
marbre'; des restes de corniche et de frise, ornés de bucranes 
et de festons*; provenant de l'édifice reconstruit par Domllien. 

I. Denys d'Halic. iï, 6i. — 2. Sur l'orienlalion. R. Lanoianf, Bull, Archeol. 
Corn., [0-5, p. iSo; SfEiLPMAUN, Ick. cil., p. 140; H. Johdan. loc. cil.. p.<& — 
3. R. Lancia-si, Bull. AnHeol. Coni., 1875, i8r. Cf. Dressel. Bail. dilV InsHI.. 
leSl, p- 126. — .]. H. Jordan, Uk. cil., p. 70. —5. B. LANaAKi, Bull. Archeol. 
Com., iB-S, p. 185; H. JobbaN. Ioc. cil., p. 72, nol. 69.-6, Nolis. a. Scjr., i8c)7. 
p. 60. — 7- H. JOHnAîi, Ioc. cil. — a. R. Lasciasi, The Ruins an,( Excayjlious oj 
AncienI Rotnt, p. 3oi. 



Ao LE CAPITULE ROMAIN. 

De ces trouvailles, il résulte que le diamètre des colonnes était de 
2 mètres à 2'",io*; celui des bases, de 2",26*; celui des chapi- 
teaux (le chapiteau découvert était très mutilé), supérieur à 
2 mètres 5; la distance des colonnes de la façade, telle qu'on a 
pu la déterminer d'après la disposition des murs de soutènement, 
était d'environ g"*, 20 d'axe en axe*. — Il faut mentionner enfin 
la découverte de deux fragments de terre cuite, trouvés en 1896, 
qui semblent avoir appartenu à la décoration primitive de la 
façade*. 



LES AUTRES ÉDIFICES DU CAPITOLE 



Autour du temple de la triade capitoline, sur l'Area Capito- 
lina, s'élevaient un grand nombre de temples, d'autels, de monu- 
ments religieux ou dédicatoires, de statues. Le Capitole, dès la 
fin de l'époque royale, était devenu le centre religieux de la 
Rome païenne. Les sanctuaires s'étaient multipliés sous la Répu- 
blique et sous l'Empire. 

Sauf peut-être pour les temples de la Fides et de Jupiter 
Custos, il est impossible de déterminer l'emplacement exact de 
ces édifices. Les indications des textes manquent de précision et, 
sur aucun point de la ville, la disparition des restes antiques n'a 
été plus complète. Un fait au moins est certain : ces édifices 
s'élevaient sur l'Area Capitolina, en avant et sur les deux flancs 
du temple de Jupiter Capitolin. 

Plusieurs temples étaient consacrés à Jupiter : les temples de 
Jupiter Feretrius, de Jupiter Tonans et de Jupiter Custos. 

Le temple de Jupiter Feretrius, le premier qui eût été dédié à 
Jupiter sur la colline capitoline, était le plus ancien de Rome. 
Selon la tradition, il avait été dédié par Romulus, antérieu- 
rement au traité conclu avec le roi des Sabins, Titus Tatius. 
Romulus, après avoir tué de sa main le roi des Cœniniens Acron, 
y avait suspendu les premières dépouilles opimes*. A. Cornélius 
Cossus en 817/437 et M. Claudius Marcellus en 532/222, consa- 
crèrent les secondes et les troisièmes. A la fin de la République, 
l'édifice, agrandi par le roi Ancus Marcius', tombait en ruines^; 

1. R. Lanciani, Ditll. Archeol. Com., 1875, p. i85. — 2. H. Jordan, loc. cit. 

— 3. Notiz. d. Scav., 1897, p. 60. — 4. R. Lanciani, Bitll. Archeol. Corn., 1875, 
pp. i65 sqq. — Cf. H. Jordan, lopog. der Stadt Rom im Aller tum, I, 2, p. 85. 

— 5. G. Gatti, Notiz. d. Scav., 1896, p. i85. — 6. Tit. Liv., i, 10; Denys d'Halic, 
II, 34. — 7. Tit. Liv., i, 33. — 8. Corneli Nepos, Attic, %x. Tit, Liv., iv, 20. 



AUTRES ÉDIFICES DU CAPITOLE. ki 

il fut reconstruit par Aug-uste, vers 723/3 1, conformément au plan 
primitif*. 

L'édifice, de dimensions très restreintes (selon Denys d'Hali- 
carnasse, les côtés les plus longs mesuraient moins de i5 pieds*), 
est représenté sur une monnaie de la Gens Claudia, sous forme 
d'un temple tétrastyle, précédé d'un haut escalier^. A l'intérieur 
étaient déposés le sceptre et le silex dont les fétiaux faisaient 
usage pour la signature des traités de paix*. 

Le temple de Jupiter Tonans, élevé par Auguste •*, qui, au 
cours d'une expédition en Cantabrie (en 728/26 av. J.-C), avait ^1 
failli être frappé de la foudre, et dédié le jour des Calendes de ' 
Septembre (i*' sept.) 722/32^, était situé dans la partie méridio- 
nale de l'Area Capitolina devant le temple de Jupiter Capitolin. 
En raison de sa situation, on l'appelait communément le « portier 
de Jupiter » (janitor). On y sacrifiait au jour anniversaire de la 
dédicace, le i*"" septembre'. Les murs étaient construits en blocs 
massifs de marbre. A l'intérieur se trouvait une statue de 
Jupiter, œuvre du sculpteur Leocharès^. Devant l'entrée du 
temple, sur l'Area Capitolina, étaient les statues d'Hygia, Castor 
et Pollux^ 

En 69, lors de l'assaut livré au Capitole par les soldats de 
Vitellius, Domitien s'était réfugié chez le gardien du temple de 
Jupiter Capitolin et s'y était caché pour échapper aux recherches 
de ses ennemis. Après l'avènement de Vespasien et en témoi- 
gnage de reconnaissance, il fit abattre la maison du gardien et 
sur l'emplacement consacra un sanctuaire à Jupiter Conservator /*^. 
C'était un édifice de dimensions très restreintes ; à l'intérieur se 
trouvait un autel, auquel était apposée une inscription rappelant 
le danger couru par Domitien et la protection que Jupiter lui 
avait accordée. Plus tard, devenu empereur, Domitien remplaça 
le sanctuaire par un édifice plus considérable, le temple de 
Jupiter Custos**. Dans la cella était une statue de Jupiter, qui est 
représentée, à la date de 84 et 86, sur plusieurs monnaies de 
Domitien**. 

Aux temples consacrés à Jupiter, il faut ajouter les temples 

I. Res Gest. Div. Aug., 4, 5 : * JEdes in Capitolio Jovis Feretri... feci. » 
TiT. Liv., loc. cit. — 2. Denys d'Halic, ii, 34. — 3. E. Babelon, Description 
historique et chronologique des monnaies de la, République romaine^ I, p. 352, 
Claudia^ n» 1 1 (P. Cornélius P. F. Lentulus Marcellinus, triumvir monétaire vers 
709/45). — 4. FESTUS,p. 92. — 5. Res. Gest. Div. Atig., 4, 5. — 6. Calend. 
Amitern., le jour des Calendes de Septembre (C. /. L., I*, p. 244). — 7 Plin. 
Hist. Nat.y xxxvr, 5o. —8. /tl, xxxiv, 5 « Jovem illum tonantem in Capitolio. • 

— 9. Id.y XXXIV, 78. — 10. Tac, Hist., m, 74. — 11. Id. : « Mox imperium adeptusy 
Jovi Custodi templum ingens seque in sinu dei sacravit. > Sueton., Domit., y. 

— 12. H, Cohen, loc, cit., Domitien, n" 3oi-3o6; 321-323. 



4ï 1.E CAP1TOI.E ROMAIN 

de la Fides, de la Mens, de .Mars Ultor, d'Ops et de Venus 
Erucina. 

Le temple de la Fides était situé à l'extrémilé méridionale de 

l'Area Capitolina, entre le temple de Jupiter el la Roche Tar- 

péienne: c'était un des plus anciens de Rome'; la tradition 

rapportait qu'il avait été fondé par Numa'. Mentionné pour la 

première fois au début du n' siècle av. J.-C, il fut restauré en 

63c(/n5 par le consul M. ^milius Scaurus', à la suite de son 

triomphe sur les Gaulois Camiques. Le sénat y tint souvent ses 

séances*. On y sacrifiait annuellement le jour des Calendes 

d'Octobre (i" octobre)'. 

Le temple de la Mens remontait à l'époque de la République. 

Voué en 537/217 par le 

préteur T. Otacilius Cras- 

sus", il avait été dédié 

deux ans plus tard, le 

sixième jour des Ides de 

Juin (6 juin)' 52<)/'2r5. Le 

consul M. .^milius Scau- 

rus le reconstruisit en 

même temps que le temple 

de la Kides (639/ii5)«. Le 

sacrifice annuel avait lieu 

le 8 juin, jour anniversaire de la dédicace*. 

Le temple de Mars Ultor, voisin du temple de Jupiter Fere- 
trius, fut élevé en 7.14/20 par Aupruste'", qui y plaça les enseignes 
autrefois perdues par Crassus et restituées par le roi des Parthes 
Phraates. L'édifice, représenté sur plusieurs monnaies d'Au- 
(iTiste ", était de forme circulaire avec quatre ou six colonnes sur 
le pourtour. 

1. Caton, cilé par Cn:tR., deOfflc..ui. lo^, - a. Tit, Liv., i, 2i, 4; Di^^ïS 
E)'llAi.K-., Il, 75. - 3. Ckeb,, Je Nul. Ikor., ir, Oi. — 4. Vsleh. Maxim., m. 
:, 21 ; Appien. Giierr. Cit.. i. 16. — 5. CjltMJr. Amilern., Arral., à la date du 
jour des Calendes d'Oclubre ((.'. /. /.., 1', pp. 114-^^). — Plusieurs dipitoies 
milllalrcs, de la seconde moitié du i~ siècle ap. J,-C., nomment le temple de 
la Fides : <'. /. L., III. p. 841, n* 1 (ann. .*>: ; xJls FUti fopuH Romani parle 
dexleriore); a%, xiii(ann. Hû); fS?. xiv («.). —6. Tu. Liï-, xxii, 10 : . Menli 
aiem T. Olicitlus f^alnr rortt. • — 7. In., util, 3i : ■ Ùtiumyiri crcall siinl 
y. Fabius Maximus et T. OtacUUis Crassus adtbus dedicandis, MeuH Otacilius, 
FaIHus Veneri Erucins. Ulra^ue In C-apilollo est, caïuK «no discivla. • — 
a CtcER., De Nalur. Denr.. 11, a', ûi : • Ul FIJes, ut Mens guas tn CapitoHo 
deJicJlas rijemus a M. ^Hmillo Hcaitro. • Pi.rtMU)., de Fort. R(iui..x : •Sxsiipo; 
At|ii)>io( icip't tJi Ki)t6pixi tôt; /povoi; 'riY'i''i^> xoDiIpusiv. > — - •}. CMendr. 
Venons. Mjffelan. Tuscithn. le VI- jour des Ides de Juin (8 juin) {C.I.L..I*. 
pp. 216. 121, 224). — 5. Dion. Cass-, icv, 8 ; ■ *Ev t$ KaxetwXfv xïti Ta toO 
ai4; ToO tStpsTpiou WXujia itpiî xi,v tiTiv sniiiiuv 4vi8(9iv. • — 11. II. Cohen, 
loc. cit., Auguste, a" il>>-2o5. 



AUTRES ÉDIFICES DU CAPtTOLE. 43 

Le temple d'Ops, dont on ignore la date de fondation, existait 
déjà en 568/i86, époque à laquelle il fut frappé de la foudre', 
L. Cœcilius Metellus, à la suite de son triomphe sur les Dalmates, 
le restaura en 637/117*; une statue deMeteilus s'élevait au voisi- 
nage du temple*. César y déposa son trésor*. Au premier siècle 
ap. J.-C, le temple d'Ops sen-ait parfois de lieu de réumon au 
collège des A r val es*. 

Le temple de Venus Erucina, voisin du temple de la Mens», 
avait été voué en S37/271 par le dictateur Q. Fabius Maximus' 
et dédié par lui deux ans plus tard (539/2i5)». 

Les sanctuaires et les autels étaient nombreux sur l'Area 
Capitolina : 

Sanctuaire de la Fortuna Primigenia, que la tradition faisait 
remonter au rè^ne de Ser- 
vius Tullius». — Sanc- 
tuaire de la Beneticentia, 
élevé par Marc Aurèle '". 
— Sanctuaire de la Féli- 
citas, mentionné à la lin 
du i" siècle av. J.-C. On 
y sacrifiait annuellement 
le jour des Calendes de 
- Juillet (i" juillet)". - 
Sanctuaire du Genius Populi Romani, de la Félicitas et de Venus 
Victrix, divinités auxquelles on offrait un sacrifice le septième 
jour des Ides d'Octobre" (9 octobre). — Sanctuaire de Jupiter 
Victor, qui fut frappé de la foudre en 713/42". — Sanctuaire de 
Valetudo". — Sanctuaire de Venus Capitolina, dans lequel Ltvie 
consacra la statue d'un fils de Germanicus et d'Agrippine, repré- 
senté en Cupidon". 

Autel de Jupiter Soter ('AïiSiyiKo;]", élevé par l'empereur 

I, TiT. Liv., KHïH, M : . ^:jes OpiS in Cafllollo de cato Ucla erjt. • Cf. 
Obsbq.. 3, ce. — î. Plin., Hisl. Nat.. xi, 174. — 3. Ccceh., ad Atlic. vi, 1, 17 : 
• ad Oplspirle fostla tn excelso est. • — 4. CriiEB., PHiUpf.. 11, ci; 1. 7, 17: 
viti, 9, 26; ad Allie, \iv, 14, $; xvi. 14. X. — 5. Héunion des Arvales enSaap. 
J..C., A l'occasion de la reconstruction du temple de Jupiter Capllolin par Tltiiii, 
voir plus haut, p. 32, not. 3. Cf. C. I. L.. IIJ, Suppl., p. 1(162 (Diplôme militaire 
de l'année B3, n*xv: • iatra Sauuam Opis ad laliis dexlTum >). — 6. Tit. Liv., 
uni, 3i. — 7. Id., rai, 10. — 8. Id., xxiii, .'i. — 9. Plutabq-, de Farlun. Rom.. 
' x;Clem.Albx.. Protrepl.,iw.ii; C. /. t., XIV, iSSl. — 10. Dios Cass , Lxsr, 
îj ; ■ Naùî tf,? EiepYtoiocî. > — ir. Calendr. AnIidL. le Jour des Calendes de 
Juillet (C./. L., I', p. 248). — 12. CaUtiJr. Amitern. Arval, le Vil' jour des Ides 
d'OMobre (C. /. L.. I*. pp. 214-245). — lî. Dion Cass,, xlïii, 40, 2 : ■ '0 loî 
NiKafou AtA; poind?. • - 14. Pethou, Satir.. SB. — i5. Sueton., CaH^., vn. Cf. 
une offrande de Galba. Sveton., Gatb., ïviii. — 16. Phleuos, Mirât., vi; 
Serv.. ad Aineid., viii, 65i, 



U LE CAPITOLE ROMAIN. 

Claude. — Autel de Jupiter Pistor*, qui remontait à l'époque de 
la République. — Autel de la Gens Julia», élevé en l'honneur de 
cette gens. Quelques autels enfin étaient dédiés à des divinités 
orientales : autels d'Isis Capitolina et Serapis', de la Bellone 
Asiatique*, qui furent abattus en 696/08 et 707/47, par ordre du 
sénat, mais furent probablement relevés à une époque ultérieure, 
et enfin autel de Nemesis*. 

D'autres édifices situés, soit sur l'Area Capitolina, soit au voi- 
sinage immédiat, comptaient parmi les plus^anciens souvenirs de 
Rome. 

La Casa Romuli, hutte couverte de verdure et de branchages 
soigneusement entretenue sous l'Empire, dont la légende faisait 
l'habitation de Romulus, rappelait la mémoire du fondateur de 
la ville ^. La Curia Calabra^ était le local où, dans les premiers 
siècles de la République, les comices Calâtes se réunissaient, 
chaque mois, le jour des Calendes, sous la présidence du Pontifex 
Maximus pour fixer le calendrier et régler diverses questions 
d'ordre civil pour lesquelles l'intervention de la religion était 
nécessaire. — L'-^des Thensarum*, mentionnée au 1" siècle de 
l'ère chrétienne, était l'endroit où l'on remisait les chars (/y^ensa?), 
sur lesquels, lors des grandes processions, on plaçait les statues 
des dieux. — Le bureau des édiles», où étaient conservés les 
originaux des traités publics, au moins jusqu'au ii" siècle av. J.-C. 
et l'Atrium publicum, qui fut frappé de la foudre en 540/2 14**^ 
ne sont plus nommés sous l'Empire. 

Sur le Capitole également se trouvait l'Athenoeum**, vaste 
salle d'audition, où se faisaient entendre les déclamateurs et les 
poètes, construite par Hadrien. Une bibliothèque, qui fut 
incendiée par la foudre en 175, sous Commode**, était annexée à 
l'édifice. 



1. OviD., Fast., VI, 343; Lactanc, Divin. Institut., i, 20; Institut. Epitom., 
i5. — 2. C. /. L.y III, pp. 847-851, 1958-1959 (Diplômes militaires des années 68-71, 
iv-ix). — 3. Tertull., ad Nat., i, 10; ApoL, 6; Arnob., ii, 73. — 4. Dion Cass., 
XLii, 46. — 5. Plin., Hist. Nat., xi, 25 1 ; xxviii, 22. — 6. Vitruv., De Archit., 
II, 1,5; Seneq., Controv., 11, i, 4; Conon, Narr., xlvii. — 7. Varr., De Ling. 
Lat.y VI, 27; Fest., p. 49; Macrob., Saturnal., i, i5, 9 sqq.; Calendr. Prenest., le 
jour des Calendes de Janvier (C. /. L., I*, p. 23i). —8. C. I. L., III, p. 845 
(Diplômes militaires de l'année 60, 11 : ad latus sinistriim xdis Thensarum ; id. 
Supplément, p- 1963,' xvi : « Post Thensarium veterem »). — 9. Polyb., m, 26. 
— 10. TiT. Liv., xxiv, 10 • « Tacta de caelo Atrium Publicum in Capitolio ». — 
II. Dion Cass., lxxiii, 17; Aurel. Vict., Cœsar, 14, 3-4; Vita Pertin., xi, 2; 
Severi Alexand., xxxvi, 2; Gordian.y 3, 4; Sidoin. Apollin., ix, 14: • Crepi- 
tanlis Athenxi subsellia cuneata. » — 12. Oros., vu, 16: • Fulmine Capitolium 
ictum ex quo facta inflammatio bibliothecam illam majorum cura studioque 
compositam xdesque alias juxta sitas rapaci turbine concremavit. » Chroniq. 
S. Jérôm. ad ann. Abrah. 2204 (Ed. A- Schone, p. 175). 



AUTRES ÉDIFICES DU CAPITOLE. 45 

Dans les intervalles restés libres entre les édifices religieux et 
civils, sur le front et sur le flanc des temples, le long du portique 
qui entourait TArea Capitolina, s'élevaient un grand nombre de 
monuments honorifiques, bases dédicatoires, trophées et statues. 

A la suite de la première guerre contre Mithridaté (667/87- 
670/84), les villes de Lycie, en Asie xMineure, consacrèrent une 
double série de bases dédicatoires, sur TArea Capitolina et au 
Capitolium Vêtus, du Quirinal, dont quelques-unes ont été re- 
trouvées*. 

Marins, pour rappeler ses victoires sur Jugurtha, les Cimbres 
et les Teutons, éleva sur f Area Capitolina des trophées commé- 
nioratifs*. Renversés par Sylla, lors de la réaction sénatoriale 
qui suivit l'exil de Marins, ils furent replacés au Capitole par 
César, au cours de son édilité en 689/6S av. J.-C. 

Germanicus, à la suite de ses campagnes victorieuses en Ger- 
manie, éleva d'autres trophées, dans la partie méridionale de 
l'Area Capitolina, au voisinage du temple de la Fides'. 

Les textes et les inscriptions mentionnent* l'existence de nom- 
breuses statues. Les unes étaient des statues de divinités : trois 
statues de Jupiter, dont l'une de dimensions colossales (elle était 
visible des monts Albains), ayait été dédiée en 461/293 par le 
consul Spurius Carvilius Maximus,,. vainqueur des Samnites*; 
une secondé, tournée vers le Forum, était portée sur une haute 
colonne'^; la troisième était celle de Jupiter Africus^; une statue 
de Liber, voisine de l'autel de la Gens Julia^; deux statues 
d'Hercule, dont l'une était l'œuvre de Lysippe® et l'autre avait 
été dédiée en 449/306*; une statue de Mars*<>; les statues 
d'Hygia, de Castor et de Pollux, placées sur le rebord méridio- 
nal de l'Area, devant le temple de Jupiter Tonans*' ; des statues 
de Bonus Eventus et de Bona Fortuna"; un groupe de bronze 
doré, représentant la Louve et les Jumeaux»'. 

1. Bull. Archeol. Com.y 1887, p. 25i. Ch. Huelsen, /• Topog. Jahresb., 
Rômisch. Mitth., 1889, pp. 252-254; III' Topog. Jahresb., id., 1891, pp. 103-104. — - 
2. Plutarq., César, vi; Sueton., César, vr, 11; Vell. Paterccl., ii, 43, 4; 
Dion Cass., l, 4; Properc, m, 11, 46 : Statux et arma Mari. — 3. C I. L., III, 
pp. 856-857 (Diplômes militaires de Tannée 86, n*» xiii et xiv : « Post Tropxa 
Germanici qtiœ sunt ad JEdem Fidei populi Romani »). — 4. Plin., Hist. Nat., 
XXXIV, 43. — 5. Dion Cass., xxxvir, 3. — 6. C /. L., III, pp. 853-855 (Diplômes 
militaires des années 76, n* x : « in basi Jovis Africi », et 85, n' xii : « in basi 
columnx parte posteriore qux est secundum Jovem Africum »). — 7. Id., p. 849 
(Diplôme militaire de 70, n* vi : « in podio aras gentis Julix latere dextro ante 
signum Liberi patris »). — 8. Cette statue, amenée de Tarente, avait été dédiée 
au Capitole en 545/209: Plin., Hist. Nat., xxxiv, 41; Strab., vi, p. 278; Dion 
Cass., xlii, 26; Plutarq., Fab. Maxim., xxn. — 9. Tit. Liv., ix, 44. — 10. Dion 
Cass., xli, 14. — 11. Plin., Hist. Nat., xxxiv, 78. — 12. Id., xxxvi, 23 : « Botti 
Eventus et Bonx Fortunx simulacra in Capitolio. » — i3. Cicer., Catilin.f m, 



46 LE CAPITOLE ROMAIN, 

Les autres étaient des statues de personnages télèbres : statues 
des sept rois, en lof^e*, de L, Junius Urutus*, de Spurius Car- 
vilius», voisine de la slatue de Jupiter, de L. Scîpio*; statues 
équestres du dictateur Q. Fabius i\laximus', l'adversaire d'Han- 
nibal, de M. -ï;milius Lepidus", des Metelli', élevées par 
Q. t'œdlius Metellus, L-onsul en 702/52, de Q. Marcius Rex«, 
préteur en 610/1+1, à qui était due l'adduction de l'Aqua Marcia 
au Capitole, située derrière le temple de Jupiter, d'un certain 
T. Sejus", qui pendant son édilité avait beaucoup fait pour 
l'approvisionnement de Rome, et^d'autres encore. 

Au début de l'Empire, la surface restreinte de l'Area Capi- 
tolina était tellement encombrée qu'Auguste dut faire enlever 
et transporter au 
Champ de Mars un 
certain nombre des 
statues qui l'or- 
naient '". D'autres 
durent être détrui- 
tes par les incendies 
de 69 et de 80 après 
J,-C. Domitien et 
Trajan eurent leurs 
statues au Capitole, 
l'un sur i'AreaCapi- 
tolina", l'autre dans le vestibule du temple de Jupiter". La der- 
nière statue dont il soit fait mention, est celle de Claude le Go- 
thique, statue d'or, haute de dix pieds, éri(?ée, en 370, par ordre 
du sénat, devant le temple de Jupiter Capitolin". Quelques an- 
nées plus tard, en 275, l'empereur Tacite ordonna l'érection, au 
Capitole, d'une statue de son prédécesseur Aurélien; mais, en 
raison de motifs que nous ignorons, la statue ne fut pas élevée". 
Sur le mur d'enceinte de l'Area Capitolina, les parois des 
temples et les bases des statues étaient placées des tables de 

8. ig\ • Romiilus giiem injiiralum <n Captiolio pjrvum a^ue Uclanlem. abe- 
ribiis luplnis itthisniem, laisse memlnlsHs. • Id.. de Divlnal., u. 21. 47. — 
1. Ascos-, ad Scaiir.. p. 3o; Plis., Hisl. Nal., xiiccii, g-LO, li; xnxiv, 22. Cf. 
Appikn, Guerr. Civ.. 1. 16 : ces statues se irouvaiCDt dans la partie orientale de 
l'Area Capitolina. prÉs de la porte par laqueUe débouchait le Clivus Capito- 
linus. — 2. Dion Case., xlii. 45. — 3. PtiM., Hisl. A'j'.. xxxiv, 43. — 4. Cicer., 
pro RiMr-.x, 27; Valeh. Max., iti, 6. î. — 5. Plutab^., f a*. Maxim., txu- — 
6. Valeb. Max., ih, 1, i, - 7. CiCEit., aJ AIIH,. vi, 1,6; Denyï d'Hauc. i[. 
66. — 8. C. /. L., 111, p. 046 (Diplôme militaire de l'aanéc 64, n- ut). — 9. Pux.,- 
Hisl. N3l., xïiii, 16. Cf. Une statue d'un certain Pinarius Natta, Ciceb., de 
Divin.. I, [2. 20; ri, 20, 45; :!, 47. — 10. Sleton., Callg., xixiv. — it. Sl'etûn., 
Domil-.xui. — 13. Pltn. li jei^xk, Pjneg. Traj., ui. — i3. ViU CIjuJ., 3,+ 
— n- ''"■* TjcII., II, 2. 



AUTRES ÉDIFICES DU CAPITOI.E. 47 

bronze contenant la liste des soldats qui avaient obtenu de l'em- 
pereur leur libération définitive. Il y en avait sur les murs du 
temple de la Fides, de l'^des Thensarum, du tribunal de Ves- 
pasien, Titus el Domîtien, sur l'autel de la Gens Julia, sur les 
bases de la statue de Jupiter Africus et des trophées de Germa- 
nicus'. Cet usage prit fin en 'qo après J.-C.'; les listes furent 
dès lors apposées en arrière du temple d'AufifUste, près du Forum, 
au lieu dit c ad Minervam >. 

La porte Pandana, qui s'ouvrait dans le mur d'enceinte de 
l'Area, en face du temple de la Fides, donnait accès à la saillie 
rocheuse de la Roche "Tarpéienne*, C'est là, vis-à-vis des temples 
de la Fides et de Jupiter Capitolin, en présence de la foule 
massée sur l'ATea Capitolina et, au pied de la colline, dans le 
Vicus Jugràrlus, qu'a- 
vait lieu la précipita- 
tion. Aux crimes qui, 
sous la République, 
en (rainaient cette pei- 
ne, se joignit sous 
l'Empire celui de lèse- 
majesté; c'est là que 
la légende plaçait la 
sépulture de Tarpeia. Fig. i 

L'escarpement du 
Capitole, au Sud-Est 

et au Sud, n'avait pas permis la construction de maisons parti- 
culières sur les lianes de la hauteur. Mais il y en avait un certain 
nombre entre la base de la colline et le Vicus Jugarius. Ce 
quartier était constamment menacé par tes éboulements. En 
562/192, un bloc de rocher se détacha du sommet et écrasa de 
nombreux habitants du Vicus Jugarius'; à deux reprises en 
366/368' et, à la suite de l'aecidenl que l'on vient de mentionner, 
en 566/189^ on consolida l'escarpement au moyen de murs de 
soutènement. 

En 541/213 un ffrand incendie ravagea tout ce quartier'. 

A l'angle Sud-Est, immédiatement au-dessous de la Roche 
Tarpéienne, se trouvait une place libre de constructions, l'^qui- 
melium" : c'est là que se tenait le marché des animaux destinés 
aux sacrifices privés*. Selon la légende, c'était l'emplacement 

I. Voir plus haut, p. 45. — 2- C. /. t., 111, Suppl., p. ig65, n- \xt. — 
î. VahhOs, de Ling. I.al.. v, ^hDe.nïs d'HaliC, vu, 3S; viir, 7B; Festl-S, 340; 
LtcMN, Phars., m, 154; Tac, Hisl.. m, 71. — 4- Tct. Uv.. xxxv, 21, 6. -S. le, 
ïi, 4, 11. — 6. la., xxiïiii, 28, 3. — r- TiT. Liv., xxiï. 47' — 3- DenyS n'HAi.ic, 
XLi, 4. — <)■ CiCER., .(« Divin., II, 17, 1^;: • Ciim in .l^^iiimeliuni mislinus iui 



/|8 LE CAPITULE ROMAIN. 

occupé autrefois par la maison de Spurius Mœlius, accusé de 
haute trahison en 3 16/438 et tué, sur te Forum, par le magister 
equitum C. Servilius Ahala*. Sa maison aurait été rasée et le 
Sénat aurait décrété que l'emplacement resterait à jamais vide. 
Cette légende date vraisemblablement d'une époque tardive; 
l'existence de l'iEquimelium, encore au début de l'Empire, s'ex- 
pliquait sans doute par des motifs religieux que nous ne connais- 
sons pas. 

Au Sud-Ouest, vers le Tibre, l'escalier des Centum Gradus 
mettait en communication l'Area Capitolina et le quartier du 
Forum Boarium. Entre la rue antique qui correspondait à la Via 
délia Bocca délia Verita actuelle et le Capitole se trouvaient 
deux édifices publics : le portique 'Minucia, construit à la fin du 
II* siècle avant J.-C, par M. Minucius Rufus, consul en 644/110, 
et destiné aux distributions frumentaires*, et un autre portique, 
plus petit, au Sud du précédent, dont le plan a été relevé au 
XVI' siècle et dont quelques restes ont été retrouvés en 1891, 
entre le Vicplo délia Bufala et la Via délia Consolazione'. 

Le pourtour immédiat du Capitole, vers le Champ de Mars et 
le Forum Boarium, était occupé par des maisons particulières, 
depuis la vente des terrains domaniaux qui avait eu lieu en 
666/88. L'aspect de ce quartier, avec ses constructions irrégu- 
lières et disposées en terrasses, dont la dernière s'appuyait 
directement à l'escarpement de la colline, a dû fort peu changer 
depuis l'antiquité. C'est là que se trouvait la majeure partie des 
3480 insulae et des 140 domus mentionnées au ir siècle par les 
Régionnaires. D'ailleurs ce quartier n'avait aucune communica- 
tion directe avec le sommet du Capitole; topographiquement et 
historiquement, il faisait partie du Champ de Mars. 



DÉCADENCE ET RUINE DU CAPITOLE 

Le développement politique et monumental du Capitole avait 
t té lié directement au développement même de la cité romaine : 
Li décadence de Rome eut pour conséquence immédiate la déca- 
ience du Capitole. 

cfferat agnum quem immolemus. » — i. Varr., De Ling. Lat., v, 167; Cicer., 
de Domo, 101 ; Tit. Liv., iv, 16, i. — 2. Cicer., Philipp., ir, 84; Velleius Pater- 
:cL., II, 8, 3; Vita Commod., xvi; Notit. Reg., ix; Chronog. Ann., 354, P- M^ 
1 .'Id. Tii. Mommsen). — 3. Dessin de Dosio, n* 5354 (cf- R- Lanciani, Forma 
'rtis Romœ, f. 28); Ch. Huelsen, I///" Topog. Jahrest., Rômisch. Mitlh., 
;.>)2, p. 292. 



■ 1 

DÉCADENCE ET RUINE Dl' CAPITOr.E. ig Lj 

Dès l'établissement de la Tétrarchie, à la fin du m' siècle. J 

Rome cesse d'être, sinon le centre de l'Empire, du moins la rési- î 

dence des empereurs. Le Palatin est délaissé par Dioctétien et 
ses collègues, qui s'établissent au voisinage des frontières pour • 

mieux en assurer la défense, Oioclétîen à Nicomédie, Maximien 
à Milan, Galerius à Sirniium, Constance Chlore à Trêves. 

La reconstitution de l'unité monarchique par Constantin, en 

323, ne rendit, ni à Rome, ni au Capitole, leur grandeur perdue. 

En 33o, Constantin, abandonnant définitivement Kome, transporta 

à Constantinople la capitale de l'Empire. 

Les monuments du Capitole conservèrent, pendant deux siècles 



iFig. II. — Le Mont Capilolin, d'après Canina. 

encore, |leur ancienne splendeur. Mais, la vie s'était 'retirée [du 
Capitole; il ne représentait plus que le passé. — Ammien Mar- 
cellin, à propos des règnes de Constance et de Julien,- vante à 
deux reprises la magnificence du temple de Jupiter Capitolin'. 
Le poète Ausone célèbre le • temple doré du Capitole' ». Et 
cependant, la destruction du temple de Jupiter Capitolin avait 
déjà commencé : Stilicon, à la fin du iV siècle, avait enlevé, 
pour les transporter à Constantinople, les portes de bronze doré 
jqui donnaient accès aux cellœ'. En 4.55, le roi des Vandales, 
Genséric, maître de laNille, prit la moitié des tuiles dorées qui 
formaient la toiture*. 

De tous les édifices du Capitole, le Tabularium, protégé par 
sa masse même et par la construction du palais sénatorial, est 
le seul qui se soit maintenu jusqu'à nous. — Les autres monu- 

I. AiiHiE.N Mabcell., iïi, 10, 14. — 2- Ausos., Cljf. Urb., XII, 17 ; Aurea 
C^plloli culmina, — 3. ZosiK.. v, 38. — 4. Procop., Guerr, Vandat., 1, n : 
■ 'EriXtiot ÎÈ «al i6v toû 4iàç toi KaitiTuWou viiliv xal toS TiïOu;f*lv iii»l- 



5o LE CAPITOLE ROMAIN. 

ments du Capitule et de l'Arx ont généralement disparu avant le 
temple de Jupiter Capitolin : il n'en est resté aucune trace*. 



I. Les travaux exécutés depuis la Renaissance, soit sur le sommet, soit sur 
les flancs du Capitole, ont donné lieu à un certain nombre de découvertes, 
qui ont permis de préciser, sur bien des points, la topographie de la colline 
Capitoline. Outre quelques trouvailles isolées (1871 : Partie de la voie antique, 
qui longeait le flanc septentrional du Capitole [Via Giulio Romano actuellej ; 
1872 et 1892, fragments du mur de Ser\'ius, à l'emplacement de la Via délie Tre 
Pile; 1888, maison privée, sur la Piazza del Campidoglio), ces découvertes sont 
dues surtout aux grands travaux qui ont eu lieu sur deux points de la colline : 
sur le flanc Nord-Est de l'Arx (travaux pour la construction du monument de 
Victor-Emmanuel, depuis 1881 : 1887, i88q, 1892, trois fragments du mur de Ser- 
vius; 1888-1892, sanctuaires consacrés à des divinités orientales et nombreuses 
maisons particulières); sur le Capitole proprement dit (i865, 1875-1878, travaux 
du Palazzo Calïarelli et du Palais des Conservateurs : découverte de là plate- 
forme du temple de Jupiter Capitolin; 1896, percement d'une nouvelle rue 
entre la Via Monte Caprino et la partie supérieure de la Via Monte Tarpeo 
découverte de l'angle Sud-Est de cette même plate-forme). 



<^-^.;^ 



i 



3 

■4 

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LE CAPITULE AU MOYEN AGE 



LE CAPITULE AU MOYEN AGE 



LÉGENDES 

LE Capitule a eu ce rare privilèg*e de demeurer à travers les 
âges le centre et comme le symbole de la vie politique de 
Rome; il en a été bien réellement la tête (caput), ainsi que 
son nom l'y prédestinait *. 

L'importance de son rôle historique avait si profondément 
frappé les imaginations qu'on se représentait au moyen âge le 
Capitole des anciens jours comme un palais splendide, tout d'or 
et d'argent, couvert d'un toit de verre et dont les murailles res- 
plendissaient d'airain et étincelaient des gemmes les plus pré- 
cieuses *. Aussi les écrivains de ce temps lui donnent-ils le plus 
souvent l'épithète d'aureum^ Capitolium aureum '. On estimait 
qu'à lui seul il valait le tiers des richesses du monde ♦. 

-I. Capitolium ideo dicittir quod fuit caput totius mundi. {Mirabilia, éd. Par- 
they, p. 17, ligne 18). Voir ce qui a été dit dans la première partie au sujet de 
la tête trouvée en creusant le sol du mont Capitolin, p. 3. — 2. Graphia aurex 
urbis Romae, éd. Lud. Urlichs, Codex Urtis Romas Topographicus, 1871, p. 120, 
ligne 26. Cf. Descriptio plenaria totius urbis, cité par Arturo Graf, dans 
l'étude si savante et si documentée qu'il consacre aux légendes relatives au 
Capitole dans son ouvrage intitulé : Roma nella memoria e nclle immaginazioni 
del Medio EvOy t. I, p. 184. Cf. p. 285. VAnonymus Magliabecchianus {c'est \c 
nom d'une bibliothèque de Florence) qui écrivait au xv siècle, dit : « In Capi- 
tolio, ubi stabant patres et consules ad gubernandam monarchiam mundi, fades 
murorum erat atta et diu (?) auro et argento intus et eboro mire operibus 
laqueata de qua nil aliud quam vestigia vilissima indeformia reprobatur cum 
magna diffamia civitim in obprobrium famœ eorum prœdecessorum quorum 
post obitum vigent virlute et muabiHQ) fama. * Urlichs, p. 164. Cf. p. 149. 
Cette opinion subsistait encore au xvni* siècle. Rossini, // Mercurio Errante, 
p. 18. — 3. « Ideo dicebatur aureum Capitolium quiaprœ omnibus regnis totius 
orbis pollebat sapientia et décore. » (iraf, ubi supra. Cf. Graphia aurex Urbis. 
— 4. • Ly capitoil fut le chief de tout le monde ou les consules et sénateurs 
demoroient por conselhier la citeit et le monde oussi. (Cf. le passage cité plus 
bas, de Martin Polonois.) Si avoit dcdcns un temple que ons disoit que illi 
valloit le tierche part du monde. » (Le Myreur des Histores, chronique de Jean 
DES Preis, dit d'Outrcmeuse, pub. par Ad. Borgnet, 1864, vol. I, p. 69). De 
même, on lit, dans Giacomo da Acc^ui, cité par A. Graf : « ...Quod dicitur ter- 



54 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Sa réputation s'était répandue au loin : 

Par merveilleus engin fu feï, 
Molt fu larges et biaus dedenz, 
Voûtes et ars i ot deus cenz. 

écrivait Benoit de Sainte-More à la fin du xii' siècle '. 

Ce monument merveilleux ne pouvait manquer de contenir des 
prodiges. En effet, dès le viii" siècle, peut-être même avant, une 
légende s'était formée », d'après laquelle dans une des salles du 
Capitole avaient été réunies, par les soins d'un empereur, des 
statues représentant les diverses nations issues des fils de Noé 
et soumises à l'empire romain >; elles étaient disposées en demi- 
cercle; celle du milieu figurait Rome et dominait les autres qui 
portaient chacune au cou une sonnette. Dès qu'une nation cher- 
chait à se révolter, la sonnette de la statue qui en était l'image 
se mettait à tinter et les prêtres chargés de veiller sans cesse 
dans la salle où elles se trouvaient, en avertissaient aussitôt le 
Sénat. Ainsi sa vigilance ne pouvait jamais être prise en défaut. 
C'est grâce à ce secours merveilleux qu'Agrippa avait été mis à 
même de préparer à temps une expédition contre le roi de Perse, 
qui fut défait et dut payer tribut *. 

La création de cette précieuse sauvegarde, à laquelle on don- 
nait le nom de Salvalio civium ou, plus simplement, Sahalio, 
était attribuée à Virgile,, ce grand fabricateur de charmes aux 
yeux des gens du moyen Sge, ce sorcier dont les papes du 
xiv siècle redoutaient encore les prestiges'. 

liam parlem «iiindi valeri. quo.l fuit permdgna parle auro et lapUibus fretiosis 
ferormliim. • — i. Cité par Joly dans son édition du Roman de Troie, (- 1. 
p. 3ir), note I. Dons Jes CronUiies des Aposlùiles de Rome. Mahti:j PolonotS 
dit 1 ■ ...Ce Capitale dcsufi dit cstoil le chicf du monde. En ce palËs cstoient 
acoustumoz â demeurer les sages et les scnatours de Rommc pour gouverner 
le monde. Ou chicrde ce paies estoit une baule tournelle fermée de tiaus murs, 
couverte d'or el de voirre pour estre miroir a ceuli qui le palais de jour regar- 
deroicnt • (Bibl. Nal., ms. fr. 1^12. f" 34 v.). — 2. Elle est mentionnée par Saint 
CosME DE JÉRLSALEH l'Haoiopolite. Commcal. de salnl Grégoire de tiaslaiiie, 
c. Cl, cité par A. Gruf, 1. 1, p. iSg, note 11. L'anonyme do Saleme en fait men- 
tion dans sa chronique, composée vers 978. ad an. 88û, Pcrtz. Mortum. gtrm., 
HIsl. Chronicon SalerNUanum, 1. 111, p. 538. — 1. MIrabtIla. éd. Parthej'. p. 39, 
ligne 31. Souvent les statues sont au nombre de soixante-douze, chiffre fatidique; 
soixante-douze langues sortirent de la Tour de Babel; solianle-douzc généra- 
lions repeuplèrent le monde après le déluge. — 4, Mirabiiia, éd. Parthej-, 
p. 39, ligne 20. — 5. Voir lîc MtaiL, De Virgile l'Enchanteur, dans Mélanges 
archéologiques el lillérjires, Paris, iSSo, p. ^iS. Cf. A. Gbaf, 1, 196, cap. xvi. Au 
dire de Pétrarque, le pape Clément VI le considérait comme un dangereux ma- 
gicien. Il subsistait encore des traces de cette légende au xvC siècle (Naidè, 
Apologie pour tous les grands personnages qui onl esté faussement accuses dt 
magie, La Haye, i653, cap. XXI) ; Lj- Wrreur des Hlslores. I, 229; Wrigi 
.Sevra Sages, Londres, ilKi, Percy Sociel.v. 



LÉGENDES. 55 

En se vulgarisant, la légende varia à l'infini. On n'était pas 
d'accord sur la façon dont la sonnette se mettait en mouvement ; 
les uns tenaient que c'était d'elle-même, d'autres que la statue 
qui la portait l'agitait; tantôt la statue levait les bras, tantôt elle 
tournait le dos à la statue de Rome * ; dans la chronique de Jean 
d'Outremeuse, elle jette de la terre qu'elle tenait dans la main. 
C'est sous cette forme que le miracle est raconté dans le poème 
sur la Vierge de Guillaume le Clerc de Normandie pour qui les 
statues sont, non des représentations des diverses provinces de 
l'Empire, mais des images des princes qui y régnaient * : 

Chescun prince qui apendeit 
A Rome s'ymage i aveit 
Quant un des princes revelot, 
L'>;iTîage celui tresturnot 
De la grant ymage son vis, 
Et en teneit ses eulz eschis 
E donc saveient li Romain 
E bien en esteient certain 
Qu'en cel païs lur surdreit guère. 

Parfois la statue du centre représentait, non pas Rome mais 
Romulus =*, et les statues qui l'entouraient des empereurs romains 
ou étrangers*. D'après la chronique de Salerne, les statues 
furent transportées à Constantinople au temps de l'empereur 
Alexandre, lequel déclara que « des empereurs romains avaient 
été glorieux tant que ces statues étaient vénérées. » La nuit 
même de leur installation, un homme d'une beauté surprenante 
lui apparut en songe, l'appela par son nom et le frappa à la poi- 

I. Fiorita di Armannino GiLr)icE,Cod. Laurenz., pi. LXII, 12, f. 233. (Cité par 
A. Graf, p. 197, note 32.) — 2. V. Stengel, MUtheiltingen ans franzôsischen 
Handschriflen der Ttiriner Universitàts-Bibliolhek, 1873, p. 14, n* 18, cité par 
Graf, 1. 1, p. 193. — 3. Il en est ainsi dans Jacques de Voragine. Légende dorée, 
chap. VI. De Nativitate Domini : • Romas enim ut tes tatur Innocen tins papa in 
duodecim annis pax fuit. Igitiir Romani templtim pacis pulcherrimum constru- 
xerunt,etibi statuant Romuli posuerunt. Consulentes autem Apollinem quantum 
duraret acceperunt responsum, quousque virgo pareret. Hoc autem audientes 
dixerunt : Ergo in œternum durabit. Impossibile enim credebant, qtiod unquam 
pareret virgo. Unde in foribus templi hune titulum scripserunt : Templum 
pacis œternum. Sed in ipsa nocte qua virgo peperit, templum funditus corruit. 
Et ibi est modo ecclesia sanctx Marix novas. » Edition de Lyon, i554, fol. 8. Sur 
la localisation des statues, voir p. 6. Jacques de V^oragine, évêque de Gênes 
(1292-1 298), visita Rome vers cette époque. Pour Jean d'Outremeuse dont il a 
été déjà parlé, il fait, dans Li Romans des Sept Sages (p. ccxii-ccxiii), de 
l'image du milieu celle de l'empereur. (A. Graf, p. 197.) — 4. Graphia Aureœ 
Urbis Romsei p. 120, ligne 24: « /« Capitolio fuerunt imagines f usités omnium 
regum troianorum et imperatorum. » Cf. The Marvels of Rome, publié par 
Francis Morgan Nichols, Londres, 1889. 



56 LE :CAP1T0LE ROMAIN. 

trine en lui disant : « Je suis le Prince des Romains, Pierre. » 

Et l'empereur se mit à vomir le sang et mourut. 

Une des plus curieuses formes de la légrende est celle qui pla- 
çait, au sommet du Capitole, un chevalier de bronze, lequel se 
tournant vers le lieu d'où venait le péril, à la manière d'une 
girouette, en révélait ainsi le lieu aux Romains'. 

On a cherché, à cette singulière légende, des explications plus 
singulières encore; comme l'Hagiopolite est un des premiers qui 
en parlent, on lui a attribué une origine orientale; on en a voulu 
faire l'écho d'un conte arabe; on a été jusqu'à imaginer qu'elle 
avait été inspirée par une de ces horloges à figures mobiles, 
dont le moyen âge fut si curieux, et dont il se peut qu'un spé- 
cimen ait figuré, dans les derniers temps de l'Empire, au Capi- 
tole, devenu une sorte de musée*. N'est-il pas plus vraisem- 
blable d'admettre que ces statues, symbolisant les nations étran- 
gères, sont un souvenir, à peine modifié, des innombrables 
représentations de dieux, exotiques qui se trouvaient rassemblées 
dans les différents sanctuaires situés sur le mont Capitolin *. • In 
Capitolio... Jeorum omnium simulacra colebantur », dit le gram- 
mairien Senius, qui vivait au iv' siècle*; de fait, on y voyait, à 
côté de temples dédiés à la plupart des divinités romaines, des 
autels à Isis, à Bubastis, à Mithra, h une foule d'autres divinités, 
et des monuments votifs si nombreux que, dès le temps d'Au- 
'it en supprimer une bonne partie". Il est à propos 
aussi que cet empereur avait fait élever au Champ 
it exprès pour y placer les statues des nations sou- 
uple romain, nn portique qui reçut le nom de Por- 
liones «. 
le la présence à Rome de ces dieux étrangers sem- 

■0 icneas. e^iio insidens xneo, in summilate jasiigii prmdicltfa- 
bnns, in iUam se verlil farlem qus regionem ilhm respiciebal. • 
De Naluris Rerum. I, ii. c, 174. — î. Massmans, KaiserchroBic., 
fiiKH. Theologisches Lileralurblall de Bonn. 1870, col. 35i. — 
.ttitt est Capiiolium Romx, salralio ciriiim, major quant civllas, 
genlium a Romanis captarum statux, vet deorum imagines, et in 
\oribus nomina genlium scripla. qua a Romanis capia fuerant. 
in coUibus eonim appensa..-. • (Dtseplem miraculis mundi. clli 
I). RAMPONt, du par Graf, p. 19), dit aussi ; • In hocrero CoUideo 
satJon. voir ce qui est dit plus bas) erat congregalio slaluarum 
n gentium. • — j. Servtïs Mai'ri's Honokatus, Comment... in 
i. Cf. Appiem, Bell, civ., I, lû; Dios, ïLni, 45; et Albertini, 
Miratilibus. fol. 52. — 5. Voir première partie, p. 20 et ^3, et 
î de Topographie romaine, article Area Capiiolina. -~ 6. Pline, 
:tone, Néron. XLVi; Servius, ad vE«., vm, 7Î1. Homo, Lexique 
aine, p. 4+4. LuiGi Bohsab:, Topographia dl Roma aniica. Milan, 
line parle de quatorze statues, et les attribue au sculpteur 
ir lui, le portique fut élevé par Pompée. Cf- p- 4«). 



LÉGENDES. ^7 

blait comme un gage de l'asservissement des peuples qui les 
vénéraient et une preuve manifeste qu'ils avaient été abandonnés 
par eux ; par suite, dans l'imagination populaire, tout soulève- 
ment de ces peuples devait se traduire par un signe du dieu 
national ; l'origine de la légende est sûrement dans cette croyance 
que fortifia peut-être durant un temps, comme il advint de toutes 
les autres superstitions païennes, l'avènement du christianisme. 
La place de ce Palladium ne pouvait manquer, ce semble, 
d'être au Capitole, sanctuaire du monde romain ; néanmoins 
quelques écrivains l'ont situé ailleurs, au Panthéon, au Colisée, 
dans le temple de la Concorde dont les ruines, plus considéra- 
bles, plus imposantes que celles des édifices capitolins, sem- 
blaient attester, en effet, une destinée plus haute encore * ; on le 
plaça même au Latran*. Avec le temps, la Salvatio finit par 

I . La Salvatio est placée au Panthéon par la version allemande des Mirabilia : 
« Ber ander tempel was gênant Panthéon.... In dem selbem tempel waren also vit 
sawlen aie rechter fursten.... » Jean Lydgate, dans sa version du traité de 
Boccace, De casitus virorum, dit, parlant du Panthéon : 

Whyche was a temple old foundacion 
Fui of ydols, up set on lye stages 
There troughe the worlde ôf every nacion 
Were of their goddes set up great ymages 
To every Kingdom direct were their visages 



Le poète A. Neckam, De lauditus divinx sapientiœ, place la Salvatio au Colisée 
(dist. V", V. 289) : 

Delicias operum si quœris, cerne colossum 
Et quam tutata est Juno moneta domum. 



At médium tenuit inclita Roma locum. 



et Rampoxi : « ...In hoc vero Collideo erat congregatio statuartim deorum 
omnium gentium in stibltmi parte ipsiiis templi, in secretissimo loco existentium, 
tintinnabuUim vero ad collum uniuscuiusque statttœ appendebat et sacerdotes 
die ac nocte semper vicissim vigilantes eas custodiebant. » Guillaume le Clerc de 
Normandie, dans son poème sur la Vierge, déjà cité, place la Salvatio dans le 
temple de la Concorde : 

, Vérité fu que a Rome aveit 

Un temple qui mult esteit 
Edefié mult richement 
E fundé ancienement, 
Temple de cuncorde aveit nun^. 
Si vus dirrai par quel resun. 

Voir p. 55 la suite de cette citation. Voir la discussion de A. Graf, I, 191-195. — 
2. Yàkùt. Descriptions arabes de Rome, publiées par Ignazio Guidi {Archiv. 
delta Società romana di Storia patria, vol. I, p. 173 et suiv.). A. Graf parle de 
ces descriptions, t. I, p. içS. 



58 LE CAPITOLE ROMAIN. 

devenir un miroir où se reflétaient les événements qui intéres- 
saient le sort de la ville * et grâce auquel les Romains n'étaient 
jamais pris au dépourvu *. Cette fiction découlait, au reste, assez 
naturellement de l'apparence sous, laquelle on se figurait alors 
le Capitole, étincelant d'argent et recouvert de verre. Parlant 
d'une tour de ce palais, Martin Polonois dit, dans le passage 
rapporté plus haut', qu'elle était « couverte d'or et de voirre 
pour estre miroir à ceulz que le paies de jour regarderoient * ». 
Comme on l'a déjà vu, le palais du Capitole fut même appelé le 
Château-Miroir. Or, le miroir magique se trouvait précisément 
sur une tour, élevée sur cent colonnes de marbre. « Une thour 
ot a Romme, sor laqueile ilh astoit une myreour sour cent pilers 
de marbre et par celle myreour ons veioit bien quant gens 
d'armes ou aultres venoient sour mère », écrit Jean d'Outre- 
meuse. La nuit, un feu brûlait au haut de la tour; il se voyait 
au loin, et les mariniers s'en servaient comme d'un phare. Tou- 
tefois, si le sortilège avait changé de forme, l'auteur en était 
resté le même : c'était Virgile qui avait, en outre, prédit que 
l'édifice où il se trouvait subsisterait tant qu'un enfant ne serait 
pas né d'une vierge : 

Jamais cest temple n'iert fondu, 
Ainz sera tut dis en estant, 
Tant que la uirgene avra enfant*. 

1. Cancellieri, Possessi, p. g8, note i, Descriptio Urbis Romx. — 2. Le fils 
du duc de Hongrie, donnant son avis sur ce qu'on doit faire, combattre ou 
attendre des secours, dit : 

Ne nous poet venir ore par terre nule aïe (aide) 
Que cil du Miraour [ne] l'aient tost oie. 

Lj destruction de Rome, éd. Grœber, Romania, II, v. 554. Voir l'article intitulé 
le Poème de la Destruction de Rome et les Origines de la Cité Léonine, par Phi- 
lippe Lauer dans les Mélanges d'Archéologie et d'Histoire de V École française 
de Rome (avril-juin 1899, p. 3o7-36i). Cf. article de M. Roques, complété par 
G. Paris dans Romania, 1901, p- 169. Il est parlé dans ce poème de la destruc- 
tion par les Sarrasins (846) du Château-Croissant (Crescentius, château Saint- 
Ange) et du Château-Miroir. Même version dans la Légende dorée et dans la 
Chronique rimée de Philippe Mousket (1248), publiée par Reiflfenberg. Dans le 
poème de la Destruction de Rome, le Miraour se trouve au sommet du Ment 
Chevrel qui n'est autre que le mont Caprino (voir plus loin, p. io5); un valet 
veille au sommet. 

La est li Miraour, dunt hom a tant parlé. 

Contrairement à l'opinion de certains auteurs, la Tor de' Specchi n'a rien à 
voir avec cette tour. — 3. Voir p. 54, note 1. — 4. Croniques des Apostoiles; et 
encore dans Ranulfo Higden {Polychronicon, I, c. 24) : « Item in Capitolio, 
quod erat altis mûris vitro et auro coopertis, quasi spéculum mundi, sublimiter 
erectum, nbi consules et senatores mundum regebant, erat templum Jovis in 
quo statua Jovis aurea in throno antea erat sedens ». — 5. Guilaume Le Clerc. 



^ - t ^^ _ k 



LÉGENDES. 59 

La tour s'écroula donc quand Jésus naquit*. D'autres voulaient 
que des ennemis du nom romain, des princes germains, un roi 
de Sicile, un roi de Hong-rie, voire les Carthaginois, sachant 
que la destinée de la ville était liée à la conservation de la tour, 
eussent imaginé d'envoyer des émissaires à l'Empereur, c'est 
généralement Octave qui est cité, pour lui persuader que, sous 
la tour, était caché un trésor fabuleux; l'Empereur leur ayant 
permis de fouiller le sol, ils minèrent si bien la tour qu'elle 
s'effondra, mais après qu'ils eurent eu le temps de se dérober 
par la fuite à la colère des Romains. Aussi, Auguste passait-il 
pour le dernier des Empereurs de Rome*. 

Poème sur la Vierge. Neckam, De Naturis Rerttm, dit de même : « QuœsUus 
atttem vates gloriostts qtiamdiu a diis conservandum esset illnd nobile œdificium 
respondere consuevit : • Stabit usque dum pariât • virgo ». Hoc atitem attdientes 
philosopho applaudentes, dicebant : « Igitur in œiernum stabit. ■ Virgile avait 
écrit, en tout cas, dans l'Enéide, que Rome durerait autant que le Capitole : 

Dum domus JEnex Capitolii immobile saxum 
Accolet imperiumque pater romanus habebit. 

(Ch. IX, V. 448). Virgile avait, en outre, fabriqué, en faveur de l'empereur Titus, 
une statue qui décelait tous les crimes commis à Rome. (Gesta Romanorum, 
c. 57, éd. Œsterley.) — i. Une légende semblable s'était formée au sujet du 
temple élevé à l'emplacement qu'occupe l'église d'Aracœli. Voir Appendice, 
— 2. A. Graf, t. I, p. 198, note 36, cite un grand nombre de légendes analogues 
à celle de la Salvatio. Dans la cité d'Avila, en Espagne, existait une cloche qui 
se mettait en branle toutes les fois qu'un malheur menaçait la chrétienté. Cer- 
taines villes possédaient une statue d'argent qui, placée sur la porte principale, 
sonnait de la trompe dès qu'un étranger s'approchait. Sur le phare d'Alexan- 
drie, se voyait une statue qui étendait la main du côté de la mer quand une 
flotte ennemie se trouvait à une nuit de distance, et qui poussait un cri affreux 
quand elle était en vue; on l'entendait à plusieurs milles. Constantinople pos- 
sédait une chaîne qui tenait les ennemis écartés. Les Romains avaient placé 
sur le mont Garizim, pour se protéger contre les Samaritains, un oiseau de 
bronze qui criait : « Hebrœus! » à leur approche. 






i fe-^^^ i 



LE CAPITULE DU XP AU XIIP SIÈCLE 



FORMATION PROGRESSIVE DU PALAIS SENATORIAL 

LES hommes du moyen âge pouvaient d'autant mieux se figu- 
rer le Capitole au gré de leur fantaisie, qu'il ne restait plus 
alors aucune trace de ce qu'il avait été. Les temples de Juno 
Moneta, de Jupiter Custos, de Jupiter Feretrius, avaient été si 
complètement détruits qu'on ne saurait aujourd'hui dire avec 
certitude en quel lieu ils s'élevaient; on a discuté jusqu'à ces 
temps derniers sur l'emplacement du temple de Jupiter Capitolin, 
dont les fondements ont fini par être retrouvés. Le renom uni- 
versel du Capitole causa sa ruine si complète. Les barbares n'eu- 
rent rien de si hâté, quand ils entrèrent dans Rome, que d'en 
piller les richesses ; on accusa les Grecs de Stilicon d'avoir emporté 
à Constantinople les lames d'or dont les portes de ses temples 
étaient revêtues et les statues qui en ornaient l'intérieur*; au 
surplus les chrétiens ne virent pas sans une joie secrète tomber 
ainsi les sanctuaires les plus vénérés des faux dieux et peut-être 
aidèrent-ils à leur destruction. Ils se hâtèrent, dès le viii' siècle, 
d'élever, sur l'emplacement qu'avait occupé naguère le temple 
de Juno Moneta, l'église de Santa Maria in Capitolio, construite 
en partie avec les débris de ce temple et des temples voisins*. 

Les splendeurs du Capitole étaient déjà fort diminuées au 
temps de Cassiodore quand on les classait presque par ouï-dire au 
nombre des merveilles du monde'. 

Ensuite, pendant une longue période, il n'est plus parlé du 
Capitole, si ce n'est dans les récits fabuleux; ce n'était plus qu'un 
amas de décombres que dominaient l'église de Santa Maria et le 
petit monastère qu'on y avait annexé ♦. 

Au XI* siècle, une demeure avait été construite au-dessus du 

I. Cf. p. 49 et Gregorovius, trad. italienne, 1901, I, 23, i55. Ce qui n'em- 
pêcha pas que Stilicon eût sa statue à Rome. — 2. Voir Appendice. — 
3. Variât'., 7, n. 6; Migne, 712; Mommsen {Mon. hist. genn., t. XII, p. 2o5) : 
« Capitolia celsa conscendere hue est humana ingénia stiperata vidisse. » 
H. Grisar, Roma alla fine del Mondo Antico, II, i85. Cf. Gregorovius, II, 172. 
— 4. Il ne faut pas attacher grande importance au passage de la Cronica 



» «^ 



FORMATION PROGRESSIVE. 61 

Tabularium, rasé dans sa partie supérieure, mais dont les assises 
énormes défiaient, du côté du Forum, la destruction des hommes, 
et subsistent encore*. Des nobles, la famille des Corsi*, s'y 
étaient établis et en avaient fait, comme c'était alors le cas pour 
toutes les habitations seig^neuriales, un château fort que sa situa- 
tion rendait inaccessible, tout au moins sur la face qui reg-ardait 
le Forum. Cependant l'empereur Henri IV lui donna l'assaut et 
le détruisit en l'année 1084, car les Corsi tenaient pour le pape 
Grégoire VII'. S'il est vrai que cette même année, le 29 avril, il 
data du Capitole un acte dans lequel il approuvait la cession faite 
par le comte de Sasso au monastère de Farfa, de la moitié de la 
ville de Civitavecchia, ce fut par pure vanité, car il n'y avait 
point sa résidence; tout au plus siégeait-il dans le monastère 
voisin de Santa Maria, comme le firent si souvent, par la suite, 
les mag:istrats capitolins*. Après sa retraite, les Corsi continuè- 
rent d'habiter leur château d'où le pape Paschalis II (1099-1118) 
les chassa*. 

Le Capitole était déjà le centre politique de Rome. En 11 18, 
lors de l'élection de Gélase II, c'est au Capitole que ses parti- 
sans se réunirent pour le délivrer des mains des Frangipani qui 
s'étaient emparés de sa personne®. Sans doute le préfet de Rome 
y résidait en raison du marché qui se tenait sur la place du 
Capitole, comme il sera dit. Dans la vie de Pascal II, Pandolfe 
rapporte que ce pape n'ayant pas approuvé le choix d'un nouveau 
préfet, ceux qui tenaient pour lui accablèrent de vociférations et 
de pierres le souverain pontife quand il passa au pied du Capitole, 
le lundi de Pâques, au cours de la procession qu'on avait cou- 
tume de faire en ce jour '. 

Un document important fournit la description de la colline du 



Casaurense (Murât., II*, c. 778) où il est dit qu'en 85o l'empereur Louis II : 
« Romam reversus, imperiali laurea pro triumpho a dom. P. Adriano et omni 
populo et Senatu rom. in Capitolio est coronatus », car cette chronique est pos- 
térieure à la constitution du sénat et fut rédigée, par conséquent, plus de 
trois siècles après l'événement. D'ailleurs, le pape Adrien ne couronna Louis II 
qu'en 872. — 1. Voir ce qui a été dit déjà relativement au Tabularium. — 2. Elle 
descendait peut-être de la colonie corse qui s'était établie à Rome au temps du 
pape Léon IV (847). — 3. « ...Quod ubi rex Henricus... cognovit vehementer ex- 
pavit, et illico ad ecclesiams. Pétri rediens, domo Capitolina et Leonina civitate 
destructa.... » (Duchesne, Liber Pontificalis, t. II, p. 368. Cf. p. 290). Voir aussi 
Gregorovius, II, 346. — 4. Gregorovius, II, 358, note 26 et p. 522, note 11. 
L'acte est donné : « Actum civitate Romana apud Capitolium. » — 5. Liber Pon- 
tificaliSj II, 299 : « Parvo igitur praelio, sed horrendo satis, captis domibus sub- 
versisque turribuSy adeo sunt omnes exterrite ut et patrimonia beati Pétri coete- 
rarumque aecclesiarum que injuste occupaverant redderent.,..y> — 6. Ibid., II, 
3i3. — 7. L. Duchesne. L'auteur des Mirabilia, extrait des Mélanges d'Archéo- 
logie et d'Histoire, t. XXIV (1904). 



6-2 



LE CAPITOLE ROMAIN. 



Capitule à cette époque, c'est la bulle par laquelle l'antipape 
Anaclet(ii3oii38)* en fit donation aux Bénédictins du monastère 
de Santa Maria. 

D'après ce document, la plus grande partie de la colline était 
occupée par des enclos, des jardins, des arbres t fruitiers et non 
fruitiers ». Il n'est fait mention d'aucun château, mais seulement 
de maisons, de boutiques, de caves, de cryptes, avec quelques 
vestiges des monuments anciens, parietibus, pétris et columnis ; 
le château des Corsi n'avait peut-être pas disparu, mais, s'il 
subsistait encore, il semblait de si peu d'importance qu'on le 
comptait parmi les maisons*. 

En tout cas, il n'avait pas encore été remplacé par un édifice 
communal, car le pape donna aux Bénédictins la colline entière, 
tnontem Capitoliiin integrum. On pourra objecter que, lorsque 



I. Pier Leone qui prit le nom d'Anaclet II. — 2. Cette bulle a été reproduite 
bien des fois par P. Casimiro, Mem. Istoriche di S. Maria in Araceliy p. 671 ; 
WADDiNG,i4««a/.il/«Mor.,III,255,an. i25i ;Valesio, CoW. Ca/o^era, XX, 102; Fea, 
Storia délie Arti deldisegno.... (Rome 1824, trad. complétée de l'ouvrage de 
Winkelraann), 111,358. En voici le texte : *Anacletus.. JohanniAbbatis. quejoh. 
Baplœin CapitoHo... concedimus et confirmamus totum tnontem Capitoliiin inte- 
grum, cum casis, cryptis, ceUis, ctirtibus, hortis, arboribusque fructiferis et 
infructiferis, cum porticu Camellariœ', cum terra ante Monasterium, qui locus 
Nundinarum vocatur, cum parietibus, pétris, columnis et omnibus ad eum gene- 
raliter pertinentibus, qui istisfinibus terminantur a primo latere via publica quse 
ducit per clivum argentarii, qui nunc descensus Leonis Probi appellatur, et ab 
alio latere via publica quse ducit sub Capitolium et exinde descendit per limitem et 
appendicem super hortos quos olimHildebrandus et Johannes diaconus et heredes 
Johannis de Guinizzo tenuerunt usque in templum majus quod respicit super 
Elephantum, a tertio latere ripœ qux sunt super fontem de Macello, et exinde 
revolvendo se per appendices suas super Canaparia usque in carnarium s. Theo- 
dori ; in quarto vero latere ab eodem carnario ascendit per caveam in qua est 
petra versificata; exinde descendit per hortum s. Sergii usque in hortum qui est 
sub Camellaria veniens per gradus centum usque ad primum affinem. Circa 
eundem vero montem concedimus tibi tuisque successoribus domos, casalinas, 
cryptas, ergasteria in mercato, totum predictum montem Capitolii in integrum 
et cœtera omnia quse in monte vel circa montem sunt. » La donation comprenait 
donc, outre le mont Capitolin, une partie delà région circonvoisine, puisqu'elle 
donnait pour limites à la cession la place Montanara où était l'éléphant (Ele- 
phantus herbarius), l'église S. Theodoro située au pied de Palatin et le Clivo 
Argentario du côté du forum de Trajan. Sur la délimitation de la région capi- 
toline, voir ce qui est dit plus loin, p. 69. Cet acte apprend, en outre, que les 
Cent degrés qui conduisaient du Forum au Capitole existaient encore. Ils 
disparurent peu après. Sur le mot Canaparia, voir le chapitre consacré au 
montTarpéien, p. io3. Les droits de ceux qui possédaient des habitations dans 
les substructions antiques, dans le Tabularium, furent sauvegardés par un bref 
d'Innocent III, donné en 1199, et qui porte que : « Inferioris vero Camellarix 
parochiam et eiusdem Camellarias proprietatem ; ita quod nulla injuria inferalur 
habitatoribus ipsius Camellariœ ab abitatoribus superioris Camellarias. » (Gre- 
GOROvius, t. II, p. 525.) On remarquera que « in integrum » est répété deux fois 
dans la bulle. 

a. Voir sur cette appellation ce qui est dit au chapitre Tabularium. 



FORMATION PROGRESSIVE. 63 

cette bulle fut renouvelée par Innocent IV en I25i et par 
Alexandre IV en 1259, elle fut libellée exactement dans les mômes 
termes, bien 'qu'à cette époque le peuple possédât cerUinement 
sur le mont Capitolin une maison commune qualifiée de palais 
dont le Saint-Siège ne pouvait disposer; mais on sait l'attache- 
ment de l'élise aux formules déjà employées et l'inexactitude 
manifeste de l'acte, à une date postérieure, n'implique aucune- 
ment qu'il n'ait pas eu son plein effet lors de sa première 
rédaction. 

Le premier soin des Romains, lorsqu'ils s'insurgèrent en ! 143 
contre le pouvoir pontifical, fut de courir au Capitole ; toutefois 
les textes ne disent pas 
qu'ils avaient pour objet d'y 
occuper un édifice, un châ- 
teau fort, mais simplement 
qu'ils désiraient y rétablir 
le sénat. € Romani... in ipso 
impelu in Capilolio conve- 
nientes (ou venientes), an- 
tiquam JJrbis dignilatem 
renovare cupientes ordi- 
nemsenatorum... conslilue- 

runt'. t Le souci de renou- Fig. 12. - Fragment du plan contenu 
vêler les antiques traditions '^^"^ le od. Vat. [gio (sm- siÈde|. 

de leur passé dont ils étaient 

démesurément fiers, poussa sans doute les Romains à celle prise 
de possession beaucoup plus que la nécessité de, s'assurer une 
bonne position stratégique ou d'occuper une forteresse. C'est 
ainsi qu'ils donnèrent à l'assemblée éminemment populaire, voire 
plébéienne, qu'ils créèrent alors, le nom de sénat. 

Toutefois le sénat siégea au Capitole, ceci est certain. Dans 
quel édifice, on ne le sait ; peut-être dans la demeure des Corsi ; 
en tout cas dans un logis que Arnaud de Brescia jugea indigne 
de sa majesté, car il s'empressa de conseiller aux Romains de 
réédifier le Capitole. « Resedificandum CapiloHum, renovandum 
dignilatem senaloriam, re/ormandum equeslrem ordinem 
docuil*. • Le conseil fut suivi; le nouveau palais défia même 

I. Otto de Fee]S[[jg oa pKEisiNtiEN, Chroaicon Liter.. vrr, c. 27, Prrtz 
Monunt. germ, Hisl-, XX, 263. Cependant le cardinal Boson dit. dans la vie do 
Célestin II {Liber PoHlificalls. II, 385) : ■ CIrca flnem vero sut fontificalus 
fopulus romanus, novilatis amalor, lub velamentù uUlIlaHs reipublice, conlrj 
ipsius volunlaUm, in CapUoUum senatum erexit. • Cf. ÛBEGORovina, It, #7, 
note S7. Au sujet du Ordo senalorum. voir notre ouvrage sur les Institution-, 
communales .le Roine,cbap. a. — î. Otto de FREisrao, Gesta Frederici [ Imp , 



64 LE CAPITOLE ROMAIN. 

l'attaque du pape Luce II, qui fut blessé en montant à l'assaut, et 
mourut le i5 février 1145*. Dès Tannée ii5o les actes émanés du 
sénat portent la mention : In Capitolio, in cousis torio novo 
palatii^. Ce palais offrait apparemment l'aspect qu'on lui voit 
dans le plan très grossier que contient le manuscrit de la Biblio- 
thèque Vaticane i960; il avait deux étages, une seule tour le 
flanquait, à la gauche de la façade; une porte cintrée s'ouvrait 
entre deux fenêtres rondes ; des créneaux en garnissaient le faîte ; 
c'était bien uij réduit fortifié prêt aux assauts qu'il allait subir'*. 
Par suite de la présence du sénat qui réunissait tous les pou- 
voirs publics, la vie municipale se concentra au Capitole. Ce 
fut sur la place qui s'étendait devant le palais sénatorial que 
s'assembla le peuple pour y délibérer sur ses intérêts ; il y tint 
conseil en ii65, à l'occasion de l'arrivée à Rome de l'empereur 
Frédéric Barberousse*, et en 1191, pour discuter sur la ques- 
tion de savoir s'il fallait annexer au territoire romain celui de 
la cité de Tivoli*. Ces réunions avaient pris le nom de Parle- 
ments. Pour y convoquer les citoyens et aussi pour les appeler 
aux armes, on plaça dans un campanile qui se dressait, à ce qu'on 
peut croire, à côté du palais, une grosse cloche qui avait été 
conquise sur les habitants de Viterbe ; comme leur pays servait 
d'asile aux hérétiques patarins, on donna à la cloche le nom de 
Patarine^. Elle marquait tous les moments de la vie municipale 
de Rome, elle servait à annoncer les événements heureux ou mal; 
heureux, la mort des papes, l'exécution des criminels "^ ; quand 

1, c. 27, Monum. germ., XX, p. 366. — i. Goffredo di Viterbo et Sicardo, 
dans MuRATORi, R. Palic. Script., Yll, 461 et VII, 598. Gregorovius, II, 527, 
note 44. Il est vrai, comme le fait remarquer Luchaire, Revue Historique, mars- 
avril 1903, p. 227, que ni Boson ni Freising ne parlent de mort violente. Cf. 
ToMASSETTi, La Pace di Roma, Rome, 1896.— 2. Pertz, Mon. germ.Hist.,XlX, 
242. Traité de paix signé, le 17 février, entre les Romains et la commune de 
Pise. Marangone, Tartini, R. Italie. Script., I, 373. Cf. Muratori, R. Italie. 
Script., VI, 171. On peut discuter sur ces mots Consistorio novo et dire qu'il 
s'agit d'une salle nouvelle édifiée dans un palais déjà existant et qu'il y aurait : 
• palatii novi » si le palais venait d'être reconstruit en entier. Cf. De Rossr, 
Plante Iconog., p. 82, et Stevenson, Bullettino délia Comm. Arch. Corn., IX, 91 
et p. 18. — 3. Voir le commentaire de ce plan dans J. B. de Rossi, Piante icono- 
grafiche di Roma, Rome, 1879, p. 81. Un plan de Rome tout à fait semblable se 
trouve dans la Bibl. S. Marco ou Marciana de Venise. De Rossi l'a cité; il est 
inférieur à celui du Vatican. Voir ce qui est dit plus loin, p. 94, touchant le plan de 
Sienne. — 4. Otto de Freising, Gesta Frederici 1, 11, 22 ; Pertz, XX, p. 407. — 
5. « Nos, senatores almae Urtis, decreto amplissimi ordinis Senatus, acclama- 
tione quoque populi Romani publiée Capitolio consistentis, constituimus.... » 
MuRAT., Antiq., III, 787. — 6. Moroni, Diz. di Erud., VII, 134. Cancellieri, Le 
due nuove Campane di Campidoglio. — 7. Les exemples à citer seraient infinis ; 
celui-ci, relatif à une date postérieure, est curieux. « Die Mercurii 8 augusti 
(1414), écrit Antonio di Pietro, venerunt nova in Roma quomodo rex Vinceslaus 
erat mortuus, de qua nova tota Roma.., fuit gavisa... et ad satisfactionem 



FORMATION PROGRESSIVE. 65 

une exécution avait lieu sans arrêt de justice, la cloche ne sonnait 
pas * ; elle convoquait les magistrats aux réunions des cons^eils 
qui se tenaient dans le palais du Capitole et appelait les plai- 
dants aux audiences du tribunal qui y siégeait*. Plus tard 
Boniface IX (1389) la fit placer dans le palaiè sénatorial lorsqu'il 
le répara. Au temps de Grégoire XIII, elle fut logée dans le 
nouveau campanile qu'il fit édifier '. 

Pour n'avoir pas siégé au Capitole, Charles d'Anjou, sénateur 
nommé par le pape, s'attira de sa part les plus vifs reproches*. 
C'était, en effet, au Capitole que se jugeaient tous les procès^, 
que se discutaient toutes les affaires municipales ; y tenir au- 
dience, c'était établir de façon éclatante sa suprématie dans le 
gouvernement de la cité. Le Capitole était alors considéré comme 
une forteresse, Charles d'Anjou date ses missives : Rome in arce 
Capitolii^. 

Vers la fin du xiii* siècle, le palais sénatorial subit une modifi- 
cation importante. La loggia était, à cette époque, le complément 
nécessaire de tout monument public ; le peuple s'y rencontrait 
pour discuter de ses intérêts à l'abri du soleil ou des intempéries, 
les magistrats en faisaient à l'occasion une tribune. Le Capitole, 
qui était, comme on a vu, un cube de maçonnerie, en manquait. 
En l'année 1299, les deux sénateurs Pietro di Stefano et Andréa 
di Normanni entreprirent d'en faire construire une'. Il est pro- 
bable que les fonds nécessaires à cette importante dépense furent 
fournis par la retenue qu'on devait opérer dès lors sur le salaire 

populi fecerunt pulsare ad gattdium campanam CapUolii. » (Muratori, R. I. 
Script., XXIV, 1045.) Ce même auteur apprend qu'à ce mom'ent le Capitole pos- 
sédait deux cloches. • Die X Veneris (août 1414), propter timorem Populi. Dni 
Conservatores... fecerunt pulsare ambas campanas Capitolii », et plus loin, à la 
date du ^o septembre de la même année : ■ ...Cum pulsatione am^barum campa- 
narum Capitolii.... ■ {Ibid.) Cf. pour le xvi» siècle, M. Alberini, // Sacco di 
Romay publié par Orano, 1902, p. 228, 224, 282. On disait alors • la campana » 
tout court pour désigner la cloche du Capitole. — i. Muratori, R. Italie. 
Script., XXIV, loSç. — 2. Encore en i58o, les statuts de la ville (Liv. I, art. lvii) 
prescrivent qu'elle devra sonner un quart d'heure avant chaque séance et avant 
chaque audience. — 3. Voir p. 147. — 4. Lettre écrite de Pérouse en date du 
18 mai 1265, dans Raynaldus, ad. an., n' 14; Delgiudice, Codice diplom. di 
Carlo I e II, Naples, i863, 1, 4. Charles d'Anjou s'était établi au Latran. En 1268; 
il s'installa en vainqueur au Capitole après la défaite de Conradin : « Rex 
Carolus copiosam ex suis eligens comitivam.... Rotnam primo repentens rupem 
Tarpejam et Capitolii saxa victoriosus ascendit. » Sxbje Malespin^e Historia, 
dans Muratori, R. Italie. Script., VIII, 864. — 5. • Cives Romani et alie persone 
in capitolina Curia litigantes. » Acte du i5 mai 1269, dans Vitale, Stor. dipl. 
dei Senatori, p. i65. Cf. Pertz, XXVIII, 611 pour l'année 1294. —6. Delgiudice, 
ut supra, II, 2o3, 204, 210. — 7. La Loggia del commune di Roma, article de 
De R08S1 et Camillo Re, Il Campidoglio e le sue adiacenze nel secolo XIV. 
Bullettino délia Commissione Archeol, Comunale di Roma, an. X, 1882, p. 97 
et i3b. 



Lt: CAPITULE ROMAIN. 

lateurs; les statuts de i363, qui ne Hrent le plus souvent 
nfirmer et codifier d'anciens usaj»es, imposent cette rede- 
et la fixent à cent florins, soit à la di\-huitième partie du 
'. Avant même cette époque, Cola di Rienzo avait exigé 
somme de tous les barons ayant exercé les fonctions séna- 
i, sans doute parce qu'ils avaient pris la coutume de se 
lire à celte obligation'. 



LE CARROCCIO 

que l'empereur Frédéric II fit présent aux Romains du 
; guerre, du carroccio des Milanais dont il s'était emparé 
itailte de Corlenova (1237), ce fut au Capitole qu'on le 
)rta et qu'on le conserva avec le soin que l'empereur exi- 
n peu impérieusement de ses lointains sujets'; une inscrip- 
>mmémorative fut apposée dans la partie du palais où 

le campanile actuel*. Perdue pendant des siècles, cette 
tion a été retrouvée en 1727, au dire de Cancellieri », mais 
,it brisée en trois morceaux ; en 1744, le conseil communal 

de la placer dans la cour intérieure du palais sénatorial, 
■chitrave de la porte qui s'ouvrait du côté des prisons*; 
;raent elle se voit dans l'escalier du campanile, avec 
s inscriptions et des étalons de mesures linéaires', 



lace qui s'étendait devant le Capitole, entre l'église d'Ara- 
le monte Caprino, précisément dans Yinlermoiilium, dut 
de marché depuis des temps très anciens. Dans la bulle 

. m. article premier. Comme la magistrature sénatoriale ne durait que 
et qu'il y avait généralement dcuii sénateurs, la somme totale emploj'êc 
tien et âlaréfectiondu palais se Irouvait être de quatre cents florins. 
la de Cola de Riettsi. attribuée à Fiorliliocca. Bracciano, 1624, p. S2. 
onique de Fhanl-esco Pipini. dans MtBMOHi, R. Italie. Sci-ipl., IX, 653 
., Il, 401. En envoyant le carroccio. l'empereur recommandait aux 
i de le garder soigneusement et de menacer de mort quiconque chér- 
ie détruire, lAnlichilà Long,, Milan, 1793, Dis. XVIII, Il Carroccio)- 
tfon. germ. Hist., XXVI, 36.-4- Muhatohi, Antiq. Mii. ^'vf, t. II, 
Use. XXVI. — S. Le Due Campane. p. 20. — 6. Archiv. Stor. Capil., 
Il, vol. 39, fol. 9t7. Séance du 3 décembre 1744. — 7. Forcella, 
. Tofanelli, p, i3t> 



LE MARCHÉ 67 

d'Anaclet dont il a été parlé, il est dit que la colline du Capitole 
est donnée aux moines bénédictins cum terra ante monasterium 
qui locus nundinarum vocatur... domos..., ergasteria in mer- 
cato^... Il y avait donc vers ii3o, un marché avec son accompa- 
gnement d'échoppes et d'étaux sur la place du Capitole. On y 
vendait des grains, des légumes, d'autres objets de petit volume 
aisés à transporter jusque-là, tandis que le marché aux bestiaux 
s'était établi en bas, dans le Forum appelé alors campo vaccino, 
en conséquence de ce fait. Les églises de S. Giovanni et de S. 
Biagio reçurent le nom de in Mercatello à cause de leur voisinage 
de la place du marché*. Les consuls des corporations, encore 
assez rares à cette époque, étaient obligés de tenir leur tribunal 
au pied d'une tour qui s'élevait non loin de là, la Torre del 
Mercato del CanceUiere^. Une amende de cent livres, portée dans 
la suite au double, punissait les consuls qui auraient enfreiat 
cette prescription*. Cette tour fut détruite lors des combats qui 
suivirent l'entrée d'Henri VII dans la ville; du moins on lit dans 
les Rendages de Gile', à la date du 28 mai i3i2 : « Item pour 
pis, haweas et autres instruments, acheter ce jour et ce lieu 
pour abattre le tour do Cancelier, VU florins et III sols provi- 

I. Voir p. 62, note 2. — 2. L'église S- Giovanni est située sur la place Ara- 
cœli, près du palais Muti-Bussi, elle porte actuellement le nom de S. Venanzio 
de Camerinesi. L'église S. Biagio est située près des degrés de S. Maria Ara- 
coeli, dans la Via délia Pedacchia; elle porte le nom de B. Rita (Armellini, Le 
chiese di Rotna, p. 546, 548). De l'autre côté de la colline se trouvait une église 
appelée S. Lorenzo a pie del Mercato, devenue depuis S. Lorenzo a Monti ou 
S. Lorenzolo ai Monti ou Lorenzo de Ascesa (Armellini, p. 164). Toute la ré- 
gion portait le nom de in pede mercati; ce nom est mentionné dans un acte 
relatant un droit que possédait l'hôpital S. Giovanni dit Sancta Sanctorum sur 
une maison située dans le voisinage. • Una domus sita in pede Merchati quant 
habent Johannes Stefanelli ceapoli et heredes quondam Pauli ceapoli, ad respon- 
dendum societati S. Sanctorum, annuatim in festo Assumptionis de medio mense 
Augusti Flor. V. intra ambos. » Archivio di Stato, Catasto di Sancta Sanctorum 
del 1435, fol. 93. — 3. ViLLANi (Liv. X, c. 66) : « La tella e noHle torre ch' era 
sopra la Mercatantia, a piè del Campidoglio che si chiamava la torre del Cancel- 
liere. ■ Elle devait occuper à peu près l'emplacement du palais Astalli actuel. — 
4. Statuts de i363, liv. III, art. lxxv : ■ Quod consules artium Urbis reddant jus 
a Turre Mercati supra versus Capitolium. » Obligation que les statuts de la cor- 
poration des lainiers confirment à la date du 26 octobre i388 : « Et quod consules 
dicte ar lis... debeant sedere et jus reddere a Turri pedis Mercati supra versus 
Capitolium etper totum forum secundum formam statutorum Urbis. » (E. Ste- 
venson, Statuti délia lana, p. 162.) Gomez Albornoz, sénateur de Rome, ratifiant 
les statuts des Mercanti, 1377, stipule expressément que les consuls rendront 
la justice en cette place. Gatti, Stat. de Mercanti, p. 109. (Cf. Gregorovius, III, 
240.) Les statuts de i5i9-i523 imposent encore cette obligation (Liv. III, art. xl), 
mais il semble qu'alors la tour n'existait plus. — 5. Les Rendages sont les 
comptes tenus par Giles (Egidio) des dépenses de la cour impériale et annotés 
par.lui en français. (Voir Gregorovius, III, 238, note 43, et, pour le passage ci- 
après, p. 240, note 60). 



Ô8 LE CAPITOLE ROMAIN. 

siens. » Ce qui est certain, c'est que le pape Boniface IX (iSSç- 
1404) la fit raser, mais elle fut peu après reconstruite et dura 
longtemps*. 

Ce marché était pour les magistrats capitolins un dangereux 
voisinage. En i353, par exemple, le i5 février, le peuple s'y 
porta en foule, car le blé devenait rare; il trouva peu d'ap- 
provisionnements et à des prix excessifs, ce dont il rendit 
responsables les sénateurs. L'un, Stefanello Colonna, parvint 
à s'échapper; l'autre, Bertoldo Orsini, fut tué à coups de 
pierres». 

Chaque boutiquier, chaque marchand avait son étal, son banc, 
qui lui appartenait en propre et qui faisait l'objet de ventes et de 
cessions ; au-devant des étaux étaient des manières de portiques 
où l'on suspendait les marchandises'. 

Au XV siècle, le marché se tenait une fois par semaine, le 
mercredi. Mais alors le centre de la vie urbaine s'était déplacé; 
il se trouvait dans le quartier de la place Navona ; les princi- 
pales corporations y avaient chacune leur rue où s'étaient 
groupées la plupart des boutiques de l'art ; aussi réclamait-on le 
transfert du marché du Capitole à la place Navona. 

Le cardinal de Rohan, Guillaume d'Estouteville, avait promis 
ce transfert ainsi que bien d'autres choses pour obtenir la charge 
de camerlingue après la mort du cardinal Latino (Orsini). Il 

I. MoRONi, IMz. di Erudiz.y XLIV, 2i5. — 2. Matteo Villani, Ist., Lib. III, 
c. 57. Cf. Gregorovius, III, 423. — 3. Dans l'inventaire des biens de l'hôpital 
S. Giovanni, rédigé en 1462, et qui se trouve dans VArchivio di Stato^ sous 
la dénominatjon significative Maremagnum, se trouvent, fol. 63, les men- 
tions suivantes : An. i332. Johannes Nardonius Notarius Regionis Columnx 
donavit hospitale {s. Joannis) porticale ctim quatuor fnrcis et lapidibus unius 
banco et uno lapide et tinum alium archum seu porticale ubi stint duo 
fur ce et unatn domum sitam juxta palatium Capitolii in foro publico juxta 
res Salutii, res Dutii Bonaguara et alios fines. — An. 1344. Domina Johanna 
uxor Francisci Johannis Vari et filii et fllie fecerunt refutationem hospitali de 
juribus super duobus lapidibus de Mercato simul juncte cum porticali supra ea 
guœ sunt Francisci Margani. (Ibid., fol. 263.) — An. 1392. Johannes filius Dutii 
Jacobclli... vendiderunt Petro Tramundi domum terrineam solaratam et tegu- 
latam cum sala et caméra, columnato et stacio ante se in platea in contracta 
Mercati, cui ab uno latere tenet Raucius Camicia, ab alio Jacobellus Marrosi 
ante platea Mercati, propretio LXV. Flor. auri. {Ibid., fol. 264.)— An. 1393. Super 
domo de Merchato ubi vendunt vasa. Domina Andréa uxor Bonanni Carincie 
donavit Margherite filie sue uxor Nicolai Speczia macso domum terrineam et 
solaratam cum lovio ante se discoperto, et porticali ante se cum locis seu staciis 
ante se ubi venduntur vasa terrinea in die fori, de quibus locis unus vadit usque 
ad duos lapides fixos in terris. — An. 141 1. Domina Jacoba uxor Johannis Papa- 
relli reliquit Bartholomeo filio Vannocie filie sue domum de Mercato. {Ibid., 
264, 265.) Dans l'acte de la confraternité Sancta Sanctorum, cité plus haut, 
p. 67, note 2, on lit : Très lapides simul juncti in loco Merchati in quibus soliti 
sunt vendere calzectarii qui nunc vacant. 



LE MARCHÉ. 69 

n'exécuta aucune de ses promesses, dit Infessura', hormis celle- 
ci. Le 3 septembre de l'année 1477, le marchi fut tenu pour la 
première fois sur la place Navona. 

Toutefois il y eut encore longtemps des boutiques sur le vieil 
emplacement du marché; Infessura rapporte que, te 21 janvier 
i486, le bruit de l'assassinat du pape Innocent VIII s'étant 
répandu, les transactions y furent presque nulles*. En 1607 une 
fruitière y était établie avec l'autorisation du conseil communal'. 



La place du Marché jusqu'à la Torre Mercati formait, avec 
cette portion de la colline qu'occupaient le palais sénatorial et 

1. 1sfessi;ha, éd. Tommasini. p. C3. Le Conseil communal qui commençait à 
s'organiBCr s'était fait l'intcrprÉto du sentimcnl général. — =. • Prnpler qiiod 
IoIj Vrts tremult et mauno ciim limore aiiqiioi staHiim sleHI; et apothecarit 
omîtes eoriim apoihtcas clauseniKl et hi qai ta foro erjnt cjptloltno lattlo f aé- 
rant timoré affectt al vlx meJIftjlem renim. .jass venJcniif causa exposaeranl, 
potueruttt recolligere; pjhlium ipsum CapilolH, ati ego eram, iiicoiillnentl 
clausum el JiHgéitler custoJllum exlUtl. ■ (Page 197). — 3. Acte du Conseil daté 
de t(»7, renouvelant i la veuve Santina et ù ses lils le droit accordé en lâoi i 
son mari, f^lcola Sammaresco, de vendre des fruits : asum platée existenli ia 
ptde dtseensfis CapUoM et sclialanim AruceU. tta ut dkU platea uti. /nii et 
poliri tn «Émni exercilils... possint. (Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3i, 
roi. in.) 



70 , LE CAPITULE ROMAIN. 

l'ég-lise S. Maria Aracœli, un territoire distinct du reste de la 
cité au point de vue judiciaire. On pouvait y procéder « par 
inquisition » contre les coupables*. «... Item de excessibus corn- 
missis in Curia Capitolii. Item de excessibus commissis a pede 
tu r ris mercati supra in piano capitolii. In platea Sancte Marie 
de araceli a sancto Sergio et Baccho et a pede vie f ave toste supra 
versus capitolium et in piano capitolii. » (Statuts de i363, liv. II, 
art. 5, De Inquisitionibus). D'autre part, ceux qui y donnaient 
asile aux malfaiteurs étaient punis d'une amende particulièrement 
élevée, cinquante livres (liv. II, art. 69, § 3, De receptatoribus 
homi<:idarum et latronum)*. Cet article donne, de la région rele- 
vant de la Curie capitoline et soumise à un régime particulier, 
une délimitation plus complète que celle contenue dans le précé- 
dent article, toutefois elles ne correspondent pas tout 4 fait entre 
elles; il est dit dans le second article... «... Quod quicumque de 
contrata mercati seu de habitantibiis in contrata mercati vel in 
contrata infra scripta receptare retinere presumpserit in domo 
sua aliquem qui offenderit venientem vel redeuntem a Capitolio a 
sancta Maria curti a domo nutii Candarulis a Sancto lohanne 
de mer chat usque ad Capitolium super versus Capitolium et a 
domo taglientorum versus s. Mariam de aracoeli usque ad Capi- 
tolium et a carcere ss. Pétri et Pauli versus fabam tostam et a 
sancto Sergio et Baccho versus Capitolium et a domo de roccia 
versus Capitolium planum et a domibus russorum versus planum 
et a s. Nicolao de funariis versus planum et Capitolium... » 
Parmi ces indications topographiques, quelques-unes seulement 
peuvent être identifiées sûrement, mais elles suffisent à déter- 
miner avec netteté le territoire en question. L'église S. Maria de 
Curte (il y en a plusieurs à Rome de ce nom), détruite en 094, 
pour agrandir le monastère des nonnes de Tor de' Specchi, se 
trouvait près de la tribune de leur église ; S. Giovanni in Mer- 
cato ou Mercatello existe encore sous le vocable de S. Venanzio 
de Camerinesi, en face du palais Muti, comme il a été dit; c'est 
près de là, que s'élevait la Tour du Chancelier dont ir vient 
d'être parlé ; la prison de Saint Pierre et de Saint Paul est l'an- 
tique prison Mamertine à l'emplacement de laquelle avait été 
édifiée une église dédiée à saint Pierre, remplacée depuis par 
l'église S. Giuseppe de Falegnami ; la Via Faba Tosta semble 
avoir été une voie qui longeait la base du Tabularium et allait 
rejoindre la Via Capitolina ; elle passait, cà ce qu'on peut croire, 

I. C'est-à-dire que la justice pouvait entreprendre d'elle-même une poursuite 
sans y être provoquée par la plainte d'un tiers. — 2. On verra plus loin que 
le palais capitolin était lui-même sous Une réglementation spéciale. 



LE MARCHÉ. 7* 

au-dessus de l'arc de Septime-Sévère et devait suivre, à peu de 
chose près, le Clivus Capitolinus dans la première partie de son 
parcours. On en disting-ue le commencement dans la vue de 
Sadler reproduite plus haut et elle semble très nettement indi- 
quée dans une reconstitution de Ficoroni*. C'est à cette voie 
qu'il est peut-être fait allusion dans la bulle d'Anaclet : « Via 
publica guae ducit sut Capitolium » L'église S. Sergio e Bacco 
a disparu complètement, mais on peut affirmer qu'elle se trouvait 
entre l'arc de Septime-Sévère et les Rostres, sur la via Faba 
Tosta^ non loin du temple de Saturne*. La. maison délia Rossia 
était ainsi nommée sans doute à cause de la rue de ce nom qui 
traversait le mont Caprino ; la maison des Rossi était située près 
de l'église S. Maria délia Consolazione, au pied* de la colline. 
S. Nicola de Funariis est devenue S. Orsola a Tor de' Specchi 
dans la rue de ce nom, de l'autre côté du mont Caprino. Ainsi le 
territoire soumis à la juridiction capitoline comprenait la portion 
orientale de la colline jusqu'au milieu à peu près du mont Caprino, 
avec une emprise du côté de la ville s'étendant jusqu'à la Tour 
du Marché et, tout en étant un peu plus restreint, différait peu 
de celui attribué jadis aux moines d'Aracœli par la bulle 
d'Anaclet 5. 

I. Francesco de FicoROxr, Vestigia e Rarità di Roma antica, Rome, 1744, 
planche de la page 62. — 2. Dessins de Heemskerck, Berlin Kupferstich-Kabinet, 
71 D. 2, n. 12, 56, 80. — 3. Voir la dissertation très probante de Camillo Re, 
Il Campidoglio, p. 117 et suivantes; le Liter Pontificalis et Armellini. 




LE CAPITULE AU XIV' SIÈCLE 



TRANSFORMATION DU PALAIS SÉNATORIAL 

L'année du jubilé de i3oo amena à Rome quantité de pèlerins 
à ce point que le pont Saint-Ang-e en était encombré*; les 
ressources du trésor public s'en trouvèrent momentanément 
accrues, ce qui permit de restaurer complètement le palais capi- 
tolin; on le flanqua d'une seconde tour; les travaux accomplis à 
cette époque furent si importants que l'on put considérer le 
palais comme ayant été entièrement reconstruit. En i3o3, le 
sénateur Guidone di Pilp datait ses sentences : In palatio novo 
Capitolii*. Le palais conservait, au reste, l'aspect d'une forte- 
resse ; il possédait des tours, des murailles crénelées, une double 
enceinte, un pont de^ bois' dont l'utilité se fît plus d'une fois 
sentir en ces temps si troublés*. Des fouilles récentes ont montré 
que cet édifice s'élevait au-dessus du Tabularium comme le 
château des Corsi, du côté de la Via Capitolina; quelques 
vestiges des soubassements ont été mis au jour ainsi ique des 
peintures murales dont l'une représente les oies du Capitole^. 

L'empereur Henri VII, qui s'était emparé de vive force du 
Capitole lors de son entrée à Rome en iSio^ et y avait siégé et 
établi des magistrats^, fit raser en 1820 tout cet appareil de 
défense®. Afin de lui rendre quelque solidité contre une attaque, 

I. Dante, Enfer, ch. xviir, v. 28. Voir le Commentaire de Cornoldi, Rome, 
1888, p. 162. — 2. Gregorovius, III, 199, note 83. L'acte est du 17 avril i3o3. — 
3. Vita de Cola de Riensi da Tomaso Fiortifiocca, Bracciano, 1624, p. 265. Sur 
l'auteur, voir Zefirlno Re, La Vita di Cola di Rienso. — 4. L'aspect du Capi- 
tole, à cette époque, est figuré sur le sceau de la bulle de Louis de Bavière. 
La bulle d'or de Louis de Bavière a été publiée pour la première fois par 
Hlillard-Bréholles dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, 
1872, p. 82. Elle est conservée à Aix-la-Chapelle. — 5. F. Gerardi, Scoperta di 
pregevoli avanzi delV antico palazzo comunale sul Campidoglio. Dullettino 
délia Comm. Arch. Comunale, 1899 (an XXVII), fasc. i, p. 81. Ces peintures se 
trouvent actuellement dans la grande salle du palais sénatorial. — 6. Grego- 
rovius, III, 228. — 7. Rex fecit senatorem et iustitias in Capitolio sedens. 
(Archiv. Stor.,Ital., ser. II, vol. 11, App. p. 332; BALuzE,iV/tsc., 1, 127.) — 8. Mo.x- 
TAGNAN1-M1RABILI, PiETRO Paolo, // Miiseo Capitolino, Rome, 1828, p. 28. 



^MT- 



TRANSFORMATION. 73 



[ 



le tribun Cola di Rienzo, après y avoir établi son gouvernement 
(20 mai 1347), eut soin de faire en partie murer, en partie 
fermer de planches, une colonnade qui était peut-être celle de la 
loggia*. Dans la salle du rez-de-chaussée que soutenaient des 
piliers se rendait la justice*; cependant c'était dans la salle du 
haut que le sénateur tenait audience; les statuts de i363 lui en 
font un devoir 3. Le conseil présidé par le sénateur, Vassecta- 
menlutiiy s'y réunissait*. Cette salle était éclairée par de grandes 
baies, peut-être au nombre de trois ^, qui donnaient sur des 
balcons. Rienzo harangua de l'une d'elles le peuple ameuté contre 
lui et qui lui lançait des flèches et des pierres (8 octobre 1854)®. 
Ces baies s'ouvraient sur la façade et sur le côté opposé du 
palais\ Il existait d'autres salles, dans lesquelles le juge colla- 
téral du sénàteuç, son lieutenant et d'autres officiers siégeaient®. 
Un escalier partait du pont de bois dont il a été parlé et abou- 
tissait à l'entrée principale; il fut refait, en 1848, en même temps 
que fut construit l'escalier de S. iMaria Aracœli, avec des pierres 
prises dans les ruines du temple de Quirinus ». 

I. « Puvi fece stecconiare lopalazzo de CampiluogHo tra le colonne e chiuselo 
de lenname. » Vita de Cola de Riensi, Bracciano, 1624, p. 53. Éd. Camillo Re, p. 5.3. 
— 2. Lello Capocci fut décapité : Inhis in palatio Capiiolii ad pedem secttndœ 
columnxtibi tenetttr ratio. Ant. di Pietro, dans Muratori, R. Italie. Script., 
XXI\', io55. Également : Actum in palacio Capitolii in sala inferiori ubi tus 
redditur. Approbation des statuts de l'art de la laine, en date du 4 août 1389. 
Stevenson, Statuti delV arte delta Lana, p. 53. — 3. In attla superiori palatii 
faciat (senator) sut copiant et prestet omnibus audientiam. Liv. III, art. xii. 
Également : « Laurentius de Amedeis notarius syndicus procurator communis 
Tyburis ad ostium scalarum sale secunde palatii Capitolij cum introitu ad 
magnificum virum Johannem de Cerronibus senatorem urbis habere non possit 
protestatus.,.* (ôjuin i352). Archiv. Stor. Capit., Prot. 649, 3. Serroneus Paulus, 
not. Cependant le sénateur rendait parfois la justice, comme on verra, à la porte 
de l'église Santa Maria Aracœli. — 4. Actum in sala maiori palatii capitolii ubi 
consuetum est fieri Assectamentum. Stevenson, ubi supra, p. -24. — 5. Muntz, 
Les Arts à la cour des Papes, I, 149; toutefois il s'agit d'un acte datant de 
l'année 1451. C Re, Dullettino délia Commis. Archeol. Com. di Roma, an. X, 1882, 
p. 107. — 6. Tante fuero le valestrate e H verruti che a li baiconi non poteo 
durare. Vita, p. 262. On remarquera l'expression li baiconi. —7. Dans le récit 
de la mort du tribum, on voit Pelicciaro aller alternativement d'un balcon à 
l'autre pour épier Rienzo qui cherchait à se sauver par les derrières du palais, 
et avertir des péripéties de sa fuite le peuple assemblé sur la place. — 8. Le 18 
octobre i368. Actum in palatio Capitolii in Caméra D. Johannis de Amelia Col- 
lateralis predicti Senatoris (Gentilis de Varano) ubi assectamejitum f actum fuit 
de mandato D. Senatoris. 2 juillet 1399. ïls siégeaient aussi ailleurs. Actum in 
Capitolio apud altare inter Cancellos sale superioris. (Gatti, Statuti dei Mercanti 
di Roma, p. 98, 120.) — 9. Quidam Otto Mediolanensis senator Urbis expoliav^t 
templum {Quirini) et ex ornamentis facti sunt gradus in Aracœli et gradus gui- 
bus ascenditur in œdiflcium Capitolii. De Rossi, Studi e documenti, an. III, 60. 
Cf. Camillo Re, p. 100. Il s'agit du sénateur Ottone, qui exerça sa magistrature 
en 1348 (Olivieri, p. 222). Le temple de Quirinus était situé sur le mont Quiri- 
nal, au nord de l'Alta Scmita. Les degrés qui conduisent du sol sur la place du 



74 • LE CAPITOLE ROMAIN. 

C'est sur ces degrés que le peuple tenait ses parlements ; le 
plus souvent la foule débordait sur la place». 

Les méfaits commis dans l'enceinte du palais étaient punis 
d'une peine quadruple*. 

Le tribun Rienzo avait fait édifier, dans la grand'salle du 
palais, une chapelle « Ulia bella capella, rinchiusa con ferrt 
stagnati »'. 

Sous le pontificat de Boniface IX (1389-1404) et par son ordre 
des travaux importants furent entrepris au Capitole en partie 
détruit par l'incendie qu'avaient allumé les émeutiers lors du 
meurtre de Cola di Rienzo ; on reconstruisit les salles destinées 
au sénateur et à ses jug-es, mais ce fut une construction en brique 
et fort disgracieuse. 

Boniface IX était entré en maître à Rome; il avait imposé la 
loi aux Romains et exigé que le sénateur ne fût plus troublé 
dans ses fonctions par les bannerets et les autres magistrats 
populaires*; afin d'assurer aux représentants de son autorité 
qu'il envoyait siéger au Capitole, c'est-à-dire aux sénateurs dont 
il s'était réservé la nomination, la paisible possession du pouvoir, 
il fit renforcer et peut-être surélever les deux ioufs qui existaient 
déjà sur la face occidentale du Capitole, mais qui avaient été 
démantelées, sinon complètement détruites par l'empereur 
Henri VII*. Elles prirent dès lors le nom de tours de Boni- 
face IX. Ces deux tours existent encore et encadrent la porte qui 
conduisait jadis aux prisons et qui donne actuellement accès aux 
bureaux des services municipaux. 

Capitole ne furent construits qu'au xvi* siècle. On accédait auparavant au palais 
par des chemins tracés sur le flanc de la colline. L'absence de l'escalier se voit 
clairement dans les plans de De Rossi. — i. « Congregato magnifico populo in 
platea ante palatium Capitolii ad sonum campanœ et vocem praecoHunno (19 août 
i3o9). Pfluck-Hartung, Iter Italicum, p. 6o3. — « In nomine domini Congregato 
Magnifico populo romano in scalis et platea ante palatium Capitolii de mandato 
Mag. dont. Anibaldi domini Riccardi de Anibaldis, Riccardi domini Fortis- 
bràchii de filiis Ursi, dei gratia Regiorum in urbe Vicariorum, ad sonum 
campane et vocem praeconum ad parlamentum ut moris est... » (4 mai i32i). Ar- 
chiv. délia R. Soc. Romana di St. Patria, X, 187. Gamurrini G. Documenti delV 
Anglica. — « Congregato magnifico et excelso populo romatio ad parlamentum 
in scalis et platea ante palatium Capitolii. » (Bulle de l'année i354; Camillo Re, 
p. 100.) On pourrait citer bien d'autres cas où le peuple s'assembla pour déli- 
bérer devant la Capitoler et sur les degrés mêmes du palais, car c'était là le 
lieu habituel de ses réunions. — 2 «Si vero guis in palatio Capitolii a prima 
porta supra... malleficium commictatur tune pêne quadruplicentur. » Statuts de 
i363, liv. II, art. m. — 3. Vita, p. 112. Cf. note 10 delà page précédente. 

— 4. Theiner, Codex diplom. S. Sedis, III, 78; Vitale, p. 601. Convention signée 
entre le pape et les Romains le 8 août 1303, violée par le peuple aussitôt après 
et imposée par la force en 1394. Villari, Saggi storici, Bologne, 1890, p. 288. 

— 5. On voit ces tours sur le sceau de la bulle de Louis de Bavière. 



LES LIONS DU CAPITOLE. ?& 



LES LIONS DU CAPITOLE 



Une vieille tradition faisait un devoir aux Romains de posséder 
un lion. « Roma formam leonis habet quia ceteris bestiis quasi 
rex prœest », écrivait, au xir siècle, Honorius d'Autun, dans 
son Traité des images*. Aussi entretint-on fort long-temps au 
Capitole un lion vivant. Le < gardien du lion > est cité au 
nombre des personnes faisant partie de la famille du vice-séna- 
teur Gulielmo Stendardo, dans deux missives de Charles d'Anjou, 
sénateur de Rome; ces missives sont datées de i283 et 1284*. 
Les statuts de i363 affectent une partie des produits des jeux du 
Testaccio à la solde de son gardien, « tant que vivra le lion »'. 
Sa fin semblait sans doute proche alors, car, dans ce même 
temps, les magistrats capitolins envoyaient une ambassade à 
ceux de Florence, pour les prier de leur céder un de ceux qu'ils 
possédaient*. 

Mais il arriva, en 1408, que le lion s'échappa; la maréchaussée 
en patrouille le rencontra au pied de l'escalier du Capitole, et 
les officiers t le firent prendre », dit naïvement le chroniqueur, 
et remettre dans sa cage, où était un autre lion'*. En 14 14, le 
lion tua plusieurs enfants qui l'avaient approché de trop près ; 
malgré la vénération dont il était l'objet, sa mort fut, en consé- 
quence, décidée, et on le tua, un dimanche matin de novembre; 
sa dépouille fut portée à la demeure du chef du quartier de Ripa, 
où on l'enterra*^. 

Cependant une tradition aussi vénérable ne pouvait être 
rompue, on ne tarda donc pas à acheter un autre lion, qui 
mourut bientôt. Il laissait un gardien que sa perte privait de son 
gagne-pain, et qui réclama d'autant plus bruyamment qu'il avait 
été nommé à vie; il rappela ses longs services, montra qu'il 
n'avait point d'autres ressources, si bien que les conservateurs 

I. De Imag mundi, i, 28; Patrol.^ clxxii. — 2. Vitale, Storia diplom. dei Sena- 
toriy p. 100-191. — 3. « Qiiod tubatores, tanditores... custosqite leonis cum ko in 
CapitoHo vixerit et fuerit expediens patula prebere leoni de peciinia Itidi pre- 
dicti. * Liv. III, art. lxxx. — 4. Lettre de sept Réformateurs des Banderesi et 
des quatre chefs de la compagnie des arbalétriers aux Prieurs des Arts et au 
gonfalonier de la justice en date du 8 avril i363. «... Quatenus pênes vos curarel 
efficaciter operari ut vestro beneficio aliqiiem ex vestris leonibtis habere possi- 
mus in aima Urbe tenendum, uti nobis semper est hactenus consuettim. » C. Re, 
p. io3, note 2; les Florentins possédaient plusieurs lions. Quelques années 
auparavant, il en était né quatre, deux mâles et deux femelles. Matteo Vil- 
LANi, liv. V, 68. Ils étaient un objet d'orgueil et avaient un gardien particu- 
lier. Perrens, III, 366. — 5. Antonio di Pietro, Muratori, R. Italie. Script., 
XXIV, 995. — 6. Jbid.y col. io5o. 



76 LE CAPITOLE ROMAIN. 

lui continuèrent ses fonctions; et il demeura, sa vie durant, 
g-ardien d'un lion qui n'existait plus, avec tous les avantages 
attachés à cet office. Plus tard, il y eut bien un gardien du cheval 
de Marc-Aurèle, qui était en bronze*! 

Les statuts rédigés en 1469 parlent du lion, mais il ne s'ensuit 
pas qu'il y en eût un vivant à cette époque, car la nouvelle 
rédaction fut, en bien des parties, copiée textuellement sur 
l'ancienne, sans aucun souci des circonstances*. 

Le lion du Capitole servit parfois d'instrument de supplice ; 
en i328, le prieur des Augustins fut jeté dans sa fosse pour avoir 
refusé de célébrer la messe à Saint-Pierre à l'occasion du cou- 
ronnement de Louis de Bavière'. 

Il y avait aussi au Capitole des représentations figurées du 
lion emblématique ; l'une était peinte au-dessus de l'entrée de la 
deuxième porte du Capitole : un lion, d'aspect féroce, regardant 
avec commisération un petit chien couché à ses pieds; l'inscrip- 
tion suivante expliquait ce symbole : 

Iratus recole quod nobilis ira leonis 
In sibi prostratos se negat esse feram *. 

On avait coutume de montrer cette image comme une leçon, 
sans doute, et un avertissement à chaque nouveau sénateur qui 
entrait en fonctions*. 

L'autre représentation était un lion de pierre, ou plutôt un 
jxroupe composé d'un lion attaquant un cheval ; il était placé au 
haut du grand escalier qui donnait accès au palais capitolin, 
avant que les travaux conseillés par Michel- Ange en eussent 
nioditîé la façade^. C'était à côté de ce lion que s'exécutaient les 

I. Piivilegium Dominorum Conservatorum... pro Antonio lacobelli Tutii 
Toni custode leonis et officialis ad vitam, de confirmatione officii sui.... Dat. 
Apud Aracœliww 7 bris MCCCCXXI. — Exigit tue devotionis et fldelitatis 
sincerilas... tu qui cum ctistus leonis... ad vitam existens. Léo dictlpalatii quem 
mj^rno tempore custodiveras mortuus est nec habeas ad presens cui pabula pre- 
tcasprout prebere teneris... » {Archivio di Stato^ Reg. délia Caméra Capitolina., 
an. 1421-1425, fol. XLvii). En 1420, le gardien du lion recevait par semestre 
un ducat et deux tiers; trois ducats et demi étaient consacrés à l'entretien du 
lion et à l'achat d'un animal vivant qui lui était donné chaque mois. Archiv. 
.St'i.'. \'at.^ Div. Camer., vol. VI, fol. 260. Voir p. i36.. — 2. Toutefois dans les 
statuts de i5i9-i523, il n'est plus question du lion vivant. — 3. Gregorovius, III, 
207: C. Re, p. 104. —4. Corpus Inscriptionum latinarum^ vol. VI, part. 5, p. 4, 
n* 3. P ORCELLA, Isc. di Roma^ I, n. 6. — 5. Christi.xn Huelsen, Dilder aus der 
(icschichte des Kapitols, p. 17. Sigxorili dit : In ingressu secundae portae 
t'apitolii et in limita scriptum, et ferturde more ostendi solitum cuilibet senatori 
cum oftîcium intratat. » C. Re, p. io5. — 6. On lit dans la biographie de Cola 
di Rienzo déjà citée, p. 43, 268 : « Fo Martino desmantato la soa cappa... e 
laratole le mano dereto, fo fatto inninocchiare ne le scale, canto lo lioncy ne 
lu locu usato. — Preso (Cola) per le braccia liberamente fo addutto pe tutte le 



1 



LES LIONS DU CAPITOLE. 77 

sentences criminelles. Les jours de marché, on faisait asseoir 
dessus, ainsi que sur un piloris, avec une mitre sur la tête, où 
était inscrite leur faute, et le visag:e enduit de miel, certains 
malfaiteurs et les débiteurs insolvables'. Les condamnés avaient 
quelquefois à le saluer, car il représentait la grandeur de Rome. 
Ce groupe se trouvait encore à sa place en iSoo, quand le 
peintre milanais Prospettivo le vit*. A la démolition de l'esca- 
lier, it fut transporté sur la place du Capilole, du côté de l'ég'lise 



d'Aracœli'. Mais il resta peu de temps en cet endroit, car Clé- 
ment VIII fit entreprendre, dès le commencement de son règne 

scaltsenia oBesafino a lo tuoco de loUonedove li ailri li senlenlla vuodo; dove 
senlenlialo li atlrl havea là Jo addnilo. » Voir aussi Cancellier[, Mercato e 
Lago. p. 7. La place oii se trouvait ce lion est très clairement marquée dans 
une gravure reproduite par Michielis. Collesione captIoliKd di AntichUâ. MU- 
IheHungen der K. lieutchett Arch, InsliluLt, Rome, itlgr, pi. 11. fn fine. — 
1. 1 ... Debeal ponl eques in leone murmoris exislente i n scalts Capflolli cum 
quidam milraiticafUeittq«dstticriptus,inotediens... ri fjciem hdtedltinUm 
de mtlle el debeal manere tti eques fuertt et duraveHl mercalum. • Liv, 11, 
art. cxx. Voir le chapitre consacré aux exécutions. 
2. Po salle scale délia gran giusHcia 

Vn loue d'un caualpreso nd rentre 

Dim leon chtnho da tut lettcld. ' 
AlU Ace. Llncei, 1875-76, p. 5[ ; G. Govi. Voir p. i3o. note 6. — 3. Aldrovakdi, 
Detia statue anlIcKe, p. 270. • Sulla pla::j di CampidogHo... vi é un frammenlô 
imperfetto dl marmo che è un llone sopra un cavatlo... gludicalo maraviglioso 
da MUhelangeto. -Cf. Michaelis, p. 7; AIontacnani, II. 111; Riciietti. 1. i^l: 
Helbiu, I.n. 5^1. 



78 LE CAPITOLE ROMAIN. 

(1592), les fondements du palais qui est adossé à l'ég-Iise. On 
déposa alors le g^roupe en face, dans le palais des conservateurs, 
à côté d'une statue de l'empereur Constantin, qui se trouvait 
auparavant sur les degrés conduisant de la place du Capitole au 
Monte Caprino. En 1694, ^^ sculpteur Rugfgiero Bescape fut 
chargé, moyennant une rétribution de trois cents écus, de refaire 
la tête, le cou, les jambes du cheval et ce qui manquait au lion, 
afin que le groupe reprit son aspect primitif*. 

Le lion demeura longtemps encore dans la cour du palais des 
conservateurs, exposé aux intempéries; il s'y trouvait en 1767; 
le conseil communal s'informa alors de ce que coûteraient sa 
restauration définitive et son transport dans une des salles du 
palais; lorsqu'il apprit que ces travaux s'élèveraient à six cents 
écus, il fut aussitôt décidé qu'on laisserait les choses en l'état *. 

Plus tard, on plaça le groupe, sur un socle sans caractère, 
sous le portique couvert de Clément XI, dans la cour du palais 
des conservateurs'; actuellement il a été transporté dans la cour 
supérieure, celle où se trouve la Forma Urbis reconstituée. 



LES COURONNEMENTS POÉTIQUES AU CAPITOLE 

PÉTRARQUE * 

L'importance attribuée aux couronnements poétiques célébrés 
au Capitole montre bien la fascination qu'il exerçait au loin 
comme de près. D'ailleurs, le souvenir des cérémonies de ce 
genre dont le Capitole passait pour avoir été le théâtre dans 
l'antiquité^ rehaussait encore la gloire d'y recevoir le laurier 



I. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 104, p. 17. A. Bertolatti, Artisti 
Lombardi, II, 309. Ce Bescape fut un grand restaurateur des antiquités du 
Capitole ; il restaura entre autres la statue de Marforio en 1594. Il mourut en 
septembre iSçp; il avait été « gouverneur » de la corporation des marbriers en 
iSçô. {Archiv. delV Università dei Marmorari, vol. V'^I,fol. 6,20.) En 1699, juillet, 
il est qualifié d'« estimateur d'intailles ». {Ibid.) Il ne mena pas à bien son travail. 
— 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. VII, vol. 89, p. 104, io3, séance du 8 novembre 
etdu 16 décembre 1767. — 3. Voir Helbig, I, n* 541, et Burckhardt, Le Cicérone^ 
trad. franc., r* partie, p. 162, M. Ce groupe est d'un travail admirable; la pierre 
toutefois a été fortement corrodée par l'action du temps. C'est à tort que Vacca 
prétend qu'il fut découvert sous le pontificat de Paul III. Voir Michaelis, p. 6. 
—4. Voir aux chapitres qui leur sont consacrés, xviii' siècle, les couronnements 
de Perfetti et de Corilla. — 5. Il est certain que, dans l'antiquité, il se célébrait 
tous les cinq ans des jeux poétiques au Capitole et qu'on y couronnait des 
poètes; mais il n'est pas sûr que ce fussent des cérémonies bien sérieuses. Une 



CPURONNEMENTS t>OÉTIQUES. 79 

symbolique. Aux yeux de Pétrarque et de ses contemporains, 
un poète ne pouvait être assuré de l'immortalité qu'autant qu'il 
avait reçu cette consécration, de même que le roi des Romains 
ne devenait empereur qu'après avoir été sacré à Rome. 

C'est pourquoi Pétrarque accueillit avec une satisfaction qu'il 
ne cherche pas à déguiser l'offre que lui firent les sénateurs 
romains de se faire couronner au Capitole. Le même jour qu'il 
recevait leur missive, le 3o août 1840, arriva dans sa solitude de 
Vaucluse, où il était tout occupé à composer son poème sur 
l'Afrique, une autre lettre que lui adressait l'Université de Paris, 
et qui contenait une invitation analogue. Pétrarque n'hésita pas 
à se décider pour Rome, bien que l'offre de l'Université de Paris 
lui parût, dit-il, infiniment flatteuse, car l'honneur d'être sacré 
au Capitole était à ses yeux sans second. 

Il se mit en route en février.! 841, et se dirigea d'abord vers 
Naples, car il ne voulait pas recevoir le laurier sans en avoir 
été jugé digne, et le roi Robert, dont la cour était un foyer de 
littérature, et qui était lui-même en grande réputation d'écrivain, 
lui semblait qualifié pour rendre témoignage de son mérite. 
L'épreuve fut courtoise, et Pétrarque obtint le diplôme qu'il 
ambitionnait. Le bon roi Robert aurait bien voulu couronner de 
sa propre main le poète, et il lui rappela que si Rome possédait 
le Capitole, Naples conservait les cendres de Virgile. Mais Pé- 
trarque tenait à être couronné au Capitole, et il partit, accom- 
pagné de deux chevaliers que le roi lui donnait comme défen- 
seurs, et dont l'un fut assassiné en chemin. Le roi lui remit son 
manteau royal pour qu'il le portât le jour de son couronnement. 
Il fît son entrée dans la ville le Vendredi saint, 6 avril 1341 *. 

Le surlendemain, jour de Pâques, eut lieu le couronnement*. 
Douze jeunes gens, vêtus de rouge, fils de gentilshommes ou de 
citoyens de marque, ouvraient le cortège ; ils récitèrent, au cours 

inscription trouvée à Guasto dans les Abruzzes apprend qu'en l'an 106 on cou- 
ronna au Capitole le poète L. Valerius Pudensqui avait treize ans.(TiRABoscni, 
II, 89. Cf. Suétone, Nero, xiii.) Cette pratique cessa à la chute de l'empire 
romain ; certaines cités italiennes la reprirent au moyen âge ; à Padoue, on cou- 
ronna le poète historien Albertino Mussato et Bonatino ; à Prato, Convenevolc 
qui fut le maître de Pétrarque. Dante, dans son exil, songeait au jour où il 
recevrait le laurier dans l'église S. Giovanni à Florence {Paradiso^ xxv, v. g et 
I, V. 25). La couronne était parfois un bonnet, une mitre, comme le passage de 
Dante l'indique. (De Sade, Mémoires pour la vie de Pétrarque, 1764, t. II, appen- 
dice, 7; Gregorovius, III, 339.) — I. Il assurait avoir rencontré Laure pour la 
première fois le vendredi saint. Sonnet m des Sonnets pendant la vie de Laure. 
■— 2. On n'en a de relation que dans Monaldesco, Murât., R. Italie. Script., 
XII, 540. Cf. Ibid., III*, 843. Pétrarque fait de fréquentes allusions à cette céré- 
monie, mais ne la décrit pas. Il y a dans le récit de Monaldesco des inexacti- 
tudes manifestes, mais le fond semble vrai. 



8o LE CAPITOLE ROMAIN. 

de la cérémonie, quantité de vers composés par Pétrarque en 
rhonneur du peuple romain. Derrière eux, venaient six nobles 
romains vêtus de vert, un Savelli, un Conti, un Orsini, un Papa- 
rese, un Montanari, un Annibaldi; chacun portait une couronne 
de fleurs de couleur diff*érente. Ils précédaient le sénateur Orso, 
comte d'Ang-uillara % lequel, entouré d'une foule nombreuse, 
portait la couronne de laurier. Le cortège se rendit dans la salle 
des audiences solennelles, la salle de TAssectamentum. Pétrar- 
que, qui s'était retiré d'abord dans une autre salle, fit alors son 
entrée, tandis que les trompes et les fifres se faisaient entendre, 
et il s'avança, couvert du manteau royal du roi Robert. Trois 
fois il cria : « Vive le peuple ! Vivent les sénateurs ! Que Dieu 
les tienne en liberté ! » II prononça ensuite un discours dont le 
texte, long-temps perdu, a été retrouvé » ; l'argument en était ces 
deux vers des Géorgiques (III, v. 291) : 

Sed me Parnasi déserta per ardua dulcis 
Raptat amor... 

Quand il eut achevé, le poète fléchit le genou devant le séna- 
teur, qui était assis sur la chaire de V Assectamentum, et qui lui 
dit, en ôtant la couronne de sa tête pour la placer sur la sienne : 
< Cette couronne est la récompense du génie' ». Pétrarque récita 
un sonnet en l'honneur des anciens Romains, et toute l'assistance 
cria : « Vivent le Capitole et le poète ! ♦ » 

I. Il est assez difficile de savoir quel était l'autre sénateur à cette époque et 
quel rôle il joua (il y avait alors toujours deux sénateurs), car les textes se 
contredisent ; ce fut sans doute Stefano Colonna, un ami ancien de Pétrarque. 
Pétrarque le donne à entendre dans une lettre à Barbato Sulmonese qui se 
trouve dans ses œuvres complètes, édition de Bàle, i58i, t. III, 4. Toutefois le 
diplôme qui lui fut attribué et qui se trouve dans Vitale, Storia diplom. dei 
Senatori di Roma, 1, 269, désigne, ainsi que la lettre citée ci-dessus, l'autre séna- 
teur sous le nom de Giordano Orsini. Voir aussi De Sade qui s'est borné à 
recueillir les textes sans esprit critique. — 2. Scritti inediti di Francesco Petrarca 
publicati ed illustrati da Attilio Hortis, Trieste, 1874, p. 3ii. — 3. Le sénateur 
déclara Pétrarque poète lauréat en ces termes : « Magnum poetam et historicum 
declaramus, prœclaro magisterii nomiîte insignimus, et in signum specialiter 
poesiSy nos Ursus cornes et senator prœfatus pro nobis et collega nostro coro- 
nam lauream nostris tnanitus eius capiti impressimus. • De Sade, t. III, pièce 
justificative xix, donne le texte du brevet accordé au poète par les sénateurs ; 
il y est dit qu'il a reçu le droit de porter la couronne de myrte et le 
« costume du poète » ; les poètes avaient, en effet, un costume particulier. 
Dante fut enseveli in hatito di poeta, dit Villani, Liv. IX, cap. i33. 
— 4. Dans une des relations apocryphes de cette solennité, il est raconté qu'une 
femme voulant témoigner à Pétrarque son enthousiasme avait préparé un bol 
de parfum qu'elle comptait lui répandre sur la tête à son passage, mais quand 
elle le vit, son émotion fut si grande qu'elle se trompa et lui jeta un liquide 
corrosif ; Pétrarque, qui saluait à ce moment, en perdit tous ses cheveux. (De 
Sade, II, appendice 5). Pétrarque avoue qu'il grisonna de bonheur, mais il ne 
dit pas qu'il fût chauve. 



COURONNEMENTS POÉTIQUES. 8i 

Cette cérémonie se continua par une procession à Saint-Pierre, 
où le poète déposa sa couronne sur la tombe des apôtres, et elle 
se termina par un banquet *. Pétrarque feignit plus tard d'avoir 
quelque regret de s'être laissé couronner : « Ces lauriers dont 
mon front fut ceint alors, disait-il plus tard, étaient trop verts; 
si j'avais été plus mûr d'âge ou d'esprit, je ne les aurais pas 
recherchés*. » Au vrai, il demçura très fier toute sa vie de cette 
distinction qui fut pour beaucoup alors dans sa gloire'. 

Tous les poètes italiens ambitionnèrent ce même privilège ; 
l'espérance d'être couronné au Capitole consola le Tasse à ses 
derniers moments. S'il mourut trop tôt pour voir ses vœux réa- 
lisés, le chevalier Perfetti, deux siècles plus tard, fournit, comme 
on verra, un honorable prétexte de renouveler la tradition à ceux 
qu'amusaient les évocations puériles de la grandeur passée de 
Rome. 



REPRÉSENTATIONS ALLÉGORIQUES 

PEINTES SUR LES MURS DU CAPITOLE 

C'était un usage fort répandu en Italie, au moyen âge, que de 
tracer sur les édifices des sujets allégoriques à l'intention de la 
foule. Le premier tableau de ce. genre qui ait été peint sur le 
Capitole le fut par le tribun Rienzo au mojpént où il soulevait le 
peuple romain contre l'oppression des barons. 11 choisit le mur 
extérieur du côté du marché afin qu'il fût plus en vue. La com- 
position en est intéressante. Elle figurait une mer immense dont 
les vagues s'entre-choquaient avec fureur; un navire désemparé 
était près de sombrer; sur le pont se voyait une femme en deuil, 
les vêtements en désordre, les cheveux épars sur les épaules; 
elle se frappait la poitrine et invoquait le ciel avec ferveur. Au- 
dessus de ce vaisseau, il y en avait quatre autres, sans mâts, 
sans voiles et à demi engloutis par les eaux ; sur chacun d'eux 
se trouvait une femme évanouie ; c'étaient Carthage, Troie, Jéru- 
salem et Babvlone. A côté, se lisaient ces mots : « Ces villes 
jadis puissantes ont péri par l'iniquité de leurs habitants. » Sur 
une bafiderole placée au-dessus des femmes, était écrit : « O 
Rome, tu étais redoutée de tout l'univers et maintenant tu vas 

I. MuRATORi, R. Italie. Scripi., IIP, 843. Ex Diario Gentilis Delfini. — 2. De 
Sade, II, 5. — 3. « Parva res fortasse dixerit quispiam sed profecto novitate 
conspicua et populi romani plausu et iucunditate percelebris. » {Fam. IV, Ep. viii 
datée de Pise, le 3o mai i36i). 



82 LE CAPITOLE ROMAIN. 

succomber à ton tour. •» A côté du navire représentant Rome, 
vers la gauche, étaient deux îles ; sur Tune, une femme symbo- 
lisant l'Italie ; elle était tout en pleurs et s'écriait : < Tu avais, ô 
Rome, soumis la terre entière, moi seule tu me traitais en sœur » ; 
sur l'autre île, on voyait quatre femmes, la Justice, la Prudence, 
le Courage et la Tempérance ; elles étaient agenouillées, se ca- 
chant le visage dans les mains, et disaient : « Rome, tu possédais 
toutes les vertus, à présent tu es ballottée au gré des vents. » A 
la droite du tableau, sur un îlot, se tenait une femme vêtue de 
blanc, dans l'attitude de la prière, les mains tendues vers le ciel ; 
c'était la Foi chrétienne. « O mon Père suprême, disait-elle, 
mon guide,' mon seigneur, si Rome périt, quel sera mon destin ! » 
En haut, on apercevait quatre rangées d'animaux ailés qui souf- 
flaient avec des cornes sur les flots, comme pour entretenir et 
accroître la fureur de la tempête. Le premier rang se composait 
de lions, d*ours et de loups; ils symbolisaient les grandes familles 
baroniales des Orsini et Savelli ; au deuxième rang étaient des 
chiens, des porcs et des boucs représentant les mauvais conseil- 
lers des barons; puis venaient des moutons, des dragons et des 
renards, images des juges, des notaires et des autres magistrats; 
enfin, au dernier rang, on apercevait des lièvres, des chats, des 
singes, des chèvres ; c'était la foule des brigands, des assassins, 
des voleurs et des adultères*. 

Souvent les images étaient ignominieuses et servaient de châ- 
timent. On représentait alors la tête en bas, la personne, qu'on 
voulait punir ou ridiculiser. C'est ainsi que le tribun fit peindre 
son ennemi, le préfet de Vico. Les marchands déshonnêtes étaient 
parfois condamnés à se voir exposés de la sorte. Les plus hauts 
personnages n'échappaient pas d'ailleurs à cet outrageux traite- 
ment. L'exemple le plus fameux est celui du baron Cesarini, en 
1534. Il avait coupé le poing avec son épée au gouverneur de 
Rome Magalotti, au moment où il sortait des prisons du Capitole 
qu'il était allé visiter, parce que celui-ci lui avait enjoint l'année 
précédente, à Bologne, de ne pas se montrer en armes, conformé- 
ment à l'engagement pris, en i5ii, par les barons romains*. 
La convention portait que ceux qui l'enfreindraient seraient 
représentés la tête en bas, sur la façade du Capitole, de même 
que les traîtres et les assassins, afin de perpétuer le souvenir 

I. Vita de Cola de Riensi da Tommaso Fortifiocca, Bracciano, 1624, p. 6. Un 
peu plus tard, Rienzo fit représenter, sur le mur de l'église S. Angelo in 
Pescheria, un tableau plus significatif encore. Cf. Gregorovius, III, 35i, 365 
note 49. — 2. Ratti, Famiglia Sforza^ II, 288. L'instrument de paix fut signé 
le 27 août i5ii, au Capitole, avec beaucoup de solennité, et une médaille fut 
frappée en commémoration avec la légende : Pax Romana. 



FÊTES DONNÉES AU CAPITOLE. 83 

de leur crime. On appliqua ce châtiment à Cesarini, malgré son 
rang ; il fut peint près de la fenêtre à croisillons qui se trouvait 
sur la tour voisine de S. Maria Aracœli, la tête en bas avec 
son épée et sa cape, mais sans chapeau ni pourpoint. Ce ne fut 
que plusieurs mois après que le pape Clément VII, "sur le 'point 
de mourir, permit qu'on effaçât cette image *. On peignit aussi 
parfois les méfaits des criminels, il en fut fait ainsi pour un 
prêtre en i5i8*. 



FÊTES DONNÉES AU CAPITOLE AU XIV SIECLE 

La première fête donnée au Capitole dont on ait gardé le 
souvenir, eut lieu en l'année i326. Le vicaire du roi Robert, le 
sénateur Giacomo Savelli, venait d'être chassé par Stefaiio Co- 
lonna et d'autres barons romains ; ils firent sonner la cloche pata- 
rine et réunirent une grande foule autour d'eux ; et le peuple, 
tout joyeux, créa chevaliers Stefano Colonna et Napoleone Or- 
sini, qui furent aussitôt baignés dans l'eau de rose et sacrés par 
les vingt-huit buonuotnini, dans l'église d'Aracœli ; après quoi, 
il y eut des réjouissances; des estrades furent dressées sur la 
place, les trompes sonnèrent et des gentilshommes rompirent 
des lances ; tout autour de la lice se voyait un nombre infini de 
bannières et de gonfalons'. L'année suivante, l'empereur Louis 
de Bavière donnait un banquet dans le palais sénatorial, en l'hon- 
neur de son couronnement, et, comme la nuit était avancée quand 
il prit fin, il coucha au Capitole ainsi que l'impératrice ; ce ne fut 
que le lendemain qu'il alla s'établir au Latran*. En 1847, le 
tribun Cola di Rienzo y célébra l'avènement du « bon état ». 

Rien n'est moins assuré que la réception faite au Capitole à 
Amédée de Savoie, le « comte vert », à son retour de la guerre 
d'Orient, en 1867 ». 

I. MoROxi, Dis. di Erud., XXXII, 41 ; Lanciani, Bull. Arch. Com., 1901, p. 253 ; 
Cancellieri, Mem. ist. délie sagre leste, p. 78 ; Ughelli, Ital. Sacra, I, 782. 
et III, 65o. — 2. Rev. Dns Archiepiscopus Craycnsis hatuit Duc X. pro degra- 
dalione per ipsttm facta iti personam prestiteri Desiderii Lolheringii. Johannes 
Simon de Verona pictor habuit julios XXIV pro picturis per etim factis in qua- 
dratis duodecim de excessibus et criminibus dicti Desiderii. {Archiv. di StatOy 
Taxae Maleficiorum, Busta I, vol. 3^ p. 75.) — 3. P. Casimiro, Memorie di S. 
Maria in Araceli, p. 638; Gregorovius, III, 267. —'4. Muratori, R. Italie. 
Script., XIII, 633. — 5. Le seul historien qui en parle est Predari, Storia di 
Casa Savoja, 1869, I, 196. Les autres historiens, L. Cibrario, Storia délia 
Monarchia di Savoja, 1844, III, 2o3; Guichenon, Storia di Casa Savoja, i, 418; la 
Polistoria di Ferrara ; Muratori, XXIV, 848, qui racontent l'entrée et le séjour 
d'Amédée à Rome, ne font nulle mention de ce fait, que l'on tient cependant 
pour assuré à Rome. 



1 



LE CAPITULE AU XV' SIÈCLE 



TRANSFORMATION DU PALAIS SÉNATORIAL 



DANS l'acte de réconciliation sig^né entre le pape Innocent VII 
et le peuple romain, le 27 octobre 1404, il fut stipulé, entre 
autres conditions, que le palais du Capitole serait rétabli 
€ dans son ancien état > et redeviendrait un lieu de justice. Item 
concessit dicto populo Romano et voluit quod Capitolium prefate 
Urbis reducatur et reduci debeat ad formam palatii et loci corn- 
munis judicii. Il est probable que les Romains avaient profité, 
contre le pape Innocent VII, des défenses dont son prédéces- 
seur, Boniface IX, avait muni le palais sénatorial, et c'est pour- 
quoi le pape en exig-ea la destruction*. 

On ne sait, toutefois, quels furent les travaux exécutés en con- 
séquence; le règne d'Innocent VII fut court (1404-1408) et la pa- 
pauté avait alors et eut après lui de plus pressantes occupations 
que la transformation du palais capitolin. 

En 141 3, la fenêtre qui donnait du côté de la Roche Tarpéienne, 
et de laquelle le sénateur était tenu d'assister aux exécutions, fut 
entourée d'un chambranle de marbre sur lequel on grava les 
armes du roi de Naples, Vinceslas, tout-puissant alors à Rome, 
et dont le sénateur Nicolas di Thiano était le représentant*. 

On a peu de données sur les travaux exécutés pendant le pon- . 
tificat de ^Martin V (1417-1431), qui est compté cependant parmi 
les souverains pontifes ayant travaillé à l'embellissement du Ca- 

I. Theiner, Codex Diplom. S. SediSyWl, i3i. Le roi Ladislas était venu au 
secours du pape, et l'avait aidé, comme naguère Boniface IX, à triompher de 
la révolte de ses sujets. Infessura, éd. O. Tommasini, p. 10. — 2. De mandato 
Dni Nicolai de Thiano tune tempore Senatoris Urbis per Dominum regem Ven- 
ceslaum fecit fieri tabernaciiltim de marniore cum arma sua sculpta in dicto 
tabernaculo in fenestram palatii Capitolii ubi dictus Dits Senator stat ad viden- 
dum quando fiunt justitiœ ut moris est. Muratori, R. Italie. Script. ^ XXIV, 1040, 
Diarium Romanum. Il s'agit de Niccolo de' Diano, ou Thiano, ou Trano. 
Vitale, p. 38i ; Olivieri, I, 255. 



LE PALAIS SÉNATORIAL. 85 

pitole*. On a retrouvé ses armes gravées sur la tour la plus voi- 
sine de l'ég-lise d'Aracœli et sur la façade, donc il est probable 
qu'il dut restaurer la tour et orner la façade. Un document 
daté de 1427 rappelle quelques travaux de soutènement accom- 
plis, à ce qu'il semble, en cette année et qui, peut-être, se 
rattachent à la réfection de la tour laquelle porte son nom *. 

Sous le pontificat d'Eug-ène IV, troublé durant dix ans par 
une rébellion des Romains, on se borna à entretenir le palais; 
une certaine somme, non spécifiée; fut remboursée le i3 mars 
1430 au sénateur Francesco Ferretti d'Ancone pro reparatione 
palatii Capitolii^. 

Aussi le palais était-il en fort mauvais état. Flavio Biondo, 
l'auteur de Roma instauraidy ouwsLge composé en 1447*, écrit : 
Pudet pigetque a Capitolio incipientem eius defonnitatem re- 
ferre,... Nûc vero prœter latericiâ domû a Bonifacio IX ruinis 
superœdificatatji, qualem mediocris olim fastidisset romanus cives ^ 
usibus senatoris et causidicorû deputatâ, prœter Arse Cœlifra- 
trû beati Francisci ecclesiâ in Feretrii Jovis t empli fundamentis 
extructâ, nihil habet is Capitolinus Tarpeiusve mons tantis olim 
œdificiis exornatus^. Bernardo Ruccellai, qui visita Rome en 
1460, dit en parlant du palais du Capitole : t Dove al présente 
abita il senatore grande parte cascato^. » 

I. Albertini, Opusculiim de Mirabilibus Urbis, i5i5, f . 86. — « Dtic. diciocto 
et bol. octo pacammo a Antonio dello Sancto fallename^ maestro dello palazco 
per spese per esso facte per reparationi de comandamento del présente sena- 
tore corne appare la polissa de di XXIII di décembre. » Archiv. Seg. Vat., Intr. 
et Ex. Cam. 1423-1424, fol. 177. Décembre 1423. Autres menus payements faits 
en 1426 et 1427. Ibid., cités par Muntz, Les Antiquités, p. i52. — 2. Muntz, Les 
Arts à la Cour des Papes, I, 16 : * Solvi faciatis Nobili viro Nuccio de Giaffo, 
civi roman. y pro èxpensis per ipsum factis in mûris et furcis (M. Miintz pense 
que ce mot désigne des contreforts), apud Capitolium noviter erectis et factis, 
fl. 16 de bon. 5o pro quolibet floreno et bon. romanos i5 et denarios 3. » (j8 juil- 
let 1427). ^rc^f V. diS/jlo, Mand. Camer., 1426-1430, fol. 45. Montagnani-Mira- 
BiLi, p. 33. D'après lui, ce fut Martin V qui coordonna les constructions con- 
fuses qui s'élevaient sur le derrière du palais sénatorial, mais la vue qu'en 
donne Heemskerck prouve que ce travail est postérieur. — 3. Archiv. di 
Stato, Mand. Camer., 1426-1430, fol. i3o. Ferretti cessa d'être sénateur le 
9 mars 1430. Olivieri, p. 261. — 4. Pastor, Histoire des Papes ^ I, 3io; Grego- 
Rovius, IV, 2o3. Burckiiardt, La Civilisation, I, 222, donne une date un peu 
antérieure. — 5. Blondi Flavii Forlivicnsis de Roma Triumph. Libridecem, Bàle, 
i53i ; Roma Instaurata (qui fait suite), Liv. I, § 73. Il faut tenir compte de 
ce fait que l'auteur était un humaniste, et parlait par comparaison de ce qu'avait 
été le Capitole au temps de sa splendeur; au §66, à propos de la colline capito- 
line. Blondi citant Virgile la qualifie de * silvestribus horrida dumis.y> Cepen- 
dant N. Mulïels, qui vint à Rome en 1462 pour assister au couronnement de 
l'empereur Frédéric III, parle à peu près dans les mêmes termes du Capitole; 
il dit qu'on y jetait les animaux morts. (N. Muffei.s, Beschreibting der Sladt 
Rom, Tiibingen, 1876, p. 52), —6. Archiv, délia R. Soc, Romanadi Storia Patria, 
IV, fasc. iv, p. 577. 




86 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Il en résulta que les magistrats capitolins, au lieu de siéger au 
Capitule comme les statuts de la ville leur en faisaient, du reste, 
un devoir, tinrent leurs audiences et convoquèrent le peuple soit 
dans le cloître, soit sous le portique de l'église d'Aracœli. Cet 
usage remontait fort loin d'ailleurs, mais n'avait jamais été aussi 
fréquent qu'il le fut au xv siècle. En 1267, lorsque Guido de 
Montefeltro, vicaire du sénateur Henri de Castille, détermina les 
Romains à s'allier aux communes de Pise et de Sienne, et aux 
autres cités gibelines de la Toscane, il convoqua l'assemblée du 
peuple dans l'église d'Aracœli*. Les statuts de i363 prescrivent 
que certaines formalités de justice s'accomplissent en ce lieu; il 
est vrai que le cas est très particulier et qu'il s'agit d'une attes- 
tation plutôt que d'une instruction judiciaire •. L'église était, au 
surplus, considérée alors comme faisant partie du palais et une 
aggravation de peine était infligée à ceux qui s'y livraient à 
quelque excès, de même que s'il s'était agi d'un méfait commis 
dans l'enceinte du palais'. 

Les confirmations des statuts accordées entre 1402 et 1421 por- 
tent toutes la mention : Actum in ecclesia S, Marie de Araceli ou 
Actum in secundo renclaustro Ecclesiœ S. Marie de Araceli ou 
Actum in renclaustro Ecclesiœ S. Marie de Araceli ou Actum in 
loco nostre solite residentie de Araceli ou Actum apud Aramceli ou 
Actum in ambitu secundi reclaustri Araceli^. Une autre série 
d'actes, les ventes de gabelles, donnent des indications plus pré- 
cises encore sur l'emplacement où les magistrats populaires 
avaient coutume de siéger. L'acte de vente de la gabelle du sol- 
danus est datée : Actum Rome ante portam Araceli caput schalis 
dicte ecclesie; la vente de la gabelle du musc est datée : Actum 
Rome in domibus residentie dictorum.... Conservatorum site in 
Araceli ; la gabelle de la vente des draps est datée : Actum Rome 
in domibus residentie dominorum Conservatorum site infra claus- 
trum conventus S, Marie de Aracœli^. 

A partir de 142 1, ces mentions ne se rencontrent plus aussi 
souvent; cependant le 4 septembre 1428, une lettre testimoniale 

I. «... more romano générale et spéciale consilium Comunis Romae f actum 
fuit in Ecclesia S. Marie de Capitolio fer vocem freconum et sonum campane 
de hominibus ipsorum Consiliariorum more solito congregatorum, convocatis 
etiam ad dictum consilium Consulibus Mercatorum et Capitibus artium Urbis 
Romae... » Delgiudice, Cod. diplom. di Carlo I e JI, t. II, çS. — 2. * Mulier 
accusata vel inquisita... aut vadat personaliter ad Eccl. s. Mariae de Araceli ad 
respondendum... » Liv. II, art. 72. — 3. Liv. II, art. m. L'article i5i, qui défend 
de lancer des pierres et des traits contre les verrières des églises, fait une men- 
tion particulière de l'église d'Aracœli. — 4. Stevenson, loc. cit., p. 58, 60, 61, 65, 
66, 71,72,74, 198,211, 22i;Gatti, loc. cit. p. i2f, 122. — S. Archiv. di Stato, 
Reg. Cam. Capit., 1421-1425, fol. 4, i3, 84. 



LE PALAIS SÉNATORIAL. . 87 

remise par les conservateurs au notaire De Cambis porte : Datum 
Rome apud Aramcéli locum nostre résidentiel. 

Ce fut pour mettre finalement un terme à cette pratique abu- 
sive que le pape Martin V, dans la douzième année de son ponti- 
ficat, en 1429, promulgua une bulle défendant désormais aux sé- 
nateurs, conservateurs et autres magistrats de siéger, soit dans 
le cloître, soit dans l'église d'Aracœli*. D'autre part, le prieur 
des caporioni fut tenu de rendre la justice dans le palais du Capi- 
tole par un des articles de la convention conclue entre le pape 
Eugène IV et le peuple', de même que le sénateur était tenu 
par les statuts de la ville d'y résider*. Cependant, il y eut encore 
des infractions à cette interdiction durant tout le siècle*. 

Le pape Nicolas V, qui fit tant pour Rome, s'occupa d'ailleurs 
de rendre le palais du Capitole plus sortable ; des travaux furent 
entrepris en l'année 1451, le jubilé ayant apparemment fourni à 
la Chambre apostolique et à la Chambre urbaine les fonds né- 
cessaires. In nello anno 1461 papa Nicola se deo allô edifitio et 
ad acconciare Roma... etfece acconciare Campituoglio^ dit Infes- 
sura^. L'œuvre du pape fut considérable ; il renforça et sutéleva, 
s'il ne construisit entièrement, la tour qui se trouve du côté de 
l'arc de Septime-Sévère et qui prit son nom ; on y voit ses armes 
tout près du faîte ainsi que celles du pape Innocent VIII et du 
cardinal Cibo son neveu un peu plus bas. Il restaura les deux 
tours dites de Boniface IX, qui flanquaient le côté Est du 
palais; enfin, il suréleva la partie du palais située du côté 
du Forum. L'entrepreneur Pietro de Varese' dirigea les tra- 

I. Cod. Vat., 5994, fol. 72. — 2. P. Casimiro, Memorie, p. 705. —3. E. Rodo- 
CANACHi. Institutions communales de Rome^ p. i53. — 4. Statuts de i363, 
Liv. III, art. i. Plus tard, les conservateurs furent également astreints à la 
résidence. Statuts de i58o, Liv. III, art. iv. — 5. Casimiro cite, p. 707, un acte 
de 1468 qui commence : * Constitutœ diclœ partes... presenti a domini senatoris 
^edentis in quodam lapide marmoreo situm iuxta portam ecclesiœ aracœli versus 
Capitolium »; un autre acte de 1476 porte : « Actum in regione campitelli et in 
reclaustro fratrum minorum ecclesix sanctœ Marias de aracœli ex opposito 
capellx capitularis dictœ ecclesiae »; enfin, un acte de i5o4 : « Constitutus perso- 
naliter coram... magnifici viri... Urtis senatoris illustris sedente pro tribunali 
in quodam sedili marmoreo sito in ecclesia S. Mariœ de Aracœli iuxta ostiiim 
respiciens palatium Capitolii. ». Un acte, daté du 14 avril 1496, est ainsi conçu : 
«c Coram notili et sapienti viro d. Johannis Francisci de Mauchis de Tuderto 
juris utriusque doctori iudice palatino et collaterali Curie Capitolii sedente 
pro tribunali in quodam pilo marmoreo sito apud portam ecclesix Sancte Marie 
de Aracœli respicientem palatium Capitolii. » Archiv. Stor. Capit., Prot.,122, car. 
227. En 1455, un arrêt reconnaissant l'honnêteté d'une fille « pro honestate dicte 
puelle » avait été rendu « in quodam podio lapideo sito ante Ecclesiam Sancte 
Marie Aracoeli », (19 décembre). Archiv. di Stato, Prot. 706, Atti Laurentius di 
Festis,p. 1. Enfin les statuts de i5i9-i523 reproduisent l'article des statuts de 
i363 que l'on a cité (Liv. II, art. 72), — 6. Éd. Tommasini, p. 49. — 7. A m* 




88 LE QAPITOLE ROMAIN. 

vaux* SOUS la surveillance de Nello di Bartolômmeo, délégué par 
le î>ape. Des artistes en renom, tels que le peintre Bartolommeo 
di Tommaso de Foligno, le sculpteur Paolo di Mariatlo de Sezze, 
autrement dit Paolo Romano, travaillèrent à la décoration du 
palais. Bartolommeo peignit la frise de la grand'salle dans 
laquelle le sénateur tenait ses audiences, Paolo di Mariano 
sculpta un encadrement de marbre aux fenêtres du premier étage 
de la façade, à la gauche de la loggia; un escalier de marbre fut 
construit nella volta nova, peut-être du côté de Santa Maria 
Aracœli*. Un marbrier vénitien, Francesco, fit une porte de 
marbre sous l'image de la Madone qui se trouvait dans le vesti- 
bule du palais. Un autre marbrier, Baldassarre, sculpta quatre 
écussons de marbre aux armes du pape et . construisit deux che- 
minées de marbre*. Nicolas V aurait pu dire avec vérité, repre- 
nant la pal-oie d'Auguste, qu'il avait trouvé le Capitole de brique 
et l'avait laissé de marbre. Mais la dépense fut élevée ; durant les 
années 1451 et 1462, les payements se succèdent et dépassent 
sensiblement quatre mille ducats, sans compter la tour qui en 
coûta plus de mille à elle seule. 

Les travaux continuèrent sous les pontificats suivants; Pie II 
fit verser cent quarante florins au charpentier Cencio Jacobi 
Vannucii, citoyen romain, le 16 janvier 1469, et quarante-neuf 
florins à Galasso de Bologne, le 17 juillet, pour des travaux 
exécutés dans la salle des gardes*. Le pape fournissait en 
même temps à ceux-ci deux mille traits d'arbalète. Antonio 
de Pontianis mandata cette même année un payement de 
quatre florins et douze bolognini pour des travaux analogues^. 

Pietro de Varese nipote di m* Beltramo adi detto (3i décembre 1462) due c. 1000 
di oro di caméra... per parte de la tore fa dietro a Champituoglio a lato deve si 
vende il, sale a mintito. — ... Per resto esaldo d'achordo de la tore a fat ta a Chan- 
pitoglio a lato ala porta dove si vende il sale in sut chanto da lato dietro. ..y> 
(9 mars 1453). Muntz, Les Arts à la Cour dâs Papes, I, i5o. Cf. Montagnani, Il 
Mitseo capitolinOy I, 34. Les mots : « Dove si vende il sale:» se trouvent expliqués 
au chapitre Tabularium. — i. Bertolotti, Arlisti Lointardi, I, i5. — 2. * A 
Jacovo de Petrasanta marmoraro per doi porticelle fece nella sala grande di 
Campitiioglio, et per H gradi delta scala di marmo che sono nella volta noVa, et 
certi altri lavori, cou accordo.Duc. 34. » Arch. di Stato, Reg. Cam. Capit.; fol. 83, 
I" janvier 1462. — 3. Muntz, Les Arts à la Cour des Papes, I, i5o. —4. Muntz, 
Jtid., 294-295. — S.Archiv.di Stato, M. Camer., 14601462, fol. 20. En 1461, sous le 
pontificat de Pie II, on détruisit quelques restes des monuments antiques. qu 
se trouvaient encore sur le Capitole : « A m' petro marmoraro con suo garzonc 
sono per opère XX lavorare a catiar travertini a câpitolio...i2o mai). — A ambro- 
sio da Milano a cauar petre a câpitolio... (24 juin). — A Maganello et suoi com- 
pagni a cauâ petre a câpitolio... (décembre). — Silvestro per carrée te xxxvj de 
petra tirata co suoi bufali... da câpitolio. » Lanciani, iStoria degli 8cavi di 
Roma. Rome, 1902, I, 67. D'autres fouilles du même genre eurent lieu en i52o, 
comme il sera dit. 



LE PALAIS DES CONSERVATEURS. 89 

Sous Paul II, les dépenses d'entretien atteignirent 448 florins 
68 bol. payés à Egidio de Toccho et à ses compagnons, et sociis, 
sur l'ordre du pape; le mandat de payement porte qu'il s'agit 
d'arcs de soutènement, de pavements, de portes, de fenêtres, de 
planchers, d'un escalier d'accès en bois, de la réparation du toit*. 
Ce fut donc une réfection importante, mais il ne. paraît pas que 
la forme, l'aspect généi*al du palais ait été sensiblement modifié. 
En 1470, il fut dépensé 32 florins 71 bol. pour l'arrangement de 
la salle des gardes, à ce qu'il semble*. 

Sixte IV fit percer la porte du tabularium dont il sera parlé 
plus loin. C'est à ce pape que l'on doit le commencement des 
musées capitolins, comme il est dit au chapitre qui leur est con- 
sacré. Pendant les années 1489 à 1492, les travaux continuèrent et 
furent assez considérables'. On travailla surtout au Tabularium. 
Quelques travaux sans importance furent accomplis en 1499*. 



PALAIS DES CONSERVATEURS 

La transformation du Capitole suivait les modifications de l'or- 
ganisation municipale. 

Tandis que la magistrature sénatoriale créée jadis pour faire 
pièce aux souverains pontifes, devenait de plus en plus dépen- 
dante du Saint-Siège, et prenait un caractère exclusivement judi- 
ciaire, l'autorité des bannerets, banderesi, puis des conservateurs, 
représentants directs du peuple, croissait rapidement*. 

Ils eurent donc leur palais qui s'élevait déjà, au commencement 
du XV* siècle, à côté du palais sénatorial. Bien, qu'il ne figure 
pas sur les anciennes représentations du Capitole, il existait ce- 
pendant en l'année 1408 et était, à cette époque, la demeure ha- 
bituelle des bannerets, ainsi qu'il ressort du document ci-bas 6. 

I. Archiv. di Stato, M. Camer., 1468-1469, fol. 200. — 2 Itid, i_i7o-i47i, fol. 21. 
• FI. 32 b. 71. Margô Dominico de Florentia fabro lignaminis per eum expensis in 
faciendascertasdomusin palatio Capitolii pro usu stipendiatorum».— 3. Muntz, 
Les Antii^iuités de la ville de Rome, p. i53. — 4. Du 16 janvier. B. 35 cont. a certi 
fachini che portarp. certi preti di porfido ad palazo, corne apare per mandato 
delli conservatori. D O., b. 35. — Id., baj. 20. — Du 21 janvier, Al, baj. 10. — 26 
janvier, Al, baj. 20. Reg. Cam. Capit., 1497-1502, fol. 90 v. —5. Cette substitution 
progressive a été expliquée et étudiée en détail dans les chapitres v[i et viii 
de notre ouvrage sur les Institutions communales de Rome. — ô. • Danderenses 
intraverunt in palatio Apostolico et juraverunt in manibiis card. S. Angeli 
esse fidèles S. Matris Ecclesie, et receperunt banderas constietas tempore anii- 
quo... Quatuor eorum Consiliarii cum baculis in manu iverunt versus Capito- 
liutn^et ibi in Capitolio fuerunt receptidictiBaîtderensiiab omnibus Capitibu s 
Regionum cum banderiis, ut moris est, cum magno gaudio. Item post recep- 



I.E CAP1T<>[-E ROMAIN. 

tlocument, datant de l'année 1410, il est égale- 
résidence des bannerets, mais elle est qualifiée 
levait être, en effet, une très modeste demeure 
explique qu'elle ne figure pas dans le plan de 
; de Heemskerck la montre telle qu'elle était un 

ues travaux de menuiserie ou de charpente en 
vaux de réparation en 1433 *. Mais ce fut le pape 
;n même temps qu'il réparait le palais du séna- 
demeure des conservateurs l'aspect d'un palais: 
Edifico lo palai^o delli Conservalori *. » De fait, 
u'il en fit fut une vraie reconstruction. C'est alors 
que l'on édifia ces arcades 
en plein cintre dont quel- 
ques traces s'aperçoivent en- 
core dans l'intérieur de la 
cour du palais ' et qui figu- 
rent sur les plans de Heems- 
keTck et de Kock. 
En 1473, une citerne fut 
midm"^yit. ajoutée au palais des con- 
servateurs, elle coûta vingt- 
uilleti 1. Le 21 juillet autre payement de trente 
€ in perfeclione fabricae reparationis cislernae 
iidenliae •. 

donné aux conservateurs la tête colossale d'un 
trouvait au Latran, ceux-ci, fort embarrassés de 
mplacement convenable, la firent déposer entre 
:s qui formaient le péristyle de leur palais; elle 



orum palaUum, iikl primo eonim lesUentld uletiliir et 
ïjm. . Ml BATORi, R. Ilalic. Script.. XXIV, qB^. Diarium 
r p. roô. — 2. MiisTZ, Les Arts à I3 Cour des Papes, I, 16. 
Jello {an Jello) ArcMpretc cirpentario de rtgione TrivU 
imera pro eerlis laborerils per eum Jadis in iomo magnU 
conserralorum dicte Urbts. • (3i décembre 1429.) Cf. Mox- 
aptloUao, I, 33. Dant; un auirc document clli par Milntz, 

le titre de Magiiltr Patata Capilolli- — 3. IHJ.. p. 5o. 
tominorum Conservatonim aime Urtis solvatis... pro hedi- 
Hone domorum resldeuUeipsorutn Conservalùram fkir. au. 
. TouMiksi.ti, p. 49, ligne 26. — S. Voirp. 191. fi(r.5o, — 

UrWï conservaloribus. jl. aari de caméra XXV exponen. 
mseryalores ia fatricamcltemapatalUeorum resIdenUx.t 
: cllerne rut l'objet de nombreuses râparatlonn et disparut 
: la transformation de ta cour inlËrieun: et de l'adduction 
ic du grand palais. Une inscription y avait éti placée. 



92 LE CAPITOLE ROMAIN. 

s'y trouvait encore en i565 ainsi que le montre le plan de Lafreri 
dressé à cette époque. Cette tête cojossale se voit d'ailleurs sur 
les plans antérieurs de Heemskerck et Kock *. On pensait alors 
que c'était la tête de Néron ou de Commode. Depuis on l'a attri- 
buée à Domitien. Helbig- est d'avis que c'est celle de Néron 
jeune *. Elle provenait du temple de la Paix construit par Ves- 
pasien, brûlé au temps de Commode'. Elle orne maintenant la 
cour du palais avec la main de, l'empereur qui fut donnée en 
même temps. Le pape Sixte IV offrit aussi aux conservateurs la 
Louve de bronze qui devint par la suite la pièce la plus vénérée 
des collections capitolines, autant à cause des souvenirs qu'elle 
représentait que de sa perfection. Elle fut placée d'abord au- 
dessus de la porte d'entrée. Le pape fît la dépense de l'instal- 
lation *. 



REPRESENTATIONS DU CAPITOLE AU XIV 

ET AU XV SIÈCLE 

La représentation du Capitole contenue dans le Cod. Vat. i960 
et dont il a été parlé précédemment est la seule qui existe pour 

1. Toutes les représentations du palais des conservateurs la montrent en 
ce lieu; une inscription mentionnée par De Rossi, Insc. Christ., i, 396, et 
publiée dans C /. L-, VI, n* 1275, confirme cette indication; elle porte : In 
angiilo farietis aediilm conservatorum in exteriori porticu contra occiput capi- 
tis colossi «net. Cf. De Reumont, Geschichte der Stadt Rom., III*, 397; Burck- 
HARDT, Le Cicérone, Art antique, p. 60 G. ; Manuzio cité par Michaelis, La Colle- 
zione Capitolina, p. 14. — 3. Helbig, i, 538. Il s'agit peut-être d'un fragment de 
la gigantesque statue de Domitien, célébrée par Stace, S«7ve, I : 

Equus Max. Domitia. 
Vœ super imposito moles gemmata colosso 
Stat latium complexa forum : cœlone peractum 
Fltixit optis : siculis an confirmata caminis 
Effigies, lassum Steropem Brontemque relijuit? 

— 3. Cf. J. BuRCKHARDT, Lc Ciccroue, trad. franc., I, i52; Moxtagnani, II, 128. 
Les deux pieds et le bras qui sont dans la cour du musée avec le buste ont 
même provenance. —4. * Solvi faciatis... Conservatoribus FI. C. exponendos 
infabrica loci in qtio statuenda est apud eorum palatium luppa enea guœ hac- 
tenus erat apud s. Joh. Lateranensem, et in certis aliis ornamentis predicti 
eorum palatii juxta ordinationem SS»'" D. N. pape. » Mandat en date du 
i3 novembre 1471. Archiv. di Stato, Mand. Camer., an. i47i-f473, fol. 5i. Cette 
louve est d'un travail archaïque et semble remonter au V siècle avant notre ère. 
Peut-être que pour faire de la Louve la Mère des Romains, on y ajouta, vers 
cette époque, les deux jumeaux qui figurent encore dans le groupe. C'est 
l'opinion de Burckhardt, Le Cicérone, I, i63, et de Janitschek, Repertor. fur 
Kunstu'issenschaft, V, 263, n' 12. F. Bonfigli, Roma veduta in otto giorniy 



REPRÉSENTATION DC CAPITOLE- 9Î 

le XIII' siècle; pour tes époques suivantes, on en possède plu- 
sieurs. La première est celle qui figure sur le sceau de Louis de 



délia Porta. Cependant les 

1 Louve avec les Jumeaui « 
luire, le icite de Cïcéron. cité 
Jtait les Jumeaux. Les deux 



Rome. i854, p. 4]. attribue les jumeaux à Gii 

médaillCB antiques représentent le plus sciuvi 

tournant la tétc comme pour les contempler. 

plus loin, montre que la Louve du Capitule 

médailles reproduites ci-contre sont, l'une 

fort ancienne, car elle fut frappée au temps 

oii les Romains s'élabliretit en Campanie. 

l'autre relativement moderne, car elle date 

do la fin de l'empire. Sur toutes deux figU' 

rent Romulus et Rémus. L'encolure de la 

Louve est courbée pour épouser la forme 

de la médaille e( pour éviter la ligne droite 

que présente le bronze et qui est, en eftel. 

un peu dure. Parfois la Louve est seule. 

dans une attitude menaçante, par exemple 

sur les deniers de Publius Latrienus (Hel- 

BIG, 61a Cf. Babelos, Monnaies dt la Répu- 
blique romMne. Paris, i885). D'aucuns pen- 
sent que la Louve du Capitolc est la même 

qui s'y trouvait dans l'antiquité et qui fut 

frappée de la foudre l'an 65 avant notre 

ère. au moment de la conjuration de Catï- 

lina, ce dont Cicéron tira grand profil. 

• Complvres fn CapiloUo res de ctelo esse 

fercussas.... Taclus est tliam Ulequthanc 
Urbem condUil, Romulas quem inanratum 

in Cafltotto farrum alque lacldniem ubtri- 

fus lupinis inhtanlem fuisse meminislis. ■ 

CicÊRON, Calilinairt, VH, cap. v:ii. Cf. Dion 

CassiVe, liv. xxxvEi, cap. iS. Salluste, Ch- 

litina, xjix.Cf- NiBnt, LSi. et MoNTA(iNA.-ji, 

p. i36, qui assure que la Louve fut frappée 

de la foudre a la mort de César, d'après 

Tite-Livel La jambe droite de derrière de la 

Louve capitoline porte, en effet, des trace» 

évidentes de feu, mais comme elle a été 

robjel de nombreuses réparations, et que "^"""' 

certaines parties ont élé soudées a une très 

haute température, ainsi que le montre la nature di 

tracos soient simplement le résultat d'une de ces rcloucncs, en sorte 

bien difficile de décider si Nibby et De Brosses ont eu raison de 

sur cette singulière rencontre qui a ramené en son premier lieu le vieux 

symbole de la patrie romaine. Vers le x* siècle, la Louve se trouvait au 

Lalran. devant le siège des • indices palaltM >. Un dessin que Tommasini a 

reproduit dans son édition de InfcssurA, pi. 111, et qui est du milieu du 

lï* siècle, représente une scène de torture qui se passa devant la Louv 

en 143B. ■ Cesser Nicola }o appeso nelT ormo JelU plagia di Sinlo Joannl. ; 

Cupocclola et Garofato U foro moite le nuno ritte. et pol joro arsi nelU dill-i 

piatii, e le dille mani JuTO cMayeltate accanlo alla lopa de métallo, in quetto 

muro. corne délie predUte cose si vede la memoria penta corne s'entra ta ecclesia 

de Sanio Jannt ad mano rllta su ai alto. • Infessur.i. éd. Tommasini, p, 3a 

Cf. Paolo dello .Mastro, Diar. : ■ Et le U degano esscr Uglljte ta mano rltla 



Fig, r7. — La Louve 



le antique. 



ic peut que c 



94 



LE CAPITOLE ROMAIN. 



Bavière* et date de l'année i328. Le palais sénatorial est flanqué 
de deux tours et l'on y voit l'escalier sur lequel les magistrats 
se tenaient quand ils assemblaient le peuple et qui servait de 
lieu d'exécution; la représentation étant très sommaire, le lion 
qui servait d'instrument de supplice n'y fig-ure pas. 

Dans le Dittainondo de Fazio degli Uberti que possède la Bi- 
bliothèque Nationale sous la cote, fonds italien 8i, et qui fut écrit 
en 1447 par Andréa Morena de Lodi, le Capitole n'est pas indi- 
qué *. Au contraire dans la vue de Rome peinte par Taddeo dî 
Bartolo sur l'une des parois de la chapelle du palais communal 
de Sienne, le Capitole se voit nettement avec ses deux tours et 

l'escalier; seulement le peintre, 
voulant montrer l'arcade qui se 
trouvait dessous, a, par une gau- 
cherie de perspective, représenté 
cet escalier accolé à la façade. Le 
gibet, sans doute très élevé, qui 
avait été construit sur le mont 
Caprino, semble dominer le pa- 
lais '. La vue de Rome que con- 
tient le livre d'Heures du duc 
de Berry, que possède le musée 
Condé, est pour ainsi dire une 
réplique de ce plan, du moins en ce qui concerne le palais du 
Capitole *. 

Le peintre Taddeo, né en i363, mourut en 1422; mais la repré- 
sentation de Rome qu'il peignit à Sienne en donne l'aspect à une 
date fort antérieure, car il aurait travaillé, à ce que pense Ste- 
venson, suc des données remontant au moips au siècle précédent. 
Dans la Cosmographia di Tolomeo (de Ptolémée), dont il existe 
un exemplaire à la Bibliothèque Nationale, fonds latin 4802, et 
un autre exemplaire à Rome, au Vatican, Cod. Urbinate 277, 
qui tous deux semblent avoir été écrits en 1472, se trouve une 



'^•'ÊJfiji^^ 



Fig. 18. — Fragment du plan de 
Rome de Redi contenu dans le 
Cod. Laur. Red. 77. 



e chiavellarle in quello muro dove s ta in tnezo la lopa. » Cf. Paolo Petroni qui 
parle, à cette occasion, de la « torre appresso alV olmo di sopra ad tina lopa di 
métallo che sta nella detta torre. » Voir p. 194 et suiv. ; Rohault de Fleury, Le 
Latran au moyen âge, p. 493,496, 498; E. Mvutz, Revue archéologique, 1876, 
p. 261 ; Stevenson, Scoperte di antichi edifizi al Laterano, Rome, 1877, p. 48. — 
I. Voir p. 72, note 4. — 2. Gio. Batta de Rossi, Fiante iconografiche di Roma, 
1879. — 3. Ce plan a été plus particulièrement étudié par E. Stevenson, dans 
le Bullettino délia Comm. Archeologica Com. di Roma, 1881, p. 74. Il avait été 
signalé en i856 par Didron, dans les Annales archéologiques, p. 1, Monogra- 
phie de la chapelle du palais de la République de Sienne. — 4. Muntz a traité 
de cette représentation de Rome dans les Antiquités de la Ville de Rome^ 1886, 
p. 6 et suiv. 



REPRÉSENTATION DU CAPITOLE. 95 

vue panoramique de Rome'. Le Capitule est représenté avec 
l'église S. Maria Aracœli à côté : il est flanqué des deux tours 
et le fribet se dresse derrière; devant l'église se voit l'escalier 
construit en 1348; ce qui donnerait à croire que cette représen- 
tation du Capitole est antérieure à l'époque où fut rédigé le 







manuscrit et qu'elle est peut-être la copie d'un document pl«s 
ancien, c'est que la demeure des conservateurs qui existait déjà 
comme il a été dit, n'y est pas figurée. La vue panoramique 
peinte par Benozzo Gozzoli dans une fresque de l'église Saint- 
Augustin à San GemigTiano, date sûrement de 1465*, Le Capi- 

[. De R0S81, ItiJ. — î. Cette fresque rcprùsenle saint Augustin quiltanl 
Rome. Mii.iTZ a traité de cette représentation de Rome dans le Bullelln de la 
SocléUdes Antiquaires Je France, 1680, et dans les Antiquités de la ville de 



96 LE CAPITOLE ROMAIN. 

tole y apparaît tel que l'avaient fait les travaux accomplis par 
les papes du xv siècle ; un campanile d'une hauteur exag^érée le 
domine; de part et d'autre on voit les tours reconstruites par 
Nicolas V. 

Le plan de Redi, qui se trouve à Florence dans la Bibliothèque 
Laurentiana, et qui a pour auteur Alessandro Strozzi, n'est pos- 
térieur que de quelques années; il fut dessiné en 1474 et montre 
le Capitole avec ses deux tours crénelées, son porche cintré, ses 
rares fenêtres, véritable forteresse, capable de servir de point 
d'appui au peuple contre l'autorité pontificale. Enfin la grande 
vue de Rome peinte sur toile qui se trouve actuellement au 
musée de Mantoue ne donne qu'une vue symbolique des palais 
capitolins; le palais des conservateurs y est figuré, mais celui 
du sénateur est divisé en deux parties, une grosse tour et des 
bâtiments annexes très bas, et certes il n'eut jamais cet aspect. 
Ce plan, qui a une grande parenté avec celui que contient la 
chronique imprimée à Nurenberg en 1493, dont Schedel écrivit 
le texte et dont Michel Wolgemut et Pleydenwulff dessinèrent les 
gravures, date probablement de l'année 1490, ainsi que l'ont 
établi de Rossi et Mûntz. 

Puis viennent les représentations de Marten van Heemskerck 
et de Hieronymus Coclî ou Kocii faites au xvr siècle et dont il 
sera parlé plus tard. 



• LE TABULARIUM 

Dès le milieu du moyen âge, le Tabularium servait de dépôt 
à sel, usage auquel les parties basses de cette construction 
avaient peut-être été affectées dans l'antiquité*. 

Il se peut que ce soit là que le tribun Cola di Rienzo ait fait 
enfermer le sel quand il en attribua la vente exclusive à la com- 
mune de Rome*. Ce qui est certain, c'est qu'au commencement 
du xv° siècle, il ser\^ait régulièrement de dépôt à sel ; cela res- 
sort du texte de la convention conclue, le 27 octobre 1404, entre 
le souverain pontife et les Romains, dans laquelle il est fait 
abandon à ceux-ci de tout le sel qui s'y trouvait, à la réser\'e de 

I. Gregorovius, III, 400, note 9. En i36o, Innocent VI fit don du Tabularium 
aux chanoines de l'église SS. Sergio e Bacco, voisine du Capitole, et depuis 
détruite. « Quoddam casalenum quod dicitur Cameliana {Cancellaria, voir sur 
cette dénomination ce qui est dit ci-après) ipsius ecclesie positum rétro dictant 
ecclesiam cui ab uno latere est palatium Capitolii... ab alio est. via publica que 
dicitur Faba Tosta. » Lanciani, Storia degli Scavi^ p. 39. Cf. Jordan, Topogr., 
II, 458. Cf. p. 22. — 2. Vita de Cola de Riemi, cap. VI. 



LE TABULARIUM. 97 

mille rubbia, appartenant au Saint-Siège*. Au surplus, Le 
Pogge, qui écrivait au temps de Martin V, qualifie le Tabula- 
rium : c Publici nunc salis receptaculum *. » Le niveau du sol 
s'élevait du côté du Forum, jusqu'à la hauteur des fenêtres du 
premier étage, ainsi qu'on le voit dans la reproduction de Sad- 
1er. On agrandit l'une de ses ouvertures pour en faire la porte 
qui existe encore, mais qui se trouve actuellement bien au-dessus 
du sol par suite des déblaiements qui ont eu lieu. 

Le pape Nicolas V ordonna certains travaux de réparation et 
d'appropriation qui furent exécutés par le maître maçon Giacomo 
da Pietra Santa ; ce fut lui qui sculpta les armes du pape encas- 
trées dans la muraille latérale du monument, du côté de S. JVl^ria 
Aracœli. Pietro di Giovanni da Varese y travailla également ; il 
avait construit, comme on l'a dit, la tour de soutien, placte 
contre le Tabularium, près de l'arc de Septime-Sévère et qui 
porte le nom de tour de Nicolas V '. Ce sont ces travaux qui ont 
donné occasion à quelques écrivains, et entre autres à Guattani*, 
de dire que ce pape avait défiguré le Capitole pour y établir un 
grenier à sel. 

Cette partie du palais capitolin fut l'objet de continuelles res- 
taurations nécessitées sans doute par l'action corrosive du sel 
dont on voit aujourd'hui encore les traces sur les parois des 
salles inférieures * et aussi par la plus grande importance qu'il 
fallait donner à ce dépôt, à mesure que la ville se développait; 
or ce développement fut particulièrement rapide dans le cours 
du xV siècle. En 1466, Paul II confia de petits travaux à Ascenzo 
et à Giovanni da Mantova, maçons, et en 1468, un certain Firmo 
da Caravaggio fut également employé ®. Sixte IV fit aussi accom- 
plir des réparations dans le Tabularium par Lorenzo da Pietra 
Santa dont on retrouve si souvent le nom dans les mandats de 



I. Theiner, Codex diplom. S. SediSy III, 134. — 2. De Varieiate Fortunx, 
p. 8. — 3. A Jacovo di Cristoforo da Pietrasanta per tina porta di marmo per 
esso lavorata e per le arme che son poste nella salara. Duc. XIV, toi. 16 (i" jan- 
vier 1452). (Reg. Cam. Capitolina, fol. 82.) A Maestro Pietro di Giovanni da 
Varese nipote di Maestro Deltramo, Duc. C per parte dei lavori che a fatti alla 
Salara di Campidoglio (mars i453) {Archivio di S/j/o, Spese di Palazzo, fol. 93). 
-^ 4. Roma descritta ed illustratay Rome, i8o5, I, 100. —5. Au xvii' siècle, il 
fallut, comme on verra, reprendre en sous-œuvre toute cette partie du Tabu- 
larium. — 6. FI. XXX magistro Johanni de Mantua et sotiis pro parte solu- 
tionis eorum mercedis ratione fabrice quam faciunt in voltis seu architectis 
in Dohana salis ad grossum in palatio Capitolii{6 septembre 1466). Flor. L 
tnagro Firmo de Caravagio muratori pro parte solutionis certe fabrice quam 
ipse ex ordinatione Camere facit in fadendo certa architecta in Salaria 
Capitolii (5 décembre 1468) (Mand. Camerali, 1464-1473, fol. 3i; 1466-1468, 
fol. 60). 

7 



9» LE CAPITOLE ROMAIN. 

payements de cette époque; le pape Innocent VIII continua ces 
réparations *. 

Ce fut sous le pontificat du pape. Sixte IV, en 1477, que fut 
achevée la porte, formée de blocs de travertin, qui donna dès 
lors accès au g-renier à sel et qui s*ouvre, actuellement, au- 
dessus du sol, dans la ruelle longeant le Capitole du côté oriental 
( Via deir Arco di Settimo Severo) *. Cette porte à plein cintre, 
surmontée d'une architrave droite, a reçu le nom du pape 
Sixte IV, dont les armes, le chêne des Délia Rovere, se voit au- 
dessus, au milieu ; celles du peuple romain sont à gauche, celles 
du cardinal d'Estouteville, camerlingue, sont à droite. Au-des- 
sous, dans la frise de la porte, se trouvent trois écussons de plus 
petite dimension; ceux des extrémités, représentant un porc, 
appartiennent à la célèbre famille de Porcari, dont un membre, 
Bernardo Porcio di Trejo, était caporione vers l'époque où fut 
construite la porte'; quant à l'écusson du milieu, l'attribution 
en est difficile; il semble que les armes qui y sont figurées sont 
celles de Lorenzo Roverella, évêque de Ferrare, car il existait 
des armes semblables sur son tombeau*. 

Plus haut, au-dessus des armes de Sixte IV, sont représen- 
tées, superposées, les armes du cardinal Cibo et celles du pape 
Innocent VIII. 



I. Flor. centum de Caméra Laurentio de Petra Sancta exponendos per ipsum 
in fabrica Salarias Apostolicse in Capitolio (avril 1477). P'^or. L de Caméra 
Magistro Laurentio de Petra Sancta pro fabrica salariœ Capitolii de quibus 
debebit reddere computum (juin 1477). Flor. XIV Magro Basso de Florentia 
lapicida pro factura qiiinque lapidum cum armis Ssmi D. N. et Commissarii 
ponendorum super Salariam Capitolii. Item solvatis Duc. II pro ponendis in 
loco debito et ordinato huiusmodi lapidibus Alfonzo de Anania notario dicti 
Salis qui habebat curam faciendi poni dictos lapides in dictis locis ordinatis et 
de illis satis facial muratori qui dictos lapides ponat (19 août 1489) {Archiv. 
Seg. Val., Int. et exitus, vol. 1476-1477, fol. 176 et 238; vol. 1489-1492, fol. 67). — 
2. On explique son élévation de la façon suivante ; par suite de la tenue d'un 
marché sur la place du Capitole durant plusieurs siècles, Vlntermontium s'était 
sensiblement exhaussé ainsi que les pentes tournées vers le Forum. Lors des 
travaux de reconstruction conseillés par Michel-Ange, le sol fut déblayé, la 
masse des immondices jetée dans le Forum, et le niveau ancien reparut, bien 
inférieur au sol factice. Voir Huelsen, p. 9, i3, et Otto Richter, Topographie 
der Stadt Rom^ p. 98. — 3. Infessura, éd. Tommasini, p. 83. — 4. On trouve la 
reproduction de ces armes dans Litta, Famiglie celebri. Appendice à la généa- 
logie de cette famille. Celles gravées sur le tombeau ont été détruites. Il se 
peut que cet évêque ait été gouverneur du Capitole. A la mort de Sixte IV 
(1484), l'évêque de Ceuta, Fustus Baldinus, fut désigné pour remplir ce poste 
(Burchard, I, 10). Lorenzo Roverella avait été nommé gouverneur de Pérouse 
par Sixte IV en 1474 (Moroni, XXIV, 179). Le pape le chargea peut-être de la 
^arde du Capitole en 1478, à la mort du sénateur Cesi. On remarquera, en 
effet, que, tandis que les armes du prieur des Caporioni figurent sur le linteau 
de la porte, celles du sénateur manquent. 



LE TABULARITM. 



Le soin que prirent les principaux personnages du temps de 
commémorer ainsi leur nom près de cette porte montre qu'elle 



Fit'. îo, — Porte de Sixte IV. 

devait èire très fréquentée et qu'on attacha une grande impor- 
tance à sa construction. 

En 1477, on pratiqua certains travaux d'entretien dans le 
Salara qui coûtèrent cent cinquante florins '. Innocent VIII y fit 

I. De Mandalo—p. cenlum de Caméra Laurenlto Je Peh asancla exponenJos 
fer ipiuminfabricasiLinaapostoHcx In CapUolio [21 avril 1477). Demandato... 
ftor. quinquaginla de Caméra magisiro Laurenlio de Pelratancla fro fatrlca 
salaria <7 juin 1477). (Mïntz, Les ArIS à la Cour des Pdpes.U, 169). Muffel parle 
de ce dépût. p. 5:. 



«oo LE CAPITULE ROMAIN. 

placer ses armes de même que sur la tour de Nicolas V, ce qui 
donna à croire que les travaux accomplis auparavant l'avaient 
été sous son pontificat et par son ordre (1489) '. 11 y eut quelques 
travaux de restauration à cette date dont le coût s'éleva à qua- 
rante florins'. 

Le Tabularium continua à servir de grenier à sel jusqu'en 
i623, alors qu'Urbain VllI en créa un nouveau près de l'arc de 
Lentulua»; l'action du sel menaçait, en effet, de ronger complè- 
tement les murailles de l'édifice, ce qui eût entraîné la ruine du 
palais tout entier*. Une rue dans le voisinage a g^ardé le nom de 
Via Salara Vecchia. 

Quelques textes donnent le prix du sel acheté par le grenier'. 

Les fedeli du Capitole ax'aient la garde du sel et étaient chargés 
de contrôler les quantités apportées et extraites*. Cet office fut 
également rempli par les moines du couvent d'Aracœli; le 
gardien recevait en rémunération une tunique de drap ^ris de 
six florins', 

1. Magistro Basso lapidis Isk.) de Florentin fl. 14 de K. X. pro factura quin- 

que laptdurtt cum armts S*"' D. N- et Commissarii ponmdorvm supra salarlam 

CapUolil (19 août 1489). (MiJNTi, Les Arts à la Cour des Papes, Innocent VIII..., 

Paris, 1^, p. 5r, note). — i. Alfonso Salviati de Ananta hatllalori Vrbis 

florenos ijuadragtnla de K. X, pro fioreno pro opère per evm facto in salaro 

CapUoUi dicte ÛrMs (17 mars 1489). Fl. XL Al/onso Salvati de AnanU pro 

opère per eum facto in salaro Capilolii vrtis (îî juin 1489). Alfonso Sal- 

viati de Ananla habitatori Vrbis florenos nonaginta ocio de K. X. pro fioreno 

et b. i5 pro opère per eum fado ia salaro Capilolii diteurtis. [Même date). 

Magistro Basso lapicide de Florentia florenos qiiatuordecim de K. X. pro 

fioreno pro factura quiHque lapidum... (Voir plus haut). Item salralis ducalos 

duos similes pro ponendis in loce débita et ordinato htiiusmodi lapidibus A Ifonso 

de Anauii notario dicti salis qui hateat curam faciendi poni diclos lapifes 

in diclis locis orJinatis el de ilUs salisfaclat muratori qui dictos lapides ponat 

rioaoùt 1489) (Mand, Camer., 1489-1492, dlés par Muntz, Les AntiquUèsde la 

lome, p. i53). — 3. Arcus Lentuii et Crispini; il est situi au nord de la 

■igemina entre l'Avenlin et le Tibre (Homo, Lexique de Topographie). 

Jis ofUcinam adiacentem qua supeme rainaia in posterum triiis- 

mgias transferri curaril. (Forcelli», Iscr., 1, n. 116.) — S. Entre 

Solvatis Maximo de Maximis de Urbe Flor. an. de Cam. CCCLXXl et 

II pro ralore LVII modiortim salisetunius sexti mensure e Plumbini 

iM ab ipso Maximo ad ralionem VI ducal, cum dlmldio pro quoUbel 

Quod salis fuit posllus in Capitolio in salarie grosse ni apparet manu 

Mltodimars 146U) (.Mand. Camer., an. 1460,^1.7). — 6. SoM faeiatls 

de Musciatiis et Raynatdo BartHolomei de Viturchiano Fidelibus Cou- 

■um Vrbi. recipientes pro se et omnibus alOs Fidelibus diclorum conser- 

■ ad descripHonem el adnolatlonem salis quod exil el exitur de salariis 

tnis salis ad grossum Urbis, Fl.au. de Cam. VI et b. XLII pro eorum 

lario et tnercede usque et per lotum mensem decembrem proximi preterili 

dicte descrttionis el adnolationis (3i Janvier 14É6) (Mand. Camer., an. 

1, fol. i5o). — 7. Solyi facialis guardiano et fralribus de Aracœli Flor. 

am. VI ad emeadum pannum grisium pro una tunica el lunicella eluS 

ju< islo anno tenutt el lenet dates Salarie Cam. Apos. secundum quod 



LE TABULARIUM. JÛI 

Le sel était transporté par des mules du port appelé Marmo- 

ru/a jusqu'au Capitule'. 
Le Tabularium porta au moyen Sge le nom de Camellaria, 

par suite d'une'singulière erreur qui fit lire [aux copistes une m 



. .. . Fig. 21. — Porte du Tabularium. 

au lieu de ne. (Camellaria pour Cancellaria qui rappelait son 
antique destination). 

siiferlorUius aniits ficrt consiieyll (i5 décembre 3471) (Mand. Cam., an. n-a- 
1471, fol. 71)- — 1- Flor- au. de Caméra C provUo Yiro Jacoto Renia Statu de 
Crte per cum exponeitdos in eoKKdo XXV aitnos oporlunos ad port^indiim 
salcm de porta Starmorale ad dohanam CapitolU Vrtis {10 septembre ijfti) 
(Manil- Cam,, an, 1466- 14Û8, fol. 37). Le 7 seplembre précédent, il avait été payé 
cent florins à Antonio Galassi et à Nardo di Bartolommeo pour le transport du 
sel i,Itid., fol- 35). Ce fut sans doute alors qu'on pensa qu'il serait plus écono- 
mique pour le trésor d'acheter des biles de somme pour faire transporter le 
sel. Le port appelé -WjrmoTj/j était une partie de \a. Ripa grande; on lui don- 
nait ce nom parce que Jadis c'était 1& que l'on débarquait les marbres qu) 
entraient dans la construction des édifices et arrivaient de l'Orient ou de 



a 



102 LE CAPITULE ROMAIN. 

Cette erreur se prolong^ea long-temps. Le mot camellaria se 
trouve déjà dans la bulle d'Anaclet et, dans un acte datant de la 
fin du XV siècle, il est parlé de quidam hortus qui vocatur 
Camellaria^, car Tespèce d'enclos qui existait au pied du Tabu- 
larium avait aussi reçu ce nom *. 



PRISONS DU CAPITOLE 

Il existait ^leiït-être des prisons au Capitole dès le xiii* siècle, 
oiais elles n'étaient, en ce cas, rien moins que sûres. Lorsque 
Henri, fils de Ferdinand roi de Castille, ayant usurpé en 1267 la 
dig-nité sénatoriale, fit arrêter Napoleone et Matteo Rosso Orsini, 
Ang:elo Malabranca, Giovanni Savelli et d'autres nobles/' sous 
prétexte qu'ils avaient conspiré contre lui, il n'osa pas les garder 
au Capitole et s'empressa de les envoyer dans le château fort de 
Monticelli'. 

Il est certain, en revanche, qu'au temps où furent promulg-ués 
les premiers statuts de Rome, c'est-à-dire dans la seconde moitié^ 
du XIV* siècle, le Capitole possédait une g-eôle située dans cette 
partie du Tabularium qui donne sur la Via del Campidoglio, 
près de la g*rande porte carrée dont il a été parlé, à proximité 
par conséquent du mont Caprino où l'on exécutait les criminels*. 

Cette geôle relevait, non du sénateur dont on avait diminué 
les pouvoirs, mais du peuple, représenté par les trois conser- 
vateurs'*. Les gardiens nommés par eux et qui devaient être 
exclusivement des citoyens romains, touchaient des prisonniers 
un droit d'entrée ûxé à quatre deniers par mois s'ils étaient 
Romains, et à six deniers, s'ils étaient étrangers. Mais il leur 
était défendu de rien réclamer à la sortie. Leurs fonctions ne 
duraient que six mois et ils étaient tenus de déposer une caution 

I. R. Lanciani, BuUeitino delta Com. Archeol. Comunale di Roma, 1901, 
p. 25o. — 2. Le champ existait depuis longtemps; la bulle d'Anaclet le men- 
tionne : « ...usque in hortutn qui est stib Camellaria.... • — 3. Litta, Fam. 
Savelli, t. II, et E. Martene, Thés. Nov. Anecdoct., II, 543. Cependant le séna- 
teur Carushomo y avait été enfermé longtemps en 1194. Gregorovius, II, 606, 
note 66. — 4. Cancellieri, Le due campanc, p. 19. — 5. Liv. III, art. cvi. « Sta- 
tuimus et ordinamus quod custodia cancellarie palatii Capitolii in qua detinentur 
et detineri debent captivi nullatenus ad dominum senatorem fertiûet nec de ejus 
custodia et custodibus se modo aliquo intromictat. Sed custodia et pr'ovisio eus- 
todie et deputatio custodum ipsius cancellarii totaliter spectet... et pertineat ad 
dominos conservatores camere Urbis présentes et futuros. » Il est parlé de ces 
prisons qui se trouvaient à l'étage inférieur du palais, dans la Vita de Cola de 
Rienziy Bracciano, 1624, p. 262. Le tribun se suspend à des draps pour y des- 
cendre de là salle sénatoriale où il se trouvait et s'enfuir. 



MONT TARPÉIEN. 4o3 

de mille florins, collectivement sans doute, car la somme est 
élevée. Si un prisonnier s'enfuyait, ils devaient le ramener à 
leurs frais. Ils n'avaient pas le droit de mettre aux fers à moins 
qu'il ne s'agît d'un voleur de grands chemins, d'un homicide, 
d'un faussaire ou de tout autre malfaiteur dont le crime entraînait 
la peine de mort*. Les statuts stipulent que les femmes seront 
détenues à part des hommes*. Toutefois leurs geôliers devaient 
être des hommes'. Cette prescription ne fut réalisée que plus 
tard ♦, et l'on continua à interner les femmes prisonnières pour 
dettes ou même condamnées à mort, dans les monastères de la 
ville. Lorsque le pape Innocent VII ordonne au sénateur 
Giovanni Francesco de Panciatici, par le bref du i5 mars 1406, 
de délivrer un certain nombre de prisonniers retenus pour dettes 
et pour d'autres délits, il a soin de rappeler que les femmes se 
trouvent enfermées dans des couvents s. 



MONT TARPÉIEN OU MONTE CAPRINO 

Il ne subsistait rien au moyen âge de ce qui avait fait la splen- 
deur du mont Tarpéien dans l'antiquité. Çà et là seulement 
gisaient quelques fûts de colonnes, des pans de murs abattus, 
des vestiges de soubassements*», tandis que l'autre extrémité du 
mont capitolin devenait le centre de la vie municipale, et qu'une 
église, S. Maria Aracœli, s'y élevait^ Au surplus, cette portion 
de la colline fut bientôt choisie comme lieu des exécutions. Dans 
une chronique du xiir siècle qui rapporte la légende du pape 
Filagato (996), il est dit : « ... idcirco usque adhuc nullus papd 
ventre vtilt in montent tarpeium ad arcem Urbis Romae scilicet 
in Capitolium ubi iste Johannes tormenta sustinuit, Ibi itaque 
semper ferebantur sententix mortis contra sceleratos et contra 
adversarios Romanorum^. » 

I. Même article que ci-dessus. — 2. Et pro mulieribus fiât lociis separatus in 
Capitolio de cancellaria prefata in qua dicte mulieres detineanttir de fructtt et 
pecunia camere (Liv. II, art. lxxii). — 3. Itid. — 4. Voir p. 160, note 2. Cepen- 
dant il y eut des exceptions ; voir p. i56. — 5. Theiner, Cod. LHplom. S. Sedis, 
III, i5o. Il s'agissait principalement de dettes contractées envers le fisc pon- 
tifical. — 6. Le PoGGio, qui vint à Rome sous le pontificat de Boniface IX (iSSg- 
1404), parle ainsi du mont Tarpéien dans son ouvrage De Fortunée Varietate Urbis 
RomXy p. i3i : « Cum... Capitolium collem condiscendissemus... consedimus iti 
ipsis Tarpee arcis ruinis, pone ingens porte cujusdam marmoreum limen, plu- 
rimasque passim confractas columnas, unde magna ex parte prospectus Urbis 
patet. » — 7. Plusieurs églises furent bâties aux abords de la colline tarpéienne, 
mais aucune sur le sommet. — 8. Sur la légende de Filagato, voir l'article de 



io4 LE CAPITOLE ROMAIN. 

On donnait à cet emplacement le nom de platea ou spianata, 
traduction du mot area, area capitolina (par opposition à arx)^ 
qui le désig-nait autrefois. C'est pourquoi le lieu des supplices 
est souvent qualifié ainsi; Fra Montreale, condamné à mort par 
Rienzo, fut conduit ^ a lo piano » pour y être exécuté ; il eut la 
tête tranchée auprès des restes d'une tour*. 

La place où devaient se faire les exécutions se trouve précisée 
par un acte curieux. En i385, Giordanello deg-li Ilperini ou 
Alberini, grentilhomme du quartier Monti, fut jeté dans les 
prisons du Capitole»; il craignait « la fureur des seigneurs ban- 
nerets », « furor presenfium dominorum banderentium », et, 
pour ne pas mourir sans testament, il en rédigea un sur l'heure 
dans la grande salle où se tenaient les assemblées du peuple 
romain. Entre autres dispositions, il prescrivait à ses héritiers de 
consacrer deux florins d'or à faire peindre une figure ad ima- 
ginem gloriosissime virginis Marie « devant le gibet et le lieu de 
la justice », « anie furcas et locum iustitie ». De fait, l'image fut 
peinte sous le portique d'un grenier appartenant à la famille 
x\laff"ei, en un endroit que Infessura définit de la sorte : « in una 
Costa di muro appresso santa Maria délie grazie di soito a Cam- 
pidoglio a piedi lo monte^. » Les criminels eurent dès lors un 
spectacle réconfortant à leurs derniers moments. 

On continua à pendre en ce lieu au xv* siècle. Dans le Diario 
di Antonio Pétri (1407), il est dit : In loco iustitiae, videlicet 
in piano Capitolii*, Les fourches patibulaires se voient très 
nettement dans le plan de Sienne. D'ailleurs, un peu plus tard, 
les documents se multiplient; un acte qui date de 1456, porte : 
in loco qui dicitur Monte Arpetio ( Tarpeo) sive lo piano inier 
hos fines.,, ab alio via per qtiam itur ad furcas. Dans un autre 
document, daté de 1473, délimitant un terrain, se trouve le 
passage suivant : ab alio tenet locus iuslitiœ qui dicitur lo piano. 
Ce même document apprend que, derrière le palais des conser- 

Stevenson dans le Bull. Archeol. Coin., an. IX, 1881, p. q5. La citation qui s'y 
trouve: Pertz, Mon. germ. Hist., XX, 186, 245 et que reproduit Lanciani, 
Diill.Arch. Corn., an. XXIX, 1901, p. 25i, est erronée. 11 faut lire : t. XXIV, 186. 
Sur l'histoire véritable de ce pape, voir Gregorovius, II, 102, note 21. — \. La 
Vita de Cola de Rienzo, p. 25i ; éd. Zefirino Ze, p. i56. Il est fait mention de 
ce lieu dans les statuts de i363. Lib. II, cap. v : • ... In platea Sancte Marie de 
araceli a sancto Sergio et taccho et a pede vie fave toste supra versus capito- 
Hum et in piano capitolii ». De même, Lib. II, cap. lxviii, § 3 : • ... versus pla- 
num et capitolium ». — 2. Pietro Pericoli, L'Hospedale di S. Maria délia Con- 
solazionediRoma, Imola, 1879. — 3. Stefano Infessura, éd. Tommasini, p. 72; 
à partir du 26 juin 1470 cette image commença à faire des miracles ; c'est pour- 
quoi on construisit l'église qui reçut le nom de S. Maria délia Gonsolazione. 
Cf. Armellini, Le Chiese di Roma, p. 536, qui donne une version différente 
de la légende. — 4. Muratori, R. Italie. Script., XXIV, 982. 



LE MONT TARPÉIEN. io5 

valeurs, s'étendait un jardin leur appartenant dont une partie 
existe encore et dont l'autre s'est trouvée eng-lobée dans le 
palais Caffarelli, actuellement l'ambassade d'Allemagne*. 

Le sénateur assistait aux exécutions ; c'était un des devoirs de 
sa charge ; il se plaçait à cette fenêtre du palais située dans la 
tour du sud qui fut ornée en 1418 par le sénateur Nicola de 
Diano, comme il a été dit*. 

Parmi les exécutions célèbres qui eurent lieu sur le gibet du 
mont Caprino fut celle des complices du chevalier Stefano- Por- 
cari, pendu lui-même aux créneaux du château Saint-Ange, en 
1453; ses complices étaient au nombre de neuf, dont huit furent 
pendus ensemble'. En 1490, un homme, que l'on accusait d'avoir 
voulu empoisonner le pape (Innocent Vlll) à l'instigation du 
sultan de Constantinople, fut assommé sur la place ordinaire des 
exécutions à coups de massue sur la tête, puis frappé avec un 
coup de poing de fer sur la poitrine et sur l'estomac, et fina- 
lement écartelé après avoir été tenaillé *. Les pendaisons étaient 
nombreuses ; en i5o7, il y en eut sept s. On exécuta jusqu'en i55o 
quand on supprima le gibet en raison des travaux d'embellisse- 
ment qui venaient d'être entrepris «. On pendit alors sur la place 
Giudea, à l'entrée du Ghetto. 

Les ruines qui subsistaient sur cette partie de la colline, peut- 
être des puits dont il va être parlé, servirent, à l'occasion, de 
prison; sous le pontificat d'Innocent III les Romains y enfer- 
mèrent leurs prisonniers de guerre ^ 

Les lieux circonvoisins, attristés par le gibet, restaient déserts 
et inculte; les chèvres y broutaient, aussi la colline reçut-elle de 
bonne heure le nom de Monte Caprino, qu'elle conserva long- 
temps®. C'était presque un maquis; Grégoire XIII ayant rétabli, 
en i582, le chemin qui y conduisait, pouvait faire inscrire sur une 
borne qui subsiste dans Via di Monte Tarpeo, ces mots : Hinc 



I. Article du Comm. R. Lanciani, Lo Monte Tarpeo, nel secolo XVI, dans 
le Bullettino délia Commissione Archeol. Corn, di Roma, 1901, p. 245. Ce fut vers 
l'année i538 qu'une grande partie du piano devint la propriété de la famille 
Cattarelii ou Caraffelli, comme il est dit page 108. Au sujet de cette donation, 
voir HuELSEN, Bilder aus der Geschichte des Kapitols, p. 280. Cette partie du 
mont Caprino était plantée en grande partie d'oliviers. En fouillant de ce côté 
en 1896, on a cru retrouver les soubassements des fourches patibulaires. — 
2. Page 84. — 3. Infessura, éd. Tommasini, p. 55. — 4. Infessura, éd. Tommasini, 
p. 255. — 5. Archiv. di Staio, Archiv. di s. Giovanni Decollato, vol. VJJ, p. 193. — 
6. Archivio diStato, Archiv. di s. Giovanni Decollato, vol. I et III. —7. Senator 
universos captivos misit in Canapariam multis miseriis macerandos. Muratort, 
R. Italie. Script., III, 564. Vita Inn. P. III ex Stephano Baluzio. Cf. Casi- 
MiRO, Memorie di S. Maria in .A race/», p. 681. —8. Voir les actes cités plus 
bas. 



io6 LE CAPITOLE ROMAIN. 

ad iarpejam sedem et capitolia ducU — Pervia nunc olim silves- 
tribus horrida dumis... *. 

Les cordiers et les chanvriers avaient profité de cet abandon 
pour s'installer sur le mont Caprino; ils y étaient déjà au temps 
où s'inscrivirent les Mirabilia^, et y demeurèrent longtemps; 
c'était le seul lieu de Rome où ils pouvaient se livrer à leur 
métier'. Une famille surtout, celle des Surdis, y exerçait au 
XVI* siècle *. Mais vers la fin de ce siècle, la corporation réclama 
pour ses membres le Monte Caprino tout entier, et il fut fait 
droit à sa requête par le conseil communal (juillet-août i587)s. 
Cependant, à la fin du siècle suivant, en 1671, le mont Caprino 
était encore occupé exclusivement par un seul industriel, qui 
louait les locaux nécessaires à son industrie à l'Archiconfraternité 
degli Orfani^. Ce n'était, à ce qu'il semble, qu'une partie de la 

I. FoRCELLA, Isc, XIII, 87, n' 118. Cf. Lanciani, Lo Monte Tarpeio dans le 
Bullettino délia Corn. Archeol. Corn, di Roma, 1901, p. 25^. Cf. p. 85, n. 5. — 
2. • In summitate arcis super porticum Crinorum fuit templum lovis et Monete... 
ex alia parte Capitolii supra Cannaparam templum lunonis.» (Page 18). On voit 
que les deux temples de Jupiter Capitolin et de Junon Moneta sont ici confon- 
dus. Ils le furent longtemps. La donation d'Anaclet mentionne également les 
métiers des chanvriers : « Revolventes se per appendices suas super canaparia. » 
Il en est parlé également dans une lettre d'Innocent III à l'archiprêtre Romano 
et aux élèves de l'église S. S. Sergio e Bacco. «... Unum casalinum in regione 
S. Theodori in pede Canaparie. (P. Casimiro, Memorie di S. Maria in Araceli, 
p. 679). Une église voisine, S. Maria délia Grazie, portait aussi le nom de 
S. Maria Cannaparia (Armellini, 53o). — 3. Leurs métiers se voient sur le plan 
de Heemskerck qu'a publié Lanciani, p. 261, et que nous donnons ci-contre. 
— 4. Accord intervenu, le 9 octobre i555, entre les frères Girolamo, Mario, Vin- 
cenzo de Surdis, à l'occasion de certains travaux d'entretien à faire dans l'in- 
stallation qu'ils possédaient en commun sur: • certum terrenum seu locum dicto 
lo tiratore situm in Vrbe in loco dicto Monte Caprino prope Capitoliutn ». En 
i558, Girolamo vend à son frère VMncenzo sa part du terrain • cuiusdam siti 
seu tiratori vulgariter nuncupati... in loco dicto Monte Chatrino ». Ce terrain 
est délimité d'un côté par le sommet de la colline, d'un autre côté par le chemin 
qui conduit à l'église S. Maria délia Consolazione. Quant au prix de la part, il 
est fixé de 25 écus. (Lanciani, art. cité.) En 1564, Vincenzo acheta, pour le même 
prix, la part de son frère Mario qui semble avoir été la plus voisine du palais 
des conser\'ateurs : « A duabus lateribus vie publice in conspectu Palatii Con- 
servatorum Urbis. » — 5. De Monte Capitolino per mercatores lanx petito. Lecto 
memoriali porrecto per mercatores artis lanœ petentes eis concedi partent Montis 
Capitolini pro eorum usu et semper de illo démit tendo et relasciando arbitrio 
po. Ro. illoque discusso decretum est quod Conservatores et Prior et Dni Mar- 
cellus Niger et Hieronimus Alterius audiant petitionem UniversitatiSy locum 
videant et omnia publico Concilio référant. — Decretum est quod locus predictus 
eidem Universitati concedatur^ relinquendus et restituendus po. Ro. ad omnem 
ipsius po. liberam voluntatem et requisitionem. (Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 
29, fol. 89, 914.) — 6. Patente di concessione a Girolamo Righezzi e Compagni 
di potere fare uno Stenditore di panni a Ponte Rotto cioè Ponte s. Maria verso 
Trastevere... pei' non esservi Tiratori abbastanza per stendere panni e coperte, 
non essendovi in Roma che un sol luogo a Monte Caprino dove sieno simili edi- 
ficii spettanti alla ven. Arciconfraternita degli Orfani ed affitati ad uno 



LE MONT TARPÉIEN. 107 

colline qui appartenait à rArehiconfraternité, le reste apparte- 
nait au peuple romain qui, en 1613, y céda à bail h Gio. Battista 
et à CJiacomo de Vellis « une maison avec un souterrain » '. 
En 1743, un cordier sollicita du conseil communal un petit ter- 



rain pour y exercer son métier, ce qui lui fut accordé dans la 
séance du 9 juillet». 

solo l3juiUel 1671I. (Archiv. Stor. Capit-, Cred. XI, vol 22, fol. 12,1). - 1. . Domus 
cum iim cryfla siiNerrana ia Monte Tarpejo juxli toiu, a» imo laUrc Ar- 
cMospesLitis s. Spiriliis in SuxIj, unie via piitliei qux leujit ad lemflam 
B. lU-irlK Consolallonit, ab alio aUqst ruine xdipdoram anilquorum. • Le ptii 
de la localion était une IhTe de cire blanche i la Noël. (Archiv. Slor. Capii.. 
Crcd. XI. vol. 19. p. 311.) — î. Archiv. Slor. Capit.. Crcd. VII, vol. uw. foi. 5i?, 



4o8 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Il existait également dans le mont Caprino des silos. Quelques- 
uns d'entre eux se voient très nettement, dans le plan de Heeras- 
kerck reproduit plus haut (remontant à l'année i534 environ), 
près du chemin qui mène du gibet à l'église de la Consolazione. 
Ils sont au nombre de six. L'origine de ces silos s'explique par 
les cryptes qui subsistaient comme derniers vestiges des anciens 
monuments. En 1433, dans un inventaire des biens d'un mineur, 
figure cette mention : c Nonnulla putea ad conservandum gra- 
num sita in Reg, Campitelli apud Ecclesiam S, Marie quitus a 
duobus lateribus tenent res dicte ecclesîe,.,.it Un peu plus tard, 
en 1489, il est parlé, dans un acte de cession de « nonnullis puteis 
aptis ad reponendum granum sitis... in loco qui dicitur s. Maria 
délia Consolazione iuxta palatium Capitolii. » Ces puits ne se 
trouvaient pas tous, ainsi que les deux textes précédents 
pourraient le donner à croire, autour de l'église délia Consola- 
zione, dans le vallon qui sépare le Capitole du Palatin, il y en 
avait sur le versant de la colline. Il est dit, en effet, dans un acte 
de vente, daté du 5 avril i567, relatif à une crypte € cum quodam 
cortile et mûris », qu'elle se trouve sise « in loco detto H pozzi 
di monte Tarpeio sopra la Consolazione * K _ Ils étaient d'un 
usage courant encore au xv* siècle. L'hôpital de S. Giovanni, 
dit Sancta Sanctorum, fit l'acquisition de l'un d'eux, au prix 
assez élevé de trente-trois florins, pour y déposer du blé *. Cepen- 
dant l'importance en diminua par la suite; en 161 2, la ville, qui 
en possédait une partie, céda ses droits à l'église et à l'hôpital 
S. Maria délia Consolazione, après avoir considéré qu'ils ne 
valaient pas cent écus'. 

En l'année i538 environ, une grande partie du piano du mont 
Caprino devint la propriété des Caraffelli ou Caffarelli, par suite 
d'une donation faite par Charles-Quint au jeune Ascanio, l'un de 
ses pages, peut-être en récompense de l'hospitalité que sa famille 
lui avait offerte dans le palais dei Valle. On ne sait toutefois en 
vertu de quel droit l'empereur disposait d'un terrain qui devait, 
semble-t-il, appartenir à la commune*. En 1576, Prospero Caffa- 
relli vendit une parcelle de ce terrain aux conservateurs pour 
leur permettre d'agrandir leur palais, et un peu plus tard, en 



1. R. Lan'ciani, Lo monte Tarpeio, article cité. — 2. Archivio di Sancta 
Sanctorum dit Maremagnttm dans Y Archivio di Stato di Roma, 1462, fol. 269, 
en marge : S«/>er puleis iuxta Capitoliiim pro grano. Dans le texte : Emp- 
tio puteorum ad reponendum granum facta a filio qtiôd Nicolai De Marganis 
pro pretio Flor. xxxiii. — 3. De interesse et jure qiiod habet Po. Ro. super situ 
et griptis subtus Montem Caprinum donando Ecclesiae et Hospita D. Mariœ 
Consolationis. (Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 32, fol. 42. Séance du 11 no- 
vembre 1612). — 4. R. Lanciani, art. cité, p. 258; Cancellieri,// Mercato, p. 10. 




LES EXÉCUTIONS. 109 

1606, les conservateurs ou mieux le conseil communal usa de 
réciproque envers lui *. 



LES EXECUTIONS AU PALAIS CAPITOLIN 

On pendait au gibet du mont Caprino, on décollait sur la place 
du Capitole, voire à l'intérieur du palais. Que si fra Montreale 
eut la tête tranchée au pied de la tour du mont Caprino, ce fut 
par manière de compromis, car on le considérait autant comme 
un malfaiteur et un « ennemi du peuple », que comme un prison- 
nier de guerre. Généralement, les exécutions avaient lieu sur le 
grand escalier du Capitole, près du lion; c'est là que furent 
décapités, le 3 mars 1398, les conjurés qui avaient cherché à 
rétablir le pouvoir des bannerets, détruit par le pape Boni- 
face IX*. 

Au XV siècle, les exécutions furent fréquentes ; en 1405, Paolo 
Maracini, Giovanni Gnafri et Motta furent décapités au Capitole ; 
en 1406, Antonio Carota y fut décapité également ainsi que Gio- 
vanni Colonna, lacovo de Nepi, « miles liber tatis », Riccardo de 
Sanguineis, rebelles au pape Grégoire XII ' ; en 1407, Galleotto 
de Normanis t fuit decollatus, de tnane, hora consueta, in loco 
iustitiœ Capitolii^ tanquam proditor Urbis ». Parfois l'exécution 
avait lieu le soir : « De sero, hora completorii, fuit capta uxor 
Cote Cancellarii de Reg, Columne ac etiam Paulus de Can- 
cellariis... omnes tanquam proditores Urbis et ducti per merca- 
tum ad Capitolium et martirizati. » Avant chaque exécution, on 
donnait lecture au condamné de sa sentence dans la grand'salle 
du Capitole ; la cloche sonnait trois fois, et c'était à la troisième 
volée qu'il était mis à mort *. Dans quelques cas, la cloche ne 
sonnait pas, mais alors l'exécution passait pour un meurtre, 
comme il a été dit ^. Parfois, on exécutait dans l'intérieur même 
du palais ; Lello Capocci fut décapité « intus in palatio Capitolii, 
ad pedem secunde columne ubi tenetur ratio » «. La place du 
Capitole servait aussi de lieu d'exposition ; le cardinal Mtelleschi 
y offrit à la risée du peuple, enfermés dans des cages de bois, 
trois larrons qui avaient dérobé les pierreries du reliquaire dans 
lequel on conservait à Saint-Jean de Latran les têtes de saint 



I. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. i5, et vol. 3i, conseil secret du 3c) 
octobre 1606. — 2. Gregorovius, III, 566; D. Orano, Il sacco di Roma, p. 29. — 
3. Liter PontificaliSy II, 534. — 4. Muratori, R. Italie. Script., XXIV, 977, et 
suiv. — 5. Page 65. — 6. Muratori, ut supra, p. io55. 



110 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Pierre et de saint Paul *. Ils furent ensuite exécutés sur la place 
du Latran. 

On pendait parfois aux fenêtres ou aux arcades de la loggia 
du Capitole. Le 19 décembre 1468, Bernardo délia Rosa fut 
pendu à la fenêtre du grand escalier*. Toutefois, les pendaisons 
alors étaient chose rare; Infessura s'en plaint : « In Capitolio 
nulla vel saltem rara executio corporalis fit, nisi quod per eu- 
riam domini vicecamerarii aliqui nocte suspenduntur et mane 
suspensi reperiuntur apud turrim Nonae sine nomine et sine 
causa ; et hoc ordine vivitur hodie in Urbe sedente Innocentio 
octavo^. » (1489). 

LA GARDE DU CAPITULE 

C'est aux sénateurs qu'incombait la garde du Capitole; les 
statuts de i363, reproduisant sans doute une obligation anté- 
rieure, leur imposent d'amener vingt gens d'armes montés sur 
de bons chevaux * ; ils devaient également entretenir une garde 
de vingt soldats de pied, qui étaient tenus de ne quitter le palais 
ni jour ni nuit^. Comme les sénateurs changeaient tous les six 
mois ou tous les ans, les hommes formant le corps de garde du 
Capitole étaient fréquemment renouvelés. Les inconvénients de 
ce système durent se faire sentir assez vite, puisqu'il semble 
qu'au siècle suivant il y avait, outre cette garde spéciale au séna- 
teur, une garnison variable quant au nombre d'hommes, mais de 
composition plus stable ; elle comptait trente hommes en 1433, 
lesquels recevaient de la Chambre apostolique trois florins par 
mois de solde ^. La visite que fit à Rome, cette année, l'empereur 

I. Infessura, ut supra, p. 36, avec une gravure du temps représentant la 
scène. — 2. Nantiporto, Muratori, III*, 1997. Infessura, p. 65. « ...Lo di ultimo 
d'ottotre (1459), foro appiccati in Campiloglio ad quelli archi dello palazzo in 
nella loia et fo appeso Tiburlio, Bonanno SpecchiOy et RienzOy et Cola de Joanni 
et Cola Roscio de Treio. » — 3. Infessura, éd. Tommasini, p. 244. La torre di 
Nona s'élevait sur la berge de Tibre, presque en face du château Saint-Ange. — 
4. Liv. III, art. i. — Il ne faut pas confondre ces gardiens avec \qs fedeli, qui 
étaient au service des conservateurs et remplissaient plus spécialement des 
fonctions d'huissiers et d'appariteurs, bien qu'ils fussent organisés militaire- 
ment. En 1624, ils furent même exonérés de tout service militaire. (Archiv. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 32, fol. 288). — 5. Liv. III, art. i. — 6. Solvi faciatis 
Mag'* militi dno Cechino de Campello de Spoleto aime Urbis Rome Senatori 
iltustri pro stipendio unius mensis finiendi die XXV presentis pro XXX paghis 
deputatis ad custodiam dicti palatii Capitolii ad rationem trium floren. de L. 
bol. pro floreno pro quolibet paga (21 avril 1433). — Même mention en juillet, 
avec cette adjonction : Pro stipendiis XXX peditum deputatorum ad custodiam 
Capitolii ultra familia in dicto Capitolio ■ solitum teneri pro Senatori (Mand. 
Cam., an. 1433, fol. 79, 80). 



LA GAKDE DU CAPITOLE. «M 

Sigismond, fut peut-être cause de cette mesure; touterois, on la 
maintint ensuite; vingt-cinq ans plus lard, en 1458, la garnison 
existait encore, et était toujours composée de trente hommes 
après avoir été portée temporairement à cinquante ; un » conné- 



table > les commandait. La paye de tout le corps s'élevait alors 
à cinquante florins par mois '. 

Il avait fallu approprier le logement du corps de garde en vue 
de cette augmentation de la garnison; un payement effectué 

I. Solvatts D. lohaitnl de Leono aime Urbts Vlce-Senalorl fl. au. de cam. L ad 
distribuendum intra lllos XXX pediles cum uao ComesUMli ad cust. CapUolU 
dtputato (i3 août 1^58). La paye préc&jcnte s'élevait à soixante-qninM florins 
(Mand. Cam., an. 1.157-1450, fol, 6, 119}. 



112 LE CAPITULE ROMAIN. 

l'année suivante en porte la mention expresse*. Les travaux 
furent poursuivis d'autant plus vivement que le pape Pie II 
s'étant absenté pour assister au congrès de Mantoue (1458), la 
tranquillité de la ville semblait moins assurée * ; la garnison du 
Capitole fut portée à trente-cinq hommes, avec une solde de 
soixante florins ', et bientôt augmentée encore et placée sous le 
commandement de deux connétables*. En septembre (1460), la 
garnison se composait de cinquante hommes et d'une lance, 
commandés par Tartaglia di Fuligno; les hommes recevaient 
deux florins par mois, la lance huit «. Les temps étaient fort 
troublés; ui; certain Tiburzio fomentait la révolte; il fut pendu, 
le 3i octobre, aux arcades de la loggia du Capitole^ et, le calme 
étant revenu, la garnison du palais fut ramenée au chifl're de 
vingt-cinq hommes. Une modification se produisit alors dans l'or- 
ganisation de cette troupe ; au lieu de dépendre du Saint-Siège 
par l'intermédiaire du sénateur qui en recevait la paye, elle fut 
placée sous les ordres d'un connétable relevant directement du 
Saint-Siège'; à partir de cette même époque, le connétable 
demeure plusieurs années en fonctions. Ainsi, insensiblement, à 
la manière habituelle du Saint-Siège, la transformation s'était 
faite, et la petite garnison qui occupait le Capitole était tombée 
complètement dans sa dépendance. Sous le pontificat d'Inno- 
cent VIII, en l'année i486, comme la ville était déchirée par les 
querelles des barons, et irritée par le mauvais gouvernement du 
pape, il y eut au Capitole soixante fantassins et dix cavaliers, 
plus trente hommes sous les ordres du connétable Giovanni da 
Ferrara, et dix hommes sous les ordres de Giuliano da Aquila. 
La solde varia entre vingt-cinq et soixante florins par mois*. 

I. ... Ratione cerle fabrice seu acconciamenti facti in palatio Capitolii 
pro stantia alias habitatione peditum ad custodiam dicti palatii Capitolii depu- 
/a/or« w (19 janvier 1459). (Mand. Cam., an. 1458-1460, fol. 68). —2. FI. XLIX 
bol. X Magistro Galasso de Bottottia pro fabrica per eum fada in palatio 
Capitolii^ videlicet gttasdam bertescas et mantiones pro pedetibus et multa alia 
necessaria ad custodiam dicti Capitolii (juillet 1459) (Mand. Cam., an. 1458- 
1460, fol. 160). On verra un peu plus bas que la garnison était généralement 
renforcée quand le pape s'absentait (P. ii3, note 8). — 3. Ibid.y fol. 178. — 
4. Infrascripti Comestabiles ad custodiam Capitolii députait: Ambrosio de Senis 
ctim paghis XXV, Ambrosio de Florentino cum paghis XX (Mand. Cam., 
an. 1460, fol. 6; 5 mars). — 5. Mand. Cam., an. 1460, fol. 59. Cette paye était 
versée par la chambre apostolique entre les mains soit du sénateur soit de son 
chancelier. — 6. Voir plus haut, p. 1 10, note 2. — 7. FI. CCXL strenuo comes- 
tabili Principato de Sancto Gregorio ad custodiam Capitolii cum paghis XXX 
(4 mai 1463) (Mand. Cam., an. 1462-1463, fol. i38, et an. 1464, fol. 38). Le verse- 
ment de la solde se fait directement. Cependant, en 1479, il est payé trente flo- 
rins à Marino da Aquila « ad custodiam Capitolii sub obedienta Dni Senato- 
ris. » — 8. Mand. Cam., an. 1464-1466, fol. 12, 66, 21 1, 291 ; an. 1466*1468, fol. 2, 68, 
145; an. i469-i470»fol. iio,2i5, 232; an. i470-i47i,fol.9,2i,62,67, 108, 139; an. 1471- 



FÊTES DONNÉES AU CAPITULE. n3 



FÊTES DONNÉES AU CAPITOLE AU XV« SIÈCLE 

En 1408, le peuple ayant été en partie rétabli par le Saint- 
Sièg'e dans ses franchises, les bannerets allèrent jurer fidélité et 
obéissance au cardinal légat qui représentait le pape; ce fut 
l'occasion d'une fête publique; le cardinal leur remit des ban- 
nières qu'on n'avait pas même eu le temps de finir, et ils les portè- 
rent au Capitole où les caporioîii, les chefs de quartiers, les atten- 
daient; on les reçut au son du tambour et des trompes, et ils 
s'installèrent dans leur palais*. 

1473, fol. i3j ; an. 1472-1476, fol. 18; an 1482-1484, fol. 227, 25o. Franciso de Cassia 
Comestabili ad custodiam Capitolii cum paghis XX conditcto propler absentiam 
Dni Papae (i3 juillet), et ainsi de suite. Plus tard, en i486 : Flor. LXXV lohanni 
de Ferraria Comestatili Capitolii pro eius et XXX pagharum uniits mensis pro- 
visione (28 novembre). — Flor. XXV Juliano de Aqiiila Comestabili Capitolii 
pro sua et X pagharum unius mensis provisione (i" décembre). — Flor. XXV 
Juliano de Aquila pro eius et X pagharum provisione unius me«5t5 (i" jan- 
vier 1487) (Mand. Camer., an. 1484-1489, fol. 262, 264 ; an. 1487-1488, fol. 317). En 
septembre 147011 avait été fait quelques travaux dans les logements des gar- 
diens du Capitole : Flor. XXXII bol. LXXI Magro Dominico de Florentia 
fabro lignaminis per eum expensis in faciendas cei'tas domus in palatio Capi- 
tolii pro usu stipendiatorum (Mand. Cam., an. 1470-1471, fol. 21). — i. A pro- 
pos des gardiens du Capitole, il n'est peut-être pas hors de propos de parler 
des oies. Le Musée du Capitole en possède deux de bronze ; elles viennent 
des thermes de Dioclétien où les pères chartreux, qui y avaient un couvent, 
les conservaient pieusement avec beaucoup d'autres antiquités; en mars 1727, 
un antiquaire, du nom de Bertoli, acheta toutes ces antiquités pour compte 
de l'empereur d'Allemagne à la réserve des oies que les conservateurs récla- 
mèrent pour le Capitole. (Cancellieri, // Colombo, p. 390.) Il a été parlé 
plus haut de la peinture murale remontant, d'après Gerardi, à la première 
moitié du xiv* siècle et retrouvée en 1898, qui représentait les oies capitolines 
{Dullettino Arch. Corn., an. 1889, tav. xii). Si on les vénérait à Rome, on les 
poursuivait encore d'une haine tenace en P'rance au commencement du siècle 
dernier, à en croire, du moins, le comte sénateur Lanjuinais ; voici ce qu'il 
écrivait, en mai 1810, à l'abbé Cancellieri en réponse à une lettre de celui-ci : 
« ...Quant au jeu du décollement de l'oie, il est encore pratiqué fréquemment 
dans les communes autour de Paris et il l'a été autrefois dans les fêtes munici- 
pales de Paris. J'ai entendu conjecturer qu'il vient d'une espèce de vengeance 
et de haine des Gaulois contre l'espèce d'oiseau qui empêcha leur armée de 
prendre le Capitole. y (Cancellieri, // Mercato e Lago, p. 276.) .Voici en quoi 
consistait ce jeu : on bandait les yeux des joueurs, on les plaçait à une certaine 
distance d'une oie pendue, et ils devaient aller lui trancher le cou d'un coup.de 
couteau ; comme ils déviaient le plus souvent dans leur marche, ils frappaient 
en l'air. La longueur du cou de l'oie, plus que la haine séculaire dont parle 
Lanjuinais, semble l'avoir désignée pour le rôle qu'elle joue dans ce jeu. Main- 
tenant, on le pratique encore dans les campagnes, mais on a remplacé l'oie par 
un bouquet attaché à une ficelle. — 2. Muratori, R. It. Script., XXIV, ç8q ; 
Gregorovius, III, 592. 

8 



nh LE CAPITOLE ROMAIN. 

Des réjouissances plus régulières s'établirent au couronnement 
de chaque pape; les officiers 'et les magistrats municipaux se 
réunissaient le soir dans un banquet ; le trésor communal payait 
la dépense qui s'éleva en 1471, à l'occasion du couronnement de 
Sixte IV, à la somme considérable de cinquante florins*. 

Vers le milieu du siècle, l'habitude s'introduisit que les 
caporioni présentassent devant le sénateur et devant le peuple 
assemblé sur les degrés du Capitole les taureaux qui devaient 
figurer aux jeux que l'on célébrait chaque année, au mois de 
février, sur le mont Testaccio, et qu'ils avaient la charge de four- 
nir; ensuite, ces taureaux étaient promenés en grande pompe 
dans toute la ville. La rivalité des quartiers éclatait en lutte san- 
glante quand les taureaux amenés par l'un des caporioni rem- 
portaient trop de suffrages; il en fut ainsi en 1483; les mares- 
calchi (la maréchaussée) du quartier Monti en vinrent aux mains 
avec ceux du Transtévère dont la population passait du reste, 
et à juste titre, pour éminemment batailleuse; les milices des 
autres quartiers prirent parti dans la querelle, et la mêlée devint 
générale et si sanglante que les conservateurs, après s'être vai- 
nement interposés, durent se retirer en hâte dans leur palais*. 

Les combats de taureaux du mont Testaccio et l'exhibition 
faite au Capitole continuèrent au siècle suivant ; parfois la course 
avait lieu sur la place même; on lâchait les taureaux que des 
chiens excitaient et les joueurs devaient les maîtriser. Il est parlé 
d'un « spectacle de taureaux fait au Capitole » dans une signifi- 
cation adressée en i535 aux meuniers de la ville pour leur 
enjoindre de participer aux frais de la représentation '. 

Le cérémonial de la fête n'était d'ailleurs pas modifié, le défilé 
avait lieu comme d'habitude; en i536, les habitants de Tivoli, 
l'une des cités vassales de Rome, se présentèrent avec « leurs 

I. Solvatis Mag^i» aime Urbis Conservatoribus fl. L pro expensis per eos 
factis in prandio ofjicialium et civitim romanorum qui offitiarunt SS»»^ D. N-', 
in die coronationis (25 septembre 1471). {Archiv. di StatOy M. Camer., 1471-1473, 
fol. 17.) — 2. MuRATORi, Ibid., XXIV, 1082. — 3. En marge : Significatio pro 
molendinariis. Texte : Vobis Mag*' Conservatoribus aime Urbis et aliis ad 
quos spectat. De mandato Etc. auctoritate Etc. harum série significamus qualiter 
cum molendinarii molarum aime Urbis ex causa solutionis impositionis trium 
Duc. pro qualibet mola pro publico festo sive spectaculo Taurorum Garnis- 
privii in Capitolio die lune facto ad S. N. D. recursum habuissent S. S'»* hujus' 
modi causam nobis in Cam. Ap. cognoscere commisit. Ideo magnificentiam ves- 
tram hortamur ut eosdem Molendinarios donec causa hujusmodi in dicta 
Caméra cognita et decisa fuerit molestare facere nolint. Dat. Rome in Cam. 
Ap. die Xmensis Februarii i535. {Archiv.Seg. Vat., Div. Camer., vol. 97, fol. 90.) 
Des combats de taureaux avaient eu lieu deux siècles auparavant au Colisée. 
P. Adinolfi, Roma nelV Età di Mezzo, I, 367. Cf. F. Clementi, Il Carnevale 
Romano, Rome, sans date, p. 33. Chronique de Monaldeschi dans Muratom, 
XII, 535. 



I 

[ 

I 

AURELIA ÈXTRICATA. ii5 

^ joueurs > à cheval, vêtus de velours noir et tenant, en signe de 

soumission, l'étendard rouge du peuple romain*. 



ÉPISODES 

En 1424, fra Bernardino de Sienne prêcha au Capitole près de. 
l'obélisque ; il parla surtout contre les magiciens et sorciers qui 
abusaient le peuple; après l'avoir entendu, le peuple assembla 
sur la place une quantité d'objets mystiques servant aux sorti- 
lèges et les brûla*. On brûla des jeux de cartes, dit Paolo dello 
Mastro, et beaucoup de juifs se firent baptiser^. 

En 1448, un autre moine, Roberto da Lecce, prêcha sur la 
place du Capitole à propos des querelles qui se perpétuaient 
entre les familles et désolaient la ville, et il provoqua, comme il 
arrive toujours en pareil cas, une réconciliation générale mais 
éphémère *. 

AURELIA EXTRICATA 

Au mois d'avril 1485, fut exposé dans le palais des conserva- 
teurs, près de la citerne, le corps d'une enfant de quatorze à 
quinze ans, trouvé dans un sarcophage, à cinq milles de Ronie, 
au milieu d'un amas de ruines connu sous le nom de Roma 
Vecchia, au lieu dit Fondo statuario^ le long de la Voie Appienne, 
Ce fut un événement important dans la vie municipale de Rome 
dont tous les chroniqueurs parlèrent abondamment ^ Ce corps 
était d'une beauté merveilleuse et admirablement conservé; des 
cheveux noirs enfermés dans une résille tombaient en masses 
abondantes de chaque côté de la tête sur des épaules d'un dessin 
très pur; la bouche entr'ouverte laissait voir des dents admira- 
blement blanches et bien plantées et une langue rose ; les lèvres 
étaient roses, les sourcils noirs ; tous les membres gardaient la 
souplesse de la vie. Le'cercueil de plomb qui l'enfermait conte- 

I. FoRCELLA, Tornei e giostri, Ingressi trionfali sotto Paolo III, Rome, 
1875, p. 29. — 2. Infessura, éd. Tommasini, p. 25. — 3. Diario di Paolo dello 
Mastro, publié par Achille de Antonis dans // Buonaroti, an X (1875), p. 89. 
— 4. Infessura, p. 47. — 5. Nibby, Analisi^ III, 114. — 6. Diaro di Nantiposto, 
MuRATORi, R. liai. iScript.y III*, 1893; Infessura, 178; lettre de Bartolomeo 
Fonti à Francesco Sassetti, trouvée dans Bibl. Universitaria di Bologna, cod. 
2382, fol. XXVIII et publiée par Janitschek, Die Gesellschaft der Renaissance 
in Italien und die Kiinst, Stuttgart, 1879, p. 120. Tommaslni donne une nomen- 
clature des sources, dans Infessura, p. 179, note. Pastor, Histoire des Papes, 
t. V, 1898, p. 321, donne toute la bibliographie de cette découverte. Cf. l'étude 
de Huelsen dans Mittheil. d. œst. Instituts, IV, 433-449, et Tode, même 
recueil, p. 75-91. 



m6. le capitole romain. 

nait une matière odoriférante dans laquelle les uns reconnurent 
la myrrhe et l'oliban, les autres la térébenthine, et qui avait, 
qu'elle qu'en fût la nature, une saveur singfulière et pénétrante. 

Le bruit de cette découverte étrang-e s'étant répandu, attira 
une foule immense; on aurait cru, dit un des narrateurs, qu'il 
s'agissait d'une indulgence, tant les Romains mettaient de hâte à 
accourir au Capitole; des marchands s'établirent sur la place 
pour vendre des légumes et d'autres denrées*. La parfaite con- 
servation du corps donnait lieu à toutes sortes de suppositions 
et l'on y voyait même la preuve d'une protection miraculeuse*; 
cependant d'aucuns soutenaient qu'il s'agissait de TuUia, fille de 
Cicéron. Pour mettre fin aux commentaires que provoquait cette 
exposition et aux légendes qui commençaient à se former, le pape 
Innocent VIII fit enlever le corps presque aussitôt et on le jeta 
de nuit dans une fosse, hors des murs de la ville, du côté de la 
villa du Pincio, en prenant même soin de dissimuler le lieu de 
l'ensevelissement. Au reste, au contact de l'air, le corps était 
devenu noir. 

L'inscription gravée sur le sarcophage dans lequel elle avait 
été trouvée fut déchiffrée longtemps après, elle portait : 

M. M. 

AVREL. 

EXTRICATE. 

Manibus ou Memoria Aurelie Extricate. Les masques tragi- 
ques dont étaient ornées les parois du sarcophage donnèrent à 
penser qu'il s'agissait d'une ballerine. 

I. Outre les sources citées plus haut, Montfaucon, Diarium Italie, XI, 187; 
Lanciani, Pagan and Christian Rome, 1892, p. 296; Tomassetti, Campagna 
romana. Via Latina, p. 5o; Volterraxo, Comment. Rer. Urb., i55i, c. 954; 
NiBBY, Analisi storico-topografica delta carta dei Contorni di Roma, 1^48, t. II, 
374. Le Cod. Asburnham, 1174, fol. 134, contient un dessin original reprodui- 
sant le corps d'Aurelia tel qu'il fut retrouvé et rapporté au palais des con- 
servateurs. Le Nouveau Cracas, n. 12, septembre-décembre 1893, Rome, a 
reproduit ce dessin dans un article d'ensemble sur cette découverte. — 
2. Taceant quse loquuntur miractila post crisli aiventum. Nam hoc quod ante 
putatur, longe majus ei/ et admiralHlius. (Lettre de Rome dans G. Mancixi, 
Vita di L. Valla, Florence, 1891, p. 161). 




LE CAPITULE MODERNE 



LE CAPITULE AU XVP SIÈCLE 



TRANSFORiMATION DES PALAIS 

CE fut durant le xvr siècle que le Capitole perdit son aspect 
de château-fort féodal pour devenir le correct monument 
symétriquement encadré qu'il est aujourd'hui ». 
Cette transformation, qui correspond à la transformation des 
pouvoirs municipaux*, s'opéra par périodes successives. Durant 
la première, qui va du commencement du siècle jusqu'au sac de 
Rome, en 1627, il ne fut^uère travaillé qu'au palais des conser- 
vateurs. La venue de l'empereur Charles-Quint en i536 réveilla 
chez les Romains le désir de rendre leur maison commune dig-ne 
du nom illustre qu'elle portait; on pria Michel-Ange de trans- 
former les palais; cependant, manque des fonds nécessaires, on 
s'occupa seulement pendant près de trente ans (i 536-1 563 environ) 
d'établir et d'orner la place du Capitole et d'y ménager un accès 
facile et grandiose du côté de la ville. Ce travail accompli, le 
plan. d'ensemble qu'avait proposé Michel-Ange fut repris et les 
deux palais du sénateur et des conservateurs revêtirent peu à peu 
l'apparence qu'ils ont aujourd'hui; l'œuvre fut achevée quand 
le pape Clément VIII eut fait réunir par une façade les deux 
tours du palais sénatorial réduites en hauteur. Il ne resta plus 
alors qu'à terminer les décorations intérieures, les peintures ; les 
dernières années du siècle furent consacrées à ce travail. On 

I. Les Romains de ce temps l'appréciaient sous son ancienne forme. « Il 
Campidoglio venerabile anchora pih fer forma che fer vestigio che si vegga 
délia antiquitate », dit iVl. Alberini, // Sacco di Roma, pub. par Orano, p. 475. 
— 2. Ce fut au commencement du xvi* siècle, ou plutôt dans le dernier quart du 
XV* siècle, que s'organisa progressivement le consul communal de Rome ; com- 
posé d'abord de quelques magistrats capitolins, il finit, au milieu du siècle, par 
compter plus de cinquante membres ; son autorité, qui s'étendait à toutes les 
questions d'édilité et aux finances municipales, devint si grande qu'il n'hésita 
pas à entrer en conflit avec les papes et notamment avec Sixte-Quint. Les 
conservateurs le présidaient à tour de rôle et étaient élus par lui. 



*20 LE CAPITOLE ROMAIN. 

peut suivre sur les représentations des palais capitolins dessinées 
durant cette période les phases de cette métamorphose*.. 

Au commencement du siècle, le palais sénatorial est une con- 
struction confuse/ flanquée de quatre tours inégales*, crénelée et 
dominée par un haut campanile que percent de larges baies ; du 
côté du mont Caprino s'ouvre la fenêtre ornée de laquelle le 
sénateur assistait aux exécutions, comme son devoir l'y obligeait; 
deux petites fenêtres également carrées se voient un peu plus 
haut. Sur la façade, un large escalier droit dont les marches 
semblent peu élevées, conduit à la loggia, au lovium placé à la 
droite du palais, tout contre l'une des tours de Boniface IX; 
cette loggia, 4'une belle architecture, est composée de deux 
étages ; six colonnes, dont deux engagées dans les murs latéraux, 
soutiennent l'entablement du premier étage qui est rectangulaire ; 
au deuxième étage, six autres colonnes supportent des voûtes 
en plein cintre. A gauche de la loggia, qui est en retrait, la 
façade est percée de six fenêtres, dont les trois inférieures sont 
barlongues et grillagées et éclairent peut-être les prisons; les 
trois fenêtres supérieures sont à croisillons et entourées d'un 
chambranle de marbre en saillie; ce sont les fenêtres ornées, 
comme il a été dit, au temps de Nicolas V. Un escalier supporté 
par trois voûtes inégales est accolé à la façade ; il semble une 
œuvre inachevée, car, d'une part, il n'a pas de rampe et, d'autre 
part, il n'aboutit directement à aucune porte. Un balcon règne 
au-dessus de ces fenêtres et de la loggia, sur toute la surface 
comprise entre les deux tours. Dans la tour de gauche s'ouvrent 
deux fenêtres rectangulaires superposées. 

La partie du palais tournée vers le Forum montre un fouillis 
de bâtiments disparates. 

Le palais des conservateurs présente une assez chétive appa- 

I. Les représentations du Capitole les plus intéressantes sont, pour cette 
époque, celles de Kock et celles de Martin Heemskerck, qui séjourna à Rome 
de i533 à i536 et travailla sous la direction de Michel-Ange. On connaît sa minu- 
tieuse exactitude. Sur le séjour de Heemskerck à Rome, voir G. B. de Rossi, 
Panotama circolare di Roma delineato da M. Heemskerck, Rome, 1892. La pers- 
pective de Rome de Wyngaerde, donnée dans le BuUettino délia Com. Arch. 
Çom. di Roma, 1900, tav. IV, IX, par les soins et avec un commentaire de 
Thomas Ashby junior, présente pour le groupe des palais capitolins un aspect 
presque identique. Le comm. R. Lanciani a reproduit dans le même bulletin, 
anno XXIII, 1896, p. 81, un autre plan, trouvé également dans la Bibliothèque 
Bodléienne d'Oxford, dans 1^ volume Sutherland 171 intitulé : Large prints of 
Clarendon and Burnet, vol. IV. topographical. On trouvera également d'inté- 
ressants renseignements sur les aspects successifs que présente le Capitole 
au xvi* siècle, dans la série des plans publiés par E. Roccni, Le Fiante di 
Roma, Rome, i9o3. — 2. Mais on n'en voit généralement que deux ou trois 
dans les représçntations du temps qui montrent le Capitole en perspective. 



TRANSFORMATION DES PALAIS. 4^4 

rence ; au rez-de-chaussée sont des arcades dans la première des- 
quelles, à gauche, se voit la tête gigantesque de Domitien. Au 
milieu, de part et d'autre de l'entrée, sont les deux figures re- 
présentant des fleuves que l'on transporta successivement dans 
le courant du siècle au pied de l'escalier du palais sénatorial*, 
La Louve, donnée par Sixte IV, se trouvait toujours au-dessus 
de la porte, au centre de la façade*. Dans le plan de Pinardo 
(i555), dans celui^de Fabio Lici (i557) et même dans les plans 
postérieurs de Dosio et de Cartaro, le palais des conservateurs 
apparaît comme une demeure basse et sans architecture. 

A l'une des extrémités de la déclivité qui va de l'église S. Maria 
Aracœli à la place, se dresse un obélisque posé sur quatre lions 
accroupis'. Des colonnes sont dispersées aux alentours qui vont 
également disparaître lors de la réfection de la place. A côté 



I. Ces deux groupes, présent du pape Léon X, semblent être du temps des 
Antonins ; ils venaient du temple de Sérapis, situé sur le Quirinal ; on avait 
d'abord pensé qu'ils représentaient Saturne et Bacchus; en i5i3, Fulvio les vit 
encore au Quirinal» appelé alors Monte Cavallo à cause des statues des Dios- 
cures qui s'y trouvaient; il les prit pour des représentations d'Achille et d'Istré, 
in quorum manibus stat pleno copia cornu. Voir Michaelis, art. cité, p. it 
sqq. Ce fut^n i5i7 qu'ils furent transportés au Capitole, moyennant le prix de 
quatre-vingts ducats. (Lanciani, Storia degli Scavi di Roma, p. i83). L'une des 
deux figures, celle qui représentait le Tigre, avait un tigre à ses côtés; on le 
remplaça par une louve et elle prit le nom de Tibre qui convenait mieux à la 
place qu'on lui destinait. Ce changement se fit vers le milieu du siècle. Gamucci 
parle encore d'un tigre, en i565, ainsi que Aldrovandi, qui écrit en i55o(p. 269); 
Vasari, d'une louve en i568; d'ailleurs, un texte illustrant une gravure de 
Cavalieri mentionne ce changement : • Antiqua statua Tygridis fluvii marmo- 
rea quant recentiores statuarii Tiberi accomodarunt.... » L'autre groupe repré- 
sentait le Nil. MicHAELis, p. 29, cite un texte de 1649 qui semble prouver que ce 
l'ut vers ce temps que le transport des groupes devant le palais sénatorial eut 
lieu : « Hoggi amendue questi simulacri si tolgono da questo luogo per riporti 
davanti al palazio di Campidoglio e ne hanno gia tolto via uno. » Cependant 
Lucio Mauro, qui écrit en i556, dit, p. 11 : « Dinanzi la casa de conservatori su 
la piazza si veggono duo gran simulacri di marmo che sono duo fiumi il Nilo 
e Tigri pure la Nera e'I Teverone che amendue col Tevere si congiungono. » 
Aldrovandi dit : > A pie del palagio del Campidoglio sono duo gran simulacri 
marmorei di duo fiumi; l'uno è il Nilo.. .y l'altro è Tigre.... Non mancano già di 
quelli, che dicono, che queste statue siano de l'Aniene, e délia Nera.... » On sait 
qu'une statue du Nil se trouve au Vatican et une statue du Tibre au Louvre,, 
découvertes toutes deux sous le pontificat de Léon X, près de l'église S. Maria 
sopra Minerva ; elles provenaient apparemment du temple d'Isis.(HELBiG,n' 47.) 
— 2. « Eminet ante fores primoque in limine portas », dit Andréa Fulvio (i5i3) ; 
« ...Pro xdibus conservatorum * (1527). Ibid. ; «/« frontispicio ipsarum asdium » 
Marliani, dans Michaelis, p. 19. — 3. Il existait à cette place depuis long- 
temps. Antonio di Pietro en parle en l'année 1407 : « Vidi Dominum Nicolaum 
di Ursinis armatum, una cum dicto populo stantem equestrem cum multis aliis 
de gentibus armorum Pauli de Ursinis, stantem in platea Capitolii ante Gitliam 

dicti Capitolii cum multis luminariis e:çpectantetn novam Muratori, R. 

Italie. Script., XXl\\ç^4. 



122 LE CAPITOLE ROMAIN. 

s'élevait le haut palmier qui fut longtemps Torgueil des Romains 
et qui fîg-ure sur toutes les représentations du Capitole. 

Le plan de Kock, dessiné en i562, montre le palais sénatorial 
non encore modifié, mais l'une des statues a été placée au bas de 
Tescalier; le palais des conservateurs a déjà subi une première 
transformation ; au-dessus des arcades sont des fenêtres à croisil- 
lons surmontées d'un entablement; une troisième rangée de 
fenêtres s'ouvrent au-dessous du toit; à l'extrémité gauche se 
voit une espèce de loggia, rappelant celle du palais sénatorial 
et qui servait peut-être aussi de tribunal. La statue, de Marc- 
Aurèle figure au centre de la place. 

En i565, sur le plan de Lafreri et dans le dessin reproduit par 
le professeur Lanciani, le palais sénatorial n'a pas .perdu tout à 
fait son aspect primitif, mais la loggia n'existe plus, l'escalier 
est construit, un mur de soutènement clôt la place du côté de 
l'église d'Aracœli. 

Dans les représentations postérieures à cette époque, dans 
celle de Marcucci, par exemple, datant de 1625, le Capitole est 
figuré tel qu'il existe avec le campanile à trois étages qui ne fut 
élevé que dans les dernières années du siècle ; à droite se voit le 
palais des conservateurs achevé et à gauche le mur de soutène- 
ment, décoré alors d'une niche. 



PREMIERE PERIODE 

TRAVAUX ACCOMPLIS DANS LE PALAIS DES CONSERVATEURS 

En Tannée i52o, le sénateur en fonctions, Pietro Squarcialupi * 
demanda au conseil communal l'autorisation de prendre des blocs 
de travertin dans les fouilles pratiquées autour de l'arc de 
Septime-Sévère, afin d'achever les travaux entrepris par lui à 
ses frais dans la loggia du palais des conservateurs. Les conser- 
vateurs le lui permirent tout en stipulant que les recherches 
seraient conduites de façon à ne pas compromettre la solidité de 
l'arc; une commission fut chargée de surveiller les excavations *. 

I. Le comte Pietro Squarcialupi fut deux fois sénateur, en i5ii-i5i2 et en 
i5i7-i52o. Ce fut durant sa première magistrature que le pape Jules II aug- 
menta, par sa bulle « Decet Romanum pontificem * du 28 mars i5i2 {Bull. Rom., 
V, 5ii) le forum du Capitole, c'est-à-dire la juridiction du sénateur et des ma- 
gistrats capitolins, sujet d'éternels litiges entre le peuple et la papauté. Ce fait 
fut commémoré par une inscription récemment mise au jour et publiée avec 
un commentaire par le prof. G. Gatti, dans le Bull, délia Com. Archeol. Comu- 
nale di Ronta, an. XXIX, 1901, p. 270. — 2. Le 22 septembre i52o. Archiv. Stor. 
Capit., Crcd. I^vol. 36, fol. 83. Cf.R. Lanciani, Destruction of Ancient Rome, p. 248. 



PALAIS DES CONSERVATEURS. 4^3 

Squarcialupi était au reste un grand destructeur d'antiquités; il 
avait fait une association avec une manière de bande noire qui 
exploitait les ruines de la ville et le mont Capitolin lui-même*. 

Ces travaux n'eurent d'ailleurs pas très grande importance et 
l'aspect du palais resta à peu de chose près le même. C'est peut- 
être à cette époque que le tribunal des conservateurs fut trans- 
porté au centre du palais où il se trouvait à la fin du siècle. 

En i52i et en i522, la cour du palais fut agrandie*; mais déjà 
les difficultés financières se présentaient; le conseil eut grand'- 
peine à trouver les fonds nécessaires au payement des mémoires 
de l'architecte; il fallut vendre la charge de protonotaire du 
Capitole et décider que les sommes qui étaient affectées à la 
restauration du Panthéon seraient détournées de leur emploi'. 

Cependant, même après les embellissements qu'on venait d'y 
faire, la cour de leur palais semblait aux conservateurs « impar- 
faite et difforme » ; or l'année jubilaire de i525 approchait, pen- 
dant laquelle l'affluence des chrétiens serait certainement très 
grande à Rome ; il fut donc résolu que, < pour l'honneur de la 
cité >, une somme de cent écus serait consacrée à rendre la cour 
plus convenable*. Survint le sac de Rome en 1527; tous les tra- 
vaux furent suspendus pendant plusieurs années. 

En 1023, la création d'une bibliothèque et d'archives avait été 
décidée 5. 

I. Lancianf, Storia degli Scavi di Roma, p. içS. Le conseil communal inter- 
vint. Un article des statuts interdisait d'ailleurs la destruction des anciens 
édifices. De Antiquis œdificiis non diruendis. Liv. IL art. 191. Statuts de i363, 
renouvelé dans les statuts suivants. Il prit, le 10 mars i52o, la délibération sui- 
vante : • Primus conservator... exposuit qualiter de auitorum Romanorum ges- 
tis in dmplitudine edificior. et illor. décore nil aliud hiis présent ittis temporïbtis 
oculatim videtur nisi ceu dirtita palatia, termae, archus, theatra et amphitreata 
(sic) ac balnea aqtiarq. latrine que omnia si Romanor, facultas tanta esset quod 
restaurari et conservari possint nulli dubiiimad ostendendum illorum animi ac 
potentie vires omnibus qui ex documentis ipsor. notitiam habent et locor. inspec- 
tione certiores redderentur. Que omnia pre uiribus inlesa custodiri debent. Qua 
propositione audita beneq. in huiusmodi senatus consulto cognita per patres 
ibidem manentes decretu extitit quod si facultas restaurandi Romanis deest a 
deuastantibus tueantur reiq. dum inueniuntur graui pena puniantur. » Archiv. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 14, fol. 119, et vol. 36, fol. 73. Lanciaxi, p. 195. Cf. 
F. Cerasoli, Usi e Regolamenti per gli Scavi..., Rome, 1897. — 2. Les paye- 
ments sont faits au « Magister Dominicus architector qui dilatavit cortile 
palatii. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, fol. 104 et io5. Séance du 20 no- 
vembre i52i. — 3. Séance du 29 octobre 1524. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. i5, fol. i3i. Cf. vol. 3ô, fol. 188. Voir aussi Lanciani, Storia degli Scavi, 
p. 206. — 4. Ibid., Cred. I, vol. i5, fol. 147 et 148. — 5. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, V. 36, f. 139. 



124 LE CAPITOLE ROMAIN. 



PLAN DE MICHEL-ANGE 

L'annonce de l'arrivée à Rome de Charles-Quint y provoqua 
une fièvre de démolitions, de restaurations et de constructions 
Le forum avait été bouleversé, plus de deux cents maisons 
furent rasées; d'anciens édifices, des églises, abattus pour per- 
mettre aux Romains de faire à l'empereur, qui avait été cause- 
du sac pitoyable de la ville quelque douze ans auparavant, une 
entrée dig-ne de lui; il convenait de ne pas laisser les palais 
municipaux dans l'état de délabrement où ils se trouvaient *. Ce 
fut à Âlichel-Ang-e que le conseil communal, désireux de faire 
montre de sa puissance, s'adressa pour les transformer. 

Michel-Ange traça donc le plan d'un ensemble de travaux 
grâce auxquels, tout en respectant les anciennes constructions 
qu'il voilait d'une façade régulière, il faisait disparaître cet en- 
chevêtrement de tours, de loggias, de réduits, d'escaliers, de 
toitures inégales qui étaient le résultat confus mais pittoresque 
de cinq siècles de transformations. Ce plan a été reproduit par 
Etienne du Pérac. 

Michel-Ange * unissait par une façade percée de fenêtres rec- 
tangulaires les deux tours d'angle; un grand escalier double, 
dont le parapet était orné de statues, aboutissait par une loggia 
à la porte d'entrée principale donnant sur la salle d'audience du 
sénateur; les figures allégoriques du Nil et du Tibre en déco- 
raient les côtés ; dans une niche ménagée au centre et entourée 
de pilastres, était une statue de Jupiter; le toit plat aurait été 
bordé d'une balustrade surmontée de statues ; un campanile d'un 
étage dominait le palais. 

La Jaçade du palais des conservateurs, du même style que celle 
du palais du sénateur, mais moins élevée, était garnie de pilas- 
tres engagés; la loggia subsistait, toutefois les baies, au lieu 
d'être en arcades, avaient un entablement rectiligne ' ; toutes les 
fenêtres du premier étage devaient être égales, indication qui ne 
fut pas respectée; une balustrade et des statues en garnissaient 
le toit comme pour le palais principal. En face, au pied de 
l'église S. Maria Aracœli, s'élèverait un troisième palais, sem- 

I. On verra que trente ans plus tard les palais, bien que restaurés, étaient à 
peine habitables. — 2. Description donnée par Vasari, Vita de Michelangelo, 
Florence, 1881, VII, 222. — 3. Les deux palais ne sont pas complètement 
d'équerre ; Burckhardt, Le Cicérone, Art Moderne, p. 246, voit dans cette incli- 
naison une habileté de Michel-Ange ; il y a là, plutôt, un hasard heureux, puis- 
que le palais des conservateurs existait avant lui, et fut simplement modifié sur 
ses indications. Cf. p. i5i. 



TOUR DE MARTIN V. 135 

blable à celui des conservateurs. Un escaKer, décoré de quel- 
ques-unes des statues que possédait déjà le musée capitolin, . 
conduirait de la place du Capitule au bas de la colline, sur la 
place d'Aracœli; à l'entrée de la place, les Dioscures occupe- 
raient l'emplacement où ils se trouvent effectivement, seulement 
ils auraient été disposés de cOté et non de face. Au surplus, il 
faut remarquer qu'ils ne furent découverts que sous le pontificat 



de Pie IV. Peut-être Michel-Ange se proposait-il d'amener au 
Capitule ceux du Quirinal qui sont d'ailleurs beaucoup plus 
beaux. Au centre de la place, s'élèverait la statue équestre de 
Marc-Aurèle. 



TOUR DITE DE MARTIN V 

Avant de parler de l'exécution de ce programme, il convient 
de signaler quelques travaux accomplis entre i5io et r545, de 
peu d'importance il est vrai, mais qui permirent à certains ma- 
gistrats de faire encastrer dans la tour la plus voisine de Uéglise 



126 LE CAPITOLE ROMAIN. 

S. Maria Aracœli de nombreuses inscriptions ainsi que leurs 
écussons. Cette tour devint par là une des parties les plus inté- 
ressantes de Tédifice capitolin. 

A droite est Técusson de la famille des Gualdi avec deux in- 
scriptions .de part et d'autre, et une autre inscription au-dessous, 
rappelant les noms de Galeotto et de son fils Francesco, Tun et 
l'autre sénateurs de Rome, Galeotto en i5io, Francesco en i53o. 

L'inscription de gauche porte : L'inscription de droite : 



IVLIO. Il 

PONT. MAX 

GALEOTTVS. DE. GVALDIS. 

VIR PRIMARIVS 

ARMINIENSIS 

STRENVI. GALEOTTI 

MALATESTAE 

EX. FI LIA. NEPOS 

EQVES. COMES 

ET VRBIS SENATOR 

AN NO. M. DX. 



PAVLO. III. 

REGNANTE 

FRANCISCVS GVALDVS 

ARMINENSIS 

ROMANVS. SENATOR. 

GALEOTTI. PATRIS 

VESTIGIA IMITATVS 

VIRTVTES. ASSECVTVS 

AN. DOM. M. DXXXIX 



^ Au-dessous : 

SVMNO. PAVLI. III. PONTIFICATV. 

FRANCISCVS. GUALDVS. ARMINENSIS 

SVB EODEM. PONTIFICE. ITERVM. SENATOR 

QVOD. EXPERIENTIA. MERVIT. GLORIA. COMPROBAVIT. 

M. D. XLIIM. 

Au-dessus, plus près de la saillie de la tour, sont les armes du 
sénateur Niccolo Tolosano surmontées d'une inscription. 

NIC. THOLOSANVS COLLE 

Cl. FLO. V. I. DOC. E. ECO. 

SVB. PAV. III. P. M. SENA. 

OFF. FVNGEBATVR. 

AN 1544 E 1545 E 1546» 

Plus bas que le premier écusson dont il a été parlé, à gauche, 
entouré d'une f^uirlande au-dessous de laquelle sont quatre petits 
pendentifs contenant les armes des trois conservateurs et du prieur 
des caporioni alors en fonction, se trouve une inscription rap- 
pelant la transformation du Capitole. 

INNOCENT. XII. PON. MAX. 

DVM IN ROMAM DE THESAVRO SVO 

NOVA ET VETERA PROFERT 

I. FoRCELLA, I, n. 48. Il faut rapprocher de la première de ces inscriptions 
celle-ci, qui se trouvait également au Capitole : 

IVLIO. II. PONT. MAX. GALEOTTVS DE GVALDIS 
NOBILIS ARMINENSIS. V. I CONS. EQVES ET 
COMES VRBIS SENATOR ANNO M. D. X. P. 

FoRCEtLA, I, n. 35. — 2. FORCELLA, I, H. 49. 



TOUR DE xMARTIN V. 127 

ROMA CAPITOLIVM VETVSTATE CONFECTVM 

IMPERAT INSTAVRANOVM 

VT ANTIQVIS DVM NOVA CONGLVTINAT 

TANTO PONTIFICI RESPONDERET 

NiWA ET VETERA SERVAVI TIBI 

MVTIVS DE MAXIMIS ) 

LEONARDVS CIOGNIVS [ CONS. 

LVTIVS SABELLVS ) 

SCIPIO HIPPOLYTVS DE ROSSI C. R. P. 

AN. DOM. M. DC. XCII*. 

Plus à gauche est un groupe comprenant un bas-relief qui 
représente un profil, supposé être celui de Scipion l'Africain et 
transporté du musée en cet endroit par les soins de Gualdus. 
Deux inscriptions sont à droite et à gauche, une au-dessous. 

A gauche : A droite : 



-♦- s. p. Q. R. 

COMITE SFORTIA 

MARESCOTTO 

MARCO ANTONIO 

CITARELLA 

MARCHIONE FABRITIO 

NARO 

CONSERV. 

FLAMINIO PICHIO 

CAP. REG. PRIORE 



-f- S. P. Q. R. 

lOANNE RiNALDO 

MONALDENSE 

EX DNilS 

MONTIS CALVELLI 

POP. ROM. 

IN PONTIFICAT. INTERR. 

COPIARVM 

DVCE. 



SCIPIONEM AFRICANVM 

CVM HISCE TROPHEORVM RELIQVIIS 

ET PALLADE CONCILIATA 

COMITE TRIVMPHATEM AD 

CAPITOLIVM IN IMAGINE 

HAC VELVTI VMBRA REDVCEM 

E MVSEO SVO EXIBVIT 

FRANCI8CVS GVALDVS ARIMINEN 

EQVES S. STEPHANI ANNO CIO 10 CLV* 

Un mascaron surmonte le tout. Un peu plus haut, à part, sur 
la droite, les armes du sénateur Giacomo Bovio sommées d'une 
fleur de lis, avec une inscription rappelant ses services. 

Au-dessous : 

lACOBO. BOVIO. IVRE CONS. BONO. SENA- 
TORIAL MAIESTATIS. MVNERE. LEONE 
X, PON. MAX. SEVERE. COMITERQ. INTE- 
GERRIME. FVNCTO. S. P. Q. R. VI R. 
TVTIS ERGO BENEMERENTI. D. D. 
M. D. XIIIM. 

1. FORCELLA, I, n. 191. — 2. FcJRCELLA, I, II. iS^. — 3. FORCELLA, I, 11. 87. 



fs» LE CAPITOLE ROxMAIN. 



STATUE ÉQUESTRE DE MARC-AURÈLE 

La seule partie du programme d'embellissement conçu par 
Michel-Ang-e qu'il vit exécuter de son vivant, fut l'installation 
sur la place du Capitole de la statue équestre de Marc-Aurèle 
qui décorait jusqu'alors la place du Latran. 

On a renouvelé à l'occasion de cette statue l'ancienne excla- 
mation de l'homme des champs : « Que ne marches-tu, tu sais 
bien que tu es en vie M » De vrai, cette statue, une des rares 
statues antiques de bronze qui aient échappé à l'avidité des 
envahisseurs barbares et aux nécessités des âges suivants, est 
parmi les plus belles qui se puissent voir. « Tous les autres che- 
vaux de bronze doivent être les très humbles serviteurs de celui- 
là >, disait le président De Brosses. 

Les légendes dont elle était l'objet furent la cause de cette 
préservation. Elles sont de deux sortes et très différentes. Le 
premier groupe, d'origine plus populaire et plus naïve, a donné 
naissance au récit que rapportent les Mirabilia *. Au temps des 
consuls et des sénateurs, un roi très puissant arriva de l'Orient 
en Italie et attaqua la ville du côté de la porte du Latran, pillant 
les alentours'; il causait au peuple romain un grand dommage; 
or un guerrier de haute stature, aussi courageux qu'avisé, s'en 
vint trouver les consuls et les sénateurs et leur demanda ce qu'ils 
donneraient en récompense à celui qui les délivrerait de ce fléau. 
On lui répondit qu'il aurait ce qu'il voudrait, t Donnez-moi, dit- 
il, trente mille sesterces et promettez-moi, la guerre finie, de 
perpétuer le souvenir, de ma victoire par un beau cheval de 
bronze doré. » Il eut cette promesse. Alors il ordonna aux Ro- 
mains de venir, en armes sur leurs murailles au commencement 
de la nuit et de se tenir prêts à lui obéir. 

Il avait remarqué que le roi ennemi venait chaque nuit au pied 
d'un arbre sur lequel perchait un oiseau qui, à sori approche, se 
mettait à chanter. 

Le soir venu, il monta sur un cheval sans ^elle, prit une serpe 
et, dès que l'oiseau jeta son appel, s'avança vers le lieu où s'était 

I. L'exclamation est généralement attribuée au peintre Pierre de Cortonc. 
M. MoRET. Le Moyen Age pittoresque. Paris, iSSç; explication delà planche çS. 
— 2. « Laterani est quidam caballus ereus qui dicitur Constantini. Sed non est 
ita...y> Page 36, ligne 18 (Édition Parthey). — 3. Les Miratilia et les descri- 
ptions de cette époque ne disent pas quel était ce roi d'Orient ; un auteur 
du XVI' siècle, Prospettivo Milanese, l'appelle Asdrubal. Voir la note 6 de la 
page i3o. 



STATUE DE MARC-AL^RÈI.L:. lag 

retiré le roi: les gens de sa suite le prirent pour un des leurs, 
mais lui crièrent néanmoins de s'écarter s'il ne voulait être pendu. 
Lui, feignant de s'éloig-ner, fondit tout à coup sur le roi qui était 
petit et l'enleva, criant aux Romains : • Sortez et taillez l'armée 



Fig. :?. — Staluc de Marc-Aurelc. 

des ennemis, car j'ai leur roi. » Ils lirent ainsi; l'armée assié- 
geante fut mise en déroute avee un grand carnage et l'on trouva 
. dans son camp un butin considérable. 

Comme ils s'y étaient engagés, les Romains élevÈrent à leur 
sauveur une' statue le représentant sur son cheval, sans selle, 
étendant la main droite, avec laquelle il avait saisi le roi, un 
oiseau sur la tête ; le roi ennemi était foulé aux pieds du clieval '■ 

I. Voir ce qui est dit p. suiv., nolo 3. 



4 3o LE CAPITOLE ROMAIN. 

Il est difficile de déterminer l'orig-ine de cette légende; peut- 
être a-t-elle pour explication qu'en se plaçant en avant du cheval, 
le toupet formé au haut du front par la crinière a quelque res- 
semblance avec une chouette; en outre, primitivement, on voyait 
un homme sous les sabots du cheval, ainsi que le prouvent les 
imitations qui furent faites de ce groupe *. 

Mais la légende du « grand vilain », il gran villano-, quoique 
accréditée et propagée par le livre si répandu des Mirabilia et 
les ouvrages descriptifs qui en sont issus, n'çut jamais autant de 
crédit que celle qui faisait de la statue une image de l'empereur 
Constantin. C'est sous cette dénomination que la statue fut géné- 
ralement connue durant tout le moyen âge et qu'elle fut repro- 
duite dans les pays lointains '. 

Cependant on donna à la statue bien d'autres noms encore: 
dans les délibérations du chapitre du Latran elle est désignée 
sous le nom de statue d'Antoine*; le Poggio, qui la vit au temps 
d'Eugène IV, l'appelle la statue de Septime-Sévère s; Nicolas 
Muffel de Nuremberg, venu à Rome en 1452, à la suite de l'em- 
pereur Frédéric V, mêlant les deux versions, en fait une statue 
« d'un vilain appelé Septime-Sévère^ ». Ceux qui se piquaient de 
quelque science pensaient autrement. « Peregrini Theodoricum 
vacant, vulgus Constantinum sed Clerici Curiœ Marcum seu 
Qiiintum Curtium appelhnt », dit Gregorius Magister dans un 

I. Voir ce qui est dit note 3. — 2. Gamucci écrit (fol. 20 v.), en i565 : « Quella 
famos2 statua équestre di Maixo Aurelio... la quale è chiamata da volgari de 
nostri tempi il Gran Villano.ï). Le chevalier Harff, qui vint à Rome en 1497, parle 
ainsi de la statue {Die Pilgerfahrt des Ritters Arnold von Harff... Cologne, liyU): 
traduction de De Reumont, dans VArchiv. Veneto, vol. XI, part. i. 1876, p. i3^) : 
« Sulla piazza (de Saint-Jean de Latran) davanti alla chiesa sta eretla una statua 
équestre di bronzo quale fii posta a iin contadino divenuto capitano a Roma, cfie 
libéra la città dai îtemici imitando il suono del cuculo, di che si misero altamente 
a ridere gli assedianti. » — 3. Arbellot, Mémoire sur les statues équestres de 
Constantin placées dans les églises de l'ouest de la France. Limoges-Paris, 
i885. Dans ces reproductions, iigure le captif foulé aux pieds du cheval dont 
parle le livre des Mirabilia, Elles répandirent l'opinion que la statue originale 
était de marbre ; Richard de Poitiers écrivait, en 1293, dans sa Complainte 

Constantine cades equo de marmore facto 

Et lapis erectus et multa palatia Romœ.. 
Richard le Poitevin, art. de Berger dans la Bibl. des Écoles françaises 
d'Athènes et de Rome, VI (1879), p. 2. Cf. A. Graf, Roma nella Memoria, II, 112. 
— 4. .'îALLETTi, Towi. rj!/.,8u39; délibération du i5 août 140$^ (voir plus loin); 
Marc-Aurèle avait nom/l;i/o;iiw«5,ce qui peut avoir créé cette confusion; toute- 
fois, dans une délibération en date du 20 octobre de la même année, on lit : 
« Statua Aureliani vulgariter Constantiniana. » Ibid., iV)Mj, fol. 257. — Dans la 
délibération du conseil communal qui ratifia le transport de la statue sur la 
place du Capitole, elle est désignée sous le nom de • Statue de M. Antoine ». 
Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, pi. 379. —5. De Varielate Fortunœ, éd. 
Giorgi, p. 21. — 6. NicoLAUS Muffels, Beschreibung der Stadt Rom, herausge- 
geben von Wilhelm Vogt, Tubingen, 1876. Cette confusion existait encore 



STATUE dp: MARC-AURÊLE. i3i 

livre dé Mirabilia dont quelques frag-ments seulement ont été 
conservés par le moine ang-lais Ranulf Hyg-den *. 

Toujours est-il que l'opinion générale tenait que la statue était 
une représentation de l'empereur Constantin *, et c'est à ce titre 
qu'elle était e^ntourée de l'admiration universelle. On lui faisait 
jouer un rôle dans toutes les solennités; quand le tribun Cola di 
Rienzo donna une fête magnifique au peuple romain à l'occasion 
de son sacre comme chevalier, un ingénieux artifice, dont nul ne 
put pénétrer le mystère^ permit de faire couler du vin et de l'eau 
des naseaux du cheval; un manteau de vair dont on l'avait recou- 
vert aidait apparemment à l'illusion '. Ce fut, au reste, la cou- 
tume au moyen âge que ceux qui voulaient faire figure à Rome 
ofl'rissent un manteau au cheval. Wace raconte, dans le Roman 
de Roîiy que Robert I", duc de Normandie, agit de la sorte : 

Costentin uit, ki ert à Rome 

De quiure fait, en guise de home, 

Cheual a de quiure ensement, 

Ne muet pur pluie ne pur uent. 

Pur la hautece e pur la honur 

De Costentin l'enpereur, 

En ki nun Thuage est leuee 

E par ki nun est appelée, 

La fist d'un mantel afubler 

Del plus riche qu'il peut trouer*. 

chez quelques auteurs du xvi' siècle. Prospettivo Milanese, dans ses Aîtti- 
qiiarie Prospettiche romane, écrit, en i5oo : 

Evi di Constantino vn gran ronzone 

Staui quel grande chucise Asdrutello. 

Sono ambedui di gran perfections 

Atti Accad Lincei, Ser. IL vol. III, part, m, p. 5i, et Gilberto Govi, Rome 
1876, qui publie le texte avec commentaires. — Gamucci. Le Antichità di Roma, 
Venise, iSôç, écrit, p. 16 : • Nel centro délia piazza di Campidoglio la famosa 
statua équestre di Marco Aurelio. » Aldrovandi, Le Statue di Roma, p. 268, dit : 
a Nel mezzo délia piazza del Campidoglio si vide la bella statua équestre di bronzo 
di M. Aurelio filosofo et Imperatore ; e sta in habito e gesto di paceficatore , 
Dicono, ch'ella fosse di Antonio Pio; altri di L. Vero; altri di Septimio 
Severo:.. » — i. De Rossr, Piante di Roma, p. 77; cf. Adinolfi, Laterano e Via 
Maggiore, p. 71 ; Jordan, Topog., II, 370, 385; Stevenson, AnnalidelV Istituto 
Arch., 1877, p. 375 ; Tizza>ji, Atti delV Accad. Rom. di Archeologia, nuova séria; 
I. 241. — 2. Martinelli {Roma ricercata, p. 795), qui écrivait au milieu du 
XVII' siècle, dit : « Nel Mezzo délia piazza il famoso cauallo di métallo caualcato 
da Marco Aurelio Antonino secondo alcuni, e secondo altri da L. Vero, se bene 
molti han creduto, come testîfica il Ftilvio, esser di L. Settim Seuero : ma è chia- 
mato dal volgo e dal Bibliotecario di Costantino perché staua su la piazza del 
Palazzo Lateranense...* Cf. Gamucci. Voir p. 134, note 3. — Muntz, Les Arts à la 
Cour des Papes, III, 17Q, fournit des mandats relatifs à la restauration de cette 
statue, qui montrent qu'elle était connue communément sous cette dénomina- 
tion. Voir plus loin p. i35, note 2. — 3. Cron. Mutittense; Muratori, R. Italie. 
Script., XV, 608. — 4, Ed. Andresen, Heilbronn, 1877, II, i52, v. 3o5i. 



i32 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Le sort de la cité passait pour lié à celui du cheval; cette 
croyance était encore fort répandue au temps où Ampère visita 
Rome. Un enfant, lui montrant les traces de dorure qui se voient 
sur la statue, lui raconta qu'elles aug^mentaient. « Quand la statue 
sera complètement dorée, dit-il, le monde périra. » Cependant, 
en i636, le sénateur Orazio Albani avait dû prendre un arrêté 
défendant de lui jeter des pierres ou de la boue *. 

Cette statue aurait d'abord orné VArea du Forum où l'on voit 
encore, d'après le P. Thédenat, les trace» de la base sur laquelle 
elle s'élevait*. Plus tard, elle fut transportée à l'emplacement 
qu'elle occupa long-temps devant l'église du Latran'. Lors du 
meurtre de l'antipape Boniface (974), il est dit que son corps 
fut jeté aux pieds du cheval dans le « campum ante caballiim 
Constantini », termes qui, à vrai dire, s'appliquent aussi bien au 
campus lateranensis qu'au campo vacciîio*. Quelques années 
auparavant (966), le xadavre de Pietro, préfet de Rome au temps 
de Jean XIII, y avait été attaché par les cheveux^. 

Toutefois, on a soutenu que la statue en question ornait le 
palais d'Annius Verus, qui était proche du Latran et dans lequel 
Marc-Aurèle avait long-temps vécu, et n'aurait jamais fig-uré sur 
le Forum, car il a semblé difficile d'admettre qu'entre le xr et le 
xir siècle une statue si fameuse ait pu être transportée du pied 
du Capitole au Latran, sans qu'aucune chronique fit mention dé 
ce fait 6. 

D'aucuns ont pensé que le transport de la statue avait eu lieu 
à une époque relativement récente. Ce qui a pu donner naissance 
à cette croyance, c'est ce passag-e du biographe ferrarais de Clé- 
ment III où il est dit que ce pape ag-randit le palais de Latran et 



1. « Che nessuno abbia ardire lirare sassi, fanga o simili materie nel Cavallo 
di bronzo esistente in delta piazza, sotto le medesime pêne. Datum Rome ex 
nostro Capitolio, hac die 10 Aprilis i636. Horalio Albani Senatore. » Bibliothèque 
Casanatense, Collez. Bandi, vol. VI, n- 171. — 2. Henry Thédenat, Le Forum 
romain, Paris, 1904, p. 167, 286; Ciampini, De sacris /Edifie., cap. 2; Palladio, 
Archit., Lib. IV, c. ix. Voir aussi l'article de Stevenson, Annali delV Istitulo 
Archeologico, 1877, p. 873 : Antichi Edifiai al Laterafto. Fea cite un itinéraire dans 
lequel le Templum Pacis et le Caballus Constantini sont mentionnés conjoin- 
tement. Dans l'itinéraire Einsidlense (viii« siècle), le « Cauallus constantini » est 
placé près de l'arc de Septime-Sévère. (Codex Urbis Romae, Urlichs, p. 71). 
Cf. Vacca, n. 18. — 3. D'après A. Graf, II, m, ce serait le pape Scrgius III 
(903-Qii) q\ii aurait ordonné ce transport. Cf. Adlnolfi, Roma nelV Età di Mezzo, 
I, 25o. — 4. MuRATORi, Annales, V, 262. Gregorovius, II, 74. Dichesne, Liber 
Pontificdlis, II, 254. — 5. Muratori, R. Italie. Script., III», 33i. — 6. Storia délie 
Arti del Disegno di Giovanni Winkelmann, traduction très corrigée et augmen- 
tée par l'abbé Fea, Rome, 1784, III, 441. L'ouvragre de Winkelmann, Geschichte 
der Kunst, avait paru à Dresde en 1764. Le transport d'un groupe si pesant dut 
être, en effet, fort laborieux. On eut grand'peine à l'accomplir au xvi- siècle. 



STATUE DE MARC-Al'RÉLE. '33 

Ht exécuter, pour en décorer la façade, un cheval d'or '. Dans sa 
chronique bolonaise, fra Bartolommeo délia Pufjliola répète cette 
assertion, lout en spécifiant que le cheval était de bronze*. 11 
s'aifit donc bien du cheval de Marc-Aurèle auquel Clément III 
avait sans douie ordonné qu'on fit des réparations ^ 

La statue devait se trouver en fort mauvais élat si l'on en jug^ 
par une reproduction que possède, parmi d'autres bronzes de la 



Fig. 20. — Le cheval de Marc-Aurèle devant le Latran. 

(CiAMPisi, LU Sjcris Ae.UpcUs j ConsUnlIno Mjgno conslriiclls ; 

Rome, lùfi, [II, 17, f>l. 5,) 

Renaissance, le musée royal de Dresde: on l'attribue à Antonio 
Averlino dit le Filarète, qui travaillait au temps d'Eugrène IV»; 
cette reproduction fournit donc l'aspect que devait présenter la 
statue avant les réparations dont elle fut l'objet sous les ponti- 
ficats de Paul II et de Sixte IV et qui sont les premières que l'on 

I. ■< F.quum qao^ue jureiim fleri jecit. • Mlhatori, R. Iljtic. ScHpt.. IX, 
i-fl. Tokitcfuis le lexlc donné parle Liter Ponliftcslls dit simplement: iPuleum 
ànteereum «juum /rff/;l£r(. > Vie de M. Polonîus. II. 45t. — 2. Muratori, /<. 
/(aifc. Srri/'l., XVIII. 2^0.— 3. CepaperÉ(tnadeii87àii9i.— 4. Elle tu I fui le 
sur l'ordre du pape, et offerte d Pierre de Médicis, en 1465. Bulletin de U Snctétà 
des Anllquxires Je France. i885, 4* trimestre, p. 271, communication de M. Cou- 
rajod sur Filarète. Voir Coirajod. Quelques sculptures en trome de FiUréle. 



«34 LE CAPITOLE ROMAIN. 

connaisse de façon certaine *. Il se peut que les détériorations 
qu'on y remarque soient survenues à la copie du Filarète; mais, 
d'une part, il est dit dans un document de l'année 1474 que le 
^^•roupe était « vetustate quassatum et collabentem* »: d'autre 
part, le coût élevé des réparations montre qu'elles durent être, en 
effet, fort importantes. On est donc en droit de supposer que la 
statue du cheval manquait alors en réalité du pied droit de 
devant et de la jambe g-auche de derrière. Cependant le Filarète 
ajouta certainement devant les jambes du cheval un casque à 
haut cimier orné de bas-reliefs rappelant des motifs de l'anti- 
quité classique : d'un côté, un centaure enlevant une femme; de 
l'autre, deux hommes luttant: sur la visière est une tête de bélier; 
le fond, sur lequel se détachent les fij^'ures, est g:uilloché ou plutôt 
martelé '. 

On a prétendu, à tort, semble-t-il, que le cheval avait été jeté 
dans une fondrière d'où le pape Sixte IV l'aurait fait retirer ♦. 

I. Dans l'ouvrage de G. Rohault de Fleiry, Le Latran au Moyen Af^e, 
planche L, on voit la statue de Marc-Aurèle, sur le socle sur lequel elle se trou- 
vait au Latran; dans ce socle,sont encastrées les armes du pape Boniface VIII, 
(iaetani (1294-1303), ce qui pourrait faire croire que ce pontife ou quelqu'un de 
sa famille s'occupa de le restaurer ou de restaurer la statue. — 2. Caxcellieri, 
Solenni possessi, p. 198. Le texte porte, en son entier : «-Equiim senetim vetustate 
ijuassatum etjam collabentem cum f essore Marco A urelio Antonino restitua, quem 
ante œdem Constantinianae Basilics cernimus. » Vie du pape Sixte IV, par un 
anonyme que Muratori pense être Platina. Mlratori, R. Italie. Script., III*, 
i()()4. C. MuxTz, Les Arts à la Cour des Papes, III, 177, rapporte sur la foi 
d'AJbertini une inscription qui semble être la transcription de ce passage : 
• Syxtus IIII Pont. Max. equlm hunc .f:NEL'M vetlstate quassatlm colla- 
bentem CUM ASSESSORE RESTiTuiT » et il s'étonne que Forcella ne la mentionne 
pas. C'est peut-être qu'il n'a pas ajouté foi à Albcrtini. Albcrtini a composé vers 
i5u9 son opuscule des Mirabilibus (Éd. de i5i5, fol. 62). — 3. Courajod, art. cité ; 
Gio. Batta De Rossi et (iuseppe G.\tti, dans le Bull. Arch. Com., an. 1886, p. 
348. L'inscription inscrite sur le socle de cette reproduction porte que la statue 
est celle de l'empereur Commode ; on sait que le père et le fils se ressemblaient 
beaucoup, et les érudits du temps d'Eugène IV ont pu se laisser induire en 
erreur par leurs connaissances iconographiques incomplètes. Dans un chant 
composé en 1467, pour célébrer le transfert de l'urne de porphyre contenant les 
restes de sainte Constance, du mausolée où elle était déposée dans la via 
Nomentana, au palais que Paul II venait de faire édifier sur la place Saint- 
Marc, il est dit : 

Commodus et sonipes hostilia vulnera passi 
Pontificis tantum reficiuntur ope. 

Voir la Gazette Archéologique, i885, p. .^2, et le Bulletin de la Société des 
Antiquaires de France, i^i5, p. i';-^; an. de L. Courajod. — 4. Du moins, le 
texte d'Onuphre, qui se trouve dans Pl.\tina, Historia de Vitis Pontificum, 
Cologne, 1626, p.33i, porte : « Marci Aurelij statuant œneamequestrem humiliet 
sordido loco iacentem in area Lateranensi augustiore loco exposuit. » Cf. Fla- 
MiNio Vacca qui prétend que la statue fut trouvée dans une vigne près de la 
Scala Santa; Memorie, n. xviii. Cf. Fea, op. cit., p. 414, et, du même auteur, 



h^^at 



STATCE DE MARC-AURÊLE. i35 

Le pape vénitien Paul II, qui aimait tant les choses de l'art, 
entreprit de restaurer cettej statue si malheureusement endom- 
magée; dès la deuxième année de 
son règne, en 1466, il lit commen- 
cer des travaux, mais tout se borna 
alors à élever autour de la statue 
un grand baraquement en planches 
qui coûta fort cher. Cependant, en 
l'année 1468, trois cents florins 
furentpayÉs au célèbre fciédaitleur 
Oistoforo Geremia de Mantoue, 
qualifié dans le mandat de paye- 
ment de ■ familier du pape >, et 
qu'il estimait assez, en eFFet, pour 
luidonnerun logement au Vatican'. 
Ce fut le successeur de Paul II, 
le pape Sixte IV, qui mena à 
bien le travail; il s'adressa à des 
orfèvres et eut à leur compter des 

sommes importantes; un nouveau '^'*''- "Tc?ànS"i' Sn 
piédestal fut aussi construit pour irrcsque de Fiiippoi.ippi, église 
la statue: le pape voulut qu'il fût dclaMineno). 

de marbre '. 

Un tableau a conservé l'aspect qu'avait la statue après cette 
restauration, c'est celui que peignit le peintre Filippo Lîppi en 

Discorso laliimo aile telle firll. Rame, 1797.P. xi,el jVhoi'j «eîc|-i2(one... Rome, 
iliiG, p, 18J. — 1. (En mar^ :) Pro reslattralione e^ui serei S. Jo. Laleraneasis. 
Dans le lente : ■ .Wjivuî elc, honoratlH viro Andrée Ulasij elc, soImIIs honl. 
vlio Çristo/oro de GieremiL^ de Manlua Ssml D. N. pp. familiari fl. au. de 
l'am. Irecentos pro parte solullonis ejus taborerii el athirum expensanim pro 
rtsljurslloue equi eret siti i« platea sancli Johannis Laltranensts oporlunjrum. 
quos elc. Dal. Rome apiti Sancluin Marcum sut signeli aosiri Impressione die 
XXV Junlj MCCCCLXVm. PonUf. SS. D. N. Paul! div. prov. pp. II. jmuu 
quarto. • Archir. di Slalo, Mandatl Cam. Urbis, 14^^73, folio tti. — 2. • Solvalis 
fto. vtr. Magistro Nardo Cortolint el Leonardo UuUoccI cl. ro. aarlf abris qui- 
tus data est cura sarciendiequam eneum ConstanUnlantepalalluin I^leraneuse 
exislenlem fi- au. Je cam. G in deductionem mercedis Ipsis promisse pro itlo 
nferf • (3 juillet 1473). — Le it décembre 1473, autre payement de deux cents 
docMs pro re/eclione eqal Conslantinl. — Le 14 avril 1474, payement de cent 
ducats. — Le i5 novembre, pour solde, payement de deux cent» ducats. — Le 
24 décembre de la même année 1474, payement de soixante-quinze ducats à un 
tailleur de pierre < pro parle operis quai facturas est in tasi nova marmorea 
eqtii Con.'^laaliai ». BnlIelUno Jeir InstUuto di Corrcsp. Arch.. an. 18(17. p- 1O9, 
art. de A. voM Zahn ; E. MHutz, Les Aris à la Cour des Papes, tii;i}-tSl2, U\, 170. 
Documents tirés de VArchiv. Seg. Val., I^v. Camer., vol. 36, fol. io3, tXi, i^, 
Kjo. Ce serait à la suite de ces travaux qu'on aurait inscrit sur le piédestal l'in- 
scription rapportée par Albertini. Cf. arl. <lc A. voN Z.\iis. Bul. delVlnst. jr- 
cheol., iWi p. Tiff). 



<36 LE CAPITOLE ROMAIN. 

i486 dans la chapelle de Saint-Thomas-d'Aquin, de l'église de la 
Minerve, et qui donne une vue du Latran à cette époque *. 

Une statue si fameuse et si belle, et dont la destinée était si 
intimement liée à Thistoire de Rome, devait avoir sa place au 
Capitole. C'est pourquoi sans doute Michel-Ang:e la choisit 
comme motif central de la décoration nouvelle qu'il avait conçue, 
et c'est pourquoi aussi son plan fut en ceci exécuté sans retard. 

Toutefois le chapitre du Latran fît de son mieux pour ne pas 
se laisser dépouiller. Réuni une première fois le 28 novem- 
bre 1537, il nomma des délégrués qui devaient aller supplier le 
pape de ne pas permettre le déplacement de la statue * : ces dé- 
légués furent éconduits. Alors, le chapitre s'assembla de nou- 
veau, le 9 janvier i538, d'autant plus alarmé que l'on venait 
d'amener près du groupe des machines destinées à son transport; 
il renouvela sa protestation avec plus d'énerg-ie, mais sans plus 
de succès '. La statue fut enlevée et alla occuper l'emplacement 
où elle se trouve maintenant. 

Le conseil communal supporta, comme il était juste, une part 
de la dépense (i538) *. 

Pour trouver un piédestal à ce groupé colossal, il fallut extraire 
du forum de Trajan une des plus massives assises de pierre qu'on 
put y trouver ». 

Quelques restaurations ont été faites à la statue en i836, sous 
la direction de Thorwaldsen et de Valadier, avec l'aide du fon- 
deur Giuseppe Spagna ^. 

Le{ cheval de Constantin eut son gardien particulier; Muziano en 
fait mention au xvi" siècle, dans son Commentaire; en i6i5, les 
conservateurs nommèrent gardiens à vieAscanio Pirotti et son fils, 
le précédent gardien ayant renoncé à tous ses droits et émoluments ^ 

• 

I. Masetti, Notisie délia chiesa Minerva, p. 35. — 2. « Qui exorent suam S, 
neequus senus viielicet M. Aurelius Antoninus c platea Lateran. amoveatur. » 
ViNCENZO Tizzoxr, La Statua équestre di Marco Aurelio, p. 34. — 3. Le chapitre 
avait résisté victorieusement, en 1498, à une première tentative d'enlèvement. 
Le 28 octobre il avait délégué quatre de ses membres auprès du cardinal de 
Lisbonne (Giorgio Costa), du cardinal de S. Croce, des conservateurs et 
des caporioni pour « déplorer la fuite obligée du cheval et de la 
statue de Constantin »; * ut déplorent fugam coactam Equi et statuant... 
Cens tan tinianam et supplicare dignentur intercedere ap. S. D. N. uti retineat.n 
ViNCENZO TizzoNi, La statua équestre di Marco Aurelio, p. 34.-4. Délibération 
en date du 22 mars i538. « Quod dicta summa (le montant n'en est pas indiqué) 
erogari debeat in reformatione statue M. Antonii in platea Capitolii secitndum 
judicium Michaelis Angeli sculptoris. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, fol. 
379. Il s'agit du produit des amendes dont avaient été frappés les habitants de 
Cori. R. Lanciani, Destruction of Ancien t Rome, p. 23 1. — 5. Vacca, Memorie^ 
n. 18. Martinelle, Roma ricercata, p. 78, dit que le piédestal vint des Thermes 
de Trajan. On y grava une inscription. Forcella, I, n. 44. — 6. Diario di Roma, 
i836, n. 20. — 7. Archiv. Stor. Capit., Cred. XI, vol. 19, fol. C)fl D'une façon 



ACHÈVEMENT DE LA PLACE. 187 

Raphaël et Donatello s'inspirèrent, dit-on, de ce g-roupe dans 
lequel la belle allure du cavalier masquait à leurs yeux le peu 
d'ensemble des mouvements de la monture ; l'un y prit le type du 
palefroi fougueux que monte son Gattamelata'de Padoue ; l'autre, 
le modèle de la paisible haquenée qui porte le pape saint Léon 
dans la fresque du Vatican'. 



ACHÈVEMENT DE LA PLACE. 

Avant de poursuivre plus avant la réalisation du plan de Mi- 
chel-Ang-e, on dut s'occuper d'empêcher le palais de crouler. Les 
salles dans lesquelles se rendait la justice étaient si peu habi- 
tables qu'un magistrat, qui avait été appelé de Foligno pour rem- 
plir les hautes fonctions de premier collatéral du sénateur, ayant 
envoyé préalablement son fils pour inspecter les lieux, refusa de 
siéger. Le conseil fut donc obligé d'entreprendre des travaux de 
restauration (1542)*. Mais les ressources du trésor communal suf- 
fisaient à peine aux travaux d'entretien. En i537, le montant des 
ventes de charges, qui s'élevait à quinze cents écus, avait dû être 
consacré exclusivement à cet objet, au détriment des pensionnés 
de la ville, des porzionariy qui recevaient habituellement une 
somme de mille écus sur ce fonds ; quelques conseillers protes- 
tèrent, mais force fut de passer outre 3. 

générale, on peut consulter sur l'historique de cette statue : Vincexzo Tizzoxr, 
La statua di Marco Aurelio descritta ed illiistrata, avec gravures, anonyme, 
Rome, i838, qui se trouve à la Bibliothèque Casanatense, Miscell., in-8, vol. 963, 2. 
— I. Fea, p. i83 et Maurice Paléologue, Rome, Paris, 1908, p. 42. Marc-Aurèle 
est représenté de même dans les bas-reliefs dont il est fait mention p. 198. — 
2. Conseil du 8 juillet 1542. Cred. I, vol. 17, fol. 84. 3. Arch. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. 17, fol. 46, 47. Séance du 23 octobre 1537. Et Archiv. di Stato, Mand. Cam. 
1537- 1 541, fol. 34, i5 septembre 1537: « Solvatis Se. V et. Julios 8. a Maestro Dene- 
detto de Pisis fabro lignario pro reparatione palatii Capitolii de commissione 
Dni Cesaris de NoMlibus, preteriti Senatoris, in cuticulo qiiod habitat. D. Fran- 
ciscus de Sessa Notarius Maleflciorum.» Suivent d'autres mandats de peu d'im- 
portance. M" Jacobo bononien; muratori scut. auri triginta sex et bol. g3 ifz de 
Jul. X pro quolibet scuto pro residuo siii laborerii et pro tôt operibus factis in 
reparatione palatii senatus vestri capitolini, 23 février 1537. Mandat adressé au 
Magnifico domino aime Urbis senatori — Le 20 mars suivant, pajement d'une 
autre somme de 36 écus, 98 1/2 bol. pour le même objet. (Mand. Camerali, 1534- 
1537, cité parMuNTz, Les Antiquités, p. 154.) — Séance du 22 septembre 1537. Il efet 
décidé que le montant de la vente de toutes les charges serait affecté pendant 
toute l'année aux travaux du Capitole. — Séance du 23 octobre. Les Magistri 
Viarum offrent de céder toutes les pierres tiburtines dont ils peuvent disposer. 
-- Séance du 26 octobre, Marius Macaronius est élu surveillant des travaux à 
quinze écus par mois. Mutio Muto annonce qu'il a fait payer beaucoup 



i38 LE CAPITULE ROMAIN. 

En 1541, le conseil autorisa les conservateurs à vendre huit 
parts sur le Mont-de-Piété de Bolog-ne, moyennant sept cent cin- 
quante écus qui furent employés à des réparations. 

Obligé de se limiter par suite de ce manque de fonds, le con- 
seil communal dut se contenter de n'exécuter du plan de Michel- 
Ang-e que ce qui touchait à l'embellissement de la place. Gia- 
como délia Porta* fut l'architecte chargé de cette tâche; le con- 
seil le secondait de son mieux et nommait régulièrement des 
commissaires pour surveiller et hâter la marche des travaux*. Au 
reste, lorsque les conseillers faisaient quelques difficultés pour 
donner des fonds, le Saint-Siègre intervenait et leur forçait la 
main: ainsi en 1543 les conserv^ateurs reçurent l'ordre, sous me- 
nace des peines les plus sévères, de remettre aux ma^istri stra- 
tanim, chargés du service de la voirie, la somme de six cents 
écus, prélevés sur la gabelle des vins, en vue de l'établissement 
de la Via Capitolina qui devait servir de voie d'accès au Capi- 
tole'. 

Il y avait longtemps d'ailleurs que les expropriations, sinon les 
travaux proprement dits, étaient commencés; en 1480, il fut payé 
à (iiovanni Pietro de Spiritibus la somme de cent vingt ducats 
pour prix de sa maison qu'on avait dû jeter bas*. Sous le ponti- 
ficat de Paul III, on entreprit de niveler une butte dont la terre 
fut rejetée sur la pente de la colline vers la place d'Aracœli, en 
sorte que les maisons qui se trouvaient de ce côté furent presque 
ensevelies et éprouvèrent un sérieux dommage; en compensation, 
on dut allouer à chaque propriétaire deux cents écus*^. On dé- 
molit d'autre part la façade du palais Muzio de Mettis afin de 
faire aboutir convenablement la descente sur la Via Torre 

d'amendes dans la terre de Cori (dépendante de la commune de Rome); cin- 
quante écus restent à verser ; la somme totale s'élèvera alors à 240 écus qui 
seront affectés au Capitole. — Mai i538. Plusieurs charges restant à vendre et 
plusieurs acheteurs se présentant, il est décidé qu'elles seront mises aux 
enchères et que le produit sera affecté à la poursuite des travaux, avec l'assen- 
timent du peuple. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, fol. 360-379, et vol. 17, 
fol. 5(3.— I. Giacomo délia Porta, né en i53o, mort en 1590, était élève de Vi- 
Srnole ; vers cette époque, il construisait les églises S. Louis des Français et 
S. Maria de Monti. Il acheva la coupole de Saint-Pierre avec le concours de Fon- 
tana. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 17, fol. 76; vol. 36, fol. 409 et 430; 
pour l'année i555, fol. 802. — 3. « Mandatum Conscrvatoribus qiiod solvi faciant 
Magistris slratarum Urtis se. 600. » Arch. Seg. Vat., Div. Camer., v. i39,fol. 63. 
Le pont S. Maria ou Ponte Rotto, avait été fortement endommagé lors de l'inon- 
dation du Tibre de i53o (octobre). En i557, il fut de nouveau emporté en partie; 
seule une arche consolidée en 1575, par Grégoire XIII, demeure actuellement 
debout. Voir M. Carcaxi, Il Tevere e le sue inondazione, Rome, i«S75. — 
,\. ,Arch. Seg. Val., Div. Cam., vol. 47, fol. 117. « Assignamentum pro Johanne 
Petro de Spiritibus. » — 5. • Supplica di Michèle Marcocco ai Conservatori del 
29 fjtre i5&3. » Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 20. 



ACHÈVEMENT DE LA PLACE. 13» 

Jet Spccchi'. Plus tard, on abattit la maisim tout entière'. 

La uonstruction du grand escalier destiné à donner aocès à U 

plate du Capitule ex- 

cita dé vives compéti 
lions ; un prand nombre 
d'architectes avaient 
présenté des projets : 
deux l'emportèrent, ce- 
lui de Martino Lunghi 
et celui de Ciiacomn 
délia Porta: ce dernier 
avait l'avantage, dit le 
rapporteur du con- 
cours, de masquer cer- 
tains lieux peu dignes 
d'être vus sur le moni 
Capitolin et d'être si 
habilement combiné 
qu'on ne s'apercevait 
pas de l'obliquité de 
l'escalier *. On reprit 
en.suite le nivellement 
de la place (i577)». 

En même temps, on 
s'occupait d'en com- 
pléter la décoration. 
Paul m (iS34-i55o) 
avait fait édifier par 
\'ignole le portique et 

réparer les degrés qui j,esrf. tc;rJ^°â'ï'%iL^.'T^ca.li. 

conduisent à l'église 
d'Aracœli», et Jules III (i,55o-i55ô) fit construire l'autre portique 

I. Supplique de Muiio pour obtenir 1c dédommafrcmeut qui [ui avait Été 
promis- Archiv. Slur, Capit., Cred. VI, vol. Gi, fol. ô, annûe i5ii-. ~ ;. Le 
crédit fut vuié, le i5 oi:tobrc [SOi, par quatre-vingts vuis tiinlrc treize. 
Archiv. Slor.Capit., Cred. I, vol. îi.foî. rî.S el i?ti. — 3. lettre sans date adres- 
sée aux coniiervatcurs par Paulo del Bufalo délégué à la construction de l'esca- 
lier (Archiv. Stor. Capil., Cred. \l.voi.6j, lo\. 14.) • ... cou U loiUe:::t siij leva 
^uellt piscUiiori e conigUere che sono di qu2 edtUt dMU friseale scaU, si veje 
.IjHj pljisa degli AltUri (A présenl dfl Gesâ), el ton I3 /ou.fessj non j/>j>j- 
rlsce elle lu scala non sti in siaadro. et per tBoUt allre rjgioal che empiertttaro 
U foglio... • La Porte du Peuple est duc également à la collaboration de Michel- 
Ange et de Giacomo délia Porta. A'oir BurckhardI, II, 14,^.-4. Conseil du 17 no- 
vembre 1Î77. < De plslea cafltoUna deprimendj. • Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. Î7, fol. 1(11. Conseil du 20 août iS-B. • Super plJlea l'ifiloUnj deprimenda-. 
Archiv. Slor. Capil., Cred. I, vol. ::,'ful, a-j. - 5. Mo^T.^il^.^^,-l, Il Mus^o Capi- 



4 4o LE CAPITULE ROMAIN. 

et des degrés semblables du côté du mont Caprino'. Pie IV 
poursuivit l'achèvement de la double balustrade qui borde la 
place du côté où elle domine la ville et placer de part et d'autre 
de l'entrée du grand escalier les deux lions ou sphinx de basalte 
trouvés près de l'ég-lise S. Maria sopra Miner\^a2. 

Les conseillers durent imposer à la ville de nouveaux sacri- 
fices; en i56i, le pape Pie IV leur prescrivit péremptoirement de 
prendre douze cents écus sur la g-abelle des vins dont la moitié 
devait être remise aux maestri di strada, afin qu'ils pussent in- 
demniser les propriétaires des maisons rasées sur la place d'Ara- 
cœli, l'autre moitié était destinée à l'achèvement de cette place. 
Les conseillers se résignèrent, non sans rappeler que la gabelle 
en question appartenait au peuple et était « sa chose > (i3 oc- 
tobre i56i)'. 

Cette concession leur coûta plus cher encore qu'ils ne pensaient, 
car le pape étant venu, à peu de temps de là, constater par lui- 
même le progrès des travaux accomplis avec ces ressources, fut 
amené à remarquer que la toiture du palais sénatorial se trouvait 
dans un si pitoyable état qu'il pleuvait au travers ; les salles d'au- 
dience n'étaient pas tenables, les réparations, décidées en 1642, 
n'ayant sans doute pas été accomplies. En conséquence, il imposa 
au trésor communal une nouvelle charge de huit cents à mille 
écus, selon qu'il en serait besoin, pour faire les travaux néces- 
saires*. Cette somme devait être prfee, comme d'habitude, sur la 
gabelle des vins, autrement dit gabella dello studio^. 

Les indemnités se multipliaient: Luzio Boccabella obtint deux 
cents écus pour mettre à l'alignement la maison qu'il possédait 
sur le Capitole, sans doute le long de la voie d'accès 6. Les ex- 
propriations continuèrent d'ailleurs jusqu'à la fin du siècle; en 
1595, il fallut payer mille écus à Tommaso Filippucci pour prix 
de plusieurs maisons abattues en vue d'élargir la Via Capitolina, 
ou plutôt la Strada di Campidoglio, ainsi qu'on commence à l'ap- 
peler à partir de cette époque dans les actes officiels. Le mon- 

tolinOy I. 37. Au-dessus des arcades du portique, dans des entre-colonnes, le 
pape Jules III fit graver ses armes, les trois Monts, de même que Paul III avait 
fait graver les siennes sur le portique qui lui fait face. — i. Lancianf, article 
sur le Monte Tarpeio, dans le Bull, délia Com. Archeol. Com., XXIX, an 1901, 
p. 268. Cf. Cod. Vat. Ottot.,3i52, fol. 220. Ces deux sphinx ont été remplacés 
par des reproductions et placés à l'intérieur du nouveau palais (cour), n. 2, 3. 
en i885. Fam. Vacca, n. 27; Fea, p. 180; Montagnani, 11,88. — 2. Archiv. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 21, fol. i25. — 3. Arch. Stor., Capit., Cred. I, volume 21, 
folio i33. — 4. On donnait le nom de gabelle des Études à la gabelle sur les 
vins étrangers parce qu'une portion de ce qu'elle rapportait était consacrée à 
appointer les professeurs de l'Université. — 5. Arch. Stor. Capit. , Cred. I, vol. 21, 
fol. 197. — 6. Les travaux étaient commencés depuis i5i8; on fit alors des ex- 
propriations. Archiv. di Stato, Atti. Stef. de Amannis. Prot., (/>, fol. 3ui. 



ACHEVEMENT DE LA PLACE- i4< 

tant de cette indemnité devait être imputé sur les droits d'entrée 
payés à la porte Latine'. 

Les diverses corporations qui possédaient une salle pour leurs 
tribunaux consulaires au Capitole contribuaient à la dépense; de 
fois à autre, l'autorité pontificale intervenait pour les faire exo- 
nérer de cette charge; il en fut ainsi, en 1,564, '^^ l'université des 
peintres, qui arf^ua de sa pauvreté', et de l'université des orfèvres. 



Fig. 2i|. — l'ortique de Vignole. — Degrés menant au Monlc Tarpoo. 

qui soutenait n'être pas imposable parce qu'elle n'avait pas de 
tribunal au fapilole'. Dicn t^u'elle n'eût rienà faire avec le ('api- 
toie, la communauté juive payait aussi sa quote-part, qui devait 
être assez élevée, car un versement de cent écus fait par elle n'en 
était qu'une fraction'. 

1, Arcli. Jl Slalo. .Manil. Cnmcr,, i5r|.|-i5c)C>, fui. 71. — :■ liihlHllo in •'mia 
pro Cotisule et Laii-ersiUle plclorum UrNs. liiL Rome in (jni. Af. Dii i; 
Û^rlij i5ft4. ii.As. (jrJ. Cim. — X lahibtliuln Curii fi^o Coitstditiis jarijl- 
cnm. DjI. Itomc iii C'Jm. Ap- Die i8 AugUSti 1S64. (}. Asc. l'jrj. Cjaierj- 
rius. {Arch. S. Val.. Div. Camcr-, vol- 217, <u\. iS, ig.) — -i- Significaliu. (J, Asc. 
Cjmerjrliis, lUI. Rome in ('.jni. Af. Oie .XVI. 10 tris iSju. Afc. CjrJ. 
CJwerariiis. {ItU.. vol. 119. f- 30.) 



ih'2 LE CAPITULE ROMAIN. 

(Irét^oire XIII fît disposer (i583) sur la balustrade de la place, 
à droite et à g-auche de l'escalier, les deux groupes des Dios- 
cures. trouvés près du Ghetto, sous le pontificat du pape 
Pie IV, une ving-taine d'années auparavant, et restaurés par 
Valsoldo*. 

La balustrade qui borde la place du côté opposé au palais sé- 
natorial fut achevée vers 1592*; on y avait apporté en 1,590 les 
trophées, dits de Marins, qui y figurent encore à droite et à 
gauche des groupes de Castor et Pollux'. Ils avaient été pris sur 
le « château de l'Acqua Marcia », ainsi que d'autres ornements, 
en sorte qu'il ne resta plus que quelques vestiges des soubasse- 
ments, que le marquis Orazio Savelli, propriétaire d'une villa voi- 
sine sur l'Esquilin, appelée Palombara*, demanda la permission 
d'enlever^; deux commissaires furent désignés selon l'usage pour 
examiner la requête <^. 

A l'extrémité de la balustrade, à droite, fut élevée la colonne 
militaire qui marquait le premier mille sur la voie Appienne, où 
elle avait été retrouvée en i5B3; une autre borne militaire trou- 
vée plus loin lui sert de pendant à l'extrémité opposée de la 
balustrade; une boule de bronze la surmontait; la tradition vou- 
lait que ce fût celle que tenait à la main la statue^de l'empereur 
Trajan placée au sommet de sa colonne ; elle passait pour conte- 
nir ses cendres ^ Actuellement, il n'y a de boules ni sur l'une ni"* 
sur l'autre des colonnes ^ 

Les deux statues de Constantin et de son fils Constance, qui 
se voient entre les trophées et les colonnes, ne furent amenées à 
cette place qu'en i653; elles se trouvaient auparavant sur les de- 
grés qui conduisent de la place du Capitole à l'église de S. Maria 
Aracœli^. La base de la statue de l'empereur existe encore 
avec son nom gravé sur une des faces. La troisième statue, 
représentant le second fils de Constantin, transportée d'abord 



I. MoNTAGXANi-MiRABiLi, PiETRO Paolo, // Musco CapitoUtto, Romc 1828. 
Vacca, n. 52. MicHAELis, p. 33, 44. Ils furent trouvés à l'endroit où l'on construi- 
sait la nouvelle synag^o^ue. On plaça des inscriptions sur les piédestaux qui les 
soutenaient : Forceula. I. n. 78. n. 25i, n. io5. — 2. Cette balustrade avait été 
commencée sous Grégoire XIII (i572-i5y5). — 3. L'inscription placée sous les 
trophées se trouve dans Forcella, I. n. 90. — 4. ('ancellieri, // Discotolo, p. 42. 

— 5. Séance du 19 septembre 1592. Arch. Stor. Capit., Crcd. I. vol. 3{). fol. 9»^. 

— 6. Séance du 22 septembre 1592. ItLi., fol. 52. — 7. Vasi, I, 53. Voir p. ii/S 
et Mitjn.\ELis, Coll. Capit., note 184. Cf. H. Dessau, Intorno la Colona Milliaria 
del i^ampidoglio, Rome. iVÀh. — 8. Des inscriptions furent placées sur la base 
de la première colonne. Forcella, I, n. 81, n. 82. — 9. Séance du Conseil com- 
munal du 23 juin i653. Le travail fut payé 28 écus. Archiv. Stor. ('apit.. Cred. VI, 
vol. I. fol. i3o. Inscriptions placées sur les socles des statues : Forcella, I, 
n. iu2. n. i5o. Voir plus loin, p. 209. 



ACHEVEMENT DE LA PLACE. 



dans le musée, fut ensuite, comme on le verra, envoyée au 
Latran ' . 
L'obélisque esLSiait encore en i556,mais il avait été rapproché de 



la place'; puis il fut renversé. « Super ccemelerio iacet obetiscus 
œgypiius hiero^lyphis insignilus^ >; ce fut pourquoi sans doute 
le conseil communal résolut d'en faire l 'abandon àCiriacoMattei, 
qui le demandait* et qui le transporta dans sa villa, la villa Mat- 

I. Voir p. !14. — 3. • Oteliscum tircj Araœll moiusleriiim jj onuRJuiii 
fhUjni InnsliiUmnl jussii sao ■ (du pape Paul III). Silvaulii. UetHt. Pereg., 
p. 3ii6.cr. L. MitvRo, p. 8. L'entrée du monastère fut moiJllîiie vers ce temps. 
CAUII.LO RE.p. 114.— .1. BuiaKiiEiD, I.4b:MicaAELi8,p.3(. Au-dcsiwus de l'égliiic 
était un petit cimeliire. — 4. E>iance du i[ septembre iM:. Arctiiv. Stcir. (.'apil.. 
Crcd- 1, vul, ïJ, r.il. iiti; cf. fûl, 13]. 



144 LE CAPITOLE ROMAIN. 

tei, située sur le Célius*. Les colonnes de marbre qui se trou- 
vaient également dans les alentours, et qu'on voit dans les repré- 
sentations de Heemskerck, furent successivement données soit à 
l'église S. Maria dei Monti, que le pape faisait édifier dans le 
quartier de xMonti^, soit à l'hôpital de la Consolation'. 

En 1092, il fut décidé que la voie nouvelle qui aboutissait à la 
place, la strada Capitolina^ devait être pavée aux frais des pro- 
priétaires riverains et du peuple*. 

L'espace triangulaire compris entre les deux escaliers, celui de 
l'Aracœli et celui du Capitole, resta fort longtemps une sorte de 
dépôt d'immondices comme au temps de Giacomo délia Porta; 
il ne fut transformé en jardin qu'en 1818^ et plus tard orné d'une 
méchante statue de Cola di Rienzo et d'une cage où se trouve 
une louve. 

Actuellement une route carrossable construite sous le ponti- 
ficat du pape Innocent XII ( 1691-1700), mène par quatre lacets à la 
place du Capitole ; elle porte le nom de Via délie Tre Pile, à 
cause des trois « Pignates® » qui figuraient dans les armes de ce 
pape 7 et que l'on voit représentés sur une borne au deuxième 
tournant de la route. 



ACHÈVEMENT DES DEUX PALAIS. 

Vers i56o, et grâce aux efforts et à l'énergie d'un des membres 
du conseil, Boccapaduli®, on commença à mettre en exécution le 
plan de xMichel-Ange en ce qui concernait le palais sénatorial et 

I. Cancellieri, Il Mercato, p. 164; C. Maes, Curiosità romane, i885, I, 89. — 
2. Séance du conseil communal du i" mars i582. . De columnis marmoreis in 
flatea Capitolina existentittis Ecclesiae D. Mari je in Regione Montiiim gratis 
concessis pro ornamento porte ipsitis Ecclesie. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
V. 28, f. iu3. La première pierre de cette église fut posée le 23 juin i58o parle cardi- 
nal Sirleto. Armellini, Le Chiese di Roma, p. 2o5. — 3. Séance du 27 août 15Ô4. 
INd., fol. 241. — 4. Séance du i5 octobre 1592. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. 2(), fol. 55. En iSqS, le conseil se fit avancer, en donnant comme gage les 
droits perçus aux portes Latina et S. Sebastiano, la somme de mille ducats dont 
il avait besoin pour exproprier Tommaso Filipucci, propriétaire de quelques 
maisons dont la démolition avait été reconnue nécessaire pour élargir la voie. 
Aî'chiv. di Stato, Mand. Camer., 1594-1596, fol. 71. — 5. Xotizie del Giorno, 8 avril 
1818.— 6. Le Pot ou Pignate est une figure héraldique représentant une aiguière 
de petite dimension ayant une anse sur le côté. — 7. Il était de la famille Pigna- 
telli. — 8. Biccr, Notizie particolari délia Famiglia Boccapaduli, Rome, 1762. 
Prospero Boccapaduli s'occupait des travaux du Capitole depuis i555, mais ce 
fut en 1504 seulement qu'il en devint le surintendant officiel : l'année suivante, le 
pape le nomma gouverneur de Ravcnne, il occupa peu de temps cette fonction, 
et revint à Rome reprendre vson œuvre (Brccr, p. 114, 129). Aussi plaça-t-on plus 



ACHÈVEMENT DES DEUX PALAIS. i45 

le palais des conservateurs*. Dès l'année i563, les payements 
faits par le trésor communal étaient déjà si considérables, que le 
pape Pie IV dut permettre au conseil communal de prendre sur 
la gabelle des vins trois mille écus pour la construction du palais 
des conservateurs et huit cents pour la construction du palais sé- 
natorial*. Afin qu'on pût suivre les indications de Michel-Ang-e 
en ce qui concernait les statues qui devaient orner le toit des pa- 
lais, et pour d'autres raisons, comme on verra, le pape Pie V fit 
présent au conseil de plus de trente statues, choisies parmi celles 
que son prédécesseur Pie IV avait réunies au Vatican'. Gré- 
goire XJII, qui avait exercé au Capitole les fonctions de premier 
collatéral, donna beaucoup d'activité aux travaux. En 1073, on 
orna la loggia du palais des conservateurs d'une table de marbre 
couverte de bas-reliefs ; elle venait du palais Sciarra, et on avait 
dû payer cent écus pour acquérir le droit de l'arracher du mur 
dans lequel elle se trouvait encastrée*. 

L'activité qui fut alors donnée aux travaux des palais capitolins 
s'explique, comme on a dit, par une raison politique. Le conseil 
communal prenait une importance de plus en plus grande dans 
l'organisation municipale de la ville ; il siégeait régulièrement, 
s'occupait de toutes les affaires municipales; précisément alors 
il avait engagé la lutte avec le Saint-Siège touchant l'autonomie 
de la ville. Il avait donc grand intérêt à prouver son autorité et 
à bien marquer son importance en se faisant édifier une demeure 
imposante. 

Les travaux accomplis de septembre 1675 à janvier 1576, soit en 
cinq mois, s'élevèrent à 1768 écus; on mit une architrave de tra- 
vertin autour de la porte qui conduisait aux prisons, un mascaron 
sur une porte, un plancher dans la salle neuve du premier colla- 
téral ; il y eut des ouvrages de charpente et de maçonnerie ; on 
travaillait donc tant à l'extérieur qu'à l'intérieur et fort active- 
ment*. Cependant en 1.577 le pape Grégoire XIII exempta le sé- 

tard l'inscription suivante sur le palais : s. p. q. r. maiorvm svorvm praestan- 

TIAE VT ANIMO SIC RE QVANTVM LICVIT IMITATVS DEFORMATVM TNIVRIA TEMPORVM 
CAPITOLIVM RESTITVIT, PROSPERO BVCCAPADVLIO, THOMA CAVALERIO CVRATORIBVS, 

ANNO posT VRBEM coNDiTAM. CXO CXO CGC XX. » FoRCELLA donnc Ic même 
texte, I, n. 64. Cette inscription se trouve à l'entrée du palais des conservateurs; 
tout à côté on en plaça une autre qui en est comme la contre-partie : Forcef.i-a, 
1, n. 65. Cf. Bicc[, p. i32, et Voyage d'un Français en Italie, l\\ 248. — i. La 
transformation fut surtout extérieure; la disposition des salles demeura à peu 
près la même puisque les fresques peintes au commencement du siècle par 
Rimpata subsistent encore. Voir p. i5i. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. 21, fol. 227, 26 février i563. — 3. Elles furent toutefois en partie placées à 
l'intérieur, dans les musée en formation. Voir le chapitre relatif aux musées. — 
4. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 456. — 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. 
VI, vol. 61, fol. 26 sqq. 

10 



l46 LE HAPITOLE ROMAIN. 

nateur en fonctions, Galeazzo Pog-gio, de la retenue qui était 
faite sur son salaire conformément aux statuts, pour subvenir à 
l'entretien du palais*. Les conseillers durent s'imposer des sacri- 
fices ; ceux qui arrivaient en retard aux séances subissaient une 
amende dont le montant était consacré aux travaux du Capitole ; 
de même le produit des amendes infligées par les juges capi- 
tolins ainsi que de celles dont étaient frappés les magistrats qui 
négligeaient d'assister aux cérémonies religieuses devait être 
appliqué en partie aux dépenses faites dans le palais et en par- 
tie à des œuvres de bienfaisance*. 

Chaque semaine les commissaires venaient rendre compte au 
conseil de l'avancement des travaux, qui étaient fort actifs'; en 
i577, il y eut plus de sept mille écus dépensés. Le conseil s'alar- 
ma, il crut qu'on le trompait. Aux deux* architectes à qui était con- 
fiée la conduite des nouvelles constructions, Giacomo délia Porta 
et Martino Lunghi, un troisième fut adjoint, Annibale Lippi, 
avec mission d'examiner, de concert avec les deux premiers, les 
comptes de l'entrepreneur, lequel fit appel, de son côté, à l'inter- 
vention des consuls de son art, l'art des tailleurs de pierre*. 

Durant les années suivantes, le principal objet que se proposa 
le conseil fut la transformation du campanile : i\lichel-Ange l'avait 
conçu peu élevé; on lui donna trois étages*. Le 23 juillet 1.578, 
le scribe du sénat informait par un placard les entrepreneurs de la 
ville qu'il avait entre les mains les plans de l'architecte Martino 
Lunghi, dont le projetavait paru préférable à ceux des autres con- 
currents, et il les invitait à venir les consulter afin de faire des 
soumissions^. Le travail, commencé aussitôt, se poursuivit jus- 
qu'en i58o : mais alors le conseil se trouva fort en peine pour se 
procurer la somme nécessaire à son achèvement ; il chargea, sui- 
vant la coutume, deux commissaires de le tirer de ce mauvais 

I. Bref en date du 23 février 1577. Arch. Seg. Vat., Arm. xlii, vol. 29, n. 46. Il 
abrogeait l'article 5 du livre premier des statuts de i523 lequel renouvelait une 
prescription ancienne.— 2. Décision du conseil communal en date du 24 mai| 1570, 
confirmée par les statuts de i58o, article 4 du livre III. En général, on appliquait 
le produit des amendes à des travaux intéressant les juges qui avaient à juger 
l'infraction. Voici un exemple : « Rev. D. Ascanio Parisano Epo Ariminensi D. 
N. Thesatirario... Mandamus quatenus per manus Dni AnsaUi de GrimaUis,.. 
de pecttniis penartim maleficiorum curie Capitolii numeres magistro Benedicto 
de Pisis fabro lignario scutos quinque et julios octo ei detitos pro opère per 
eum impenso in reparatione Palatii Capitolii de commissione Caesaris de Nobi- 
libits praeteriti Urbis Senatoris in cubiculo quod habitat Franciscus de Sessa 
Notarius Maleficiorum. Die XV g bris iSSy. » Archiv. di Stato, Mand. Camer., 
1537-1541, fol. 34. — 3. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 35. — 
4. Ibid., fol. 46, 52, 104. Les registres n'indiquent pas quelle suite eut l'aflairc. 
— 5. Résolution du conseil tendant à la reconstruction de la tour. Arch. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 181. —6. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 
144. Affiche de o",3o sur o",2o. Voir Canxellieri, Le Due Campane, p. 45. 



ACHÈVEMENT DES DEUX l'AI.AlS. H7 

pas*. Le nom du pape Grégoire XIII fut gravé en haut du cam- 
panile sur les quatre faces: on l'y voit encore. 

A l'occasion de la construction de ce campanile, on frappa, 
par ordredupeuple romain, 
trois types de médailles des- 
tinées au pape régnant, Gré- 
goire XIII ; sur la première, 
qui montre aussi la façade, 
le campanile n'a que deux 
étages, on n'y voit pas de 
cloche, une seule statue est 
placée au sommet; la deu- 
xième et la troisième ne dif- 
fèrent que par la légende, 
celle que l'on a reproduite 
porte en exergue : t s. p. q. 
R. oPTi-Mo. PRiN'cipi * et, en 
travers c axn. dm. mdl- 
XXIX .. Ces derniers mots 
manquent sur l'autre type. 
Tous deux présentent d'ail- 
leurs un campanile de fan- 
taisie haut de quatre étages 
dont deux sont peut-être la 
façade au droit du campa- 
nile dans la baie des deux 
derniers étages se voientdes 
Joches en haut sont quatre 
btatues' Le revers des trois 
médailles est le même : Gré- 
^ire \III bénissant'. 

On poursuivait en même 
temps la construction de 
l'escalier double qui devait e;„ ■> «j.. ■„ , 
donner accpsaiiï -all^sH-V^, F'g- ^i. -Médaille frappée à l'occasion 
uonneraccesauxaailesdau- de rérection du Campanile 

diénce. Il était terminé en 



i582. Les conservateurs alors e 



exercice firent placer, dans la 



1. Archiv, Stor.Capit, Cred. I, vol. 28, fol. 17. — 2 Pa Bus.n-asi A-niBi™!/ 
Ponliflcum. Rome. 16B9, I, 356. parle de ces médailles qu'il" a flairées d 3iî 
.sur le haut de la tour, bien qu'on lise dansleCoJ. Val. tW. i„53 à la date du 
24août .585, que le papç Si^te-Quicl fit enlever . les statues qiior„afe^t le 
,^«nl M îrP''""^ '*" " "* '" P^™*"'''' P^ «nvenable ^ue ces représenia- 
lions idoiaircs 50 trouvassent placées au-dessus des cloches?. 



i48 LE CAPITULE ROMAIN. 

niche qui avait été ménagée au-dessous, une statue de Minerve 
prise dans la cour de leur palais. Une inscription rappela cet évé- 
nement. Elle portait : 

s. p Q. R. 

SIGNVM MINERVE DE PARIETIMIS VRBIS ERVTVM ET IN 

CAPITOLIVM PAVLO III P. M. TRANSLATVM IN ILLVSTRIORE 

AREAE LOCO GREGORIO (sic) XIII P. M. POSVIT ET RESTITVIT. CVRANTIBVS 

OCT. GVIDOCTO, JO. BAPTA. ALTOVITO, OCT. PARTICAPPA, CONSS. 

ALFONSO AVILA PRIORE CAP. REG.*. 

Les conservateurs qui succédèrent à ceux-ci voulurent faire 
enlever la statue parce que leurs noms ne fig-uraient pas dans 
l'inscription. La question fut portée devant le pape qui ordonna 
que la statue restât en place*. En iSçS, une statue plus petite 
remplaça la Minerve; elle représentait Minerve également, mais 
on lui donna le nom de Rome. Elle est de basalte rouge'. Elle 
devait se trouver en assez mauvais état, car en i653 il fallut répa- 
rer un bras et remplacer deux doigts à une main ; plus tard, refaire 
le nez et l'autre bras*, ensuite presque tout le corps s; l'inscription 
suivante se lit au-dessous : 

s. p. Q. R. 

VRBIS ROM/€ SIMVLACRVM 

PVBLICA PECVNIA REDEMPTVM 

IN CAPITOLIVM TRANSTVLIT 

ATQ. LOCO ILLVSTRIORE COLLOCATVM 

CLEMENTE VIII P. M. 

GABRIELLE C/ESARINO 

JACOBO RU BEC 

PAPIRIO ALBERO 

COSS. 

CELSO CELSO CAPITVM REG. PRIORE". 

Ce ne fut qu'en l'année i588 que la décoration de l'escalier fut 
complétée par la construction de la fontaine et de la vasque qui 
se voit au-dessous de la statue entre les deux représentations de 

1. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 18. Forcella, I, 71. Voir p. 200, 
— 2. Itid.y fol. 19. La statue portait auparavant une inscription rappelant le 
nom de la famille Bonaventuri qui l'avait possédée et celui des conservateurs 
qui l'avaient acquise au peuple romain. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 28. 
fol. 187. et. Helbig, I, 292, et Laxciani, Scavi, II, 75. — 3. Michaelis, La Coll. 
Capit. Bull. Arch. Germ., an VI, 48. Cf. Fea, p. 184 et Tofanelli, p. 104. — 4. Du 
23 juillet i653, au tailleur de pierre du peuple romain Domenico Mancini : « Per 
avère restaurato il braccio délia statua di Roma che sta sopra la fonlana sotto 
aile scale del palazzo di Campidoglio che era in quattro pezzi, e rifatti due diti 
alla mano sc> 5: 00. y) Arch. Slor. Capii., Cred. VI, vol. i, fol. 147. En ce qui 
touche la deuxième réparation : « Conto dello Scarpellino Antonio Ferretti. Per 
avère riattaccato un dito ed anche il bastone che ticne in mano alla statua sotto 
lo scalone nobile di Campidoglio, ed avergli stuccato il naso, se. i : 10. » Ibid., i3» 
fol. 399. — 5. Elle fut encore restaurée au temps de Benoît XIV. Voir plus loin, 
p. 179 et 210. — 6. Forcella, Isc, I, n. 96. 



ACHÈVEMENT DES DEUX PALAIS i49 

fleuve: Siste-Quint avait envoyé au conseil communal le plan 
qu'avait tracé l'architecte Matteo di Castello; la discussion qui 
s'engagea au sujet de son adoption devint si vive qu'il fut décidé 
que la question serait ren- 
voyée au, conseil public; 
d'une part, certains conseil- 
lers trouvaient qu'avant d'é- 
rig:er une fontaine il conve- 
nait de savoir si l'on pourrait 
• l'alimenter; d'autre part, on 
hésitait à rejeter une propo- 
sition émanée du Saint- 
Siège et des plans que le 
pape approuvait personnel- 
lement. Au conseil public, 

on se montra aussi perplexe. 
La plupart des assistants se 

retiraient, quand le sénateur 

proposa une formule de 

vote qui réservait les droits 

du pouvoir pontifical ' ; cette 

solution adoucit l'humeur 

des adversaires du projet et 

l'on vota la construction de 

la fontaine par trente-cinq 

voi.\ contre vingt». 

La transformation du pa- 
lais sénatorial s'acheva sous 

lepontiHcatde ClémentVllI 

(i592-i6o5), qui fit exécuter 

par l'architecte Girolamo 

Rinaldi les plans de Giaco- 

mo délia Porta. Les deux 

tours d'angrie furent rame- 
nées  la hauteur du palais 

et cachées par une façade 

en décor qui les unit l'une à l'autre dans un même motif architec- 

1. Archiv. Stor.Capit., Cred. I. vol, 2t), fol. m. Cf- Lanciani, Scavf. II. ^4. — 
:. IttJ. L'eau ne fut amenée i^uc bien plus lard; en 1612, le pape Paul V accorda 
à In commune deux cents onces d'eau, et le conseil vota un crédit de deux cents 
ECUS pour les conduites. Mais ce ne Tut qu'en ibiQ que l'eau arriva dans la fon- 
taine. On démolit alors l'ancienne dtcrne du palais des conservateurs dont il a 
lit* parlé A propos des réparations donl elle fut Tobjet. Archiv. Stor. Capit.. 
Cred, U vol. il, fol. 3: et Cred, VI. vol, 5i, fol, :3. L'eau est I'jc,;hj Fellcc. Fka, 
p. laiicf, Laxciam, ,Si.-ji>t, 11,74, 



i 



45o LE CAPITOLE ROMAIN. 

tural ; les fenêtres trop étroites du premier étag-e furent élarg-ies, 
le balcon qui était au-dessus fut supprimé ; les créneaux du faîte 
disparurent et furent remplacés par une balustrade ornée de 
statues. Du côté de l'église d'Aracœli, de grandes fenêtres furent 
percées au premier étage*. Une inscription placée suç la façado^, 
les armes du pape et celles du sénateur Ludovico Arca avec la 
date de i593 gravées sur la paroi latérale du palais, rappelèrent 
ces travaux*. Ce fut alors sans doute que fut construite la haute 
façade sans caractère qui domine le Tabularium du côté du Forura, 
et toute cette partie du bâtiment, d'ailleurs très distincte du 
reste de l'édifice, qui est comprise entre la tour de Boniface IX 
et celle de Nicolas V. . . * 

Le palais des conservateurs fut également terminé sous la di- 
rection de l'architecte Giovanni del Duca, qui se conforma au^ç 
plans de Michel-Ange, si ce n'est en ce qui concerne la fenêtre 
centrale de ce palais qu'il fit plus grande que les autres. On lui a 
vivement reproché cette modification qui, sans nul doute, e3t 
malheureuse ; elle serait inexplicable si l'on ne savait que la salle 
d'audience des conservateurs avait jour par cette fenêtre et que 
ce fut probablement pour la rendre plus claire et pour en mar- 
quer au dehors l'emplacement qu'il pensa devoir rompre l'unité 
de cette façade'. 

Clément VIII avait voulu pousser plus loin encore la réalisation 
du plan conçu par Michel- Ange,, et faire édifier le troisième pa- 
lais, qui devait, dans sa pensée, être le pendant du palais des 
conservateurs. Le conseil communal fut autorisé à emprunter 
cinquante-cinq parts sur le Mont-de-Piété, dont l'intérêt serait 
couvert par la gabelle des Études, à la condition qu'il entrepren- 
drait sur-le-champ les premiers travaux. Giovanni Pietro Caffa- 
relli et Orazio del Buffalo furent choisis comme commissaires 
surveillants, et l'on stipula même que leurs fonctions dureraient 
autant que les travaux*. 

xMais, sur ces entrefaites, Clément VIII mourut, et la construc- 
tion du nouveau palais fut suspendue; on n'en avait encore con- 
struit que les substructions. 

Ce fut, comme l'on verra, Innocent X qui l'acheva. 

i. MicHAELis, La Coll. Capit. Bull. Arch. Gertn., an VI, p. 48; Montagxani, 
// Museo Capit., p. 40. — 2. Forcella, I, n. 95. — 3. Ce fut ce même architecte 
qui plaça une si baroque lanterne sur l'église Sano-allo, place Trajane. Voir 
BuRCKiiARDT,Le Ciccfone, II, 246,6. — 4. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3i, 
fol. 99, 101. 



DÉCORATION INTÉRIEURE. i5i 



SALLE ET TRONE DU SÉNATEUR 

Grégoire XIII avait fait restaurer entièrement la salle d'au- 
dience sénatoriale. Ce fut alors sans doute et sous les pontificats 
suivants qu'elle prit l'aspect imposant qu'elle a actuellement; sur 
le linteau des portes de marbre qui se trouvent à chaque extré- 
inité sont gravés d'une part le nom de Sixte-Quint, d'autre part le 
nom de Paul V. Les colonnes qui décoraient la porte principale 
furent engagées dans le mur. Depuis, on a encastré dans les pa- 
rois les lambeaux de fresques trouvés, comme il a été dit, dans 
les soubassements du vieux palais et la» peinture de la Madone 
qui figurait au-dessus de la porte de la salle du sénateur. Cette 
salle occupe toute la longueur de la façade*. Le trône du séna- 
teur, qui fut réparé un peu plus tard, était un siège de marbre 
placé sur une estrade de marbre également, formée de trois gra- 
dins; un peu au-dessous, étaient deux sièges pour les conserva- 
teurs; ils étaient de marbre, et réunis par un bandeau de 
marbre ; ces deux sièges étaient supportés par des piédestaux de 
marbre bordés d'une cimaise sculptée. Des dais portés par des 
colonnes de marbre d'ordre ionique couvraient les sièges du sé- 
nateur et des conservateurs ; le ciel en était de bois garni de da- 
mas rouge*. 



DÉCORATION INTÉRIEURE DU PALAIS 
DES CONSERVATEURS 

Certaines des peintures qui ornent les salles du palais des con- 
servateurs sont antérieures au xvr siècle, ce qui prouve, comme 
il a été dit, que la disposition intérieure n'en fut modifiée qu'en 
partie à l'époque des grands remaniements dont il a été parlé'. 
Quand Bembo visita le Capitole, en i5o4, on lui montra dans ce 
palais, plusieurs fresques de Giacomo Ripanda qu'il admira*. 
Elles représenteraient le Triomphe d'un roi de Perse, peut-être 
celui de Cyrus, et la Fermeté de Brulus voyant trancher la tête 

I. Conseil du i5 juillet 1576 : « De Sala Senatoris perficiettda. • Arch. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 53. Cf. Montagnani, Il Museo CapU., t. I, 37, et G. 
Christ. Adler, Beschreibung der StadtRom. Altona, 1781, p. 289. — 2. Itid., Cred. 
VI, vol. 61, fol. 27. — 3. D'une façon générale, voir Tofanelli, Agostino, Indi- 
cazione délie sculture e pilture... 1834, et Fea, p. 228. — 4. « CapitoHum collent 
adivimus inibiqtie quae digna notatu viderimus haec sunt : Domus Conservato- 
rum picturis Jacobi Rimpatae opère absolutissimis referta... » Muntz, LesAnti- 



4 52 LE CAPITOLE ROMAIN. 

de sesjîls^. Certaines fresques sont ég-alement attribuées à Bene- 
detto Bonfilii de Pérouse, né en 1420, mort en 1496*. 

Toutefois, la décoration intérieure du palais des conserv^ateurs 
ne fut sérieusement entreprise que vers la fin du xvr siècle. En 
i588, un contrat fut sig-né par le peintre Tommaso di Marino 
Laureti'; il s'y engageait à représenter sur les parois de la 
deuxième salle, dite des Empereurs, dans laquelle les conserv^a- 
teurs tenaient leurs audiences, quatre « grandes histoires » dont 
le sujet lui serait indiqué par les conservateurs, à y faire un en- 
cadrement, et à peindre au-dessous une corniche imitant le 
bronze ainsi que des ornements en clair-obscur allant jusqu'au 
sol. Laureti demandait quatre ans pour achever son travail, et en 
i fixait le prix à deux mille écus d'or*. Il avait également promis 
de prendre à sa charge tous les frais d'installation des échafau- 
dages et autres travaux accessoires. Or, comme son salaire fut 
successivement réduit par les divers magistrats et qu'on lui fai- 
sait attendre les largesses qui lui avaient été promises au mo- 
ment de la signature du contrat comme complément du prix con- 
venu, il se trouva réduit, en très peu de temps, à solliciter la 
charité publique». C'était, au reste, la coutume de l'assemblée 
communale de se montrer si parcimonieuse envers les artistes 
qu'avait séduits la gloire de travailler pour le peuple romain, 
qu'ils étaient souvent dans la nécessité d'avoir recours à sa bien- 
veillance, et même à sa pitié. Tel fu<t le cas, par exemple, du 
sculpteur Taddeo Landini,à qui il avait été commandé une statue 

quUcs delà ville de Rome, p. 34. Cf. le document publié par R. Laxciani {llCodice 
Darteriniano) datant du pontificat de Sixte-Quint : • In questa prima sala dei 
Conservatori hanno lasciato^nel renovare,quattro quadri depinti nellefacciate'a 
tempo d'Alessandro VI. checi son l'armi, hora che risarciscono il Campidoglio, 
anzi lo rifanno. » Arch délia Soc. Rom. di St. Pat fia, vol. VI (i8a3) p. 223 etsuiv. 
R.Lascïxsi, Il codice BarterinianOyXXX,Qc). — i. Malvasia, C Felsina Pittrice, 
Bologne 1674, I, 34. D'après Siret, Dict. des peintres, p. 204, Ripanda, serait né 
en 1480; il se trouvait encore à Rome en i5io. Malvasia ajoute que ces fresques 
sont les seules qui subsistent de toutes celles qu'il fit au Capitole. Le Volter- 
rano parle de lui à propos des dessins qu'il prit des bas-reliefs de la colonne 
Trajane. Commentariorum Urtanorum Raphaelis (Maffei) Volterrani, Bâle, 
i53(). Anthropoloi^ia, lib. XXI, p. 247. « Floret ntinc Romae Jacobus Bononien- 
sis, qui Trajani Columnae picturas omnis ordine delineavit, magnaque omnium 
admiratione, magnoque periculo circum machinis scandendh. » Le Volterrano 
mourut en 1522. — - 2. Lanciani, Scavi, 11,75. —3. Il avait été appelé de Bologne à 
Rome par le pape Grégoire XIII qui le chargea de peindre la salle de Constan- 
tin au Vatican; ce travail ne fut achevé que sous le pontificat de Sixte-Quint. li 
enseigna la perspective à l'Académie de Saint-Luc. On ignore la date de sa nais- 
sance ; on sait seulement qu'il mourut âgé de quatre-vingts ans avant le com- 
mencement du xviir siècle. Baglione, Vite de Pittori, p. (j8. — 4. Archiv. Stor. 
Capit., Cred. VI, vol. 61. fol. 200. Chaque « magistrature » durait trois mois. — 
5. Supplicatio dni Thomae Laureti pictoris. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, 

vol. ()I, fol. II). 



DÉCORATION INTÉRIEURE. ' i53 

de Sixte-Quint, et qui adressa, le 16 juin i587, une supplique déso- 
lée au conseil. Le prix fixé pour sa statue était de treize cents écus'. 
En lÔQj, Lauretî n'avait pas encore pu achever son œuvre; le 
conseil nomma des délégués chargés de le dilîgenter *. Ce ne fut 
que trois ans plus tard, cependant, en i5q5, que le peintre put 



D'après une gravure du Cabinet des Eslampes. 

livrer la salle définitivement achevée; on lui donna en récompense 
trois cents écus*. 

Pendant que ce travail se poursuivait, en iSgS, le conseil en 
avait entrepris un autre : la décoration de la première salle : 
cette fois, il prit toutes ses précautions; une commission de dix 
membres, comprenant les dix chanceliers, fut chargée de suivre 
les travaux et d'en faire de constants rapports à l'assemblée, 
sans jamais prendre d'elle-même. aucune décision*. Il en résulLi 

I. \'oir p. 1Û8.— 2. . ... Qui omnl coitalu curent loljni secundam aulim Pahlii 
fuam ceUrrime per D. Thonum piclorem flngl, ferficiet finirl. a Séance du ifi 
décembre 1592. Arehiî. Slor, Capil.. Crcd. I, vol. 3u. foLt^l. — î. iCiJ., fol. io3, 
-^. /HJ.,fol. 74, 70. ScanccBdutietdu il mars iS^Î- 



I ' 



i5/i LE CAPITULE ROMAIN. 

qu'on ne fit rien. Deux ans après, en i595, on était encore à la 
recherche d'un peintre « exquis, de premier ordre, et excellent », 
qui agréât également aux conservateurs, aux caporioni, aux 
chanceliers et aux délégués*. Le temps pressait; Joseph ou Jose- 
phin d'Arpin (GiuséppeCésari,dit le chevalier d'Arpin) fut désigné 
pour exécuter la peinture de la salle, au prix de cinq mille écus, 
et à la condition expresse qu'elle fût achevée dans le courant de 
l'année i5q9*. Les plaques de marbre, les inscriptions qui se trou- 
vaient' le long des murs devaient être enlevées; quant à la table 
sur laquelle était inscrit le décret détendant d'élever des statues 
aux princes avant leur mort, elle serait placée au-dessus de la 
porte d'entrée'. 

Dans une séance ultérieure, le conseil, considérant que, « si la 
grandeur de Rome est née seulement par les armes, il n'y a 
jamais eu, d'autre part, de nation plus religieuse ni plus attachée 
à la religion », décida qu'il serait bon de représenter, à côté des 
actes des rois belliqueux, tels que Romulus et Tullius Hostilius, 
l'introduction des rites sacerdotaux par le roi Numa, la création 
des vestales et autres faits relatifs au culte divin. Voici, d'ailleurs, 
de quelle façon le conseil prescrivait au peintre de partager son 
œuvre. Dans le premier tableau, placé au fond du salon au-dessus 
de la statue de Léon X, il représenterait la louve allaitant Romulus 
et Remus; dans le deuxième, au-dessus de la baie, la fondation 
de Rome; dans le troisième, l'enlèvement des Sabines; dans le 
quatrième, le combat des Sabins dans le F'orum, avec l'interven- 
tion d'Ersilia*: dans le cinquième, au-dessus de la statue du pape 
Sixte-Quint, l'institution du culte par Numa; dans le sixième, le 
combat des Horaces ; dans le septième la défaite des Véiens et 
des Fidénates, qui assura la grandeur de Rome ; dans le huitième,, 
l'expulsion du dernier roi après la mort de Lucrèce '^. La Nais- 
sance de Romulus et la Bataille contre les Véiens sont les meil- 
leurs de ces tableaux. C'est par ceux-ci, en effet, que le chevalier 
d'Arpin commença la décoration de la salle ; puis, partagé par 
d'autres travaux que lui commandait le pape Clément VIII, par- 
mi lesquels des peintures au palais de Latran, il négligea l'œuvre 
qu'il avait entreprise au Capitole^ En 1606, le conseil le mit en 



1. ItU., fol. 117. Séance du 3 nçvembre i5<>5. — 2. Itid., fol. 177. Le chevalier 
d'Arpin était né dans cette ville en i56o; il mourut à Rome en 1641). — 3. Voir les 
chapitres, Statues honorifiques, p. 168 et i83. — 4. Ersilia ou Fersilia. • Mulier 
Satina quae cum aliis rapta, immo marito sutlata, eral enim ntipta, facta est 
Romtili uxoKy de cujus stirpe fuit JuliuSy ac post Romuli mortem et ipsa Dea est 
nuncupata nemine Ora vel Hora. » Forcellini, i^GiDii, Totius Latinitatis Lexi- 
con, vol. IX. Voir Ovide, Met., liv. xiv, v. 829^51. — 5. — 5. Archiv. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 3o, fol. 186. — 6. Baglione, Le Vite dei Pittori, Naples 1733, 






DÉCORATION INTÉRIEURE. i55 

demeure de terminer son travail dans le délai d'un an, et de four- 
nir une caution » ; mais la menace resta sans effet, en sorte que, 
dans la séance du 23 juin 1608, des députés furent chargées d'aller 
trouver le chevalier pour le presser de mener son œuvre à bien. 
Il s'en était lassé et ne travaillait que bien lentement. En i6i3, 
il fut décidé que la salle serait ouverte au public encore qu'ina- 
chevée; plus tard, le conseil renouvela ses instances auprès du 
chevalier pour obtenir qu'il se remît à l'ouvrage ; ce fut vaine- 
ment; les échafaudages construits à ses frais furent même enlevés 
en 1619. En i638, on tenta* une démarche auprès du pape, elle 
n'aboutit pas, et le peintre mourut sans terminer son œuvre. 

En résumé, les peintures murales qui décorent le palais des 
conservateurs sont les suivantes : 

Salle des conservateurs (grand salon oblong). — Fresque du 
chevalier d'Arpin. 

Première antichambre (salon carré). — Fresques de Tommaso 
Laureti représentant Aulus Postumius au lac Régille, Brutus 
condamnant ses fils à mort, Coclès sur le pont Sublicius, Por- 
senna. 

Deuxième antichambre (jadis chambre de la Louve). — Fresques 
de Daniel de Volterra ? représentant le Triomphe de Marins*, le 
Brutus de Ripanda. Dans cette pièce se trouve également un 
tableau représentant S. Francesca Romana. 

Troisième antichambre (salle des Fastes). — Fresque attribuée 
à Benedetto Bonfilii de Pérouse. 

Salle d'audience (salle des Oies). — Frise représentant les 
Jeux Olympiques. Auteur inconnu. 

Salle du trône. — Épisode de la vie de Scipion l'Africain, par 
Annibal Carrache. 

Dernière salle.— Épisodes des guerres puniques, par le Péru- 
gin (r) '. 

p. 255. Baglione était contemporain du chevalier. Ce fut le chevalier qui dessina 
quelques-uns des arcs de triomphe dont il est parlé à l'occasion de prises de 
possession des souverains pontifes. — i. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3i, 
fol. 147. — 2. Vasi (Nibby), Itinéraire de Rome, I, 82. Panciroli, Roma Mo- 
derna, 1707, p. 572, l'attribue à Pierino del Vag^a, mais Vasari ne fait aucune 
mention de ce fait dans sa biographie de Vaga (t. V, 567-632). — 3. A. Tof.xnelli, 
p. 140. Cf. RiFiNi, Description de Rome, p. 49, et Pietro Rossini, // Merciirio 
errante, p. i5. 



i5fi LE CAPITOLE ROMAIN. 



LES PRISONS DU CAPITOLE AU XV* 
ET AU XVP SIÈCLE 

A partir des premières années du xv* siècle, il y eut presque 
constamment des hérétiques dans les prisons du Capitole : quatre 
en 1426*, sept et huit en 1427, cinq au mois de février 1428, et 
trois en septembre; en 1429, on trouve parmi les prisonniers une 
sorcière: ce fut, à ce qu'il semble, la première femme enfermée 
au Capitole de ce chef. 

Cependant, la plupart des prisonniers étaient des débiteurs 
insolvables, ce qui se comprend, puisque les tribunaux capitolins 
jugèrent surtout au civil à partir du xv siècle*. Les reg-istres 
des visiteurs envoyés par le Saint-Sièg-e font très souvent men- 
tion de prisonniers de ce g-enre, et c'est presque toujours pour 
ordonner qu'ils soient relâchés. Cette ing^érence bienveillante 
remontait fort loin. En l'année 1408, le pape fait mettre en 
liberté les détenus pour dettes envers le fisc; en 1431, le pape 
Eug"ène I\' agit de même à l'égard de deux citoyens romains, 
Silvestro Paloni et Antonio Saffi'. Plus tard, les visites se mul- 
tiplièrent, et les libérations devinrent plus fréquentes s'étendant 
même à des criminels de droit commun. Soit à l'occasion du 
couronnement d'un pape, soit pour solenniser la fête de Noèl, 
soit simplement par mesure? de clémence, le Saint-Siège faisait 
mettre en liberté les prisonniers*. Parfois les visiteurs transfor- 

I. • Solvi facUtis provLio vira Thome de Vitiirclano siiprastdnti carcerum 
Cancellarie Capitolii Urbis Flor. VIII de bon. L pro fioreno expensis 
quatuor hereticorum unius mensis » (3 juillet 1426) (Mand. Camer., an. 1426- 
1427, fol. 4; cf. fol. 17). — 2. Ce sont aussi bien des roturiers, entrepreneurs, 
marchands, que des nobles; en 161 2, des gentilshommes appartenant aux plus 
hautes familles de Rome, tels que Giovanni Cesi, Lorenzo Minali, Gaspare de 
Cavalieri sont retenus pour dettes. Voir, pour le xvii* siècle, Bibl. Val., Cod. 
Barber., LUI, i23, liste des prisonniers pour dettes retenus au Capitole. — 
3. • Johanni Francisco de Panciaticis senatori Urbis, ut nonnullos propter 
publica débita in carceribus Capitolinis et alibi detenti libertati restituât. » 
(Theiner, (\)d. Diplom. S. Sedis, III, i5o.) Ai-chiv. Seg. Ta/., Reg., vol. 371, 
fol. 72. — 4. Solvatis infrascriptis duobus creditoribus Ans^eli de Sursia quo- 
tidie in carceribus Capitolii pro debito in totum FI. au. de Cam. XLI debitorum 
debere suis creditoribus detenti et in die coronationis D. Nri. (Pie II) de mandato 
S. i»'* libéra ti et relaxait, videlicet : Albina Panicola aut /ïom" viro Zacharia de 
Perleonibus de Vrbe pro ea recipitenti flor. au. I bon. XL (3i octobre 1460) 
(Mand. Camer., an. i4Sri46(), fol. 17?). Bernardinus de Parma in honorem festi- 
vitatis Dni Nri remiserunt{sic, il s'ajjit, dans la pensée du scribe, de visitatores) 
ei penam gratiose ut relaxaretur (22 décembre i537). Brunetta ebrea, attenta 
pace, relaxetur (12 octobre 1547). Lticretia curialis (courtisane) liberetur gratis 



LES PRISONS. i57 

maient la peine de l'emprisonnement en celle de la fustigation*, 
parfois ils ordonnaient la mise en liberté moyennant caution *. Il 
arrivait aussi que l'autorité pontificale défendait de recevoir des 
prisonniers pour dettes dans les prisons du Capitole durant cer- 
taines périodes, ou pour des dettes de trop peu d'importance '. 

Il s'ensuivit que le nombre des prisonniers ne se trouva 
jamais fort élevé. En 1629, ils étaient dix-neuf; en i55i, vingt et 
un: en i552, trente-six; en i56o, soixante*. . 

En i53o, on voit parmi les prisonniers un cuisinier français; en 
i535, un médecin. 

Un chapelain était attaché à la prison; en 1473, il recevait 
comme salaire de cinq mois la somme de sept florins*. 

En 1424, le conseil communal, de qui relevaient les prisons 
capitolines, avait décidé que l'entretien et la garde des prison- 
niers seraient affermés d'année en année ^. Le fait que les fermiers 
étaient tous deux des habitants de Vitorchiano semble indiquer 
qu'ils avaient été choisis parmi les fedeli, cette garde particulière 
des magistrats capitolins dont tous les hommes devaient être 
originaires de cette cité. La différence entre le coût de l'entre- 
tien des prisonniers pour dettes et les sommes exigées des créan- 
ciers de ce chef constituait leur bénéfice : ils étaient, d'autre part, 
rétribués pour les exécutions d'ordre divers auxquelles ils prési- 

in honorem festivitatis sut comminatione fustigationis si de cetera commiserit 
similia (21 décembre i553) {Archivio di Stato, Archivio criminale, Visite aile Car- 
cere, vol. I et suiv. Cf. A. Bertolotti, Le Prigioni di Rama, Rome 1890). — 
I. Mauritius Romanus, /. . ligatus fer Urtem, relaxetur (3o mars i538). Vincen- 
titts de Reate fustigetur fer Urtem et relaxetur. Marcus Antonius de Asculo 
fustigetur fer aulam et relaxetur {Itid.). — 2. Dns Johannes Paulus Mocanlitis 
frestita cautione de solvendo se. L quolitet anno de semestri in semestri ratam 
fartent... re^Jce/Mr (Registres des Visites, visite du 21 mars 1602, vol. XIII). 
Dominicus De Afatteis Ronianus, data cautione de satisfaciendo creditoritus fro 
quitus detinetur vel fuit arrestatus... relaxetur (20 juin 1Ô02). — 3. Decretum 
quod detitores de cetera nan fassint tradi carceres nisi excédât summam minus 
ducat, auri (Visite du 2iî novembre i528). Dni visitatores decreverunt quod at 
hac die usque ad diem frimum froximi mensis Januarii i557 nullus cafi, car- 
cerari aut detineri f assit fro detito civili et vigore mandati executivi cuiusvis 
Curie sut pena nullitatis ifsius cafture et quod caftus statim gratis utique 
deteat relaxari et decem Duc. cafsule elemosine s. Leonardi afflicand. (23 dé- 
cembre i556). Nullus fro detito civili realiter nec fersonaliter molesletur hinc 
et fer totam octavam Pascalis Resurrectianis {i'' (ésncr i5f;o) (Même source, 
vol. I, V, ix). — 4. Même source; cf. Scanarolus, Z>e Visitatiane Carcer., Rome, 
i655. — 5. Mand. Camer., an. 1472-1476, fol. i3o. — 6. l'enditio Cancellaric 
Cafitalii. Conservatores Camere Urtis vice et namine Camere Crtis fro comodo 
et utilitate eiusdem... ac mandata Dni Xri ff. oraculo vive vocis facto vende- 
runt, dederunt et cancesserunt Thamasio Antanelli de Viturclano et Petra 
Paulo de Melone de Viturclano et hereditus... Cancellariam Palatii Cafitalii ac 
fructus, redditus et fraventus dicte Cancellarie fro una anno incifiendo die 
frima octatris... fro f relia et namine fretii XL flar. {Archiv. di Stato, Reg. 
Cam. Capit., an. 1421-1425, fol. 284). 



i58 LE CAPITOLE ROMAIN. 

daient, telles que la fustig-ation des juifs et les pendaisons, même 
alors qu'elles avaient lieu hors du Capitole*. 

En Tannée i486, Francesco di Tozo fut enfermé au Capitole 
pour dettes, ce qui n'empêcha pas bientôt après le Saint-Sièg-e 
d'attribuer à l'un des siens, si ce ne fut à lui-même, la ferme de 
la geôle*: elle devint en quelque sorte la propriété de la famille; 
par un bref daté du 17 janvier iSiç, le pape Léon X accorda à 
Marcello Alberini, l'un des descendants de Tozo, et à son frère 
Orazio, les fonctions de g-ardien. Orazio étant mort, Marcello 
devint titulaire de la charge. Mais quand en 1627, après le sac de 
Rome, il voulut exercer ses fonctions, il trouva qu'un Espag-nol 
du nom d'Alvarez se les était appropriées à la faveur du désordre 
qui régnait' et peut-être avec la connivence du conseil communal 
qui profitait de cette occasion pour faire valoir ses prérogatives ♦. 
Étant énergique malgré ses seize ans, il demeura cependant 
maître de la place. Il avait un gardien pro forma, lequel laissa 
un des prisonniers, un enfant de dix-huit ans, se pendre avec une 
ceinture de soie. Les conservateurs lui en adressèrent de graves 
reproches, et Marcello, préférant moins de profits et plus de tran- 
quillité, loua sa ferme moyennant neuf écus par mois, se réser- 
vant les gratifications des prisonniers qui étaient libérés au i5 
août » . La location était trop élevée sans doute, car les sous- 
traitants rompirent le bail. Alors Alberini conclut marché avec 
d'autres fermiers au prix de huit écus par mois 6; mais ceux-ci 
exercèrent une surveillance si peu active qu'un pharmacien 
s'échappa (1529); la ^conséquence fut que Alberini, tenu pour 
responsable, se vit enfermé à sa place. Heureusement pour lui, 
le sort le désigna deux mois après pour remplir les fonctions de 

I. Duc. XVII Marcello de Alberinis custodi carceriim Curie Capitolii pro 
nonnullis expensis per eum factis Bernardino de Interamne suspenso in Cam- 
poflore, Francisco de Salerno per decretum visitatorum carcerum, Luce merca- 
tori Neapolîtano suspenso in Capitolio et qiiibtisdam hebreis fustigalis(i"{é- 
vrier i53i) (Mand. Camer., an. i53o-i534, fol. 33). — 2. Scanarolus, De Visita- 
tione Carcer., p. 25. — 3. Domenico Orano. // Sacco di Roma, vol. I, I recordi 
di Marcello Alberini, p. 3o6, 307. — 4. Les statuts de i5i9-i523, confirmant les 
anciens statuts, édictent (liv. III, art. 86) que les prisons relèvent uniquement 
des conservateurs et point du sénateur et fixent (liv. III, art. 99) les rétributions 
des gardiens : « Pro expensis faciendis Carceratis, in Carceribus secretis 
detentis, habeat Commentariensis sive Carcerarius Carolinum unum pro 
prandis et tanttim pro cœna.... Nec liceat Carcerario à carceratis relaxandis 
ultra duos Carlenos pro Carcere vel Custodia... petere vel exifrere. • Les statuts 
de i58o confirment ces dispositions. (Liv. III, art. 8ô et 99.) — 5. Ora.\o, op. 
cit., p. 369- — 6. « /n questo mese di febraio iSiganchora non finita la locatione 
di Marcoantonio e Julio de Ruspagliari da Rezzo perche non mi pagavano, ho 
locato la preggione di Campidoglio a Julio de Paerris per un anno da venire, 
per scudi 8 lo mese, di che è rogato et prothonotario et per lui ha promesso de 
fida custodia giovanni Baptista Quintilis. » Orano, p. 376. 



LES PRISONS. 159 

prévût de la maréchaussée, ce qui lui valut d'être mis en liberté 
(septembre 1529I. Même il ne tarda pas à être réintéf^ré dans sa 
charge et c^éé notaire des prisonniers. Deux années plus tard, le 
2 janvier i533, tous ses prisonniers réussirent à s'échapper en 
perçant un mur de deux mètres d'épaisseur; en raison de quoi il 
fut cité, avec le capitaine du Capitole, Fioravante, devant le tri- 



l~ig. 34. — Le Capitule a 

bunal du sénateur et condamné à la prison. 11 en sortit par les 
offices du sénateur Tornaboni, celui-là même qui l'avait con- ■ 
damné et, sinon lui, du moins sa famille fut de nouveau investie 
de la ferme des prisons. Toutefois, Alberini avait dti payer une 
amende de quinze cents ducats '. En i545, Marcello Alberini était 
encore fermier des prisons; il loua, le 3o mai, pour deux années, 
■ les prisons et la cantine de la Curie capitoline » à un certain 

I. Oran-o, p. 396, a^ En 1570. un Marcello Alberini, qui élai! peut-être le 
même personnage, devint directeur de l'Imprimerie du peuple. Voir le chapitre 



i6o LE CAPITOLE ROMAIN. 

Camillo Blasio au prix de dix écuset demi par mois ^ L'entretien 
d'un prisonnier ou plutôt d'une prisonnière coûtait alors onze 
écus pour deux mois et demi *. 

Ce fut à un Orazio Alberini qu'échut, sous le pontificat d'Ur- 
bain VIII, en 1625, le soin d'agrandir les prisons du Capitole afin 
qu'elles pussent contenir jusqu'à cent prisonniers '. 

Au siècle suivant, les prisons du Capitole furent affermées, au 
prix de cent écus par an, à l'hôpital, qualifié d'archi-hôpital, de 
Sancta Sanctorum, c'est-à-dire du Latran. Moyennant ce verse- 
ment, l'hôpital devait nourrir les prisonniers pauvres*. 

Les taxes perçues sur des détenus furent tarifées en i586 et 
1591 *. 

On ne consacra jamais de bien g-rosses sommes aux répara- 
tions faites aux prisons; en 1466, un maçon reçoit cinquante 
florins pro parte solutionis fabrice carcerum reficiendorum 
in palatio Capitolii ^ ; la même année, on restaura quatre portes 
qui étaient en travertin et le coût du travail s'éleva à sept 
florins^ ; les matériaux venaient du Colisée ^ En 1469, les fenêtres 
donnant sur la Via del Campidoglio ou sur la façade par 
lesquelles les prisonniers imploraient la charité du public ou 
son intervention, furent reconstruites ; la dépense s'éleva à 
trente-neuf florins; les ferrures en étaient pesantes; on en évalua 
le poids à 1414 livres. Un peu plus tard, on répara la fenêtre de 
la cellule dans laquelle étaient enfermés les condamnés à mort 

I. Arch. di Stato, Ant. Pucci, Prot. i386 (i5o8-i555), p. 5-9. — 2. Payement 
fait le 17 avril iS^S à Camillo de Signa, qui avait sans doute précédé Blasio 
dans ses fonctions. Arch. Ses^. Vat., Div. Cam., vol. 134, fol. 178. — 3. Moroni, 
LXIV, 53, et art. Campidoglio, t. VII. On lit dans Scanarolus, De Visitatione 
Carc. : • De carceribus Capitolii prsemittendttm prius est ipsos spectare ad 
dominos de Alberinis et db ipsis locari, et de presentium locari pro anntiis 
sentis 5oo monetœ persolvendis de mense in mensem anticipato ad triennium, ut 
per acta Francischini Prothonotarii Senatoris die i aprilis 1639. » Cf. Forcella, 
I, n. 118. — 4. Congrégation du 12 mars 1706. Archiv. Stor., Not. Capit., Cred. I, 
vol. 42, fol. 41. Ibid., Cred. VII, vol. 41, fol. 24. Cf. Jbid., Cred. XVII, 
vol. I, p. 4Q. Congrégation du 18 février 1780. — 5. Decreto fatto dall'.Illmo 
Sig. delV una e delV altre legge Dottore Sig. Giovanni Pelicano Senatore di 
Roma da osservarsi dalli Guardiani e ctistodi délie Carceri di Campidoglio, 
publicato in visita il 21 agosto i586 e confcrmata da \. S. Sixto T il r ot. 
liasse delli Pagamenti ed altri ordini da osservarsi dal Capitano e Guardiani 
délie carceri di Campidoglio ampliati e confermati di ordine délia Santità di 
N. S. Gregorio XIV, dalV Illmo Sig. Ludovico Arca Senatore di Roma, Rome, 
16 mars i5gi. {Archiv. Seg. \'at., Arm. V, vol. 48, fol. 83, io5). — 6. Mand. 
Camer. Urbis, an. 1464-1473, fol. 21. — 7. Ibid., fol. 46. Miixxz, en citant ces 
documents. Les Arts, t. II, 91, commet une légère inexactitude. Ils ne figurent 
pas dans VArchiv. di Stato parmi les Mandati Camerali, mais parmi les Man- 
dait Camerœ Urbis, ce qui montre que ce fut la commune de Rome et non le 
Saint-Siège qui fit la dépense. — 8. Cf. ce que dit à ce propos, d'un peu obscur, 
E. Mii.NTz, dans Les Arts à la Cour des Papes, I, 147. 



LIÎS PRISONS. i6( 

et qui se trouvait immodiatement au-dessus de la i^hambrc <Ju 
fjci'itier'. 

En i577, les prisonniers se plaignirent d'être Inip ;i l'étroit et 
qu'il n'y eût pas dans la prison * de chambres publiques et 
secrètes >». Quelques améliorations furent faites en i585, aous 
le pontificat de Sixte-Quint'. 

Les prisons du Capitole disparurent en partie lors de l'exécu- 
tion des travaux entrepris sous l'inspiration de Michei-Anjre ; 
cependant dans la vue du palais sénatorial dessiné par Gio. 



Balta Falda, vers i(>Hn, on voit de chaque côté de la porte prin- 
cipale, assez près du sol, des fenêtres ffriilées qui sont, à ce 
qu'il semble, celles par o£i s'éclairaient les prisons qui subsis- 
taient à cette époque, t'es fenêtres ont disparu. Les deux plus 
élevées ont été remplacées par des plaques de marbre portant 

1. . Flor. .V.V.Ï/.V ton. XX fro 
c^rcerif us < JfiloUi itrsiis pjylem 

(il janvier y^xt). FI. LXI ton. XXVI pj-o ralore h ,. ji,,„,,..„ 

quarum nnj fosi/j fuU in caméra supra cdrcererto In qui siinl catrcrili ad 
penam vlla.... • (Mand. Cam., an.' 1466-1469, fol. 177.) — 2, Conseil du 37 no- 
vembre 1577. • De Mjiisionlbns in carcentus CapUoUnis fabrtcandis. N.Hig. 
Aivndo jmlo unj sapptiei dai prigionierl di Campldogllo di stare inollo 
rtsIreUi ed incomodi per manansa Ji atanse putUche e sègrett, ed anche per le 
donne... N. S. flia rimessa al Stnatore il ^uale la rlmetle 2 vol. Ex S. C. decre- 
liim est detlla execulionl demandarl et manslones pro carceratornm commodl- 
Ijlefien, et ta priipler SHHtL-nJj et cipienda esse saita iSu fer esegiilrc Jelli 
(.iitii-i. . Archiv. Stor. Capil., Crcd. I, vol. 27. fol. iCn. Les staluls de i5\l et 
L-eux de iSSo rcoonnalsseni Jeux sortes de prinons : la prison privOc, qui «lait 
colle des dèlenusgardÉs sur la requête d'un particulier; la prison publiuue où 
étaient enferinés les coupables de arolt commun. (SlalutsdciSiJ.Uv. Il, art- 56- 
Statulsde [5Bu, liv. II. art. 56.) Voir Glose de Galuake Tir, édition i&ii', p. C45' 



i62 LE CAPITOLE ROMAIN. 

des inscriptions commémoratives de la prise de Rome, le 20 
septembre 1870. 

Les derniers vestig'es des -prisons ont été détruits en 1876, 
époque à laquelle on fit certains travaux d'aménag-ement intérieur 
au palais sénatorial dans lequel se trouvent actuellement réunis 
les services municipaux. La porte qui y conduisait est devenue 
celle de la Secrétairerie. 

Au haut du deuxième palier de l'escalier qui donnait accès aux 
prisons une inscription rappelle les modifications accomplies par 
ordre de Grégoire XVI, en 1839*. 

Les prisons avaient porté long-temps le nom de Cancellaria, 
tandis que le Tabularium s'était appelé, comme on a dit, Camel- 
laria, par suite de la singulière méprise qu'on a expliquée. Le 
lieu était le même, avec cette nuance que la cancellaria fut la 
partie du Tabularium la plus souterraine et celle réservée à la 
g-eôle. 



LES EXECUTIONS AU XVI- SIÈCLE 

Les pendaisons dont Infessura reg-rettait en son temps le petit 
nombre, comme on a vu, ne tardèrent pas à recommencer, et il 
y en eut de nombreuses au Capitole pendant le xvr siècle et dans 
les quelques années qui précédèrent. 

En la seule année 1497, furent pendus aux fenêtres du Capi- 
tole : Matteo di Andréa, Francesco di Giacomo, Pietro Santi, 
Ciiordano délia Scarpa. En même temps, on pendait au g-ibet du 
mont Caprino-. 

Les frais des exécutions étaient g-énéralement payés par le 
g-ouverneur, qui prélevait les sommes nécessaires sur le fonds des 
amendes, taxœ maleficiorum^. A la date du i3 juillet i5i5, le 
bourreau reçut trois jules, environ cent sols, pour avoir coupé la 
tête à un domestique, Gio. Batta: il recevait, en outre, un salaire 
de trois ducats d'or par mois. Le pi*ix des pendaisons était le 
même que celui des décapitations, trois jules*. Il n'en coûtait 
pas plus pour faire brûler le criminel après qu'il avait été pendu ^. 

I. FoRCELLA, n. 382. — 2. Afcliiv. di Stato, Archivio di s. Giovanni Decollato, 
Busta XXIV, vol. 2. Cette confrérie avait pour mission d'assister les criminels; 
il était tenu registre des exécutions auxquelles les frères de l'ordre avaient été 
présents. — 3. Aussi est-ce sur le registre de ces taxes que se trouvent inscrites 
ces dépenses. Archiv. di Stato, Taxœ Maleficiorum, Busta I, vol. i et suiv. — 
4. Jtid., vol. I, p. 48. « Carnifcx habiiit jiilios très fro suspendendo Petriim Au- 
gustinum assassiniim. » 3o août i5i5. — 5. llHd., p. 219. « Carnifex hatuit julios 
très pro suspendendo et igné creniando qiiemdam falsalorem monetarum. ■ 



LES EXÉCUTIONS. tC3 

Cependant on remboursait, à ce qu'il semble, le bois, les chaînes, 
l'échafaud quand le criminel avait été brûle vivant ; l'exécution 
d'un faussaire était payée dix-huit carlins '. Le bourreau se fai- 
sait compter six carlins pour fustiger*. 

Les cordes qui avaient servi à pendre les suppliciés apparte- 
jiaient à la confraternité de S. Giovjitni DccoIIjIo. Kn i5io, elle 
décida qu'elles ne seraient plus enterrées avec le cadavre, comme 
cela se pratiquait depuis quelque temps, mais qu'on en revien- 



((iravure de Palda.) 

drait à l'ancien usafje qui était qu'on brillait toutes les cordes 
ensemble en {grande pompe le jour de la fête du patron de la 
confrérie. 

Il est fait mention en i5ii, pour la première fois, d'un cadavre 
livré aux médecins pour être étudié'. ~ 

I. It-U. • Pro jnstiHj Miixelli (le Vicov^rofilsalorismonetarumquiluitlgae 
t:l-<niJlus,YiJelkclproUgiits./iinis,callien3,JiirCfi,el veclura preMclarumrerum 
Cari. XVni. . — 2. /«,(. ' Cjrni/ex hjtail CjrUnoi sex fro fruslandis per 
urtem tribus jui liidebanl cum cjrlts /jlsis. CJNCtlhrtus ISurisetti habuit toi. 
XXXV. pro mitrtls et fUBis, et elUm noanuUis aliis ncccssjrih pro susfea- 
JenJo Mjtlhtjia Peroclum. • IbU. • Cjrni/ex hj^alt jiiUos sex pro ampaiJuJo 
maiiumel caput cujuidam HomicUe. Jutlos tivs pro amputando caput cuidim 
de Vello. JuUos Ires pro suspendeiido quemiaia assasslHwn j.f Turrim None. 
fjini/ex luNill Jttllos VIpro suspendendoelignecremanJo Maglslramjohin- 
«em Mspauum chlrurgum. Cjrl, iS pro frustando per «rfeiB qaemjim /n- 
rem. Carnifex hahiit jullos Ires pro jmputandn caput Julio Délia Fossa. ■ — 
a. ArcMrin di Htalo, Rcgiatri dcllc Giustitic, viil. III, p. iî. \x» autopsies 
ùlaicnl entourées par le pouvoir pontilica], de funnaliliis nombreuses. lUml on 
a le détail dans notre ouvrage sur tes Corporations ouvrières di lioiae, Corpo- 



i64 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Sous le pontificat de Léon X, qui fut paisible cependant, il y 
eut un pfrand nombre d'exécutions au Capitole, tant au gibet du 
mont Caprino que sur la place du palais*. On y écartela un 
homme en l'année 1542*. 

La dernière exécution qui eut lieu sur la place du Capitole 
fut celle de trois prétendus conspirateurs, le comte Antonio^ 
Canossa, Taddeo Manfredi et Benedetto Accolti, fils du cardinal 
d'Ancona, qu'on promena par la ville attachés à la queue d'un 
cheval et qu'on égorgea « comme des vaches » sur la place du 
Capitole (i565)'. 

Quand on ne supplicia plus au Capitole, on y exposa devant 
les prisons les têtes des suppliciés ; par exemple, celle du nlar- 
quis Manzoli décapité dans la prison de la torre di Nonaii636)*. 
C'ette même année, on coupa la main d'un condamné devant le pa- 
lais des conservateurs, après quoi il fut pendu sur la place Giudea*. 

Le supplice de l'estrapade fut appliqué au Capitole jusqu'à la 
Révolution. En 1768, comme on voulait l'infliger à un malfaiteur, 
on s'aperçut que l'appareil de fer nécessaire, exposé au coin du 
palais, fiel cantojie del pala^Tf^o Senatorio, se trouvait hors 
d'usage; ordre fut donné en conséquence de le mettre en état'*». 
Cet appareil fut détruit, avec les autres instruments de torture, 
à l'entrée des troupes françaises à Rome. 

I. Rcgcistres de S. Giovanni Decollato, vol. III, IV, V. — 2. Août 1542 : 
Ciiuli i5 a Benedetto da Bologna fer la riparazionc délie forche. Duc. 2 al 
Ministro di Giusticia, Marchetto, fer sua mercede di avère strascinato et 
imficcato Federigo d'Abruzzo. Al deito carolini 10 fer il cavallo e quello che 
la vienava fer strascinare Fedej'igo d'Abruzzo (p. 75). Al detto giuli i5 fer 
avère frustati due e fosti alla berlina. {Archiv. di Stato, Mand. Camer. 
Urbis, 1542, fol. 55). Puis encore pour les années 1544, 1557, fol. 8: Duc. 3: 5o 
a maestro Stazio funaro fer una corda da dar tormenti dalla corte di Cam- 
fidoglio; fol. 22: Al Maestro di giustizia se. 1 :5o fer avère afficato e bruciato 
Ilieronimo francioso luterano; fol. 3i : liol. 75 al maestro di giustizia fer avère 
frustato e tagliato l'orecchio ad uno. — 3. Rc^. di S. (îio. Decollato, vol. X, 3o^>. 
La confraternité dépensa 57 baiocchi en malvoisie, vin grec, confetti et échau- 
dés oflcrts aux condamnés; le chapelain, qui s'était surmené, eut 25 bai. — 
4. 1" sept. i636. iSentenza contro Francesco Manzoli dei Bentivogli di Bologna 
olim Cam. Af. clericum confessum ijuod dictaverit, comfosuit libruvi iniitu- 
latiim • Ricordi del rnarchesc Manzoli » net quale sono maldicenze contro il fon- 
tifice ed altri. Fiie condannato al taglio delta testa fer delitto di lésa maesta 
contro Urbano VIII. {Archiv. di Stato, Sentenze criminali del Senatore, vol. 11, 
busta 944, fol. 255). On s'était servi d'une sorte de guillotine pour celte exécu- 
tion ; celui qui copia la sentence en a retracé le modèle en marge ; au milieu 
d'un cadre de bois est suspendue par une corde une lourde pièce de bois à 
laquelle est fixé un couperet semi-circulaire; au-dessous se trouve un billot 
rectangulaire. La sentence fui une erreur judiciaire, ainsi qu'on le constata en 
revisant le procès à la demande des héritiers qui n'avaient, d'ailleurs, d'autre 
but que d'éviter la conliscalion des biens du condamné. (Diariodi Mons.Sfaday 
Cod. Barberiniano, LIV, 61 ad an.) — 5. Archiv. di Stato, Archiv. di S. (îiovanni 
Decollato, vol. XXII, fol. 256. —6. Archiv. Stor. Capit., Cred. X\', vol. i, fol. 73. 



TRIBUNArX CONSULAIRES. 



i65 



TRIBUNAUX CONSULAIRES 



Les nécessités de leur mag-istrature judiciaire faisaient un 
devoir aux consuls des corporations de sièg-er dans le voisinage 
immédiat du Capitole, d'autant plus que le sénateur était le jug:e 
en appel des différends dont ils connaissaient. Jadis, au reste, les 
statuts leur imposaient de rendre la justice au pied de la tour du 
marché. C'est pourquoi, dès que fut construit l'édifice qui devint 
le palais des conservateurs, les consuls s'y établirent pour y tenir 
leurs audiences. Dans une bulle du pape Grég-oire XII, datée de 
1407 et adressée à la corpora- 
tion des bouviers, il estdit: «/« r"!"' \,^-^i5iH'f<^^*"'":*W'^ 
lovio dicte artissito in opposito 



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Fig. 37. — Le Capitole. 

(D'après une gravure du Cabinet des 
Estampes.) 



palatii Capitolii^ ». Les bot- 
tiers y avaient ég-alement une 
salle dès le xv siècle. Dans le 
cadastre de l'archiconfrater- 
nité Saticta Sanctorum, se 
trouve cette délimitation d'un 
terrain : « Domum terreneam 
et tegulatam positam in Mer- 
cato, ubi consueti sunt rési- 
de re Calsorarii. Inter hos 
fines ^ ab uno... domus quôd 
Gregorii de Margatiis, ante 

via publica que dicitur « Lo Mercato » et ab alto via per quam 
itiir ad domos olim Banderensium *. » 

Une décision du conseil communal, en date du 28 avril iSôç, 
accorde aux consuls des marchands d'aromates la salle occupée 
antérieurement par la corporation des ag-riculteurs, moyennant le 
versement d'une somme de cent cinquante écus'. Ottavio Vestri, 
qui publia son livre en 1609, parle des tribunaux consulaires .déjà 
nombreux établis au Capitole *. Les noms des diverses corpora- 
tions qui se voient encore gravés au-dessus des portes donnant 
sur la g-alerie du palais des conservateurs indiquent l'emplace- 
ment exact de ces tribunaux qui devaient ressembler aux petites 
boutiques dans lesquelles les consuls, leur audience achevée, 
revenaient travailler; on y relève les indications suivantes en 

I. statua delV Aorricoltura, éd. 1878, p. m, 235. — 2. Camillo Re, // Campi- 
doiflio. nitllettino deïla Coin. Arch. (\wi., an. X, 1^2, p. ii3. — 3. Archiv. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 2-|, fui. 37. — ^. Gatti, Bull. Comm., an. iV(j.\, p. 36o. 



i66 LE CAPITOLE ROMAIN. 

partant de la droite : VNIVERSITATIS FABRORVM ; VNI- 
VERSITAS TABERNARIORVM ; VNIVERSITAT. CAR- 
PENTARIOR.; VNIVERSITA DE MACELLARI ; COLLECl. 
DE S.S. iMERCANTI; COLLEGIO DE FONDACO DI S. MI- 
CHELE ARC; AROMATARIORVM COLLEGIVM*. Le long- 
dès degrés qui mènent au portique de Vig-nole, du côté du mont 
Tarpéien, d'autres corporations avaient leurs tribunaux, à savoir 
les aubergfistes, les maçons; les boulangers, les tailleurs. On lit 
sur l'architrave d'une porte : \^NnTRSITATIS ALBERGA- 
TORVM; un peu plus loin, sur une autre porte : HIC EST 
CONSV MVRATOR, avec les emblèmes de la corporation, le 
compas, le marteau, le fil à plomb, la truelle et l'équerre. Au- 
dessus d'une quatrième porte se voient gravées sur une plaque 
de marbre les armes des boulangers, quatre pains au milieu 
d'une couronne de lavande. Au bout de l'escalier, près du por- 
tique, est inscrit sur un linteau : VNIVERSITAS SVTORVM ; 
à côté les bustes des deux apôtres, saint Pierre et saint Paul, 
avec une paire de ciseaux au milieu. Du côté opposé, on distin- 
gue des emblèmes qui peuvent être ceux des charpentiers *. 

En 1671, le pape autorisa, par un chirographe en date du 2,5 
janvier, les arts de la soie et de la laine à se réunir dans le 
« nouveau palais », c'est-à-dire dans celui qui venait d'être 
construit en face de celui des conservateurs '. Les notaires y 
avaient également des salles ♦. En 1697, un certain nombre de 
corporations sollicitèrent la permission d'abandonner les salles 
qu'elles occupaient dans l'ancien palais pour se transporter dans 
celui qui venait d'être achevé, s'engageant à prendre à leur 
charge tous les frais qui résulteraient de ce déplacement; le 
conseil communal agréa cette requête -^ 

Lorsque les tribunaux ecclésiastiques eurent attiré à eux toutes 
les causes et anéanti les autres juridictions, ce qui eut lieu dans 
le courant du xviii* siècle, les justices consulaires s'éteignirent 
peu à peu et les corporations utilisèrent de leur mieux les salles 
où leurs consuls n'avaient plus à se rendre faute d'affaires à 
juger. Les unes les louèrent à des boutiquiers, d'autres en firent 
des logements. Ce ne fut pas toutefois sans scandale. Le 27 avril 
1741, le conseil communal, devenu congrégation, décida de retirer 
les clés de leur salle aux ferronniers qui en avaient cédé la jouis- 
sance à des étrangers <5. Dans sa séance du 3i août 1744, la con- 

I. Cf. Bernardixi, Descrizione ciel nitovo Ripartimento, Rome, 1744, p. 171. 
— 2. Gatti, Statuti dei Mercanti, p. xlvi; Vestri, Pratica, Rome, i6:.6, p. 38. — 

3. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 4, fol. 89. Copie du chirographe. — 

4. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 4, fol. 97. — 5. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 4, fol. 126. — 5. IHd., Cred. VII, vol. 100, fol. 2^. 



r" 



STATUES HONORIFIQUES. 167 

grég-ation signala aux conservateurs, avec ordre d'aviser, la 
location faite par les marchands d'aromates de leur salle de 
tribunal au balayeur de la ville; en 1768, les apothicaires louèrent 
aussi leur salle; en conséquence, le scribe du sénat fut chargé 
d'expulser les locataires ; dix ans auparavant, en 1748, les bou- 
chers avaient volontairement renoncé à leur salle qui fut attribuée 
aux mandataires du Capitole*. D'ailleurs la possession d'une salle 
au Capitole était une lourde charge. La corporation des ag-ricul- 
teurs dut s'engager, pour obtenir celle que les drapiers aban- 
donnaient, à remettre chaque année à la Chambre capitoline dix 
livres de cire de Venise et à entretenir le toit du palais des 
conservateurs. La corporation des lainiers, plutôt que de 
réparer les fenêtres de la salle où elle s'assemblait, préféra 
déménager et renoncer à son privilège*. 

Les dernières salles furent fermées en i8i6;eUes appartenaient 
aux aubergistes, aux boulangers et aux cordonniers qui d'ailleurs 
les louaient ; quant aux autres salles, il y avait longtemps que la 
Chambre Capitoline s'en était emparée'* 



STATUES HONORIFIQUES * 

Léon X fut le premier pape auquel on éleva une statue au 
Capitole^. Le conseil communal décida, dans sa séance du 10 juil- 
let i5i8, dé lui accorder cet honneur en marque de la grati- 
tude du peuple romain à son égard ^ ; Léon X avait, en effet, 
restitué au peuple une partie de ses anciens droits et de ses 
revenus'. Domenico Diana de Bologne fut chargé du travail ; il 
lui avait été imposé de tailler la statue dans du marbre de Car- 
rare; toutefois on négligea de lui faire aucune avance et, sa 
statue finie, il la déposa dans une maison privée et engagea une 
action contre les conservateurs*. En 1020, l'affaire n'était pas 

i.IHd.y Cred. VI, vol. 100, fol. 5i5; Cred. VII, vol. 69, fol. 162; vol. 40, fol. 3oo. 
Il s'agit de fonctionnaires, d'employés qui remplissaient les fonctions d'huissiers 
du peuple. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 40, fol. 129, 177. — 3. Congréga 
tion du 3o décembre 1816. Archiv. Stor. Capit., Cred. XVIII, vol. 99, fol. 79,82,89, 
96, 106. — 4. D'une façon générale, voir Cod. Vat. 7927, c loi. Decreti del Senalo e 
Popolo Romano in occasione cii erii^gcre statue ai Romani Pontiflci. — 
5. D. Gnoli, Descriplio UrLHs, dans Y Archiv. délia R. Società R. di Storia 
patria, XVII, 389; D. Orano, // Sacco di Roma, I, 202. — 6. Séance du 10 juillet 
i5i8. Ordre fut donné à Cîiuliano Giovenale, prieur des caporioni, et à PYan- 
cesco Branca, chancelier, dépaver les sommes nécessaires. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 34, fol. 45. Texte un peu différent, Cred. I, vol. i5, fol. 35; vol. 14, 
fol. 71, même séance. — 7. Par la bulle « Dinn singularem » du 18 avril i5i3. — 
8. Archiv. Stor. Capit., Atti Notarili orig., vol. 899. 



i68 LE CAPITOLE ROMAIN. 

encore tranchée*. On l'obli^-ca alors à restituer cent ducats qui 
lui avaient été remis entre temps en acompte*; plus tard, le 
travail fut repris et mené à bien, et la statue placée dans l'une 
des salles du palais des conservateurs 3. En 1876, cette statue a 
été transportée dans l'ég-lise S. iMaria Aracœli par les soins 
du syndic de Rome. Elle avait un gardien aux appointements 
de cent écus par an ! Toutefois le rôle de ce gardien ne se bor- 
nait pas, ce semble, à surveiller la statue, il était chargé aussi 
de l'honorer. Quand le premier gardien mourut, on divisa son 
office et sa prébende en parts que l'on attribua à des moines, à 
charge par eux de faire dire des messes enl'honneur du défunt pape*. 

Paul III eut sa statue dans le palais sénatorial près du tribunal 
des maestri di strada^; elle fut érigée en 1548; en 1876, le 
syndic de Rome l'a fait transporter dans l'église d' Aracœli 
comme celle de Léon X. Paul IV eut également sa statue au 
Capitole^. En i558, quatre conseillers furent nommés pour en 
surveiller l'achèvement'. 

A la mort de ce pape en i559, le peuple jeta bas cette statue 
dont on se servit plus tard, pour honorer un autre pape ; le socle 
fut donné aux moines d' Aracœli sur leur demande ®. 

En 1576, un crédit fut accordé à Paolo Oliviero pour terminer 
la statue du pape régnant, Grégoire XIII ^. Celle de Sixte-Quint 
fut payée au sculpteur Taddeo Landini treize cents écus, somme 
qu'il trouva insuffisante (26 juin i587j *«. D'autre part, Costanza 
Sforza obtint de placer dans une salle du palais la statue de son 
mari, Giacomo Buoncompagni, « pour honorer sa mémoire** ». 
L'abus commençait. A la mort de Sixte-Quint, pendant la vacance 
du Saint-Siège, il fut décrété que, « sous peine d'infamie», nul 
ne devrait plus proposer désormais de dresser une statue à un 
pape vivant (28 août 1590) *«. En revanche, le conseil décida, le 27 

I. Il est vrai qu'on manquait absolument de fonds. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 36, fol. 68. Cf. fol. 81. — 2. Itid., vol. 14, fol. 126; vol. 33, fol. 180. 
— 3. On grava sur le socle une inscription. Forcella, I, n. 40. — 4. Conseil 
du 4 août 1524. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, fol. 742. — 5. C'étaient 
deux magistrats de cet ordre qui avaient été les promoteurs de l'érection 
de cette statue. D. Orano, // sacco di Roma, I, 4^). Elle avait été tirée d'une 
colonne trouvée au Capitole. E. Muntz, Les Monuments antiques de Rome, 
i{tt)6, p. 41. Texte de l'inscription gravée sur le piédestal. Forcella, I, n. 46. — 
6. Séance du conseil communal (Octobre i555). Archiv. Stor. Capit., Cred. I,vol. 
36, fol. 742. — 7. Itid., vol. 37, fol. 10.— 8. Séance du xriii Kal. Sept. i563. Archiv. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 37, fol. 157, 159. — 9. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 
27, fol. 24. Huit commissaires furent nommés le 29 mars 1576, Archiv. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 33. — 10. Ilnd., Cred. VI, vol. 61, fol. 11. Inscription 
placée sur le socle. Forcella, I, n. 84. Cf. BERTOLOTTi,/lr/w/i tolos^nesi a Roma, 
Bologne, i8c!5, p. 83.— n. Itid., Cred. I, vol. i5, fol. 47, 137; vol. 16, fol. 26; vol. 
21, fol. 145. Il était fils du pape (îrégoire XIII. \'oir p. 171. — 12. « J)e cselero 
simiilacra Pontlficum viventium non erigantiir. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 



LES PAPES AU CAPITOLE. 169 

septembre suivant, d'érig-cr une statue au pape Urbain VIT, 
mort le i5 septembre après douze jours de règ-ne*. En i5c)3, on 
éleva une statue à Alexandre Farnèse '^ ; en iSgS, on en votait 
un autre pour Marc-Antoine Colonna, qui avait contribué à la 
victoire de Lépante (1571)', et une autre encore pour le comte di 
Santafiora*. En iSçô, une statue fut élevée à Virg-inio Orsini^ 
Clément VII eut aussi sa statue : sa bienveillance envers le Capi- 
tole méritait bien cette faveur; mais, afin que la dépense ne fût 
pas trop forte, le conseil se contenta de faire mettre une nouvelle 
tête à la statue de Paul IV que le peuple avait décapitée na«"uère. 
Ce ne fut qu'en 1649 que le Bernin reçut l'ordre de faire une statue 
entière ^. 

LES PAPES AU CAPITOLE 

Vers le milieu du xvr siècle, ce devint la coutume que les 
papes s'arrêtassent au Capitole en se rendant de Saint-Pierre au 
Latran pour y prendre possession de la tiare. Saint Pie V fut le 
premier, ce semble, qui y reçut l'hommag-e des magistrats urbains'; 

yol. 29, fol. 2?^. En 1657, les trois conservateurs déclarèrent avoir vu dans la salle 
des Fastes l'inscription suivante, dont ils donnèrent le texte, et savoir que les 
dispositions qu'elle contenait avaient été abolies par un bref du pape Urbain VIII, 
daté du II janvier 1634. Voir plus loin, p. i83. Texte de l'inscription : 

SI QVIS PRIVATYS SIVE MAGISTRATVM GERENS, SIVE ALIA gVAVIS AVCTHORITATE 
POLLENS DE COLLOCANDA VIVO POXTIFICI STATVA MENSIOXEM FACERE AVXIT LEGI- 
TIMO S. p. Q. R. DECRETO IN PERPETVVM INFAMÎS ET PVBLICORVM MVXERVM EXPERS 
ESTO MDXC MENS. AVGVST. IN TABVLA MARMOREA AD .ETERNITATEM INCIDERE CVRA- 
RVNT MDXCI MENS. MARTIO. 

RVTILIVS ALTERIVS, ALPHONSVS AVILA, OCTAVIVS BVBALVS CONSERVAT. 

PROSPER JACOBATIVS DE FACESCHIS PRIOR. 

QUOD IN .MALAS ADILATORVM ARTES OLIM S. P. Q. R. DECREVERAT ID NE CVICQVAM 
RVRSIIS ELVDENDI ADITVS SVPERSIT PLACVIT NOVO S. C CONFIRMARE AVGEREQVE VT 
NEMO IN SENATV VERBA FACIAT DE COLLOCWNDA STATVA PVBLIOOVE MONVMENTO 
SIVE VIVO PONTIFICI, SIVE ALIIS QUI CV.M VIVO PONTIFICE CONIVNCTI SANGVINE VEL 
FA.MILIARITATE AVT VIVANT AVT E VIVIS EXCESSERINT, QVI SECVS FAXIT INFAMIS ET 
PVBLICIS MVNERIBVS IMPAR SCIET DIE PRLVIA APRILIS MDCV. 

HIERONIMVS DE BALZEO DE SIRLETIS, ANTONIVS GABRIELIVS, TIBERIVS LANCEL- 
LOTTVS CONSERVAT. 

ANTONIVS MVTIVS PRIOR. 

Archiv. Stor. Capit., Not. conserv., vol. 4, 102. En marg:e, pa^e suivante; on 
lit : • Mof, Constantin Gigli, ayant appris que ces décrets allaient être abolis, 
les ai copiés mot pour mot. • — i. Ibid., Cred. I, vol. 29, fol. 2:îi. — 2. Le i5 no- 
vembre. ItiJ., Cred. IV, vol. 104, fol. 5. Inscription gravée sur la base. For- 
CELLA, I, n. 97.-3. Inscription sur la base. Forcella, I, n. loi. Voir p. 170. Il 
était mort en i5}Î4. — 4. Arch. Stor. Capit., Cred. IV, vol. 104, fol. 29, 41, et Cred. 
I, vol. 3o, fol. 172. Marc-Antoine était mort en 1584. Plusieurs de ces statues, 
celle entre autres de Marc-Antoine, se voient encore dans la galerie du Musée 
capitolln (Palais des Conservateurs). — 5. Le 2 août. IHJ., Cred. I, vol. 3o, fol. 
2iu. — 0. MiciiAELis, La Collée. Capit., p. 52. — 7. Cancellieri, Storia dci soknni 



*70 LE CAPITOLE ROMAIN. 

les consen^ateurs et les autres officiers vinrent à sa rencontre et, 
après l'avoir salué, l'accom paginèrent à cheval jusqu'au Latran 
(i566). La cérémonie g^arda cette simplicité jusqu'au couronne- 
ment de Sixte-Quint, en l'honneur de qui on éleva un arc formé 
de trois poutres que décoraient des écussons à ses armes (i585). 
On fit mieux pour Grég'oire XIV; un arc de triomphe fut con- 
struit au sommet du g-rand escalier et l'on recouvrit l'atrium de 
belles tentures et non, dit le narrateur, de vulgaires couvertures ; 
les conservateurs, les chefs de quartier, les deux chanceliers allè- 
rent à la rencontre du pape au son des trompes et des cymbales, 
au bruit des bombardes, auxquels succédèrent les voix de nom- 
breux musiciens (iSço) *. 



FÊTES DONNÉES AU CAPITOLE AU X\T SIÈCLE 

Au XVI' siècle, il y eut au Capitole des représentations théâ- 
trales. Le 20 avril i5oi, jour anniversaire de la fondation de la 
ville, les conservateurs donnèrent un banquet dans leur palais 
auquel assista' Burchard, qui trouva d'ailleurs les vins fort mé- 
diocres; ce banquet fut suivi d'une comédie; mais l'assistance 
était si nombreuse et si tumultueuse qu'on n'en put rien enten- 
dre*. Sous le pontificat de Léon X, il y eut comédie de nouveau 
lorsque le peuple accorda le droit de cité à Giuliano et à Lorenzo 
Médicis, pour complaire au pape (i5i3). On joua une pièce latine 
fort long-ue et sans intérêt '. 

En 1571, Marc-Antoine Colonna fut reçu au Capitole en triom- 
phe après la victoire de Lépante. La terreur avait été grande à 
Rome: en i565, le conseil communal avait décidé de convoquer 
tout le peuple au Capitole pour qu'il pût témoigner son atta- 
chement au Saint-Siège et sa résolution de tenir ferme contre le 

fossessi, Rome, iîb2, p. m et suivantes pour les autres couronnements.— i. Dé- 
penses faites en cette occasion. Archiv. Stor. Capit., Cred. I., vol. 29, foi. 260. 
— 2. « Inde (après la messe dite à S. Maria Aracœli) ivimtis ad palatium conser- 
vaiorum ubi invitati fecerunt prandium in quadam logia quadrangulari in qua 
parte fuerunt due mense Ionise, jiixta duos miiros, quorum duo capila conjun- 
getantur; una extendetat se illiic alia ita quod faceret triangulum... Prandium 
fuit satis feriale et sine bono vino. Post prandium fuit recitata quedam comedia 
in curia palatii predicti, in tanta populi pressura, quod propter malum ordi- 
nem nemo poterat videre bene. Non f itérant scrvata loca invitatis vel nobilibus, 
sed omnia in confusio; propterea recessi. » Ed. Thuasne, III, i32. — 3. Cera- 
soLi, Le Feste in Campidoglio net i5i3. // liuonarrotti, i(k)i ; Roscoe, The Life 
of Léo the Tenth, I, 329. Cf. IHario di P. de Gr-vssi, publié par Armellixi, 
Rome, 1894, p. 75. La Louve et la Main tenant un globe ser\'irent à la déco- 
ration du théâtre. Michaelis, Coll. Capit., p. 14. 



IMPRIMERIE DU PEUPLE. ^ i?* 

Turc*. De grandes fêtes furent décidées, à la dépense desquelles 
le pape, Pie V, fît savoir qu'il contribuerait*. 

Lors de l'élection de Grégoire XIII (1.572), les magistrats ro- 
mains, pour se faire bien venir de lui, accordèrent le droit de 
cité à son fils Giacomo Buoncompagni auquel ils offrirent, en 
outre, un banquet au Capitole. Le payement de la dépense ne se 
fit pas sans quelques protestations dont le conseil communal eut 
à s'occuper'. 

En i585, des ambassadeurs japonais vinrent à Rome pour une 
négociation avec le pape; pattis de Nagasaki le 20 février i582, 
ils firent leur entrée solennelle à Rome le 22 mars i585, et furent 
reçus au Capitole ; mais le détail de leur réception n'est pas connu*. 



IMPRIMERIE DU PEUPLE 

Il y avait déjà quelque cent ans que les imprimeurs allemands 
Hahn, Schweinheim et Pannartz avaient apporté à Rome l'art de 
la typographie qui n'y prospéra guère, quand le pape Paul IV 
songea à créer dans sa capitale une imprimerie destinée à publier, 
d'après les textes acceptés par l'Église, les œuvres théologiques 
que les luthériens d'Allemagne éditaient alors dans un tout autre 
esprit. Dans cette vue, il fit appel à Paul Manuce, le fils du fameux 
Aide Manuce, que ses éditions classiques rendaient particulière- 
ment apte à remplir la mission qu'il voulait lui confier. Une ré- 
munération annuelle de cinq cents écus d'or lui était assurée, 
ainsi que bien d'autre& avantages •"*. 

I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I, vol. 22, fol. 119. — 2. Ibki., vol. 25, fol. 170. — 
?>. Séance du 3o septembre 15^3. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3ii, fol. 485. 
— 4. Séance du 11 mai i5î^3. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, v. 28, f. 278. ^ 5. Mo- 
RONi, Dis. di Ertid., LXIX, 228; Renouard, Annales de l'Imprimerie des Aides, 
Paris, 1834, p. 188; Brunet, Supplément, p. loii ; Nouvelle Biographie générale, 
article Manuce, par Ambroise Firmin-Didot ; Grande Encyclopédie, art. Paul 
Manuce. Les indications de ces diverses sources ne sont pas, d'ailleurs, en 
parfaite concordance; dans l'article d'Ambroise Firmin-Didot, il est dit, au 
commencement, que Paul Manuce mourut à Venise, et à la fin, qu'il mourut à 
Rome. De fait, ce fut à Rome qu'il mourut. Cf. Mémoire de Fabrizio Galletti 
(voir plus loin) au conseil communal. Délibération du conseil concernant l'allo- 
cation des cinq cents écus. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 24, fol. 226. Paul 
Manuce avait, ce semble, une imprimerie personnelle; plusieurs ouvrages 
parus à cette époque portent la mention : Romœ apud Paulum Manutiiim, 
Aldi F. Renouard, Annales des Aides, en donne la nomenclature. Le premier 
fut De Concilio liber Regiftaldi Poli Cardinalis, M. D. LXII. Le protecteur de 
Manuce, Paul IV, était mortfin août iSSg, ce qui avait dû retarder le commen- 
cement des impressions et peut-être l'arrivée de Manuce, car ses biographes 
la fixent au 7 juin i56i. Il existait à Rome d'autres imprimeries; celle de Blado, 
fort ancienne (elle fonctionnait déjà vers i536; Brunet, IV, 787), en était la plus 



172 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Son atelier fut établi dans une maison voisine de la fontaine 
de Trevi et reçut au début le nom d'Imprimerie apostolique; 
mais comme la maison appartenait cà la communes les volumes 
sortis de ses presses portèrent la mention : « In JEdibus Populi 
Romani *. » C'est ce qui a donné à croire à plusieurs auteurs que 
l'imprimerie du peuple avait été transportée à une certaine épo- 
que au Capitole, dans le palais des conserv^ateurs ; une sorte de 
tradition s'est même établie dans ce sens ^ ; mais, outre qu'il n'y 
a pas trace d'une semblable installation et qu'aucun texte n'en 
fait mention, tous les documents relatifs à l'imprimerie tendent 
au contraire à démentir cette hypothèse; il semble donc certain 
que rimprimerie demeura dans le lieu où elle avait été d'abord 
créée *. 

importante; les ouvrages sortis de ses presses ont été catalogués par Fuma- 
CALLi, Calaloçro dellc edicioni romane di A. Blado, Rome, 1891; ils sont au 
nombre de 666. De i56(j à 1567, le frontispice porte : Romœ, apud Anto7îium 
lUadum, Imptessorem Cameralem ; puis, à partir de cette date, Blado étant 
mort : Romœ, apud heredes Antonii liladii Impressore? Camerales. Blado rece- 
vait, avant la création de l'imprimerie du peuple, un salaire mensuel de quatre 
ducats (Mand. Camer., i552-i554, fol. 106, 14 août i553). « Solvatis Antonio 
Blado JmpressoriApos. Duc. XVI aiiri de Cam. pro sua quatuorniensium ordi- 
naria provisione. » A partir de iSçS, le nom de Blado disparaît complètement 
et les imprimés, livres ou édits, sortis de son imprimerie, ne portent plus que 
la mention : Apud Impressores Cavierales. Il laissait un fils ou un parent qui, 
le 2 septembre précédent, avait été emprisonné pour crime de sodomie {Cod. 
Urt. I j/., 1060); en 1578, il avait été appelé, comme on verra, à diriger l'impri- 
merie du Peuple. A côté des deux grandes imprimeries de Manuce et de Blado, 
il en existait quantité de moindre importance; on rencontre sur les ouvrages 
parus à Rome à cette époque les noms de Accolto (iSôj), Eliano (i573), De 
Rubeis (1574), Domenico Basa, qui publia le Kalendarium gre^orianum perpe- 
tuum (i582), Giliotto (i5{i3), qui tous deux furent intéressés à l'imprimerie du 
Peuple; Bonfodino (i585), Francesco Zanetti(i585), qui eut affaire également 
avec l'imprimerie du Peuple ; Bartplomeo Grassi (1587), De Dianis (i588), Giorgio 
Ferrari (iSço), Franceschi (1598), Facchetti (1600). Le cardinal de Médicis, qui 
devint, en 1687, grand-duc de Toscane sous le nom de Ferdinand I", créa une 
imprimerie destinée spécialement à reproduire les ouvrages en caractères 
orientaux; Gio. Batta Raimondi de Crémone fut chargé d'y diriger les impres- 
sions. En 1592, cette imprimerie publia un alphabet arabe, Alphabelum Arabi- 
cum, 1592, in lypographia Medicea, M. D. XCII. — 1. L'achat en avait été fait 
en i562. Conseil du 10 janvier i562. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 87, foi. 99. 
La maison fut effectivement achetée 6i5o écus. /^id, fol. 148. Les armes du 
peuple furent placées sur la maison en juillet. IlHd., fol. i53. — 2. Les premiers 
ouvrages, celui de Franciscus Vargas, Catholicas Maiestatis rerum Status, par 
exemple, portent la mention Apud Paulum Manutium Aldi, In /Edibtis Po. Ro. 
Ce ne fut qu'après 1567 qu'elle disparut à la suite de la rupture enfre Manuce et 
le conseil communal. — 3. Moroxe, loc. cit.; Renolard, Annales de l'Imprimerie 
des Aides, Paris, 1834, p. 184; Filippo de Boni, Biografia degli Artisti, Venise, 
1840, p. 6c)8. Au contraire, Michel Mettaire, Annales typogr., III, ir, 5[2, racon- 
tant la vie de Manuce, ne fait nulle allusion à l'établissement de l'imprimerie du 
Peuple au Capitole. —4. C'est aussi le sentiment du savant directeur des Ar- 
chives capitolines, le Doct. Coletti, qui prépare un travail particulier sur ce 
point et qui a bien voulu, avec une rare abnégation, l'aciliter nos recherches 



IMPRIMERIE Di: PEIPLE. 173 

Ce fut une mauvaise aiïairc dès le début. Le pape avait dote 
l'imprimerie de nombreux et beaux caractères' et accorde l'cxemp- 



FiR. .«. - I,f Cnritt.lc ïii Ju F.irum. 

tion des (fruits d'entrtc pnur le papier, l'encre et les caractères 
nouveaux: malfvrc ces avantages, l'exploitation était si onéreuse 

pcrsonncIlcH. Si l'on s'oc<;upc dcrimprimciic du Peuple dons ccUc ctudc du 
Capîtnic, c'est en rnison du lien trùs iiilime i|iiL o\ist.i cnirc tlte ol le pillais 
Capitiilin el auh.si du préjugé dont il vient d'être qiicsllnii. — i. IMclliiituiii.' .U 
géogrJ!'lii^ 0j-sin.\},\ii), siiito du Hhiskt. toi. iii,i. 



174 LE CAPITULE ROMAIN. 

* 

que, dès i563, le pape fit supplier le conseil communal, par la 
bouche du cardinal Vitellozo-Vitelli, de prendre l'imprimerie à 
sa charge et de consacrer à son entretien au moins deux cents 
écus pris sur la g-abelle des Études (droit d'entrée sur les vins 
étrang-ers) ; il lui représentait que c'était « une chose nécessaire 
pour la religion, utile et honorable pour la cité ». iMais le conseil 
répliqua qu'il ne voyait pas l'avantage qu'aurait la commune à 
faire les frais d'une entreprise dont le bénéfice serait pour d'au- 
tres. Le conseil public, auquel le conseil secret soumit la question, 
donna la même réponse *. Au fond cependant, les Romains sou- 
haitaient que le Saint-Siège donnât suite à son offre. Comme au 
mois de février suivant, le Motu proprio ratifiant la donation 
n'avait pas été encore remis aux conservateurs, le conseil s'in- 
quiéta; il lui fut expliqué que l'acte se trouvait entre les mains 
des cardinaux, lesquels voulaient y faire introduire des conditions 
très dures, telles que l'obligation de dépenser dix à douze mille 
écus pour réinstaller l'imprimerie, l'engagement de consacrer 
trois cents écus par mois à son entretien et de ne publier aucun 
ouvrage sans leur consentement ou sans le consentement de 
« leurs ministres ». En sorte, répondirent les conseillers après 
avoir entendu ces propositions, que le peuple romain n'aurait le 
droit que de payer '^. Sur quoi le pape confia la gestion de l'im- 
primerie à Paul Manuce qui en avait été jusqu'alors, à ce qu'il 
semble, le directeur technique. Quand les cardinaux Amulio et 
Vitelli annoncèrent aux délégués du conseil la décision du pape, 
ceux-ci se récrièrent, soutenant que le souverain pontife avait fait 
don de l'imprimerie au peuple; mais il leur fut répliqué que le 
peuple ne l'avait pas acceptée, et Paul Manuce introduit exhiba 
le bref qui l'en rendait maître ; les délégués apprirent même que 
le pape exigerait du conseil la continuation de la subvention de 
soixante écus qu'il fournissait mensuellement à l'imprimerie; ils 
insistèrent alors pour être entendus du pape lui-même, qui leur 
répéta que, s'il avait concédé l'imprimerie à d'autres, c'était par 
suite de leurs atermoiements ; toutefois il leur promit de faire au 
peuple avant peu un don plus important 5. Cependant la protes- 
tation des représentants du conseil et du conseil lui-même porta 
fruit, à ce qu'il semble, car une convention intervint entre Paul 
iManuce et le peuple, aux termes de laquelle iManuce consentait 
que la donation fût octroyée au peuple romain à condition que 
les bénéfices fussent partagés par moitié ♦. 

I. Séance du 29 novembre i5()3. Archiv. Stor. Capit., Cred. ï, vol. 22, fol. 26.- 
2. Séance du 17 février i5ô4. ItU., fol. 45. — 3. Consilium ordinariiim convo 
cattim fer Mandatarios del 16 Maggio 1564. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. 22, fol. 68. —4. Séances du 11 août et du 3 septembre i5o5. ItU., fol. 127, i35. 



IMPRIMERIE DU PEUPLE lyS 

Manuce ne tint pour sa part aucun de ses eng-agements * ; le 
conseil, en retour, lui supprima la subvention convenue*; à quoi 
xManuce répondit en fermant les portes de l'imprimerie aux délégués 
du conseil et en refusant de produire ses comptes '. Un procès 
s'engagea, et le premier acte du conseil communal fut de récla- 
mer la restitution de la maison où était l'imprimerie, sous le 
prétexte qu'elle avait grand besoin d'entretien et même de répa- 
rations (i566)*; puis il décida, aj^ant eu gain de cause sur ce 
point, que ladite maison serait vendue et que la somme que pro- 
duirait la vente serait placée à intérêts au Mont-de-Piété, afin 
qu'on pût l'employer plus tard à subvenir aux frais de l'impri- 
merie; un « dépositaire » et un « computiste », sorte de teneur 
de livres, furent désignés pour suivre l'opération (7 mai i566) ^. 
La maison fut vendue à Lelio da Ceri, qui acheva de la payer 
en 1068^. Le conseil n'avait pas renoncé pour cela à surveiller 
son imprimerie qui demeurait, semble-t-il, dans le même local; 
il nommait chaque année des commissaires « ad gubernium 
slampae »; mais, comme cette surveillance était pénible, les 
commissaires se démettaient à tout instant de leurs fonctions'. 
En 1070, l'imprimerie allant « de mal en pis », il fut décidé qu'on 
en modifierait l'organisation «. Boccapaduli et deux autres ci- 
toyens romains eurent mission de négocier une convention avec 
un libraire du nom de Fabrizio Galletti qui s'occupait déjà, à ce 
qu'il semble, de l'imprimerie et qui reçut le titre de « gouver- 
neur^ »; l'une des conditions du contrat était que les livres sortis 
de ses presses continueraient à porter la mention : In Mdibiis 
Po. Romani. Il devait faire fonctionner huit presses et dépenser, 
pour remettre l'iniprimerie en état, huit mille écus*<*. Ce fut cette 
année, le 3o mars, que Marcello Alberini, dont il a été parlé en tant 
que fermierde la prison du Capitole, fut élu directeur de l'Imprime- 
rie, enmôme temps queTommasoCavalieriet AscanioCaffarelli **. 

Supernegotio stampœ et motu proprio obtinendo in confirmationeSocietatis inile 
inter Po. Romanum et Paulum Manutium. — i. Manuce semble s'être partagé 
entre l'imprimerie de Rome et celle de sa famille à Venise ; son volume Epistolx 
et Prœfationes fut publié à Venise en i55iJ; les éditions suivantes de i50o, i50r, 
i569, sont également imprimées à Venise. On ne connaît qu'un livre de lui 
imprimé à Komc, Antiquitatum romanorum Palllii ^ilx-svcw liter de (Hvitate 
romana, Romx ab Aldo typis Francisci Zanelti. — 2. Séance du i3 décembre 
i565. Arch Stor. Capit., Cred. I, vol. 6, p. 65. — 3. Elezione di Deputati a pren- 
dere il possesso di una casa posseduta da Paolo Maniizio net Riime Colonna. 
Conseil du 22 décembre i5<)5. Ibid., fol. 70 sqq. — 4. Séances du 6 et du 
26 avril i^h. Ibid.y Cred. I, vol. 22, fol. lOo, 184. — 5. Conseil du 7 mai i5(/). Ibid., 
fol. if)o. — 6. Conseil du 9 juillet i5(Aî. Ibid., vol. 38, fol. iV). — j. Jbid., vol. 24, 
fol. 81. — 8. Ibid.y vol. 24, fol. 148. Séance du 3i janvier 1570. —9. Décret de no- 
mination, 3 février 1570; Biccr, Storia délia Famiglia Boccapaduli, Rome, 1762, 
p. 123. — 10. Arch. Stor. Capit., Cre^. I, vol. 24, fol. 149; vol. 38, fol. 190, séance 
du i6 mars 1570. — 11. Bicci. Notizia délia Famiglia Boccapaduli, p. 134. 



176 LE CAPITULE ROMAIN. 

Le conseil se montrait d'autant plus disposé à céder la g-cstion 
de son imprimerie, que les ouvriers typog^raphes réclamaient le 
payement de leur salaire dont Manuce avait négligé de leur re- 
mettre régulièrement le montant, dette qui fut d'ailleurs réglée 
par le conseil, malgré l'opposition des commissaires *. 

Cependant l'imprimerie continuait à végéter; elle semble avoir 
servi à publier les ouvrages des écrivains, des magistrats ou des 
ecclésiastiques, à qui le conseil voulait rendre service. Le 19 dé- 
cembre 1.570, il décida l'impression, aux frais du peuple romain, 
d'une dissertation de l'avocat du peuple, Gabriele Bari, intitulée : 
« De laudibus Romanorum et linguœ latinx*. » 

L'introduction de Galletti comme « gouverneur » de l'imprime- 
rie ne mit pas fin aux embarras qu'elle suscitait au conseil commu- 
nal, loin de là; un procès s'engagea entre Galletti et un autre 
libraire, Domenico Basa, qui se prétendait des droits sur l'impri- 
merie, et le conseil se vit contraint d'intervenir; Cesare Gentile de 
Foligno plaidait avec Basa. D'autre part, Paul iNlanuce prétendait 
avoir cédé la moitié de ses droits à la subvention de la commune 
au nouveau titulaire et réclamait un dédommagement ^. L'affaire 
se compliquait encore d'une réclamation de Galletti qui préten- 
dait que le conseil avait employé les fonds destinés k l'impri- 
merie au payement de travaux d'adduction d'eau sur le Capitole. 

Cependant Paul Manuce avait abandonné toute ingérence dans 
l'imprimerie; il quitta môme Rome et regagna Venise, mais pour 
un temps; revenu à Rome, où le pape Grégoire XIII l'accueillit, 
et où il publia quelques ouvrages tout en travaillant à son Com- 
mentaire sur Cicéron, il y mourut le 6 avril 1579*. 

Après bien des pourparlers, Galletti signa un bail, s'engageant 
à payer à la Ville une redevance annuelle de quatorze cents écus •"', 
et, à la .suite d'un inventaire minutieux, le matériel de l'impri- 
merie fut évalué à 102.26 : 63 écus 6. Basa toutefois ne laissa 
pas le nouveau gouverneur jouir en paix de son privilège ; il sug- 
géra aux libraires de Rome l'idée de se réunir en syndicat pour 
créer une imprimerie". Ce n'était qu'une menace; la corporation 
des libraires n'avait pas les capitaux nécessaires pour engager 
une semblable entreprise. Il semble même que Basa se récon- 
cilia avec Galletti et devint directeur technique de l'imprimerie. 

I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I, vol. 24, fol. i56, 154 — 2. Ibi.i., vol. 30, 
fol. 2.45. Autre document : Itid., vol. 38, fol. lïk). — ?>. lbid.,\o\. 2.\, îo\. 22^. 
Réclamation de Galletti en date du 2 septembre 1570. — 4. Articles cités plus 
haut et Epistolarum Pauli Manutii Libri XII; Lettere di Paolo Mantizio... 
Paris, Renouard, 1H34. — .'^. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, v. 24, fol. 170. Séance 
du 8 mars 1570. Cf. ce qui est dit dans le document du 27 avril 1571, men- 
tionné ci-dessous. — 6. Ibid., v. 24, f. iHS. Séance du 1 1 avril 1670. — 7. Conseil du 
27 avril 167 1 : Ibid., vol. 38, fol. 280, et vol. 25, fol. 60, même texte. 



IMPRIMKRIE DU PEUPLE. 177 

En l'année 1672 tout fut remis en question parce que le pape 
Grég'oire XIII, nouvellement élu (19 mai), n'avait pas conservé à 
l'imprimerie du peuple le monopole de l'impression des bré- 
viaires; le conseil déclara que l'imprimerie cesserait de fonc- 
tionner si l'on n'en revenait pas aux anciennes traditions. Durant 
toute Tannée, le pape et le conseil restèrent en conflit *. 

Le conseil nommait toujours quatre commissaires dont les 
fonctions duraient deux ans et qui se renouvelaient par moitié. 
Le jurisconsulte Luca Peto, le rédacteur des statuts de la ville 
de i58o, fut, en 1572, élu commissaire*. On en nommait encore 
en 1578/. A cette époque la veuve de Blado prit possession de 
l'imprimerie; le conseil lui accorda un crédit de deux cents écus*. 

Le pape Sixte-Quint donna en i587 un grand développement 
à l'imprimerie vaticane dont il confia la direction à Domenico 
Basa, en mettant à sa disposition vingt mille écus. Or l'impri- 
merie vaticane, qui devint bientôt l'imprimerie de la Propagande, 
devait remplir le môme office que les papes précédents avaient 
assigné à l'imprimerie du peuple, publier selon la saine doctrine 
€ les œuvres des Pères de l'Église, les livres saints, les Vies, les 
actes et les miracles, afin de soutenir les faibles, de guérir les 
malades, d'arracher aux ténèbres ceux qui y marchaient » ^. 

Cette substitution porta le dernier coupa l'imprimerie du peuple 
qui s'achemina vers sa ruine. Les commissaires désignés par le 
conseil le constataient désespérément et se retiraient les uns 
après les autres 6. 

En i58o, on y avait imprimé les statuts de la ville : en i586, le conseil 
vota l'impression d'une Vie de saint Pie V qui parut cependant cette 
même année avec le nom deVincenzo Accolti comme imprimeur'. 

Le dernier volume sorti des presses du peuple semble avoir 
été celui des Statuta nobili Artis Agriculturse, imprimé en iS^S ^. 

I. Ibii., vol. 25, fol. 224, 226, 239. Séances du 11 et du 25 août, du i" décem- 
bre 1572. — 2. Le 22 avril. Itid., vol. 25, fol. 204.. — 3. Itid., vol. 2q, fol. .37. — 
4. Conseil du 23 juin 1578. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 10. On 
s'occupait de publier les livres que l'opinion réclamait. Conseil du 16 mai 1576. 
De certis libris imprimendis. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 37. — De 
Imprimendis Testibus canonicis. Icid., fol. 5i. — 5. Bulle • Eam semper * du 
27 avril iSfij.Erectio typographiœ Vaticanœ. Cf. Moroni, Diz. di Erud., LXIX, 
23i, qui cite une autre bulle « Romani Pontificis Providentia » en date du i" fé- 
vrier i589, laquelle ne se trouve pas au Magnum Bullarium. — En 1590, Clé- 
ment VIII confia à Aide Manuce le Jeune, pour lui venir en aide, la direction de 
^cette imprimerie. Aide Manuce avait exercé àRome de i562 à i565, sous la direc- 
tion de son père. Il mourut à Rome le 28 octobre 1597. ~- ^- Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 29, fol. 37; vol. i5, fol. 204, etc. — 7. Séance du i5 janvier i586. Arch. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 29, fol. 18, Le titre du volume est: G. Catena, Vita di 
Pio V- Roma, nella Stamperia di Vencenzo Accolti, iZOù, in-4*. — 8. L'édition de 
i5^j6 porte simplement « Romsc »: celle de 1573 : « In ^dibiis Popiili Romani » ; 
celle de 1718 : • Nella iStamperia délia R. C ^1. » {Reverenda Caméra Apostolica). 

12 







S< 



Se*-- 



LE CAPITULE AU XVir SIÈCLE 



LES PALAIS 



iy-' 



tf-^' ' 



APRÈS l'achèvement des grands travaux accomplis à la fin du 
xvr siècle, la réalisation complète du plan conçu par 
Michel-Ang-e subit un temps d'arrêt; la caisse communale 
était vide et le conseil communal voyait son autorité diminuer 
de jour en jour. 

On ne relève guère, durant les premières années du xvir siè- 
cle, que quelques travaux d'entretien. Un maître maçon reçoit 
quatre-vingts écus pour avoir travaillé au palais des conserva- 
teurs; un charpentier reçoit quinze écus, un tailleur de pierre 
sept écus et demi, un autre cinquante pour des réfections; le 
maçon Rossi reçoit vingt-cinq écus pour une balustrade à cons- 
truire devant le portique de l'église S. Maria Aracœli*. 

Cependant un travail considérable et urgent s'imposa; on 
s'aperçut en 1604 que la grand'salle du palais sénatorial, celle 
dans laquelle le sénateur tenait ses audiences, était sur le point 
de s'effondrer. Aiila palatii Dni Senatoris maximum excidium 
minatur^ déclara le premier conservateur devant le conseil assem- 
blé en hâte tout exprès*. C'est qu'en effet le sel qu'on avait 
déposé si longtemps dans les soubassements du palais en avait 
insensiblement rongé les parois, les traces d'érosion se voient 
d'ailleurs encore. Il était urgent d'aviser; .comme l'argent man- 
quait, le conseil décida de vendre la charge de protonotaire du 
sénateur pour une période de trois années*. Cependant on ne 



I. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 206 et suiv. Année 1611. Les 
dépenses des autres années sont aussi insiffniliantes. • Le Capitole est beau à 
voir, écrit en 1622 le prince de Condé ; à droite est la maison de ville, la cour 
est pleine d'ancienne statues et un marbre des mesures ; dans les de^'^rés, salles 
et chambres sont force antiques statues. En face est le logis du sénateur où 
n'y a qu'une assez belle salle. » {Voyage, Paris, 1634, p. i33.) — 2. Conseil 
secret du 16 décembre i^x)4. « Super exciJio Aule Palatii». Arch. Stor. Capit., 
Cred. 1, vol. 3i, fol. 121. —3. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3i, fol. 124, 



Li;S l'ALAlS- 179 

. put faire qu'une réparation insuffisante et il fallut reprendre les 
travaux de soutènement en 1612; une inscription placée sur la 
façade du palais sénatorial fait honneur à Faul V de cette opé- 
ration, soit qu'il en ait payé la dépense, soit qu'il l'ait simple- 
ment ordonnée '. Ces travaux mêmes ne suffirent pas, car Gré- 
g'oire XV dut en prescrire de nouveaux en 1623, ainsi qu'en 
témoigne une autre inscription =. 

En i6i3, on mit des vitres aux fenêtres du palais des conser- 
vateurs que fermaient auparavant des stores de toile, comme 



c'était l'usage à Rome au siècle précédent; la dépense fut de 
douze écus'. Les deux groupes de Castor et de Pollux furent 
réparés*. En 1614, on répara la statue du peuple romain*. En 

1. FoBCELiji, I, n. n3. — 2. FoRctLLA. I, n, n6. — 3, Archiv. Slor. Capil., 
Cre±\.vo\.32,(ol.Î2. — 4. •DalCamj'IJoglio 10 \laggiot6iJ. Se loa.M.Fitippo 
saillore a bon conlo Jel resUuro che j3 del Œg^nlea cjpo alla scjla di Campl- 
doglto... Se. 10 a M. FUippa sciiUore 3 ton conta del restaura che fa alla staluj 
dl uno dei G{ganliln capo Ma scuU dutUpUiia di CampidogHo. Dal Campl- 
dogUo iS 10 tre i6i3. Se. 20 a ton conto a M. FiUppo sciiltore del reslaaro che 
faMicavaUidi marmo e giganll a capo alla scala di CampidogHo, che casca- 
MJio. •/*(J., Cted. VI, vol.6i, fol. 2.10-140. • Dal CampidogHo i4Maggio 1614. 
Se. II a ton conlo a M. Filippo scuilore del restaura fatto eia farsi al giganle 
Jt marmo e cavallu a capo alla scalJ délia piji:adt CampidogHo. •ll>ld.,Co\. 24,'?. 
— 5. En date du 22 septembre 1614: ■ Se, 22 a maestro Vincenzo Corallo scatlore 
, per risarelmenlo fatia aile statue del Pn. Ro. in CampidogHo. » En date du i5 
décembre 1614: • Se. 8;59a Domenico Sensi Maestro dt casa dei Conserralorl 
per far restaurare le statue del Pn. Ro. eJ acqiilsto delta lesta di inarino di 
un putlo. • Arch. Slor, Capit,, Cied, VI, vol. 61, fol, 247, 25u. 






'f. 180 LE CAPITOLE ROMAIN. 

^" i6i5, on songea à achever la décoration intérieure du palais des 

i conservateurs; le pape, Paul V, accorda au conseil communal 

h une subvention de mille écus pour qu'il pût faire tendre de 

[ damas jaune et rouge la salle attenant à la loggia dans laquelle 

^ mangeaient les conservateurs. Le plafond fut en même temps 

: orné et décoré des armes du pape et du peuple * ; on acheta pour 

l'usage des conservateurs des plats d'argent qui coûtèrent trois 

cents écu^*. On travailla d'autre part à l'arrangement des jardins 

qui se trouvaient derrière le palais des conservateurs, sur le mont 

Tarpeo. L'architecte employé par le peuple romain était alors 

(iiovanni Antonio de Pomis, de Oime *. 

Sous le pontificat d'Urbain VIII (i 623- 1644), on poursuivit la 
décoration intérieure du palais sénatorial *. 

^Son successeur, Innocent X, ordonna, dès son avènement, en 
1644, la reprise des travaux du troisième palais; toutefois il se 
refusa à subvenir à la dépense, et le conseil communal en fut 
réduit à supprimer la plupart des petits emplois créés depuis un 
demi-siècle,. à savoir : gardiens des statues, gardiens des objets 
antiques, sonneurs, joueurs de trompe, aussi bien que plusieurs 
magistratures importantes, celle des pacieri, des syndics, des 
réformateurs des études, bref, comme le dit un chroniqueur, 
presque toutes les fonctions trimestrielles, voire annuelles; seuls 
les conservateurs et les caporioni continuèrent à recevoir leur 
salaire^. On suspendit même les classes qui étaient faites aux 
enfants pauvres dans les quatorze quartiers de la ville, bien que 

I. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 2^4 et suiv., fol. 288. En date du 
3o juin 1617 : aSc. 21:40 a Cinzio Sabtatio recamatore per avère fatto settearme 
del Papa col triregno et chiave, e sette ciel Po. Ro. recamate in oro..., messe 
nel parato di damasco nella stanza di C^mpidoi^lio dove si mangia d'inverno » 
— 2. a Se. 3oo ad Annibale Piiizzelli in conto a Maestro Ambrogio Paç^ano ar- 
^entière al Pellegrino per qitando gli consegnerà i piatti d'argento che gli 
abbiajno ordinati nttovi, e guelli vecchi restaurati. Dal Campidoglio 6 Agosta 
161Ô. » Ibid., Crcd. VI, vol. 61, fol. 275. — « Se. 100 ad Ambrogio Pagano argen- 
tiereal Pellegrino in conto dei piatti di argento fatti per il Campidoglio. » 28sep- 
tembre 1616, fol. 278. — 3. Il contrôla les dépenses faites pour l'installation du 
conclave de i6o5. Bertolotti, Artisti Lombardi, II, 6. On se souvient des 
échanges de terrain faits à ce propos entre le peuple romain et la famile Ca'ïa- 
relli. — 4. FoRCELL.\, I, n. 1 18. — 5. « Nel 1644 il papa (Innocento X.) ordinô, che 
in Campidoglio incontro al palazzo dei Conservatori si faccsje un portico, del 
qtiale erano gia da un pezzo fatti li fondamenti; ma per fare taie ediflcio non 
gli assegnô pure un quatrino. Furono levate le proviHoni a molti, che aveï'ano 
divers offizii, corne custodi délie statue, délie fabrichj antiche ed altri, che li 
avevano comprati con i suoi denari; furono aunullati li ofjizii di Pacieri, Sin- 
daci e Riformatori dello Studio, etsimili altri offiziali chesicreavano ognianno, 
et ogni tre mesi et avevano le loro provisioni et 7?iassime li Maresciaili, et res- 
torno solo i Conservatori e Caporioni. » Diario di Giacinto Gigli, Cod. Vat., 
8717, p. 28). Cette suppression dura peu de temps ; quelques années après, les 
employés du Capitole étaient plus nombreux que jamais. 



LES PALAIS. 181 

les instituteurs ne reçussent que trente écus par an*. Mais s'il ne 
donnait rien pour la construction du nouveau palais, Innocent X 
la suivait attentivement. Le 9 mars i65o, il vint en constater 
l'avancement; une statue lui fut élevée plus tard, à côté de celle 
du pape Urbain VIII, pour commémorer cet événement*. 

Il revint le i^août 1654', et une inscription placée dans la salle 
de la Louve rappela l'intérêt et la part indirecte qu'il avait pris 
à l'édification du nouveau palais*. On avait à cette occasion 
enlevé les immondices qui encombraient l'escalier du palais des 
conservateurs et nettoyé la salle « où se trouvaient les pièces de 
canons », ainsi que ces canons eux-mêmes^. 

Cependant la pénurie du trésor communal était telle qu'il sub- 
venait avec peine à la continuation des travaux, d'autant plus que 
le total de la dépense dépassa quatre-ving-t mille écus dont le 
maître maçon, Ludovico Rossi, reçut, pour sa part, vingt-quatre 
mille 6. Carlo Rinaldi fut l'architecte auquel le conseil confia le 
soin de surveiller les travaux. 

Ils furent terminés, extérieurement du moins, en i655. Vers la 
fin, on les avait poussés activement et le palais neuf était en état, 
lorsque le pape Alexandre VII, élu le 7 avril, vint selon l'usage 
recevoir au Capitole l'hommage des magistats urbains. Le conseil 
communal avait fait déblayer la place à cette occasion, ce qui fut 
un travail de quelque importance', puisqu'on en retira soixante- 

I. GiGLi, voir note 3. — 2. « yli 9 Marco i65o, dopo pranzo, Innocenjo X ando 
a s. Franccsca in s. Maria Niwva, e poi sali al Campidoglio a vedere ilportico 
ntiovo, che era quasi finito dalla tanda di Araceli. La sua statua fu alzata sopra 
un piedistallo di mattoni incontro a quella di Urbano VIII. » Itid.. Voir p. i83. 

— 3. *Il I Agosto 1654 aile ore 2/ andô in Campidoglio per vedere il palazzo 
nuovo, che si è fatricato verso Araceli, et entro prima nel palazzo vecchio dei 
Conservatori, e poi andô a vedere la fabrica nuova la quale si era fatta d'or- 
dine suo, ma non gia dei suoi denai'i, perche non ha dato neppure un quatriiio, 
ma con H emolumenli che si davano a molti offiziali Romani... et fit scemata la 
provisionc dei Lettori délia Sapienza, et levato ajjatto il saUi'io di scudi 3o 
l'anno che il Po. Ro. dava a ciascun Maestro di scuola, che erano quattordici, H 
quali maestri erano obligati d'insegnare le prime lettere colla grammatica alti 
poveri senza pagamento. Cosi fitrono levati gli emolumenli a molti gentiluo- 
mini per offizi comprati, H quali per un pezzo si dolsero e lamentarono. » Ibid. 

— 4. FoRCELLA, I,n. i52. — 5. Arch. Stor. Capit.,Crcd. VI, vol. i, fol. 177, 27 sept. 

— 6. Du moins tel fut le montant des sommes déposées à cet effet au Mont-de- 
Piété durant les années 1645 à i655; exactement se. 79,492 : 36. Archiv. Stor. 
Capit., Cred. VI, vol. 6r, fol. 3oi et suiv. — 7. Bien qu'il eût été défendu d'y 
jeter des immondices. Disposizioni edilizie circa la piazza'di Campidoglio. Editto. 
Di Orazio Albani... Senatore di Roma. Ordiniamo che nessuna persona ardisca 
buttar sassi, fango el altre immondizie tanto attorno alla fontana di Marforio 
quanto in quella sulla piazza di Campidoglio sotto la scalinata, sotto pena di se. 
25 d'applicarsi alla Caméra di Campidoglio, e tre tatti di corda da darglisi subito 
in publico per ciascuna volta ed altre pêne a nostro arbitrio. — Nessuno ardisca 
murare le parate faite nella balaustrata dei nostro Palazzo, sotto le dette pêne. 



iSîi LE CAPITOLE ROMAIN. 

douze charrettes d'ordures qui furent jetées au fleuve*. On répara 
en même temps les corniches du palais sénatorial, l'escalier, la 
fontaine, ainsi que les brèches de la balustrade. C'est là l'effet 
ordinaire des solennités publiques. 

Toutefois, après cet effort, le conseil ne voulut plus rien 
faire ; on se bgrna à renforcer les ferrements des cloches du cam- 
panile, travail qui coûta 347:48 écus (i656)*. 

Dans la cour du palais, au fond de laquelle on avait placé la 
statue de Marforio, sont trois inscriptions, dont deux rappelant 
les dons faits aux musées capitolins par Alexandre Vil et Clé- 
ment XII'; la troisième est en l'honneur de Grégoire X\T. 

Les travaux d'ornementation intérieure du nouveau palais ne 
furent commencés que sous le pontificat de Clément X (1670- 
1676); on posa des soffites en noyer dans les salles principales; 
celui de la g-rand'salle était décoré des armes du pape rég-nant ; 
dans une autre salle on voyait les armes de son prédécesseur, 
Alexandre VII; la dépense s'éleva à 6.922:90 écus*. Ce fut pen- 
dant le règne de ce pape, en 1673, que la tête colossale de Domi- 
tien fut enlevée de la place qu'elle occupait depuis plus d'un 
siècle sous le portique du palais des conservateurs et transportée 
dans la cour intérieure où elle se trouve actuel lement». En i683, 
l'escalier qui conduisait aux prisons et qui aujourd'hui donne ac- 
cès aux bureaux de la municipalité du côté de la Via Capitolina 
fut modifié; il n'en coûta d'ailleurs que 3:70 écus, bien que le 
travail semble avoir été fort compliqué^. En 1689, on dut revernir 
plusieurs des fresques peintes par le chevalier d'Arpin, entre 
autres celles qui représentaient le combat des Horaces, le sacri- 
fice de Numa, la fondation de Rqme; le travail fut payé huit à 
douze écus par tableau. En 1693, il fallut remplacer, dans le pa- 
lais des conservateurs, une cimaise et une balustrade; on en alla 
prendre des matériaux au Colisée'. Le travail fut dirigé par Fi- 
lippo Tittoni, architecte du peuple. En 1699, le conseil commu- 



Bibl. Casanat. Collez. Bandi, VI, 171. — i. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, 
vol. I, fol. 210. Lavori fatti siilla piazza di CampUoinlio in occasione del Pos- 
sesso di N. S. Alessandro VII da Gio. Batia Torrone Capo Mastro dclV Inclilo 
Po. Romano... Total de la dépense, 59: 20 écus. — 2. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. VI, vol i, fol. 219. — 3. Ce sont les incriptions rapportées par F'orcella, 
n. 157, 23i, 377. — 4. Hommario délie misure e stime di lavori c leirname, intagli, 
lavori di noce per parle, fcnestre e soffîtte del Salone e stance délia fatrica nuova 
di Campidoj^lio falli a tulla rota e faillira del Sii^nore (iiovauni liartolomei, 
emisiiralida me infrascrito architetto d'ordine del Cardinale Celsi. (Archiv. Stor. 
Capit., Cred. VI, vol. 4, fol. 16. — 5. Voir p. u/), note 3 et p. 2tK). — 6. Archiv. 
Stor. Capit., jL'red. VI, vol. 6, fol. 148. — 7. Itid., vol. 7, ft)l. i(},>.Conlo di lavori 
di scarpello fatti da Antonio Ferretti capo Mastro iiarpellino e Gaspero Mellini 
Scarpellino delPo. Ro. nei Palaccidi detto Popolo. —IMd., vol. », fol. içT). 



' STATUES HONORIFIQUES, i83 

nal fut informé que l'une des tours du palais sénatorial, celle dite 
de Nicolas V, la plus voisine de l'arc de Septime-Sévère, pré- 
sentait une lézarde g-rave; c'était la plus ancienne dès tours, 
disait-on alors; des commissaires allèrent examiner la lézarde; 
ils trouvèrent qu'elle avait dû exister depuis long-temps; néan- 
moins, comme le logement du sénateur se trouvait dans cette 
partie du palais, il fut décidé qu'on ferait les réparations néces- 
saires ^ 



STATUES HONORIFIQUES ÉLÇVÉES AU XVII° SIÈCLE 

Au commencement du xvir siècle, un décret avait confirmé 
l'interdiction portée naguère de dresser des statues aux princes 
vivants*. Or, il en coûtait beaucoup aux conseillers de ne pouvoir 
rendre cet hommage préféré aux souverains pontifes. Quand la 
salle de leurs délibérations fut décorée, ils en avaient profité 
pour faire transporter ailleurs la table d'airain sur laquelle était 
gravé le texte du décret; on la plaça au-dessus de la porte, loin 
des regards, mais l'interdiction n'en subsistait pas moins. En 
1626, ils sollicitèrent la permission de supprimer la table; on n'é- 
couta pas leurs doléances 5. Alors ils songèrent que rien ne vaut, 
pour triompher d'une difficulté, comme de la détruire à petits 
coups. Ils demandèrent donc au pape de placer au Capitole une 
inscription rappelant les services rendus par son neveu le préfet 
de la ville, Taddeo Barberini (i63i)*. Ceci leur fut accordé. 
Enhardis, les conseillers représentèrent au souverain pontife 
« que la loi positive ne saurait déroger à la loi de la nature qui 
commande la reconnaissance », et qu'il était cruel de les obliger 
à se montrer ingrats par respect d'un décret. Le pape se laissa 
fléchir; dans la séance du 23 juin 1684, on put voter, avec son 
agrément, l'enlèvement de la table qui entravait les conseillers 

I. ItU., Crcd. I, vol. 4T, fol. 37, 30. On voit par l'inscription menUonncc 
p. 184, n. 7, que le pape Innocent XII s'attribuait une grande part dans la 
restauration du Capitole. — 2. Un peu avant qu'il lut promulgué, en i6(j2, on 
avait élevé une statue au cardinal Aldobrandini. Inscription gravée sur sa 
base. FoRCELLA, I, n. 109. — L'année précédente, on avait placé une inscription 
dans la grande salle du palais des conservateurs. Forcella, I, n. 108. —3. Arch. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 33, fol. 23. Lé pape Urbain VIII avait refusé une 
statue qu'on se proposait de placer dans l'église S. Maria Aracœli. Diario di 
GiAC. GiGLi, Cod. T'j/.,87i7, fol. 146.— 4. Bref d'Urbain VIII. « Super licentU 
concessa Conservatoribtis et Priori fonendi monimentiim lapidcum in Capitoiio 
congratulalioîiis Prefecturae Urtis fer Sanclitatem siiam collatœ Exmo /). Dno 
Thadeo Barberino. Cum Sicut dilecti filii... Rome XIX ghis jôJi.» Arch. Stor. 
Capit., Cred. I, vol. 33, fol. 94. 



i84 LE CAPITOLE ROMAIN, 

dans l'élan de leur reconnaissance*. Urbain VIII eut donc sa sta- 
tue qui fut d'airain*. D'ailleurs, deux ans auparavant, les habi- 
tants de Velletri avaient envoyé à Rome une statue du pape, 
qu'ils avaient fait sculpter pour le remercier de l'élévation au 
cardinalat de leur concitoyen, le cardinal Mario Ginnetti'. Cepen- 
dant, il semble qu'il y eut quelque appréhension au sujet de l'é- 
rection de celle que le conseil lui décernait, car on l'amena au 
Capitole de nuit, à la lueur des flambeaux*. Innocent X à son 
tour eut sa statue*. 

En 1697, le conseil communal vota l'érection d'une statue au 
pape Alexandre VII, « en témoig'nag-e de son mérite et de sa 
bienveillance envers le peuple ». Un conseiller proposa qu'elle 
fût en or, car alors seulement elle serait digne de son objet; sur 
quoi un autre conseiller déclara qu'en diamant et ornée de bijoux, 
elle en serait encore indig-ne. Le pape, quand on lui fit part de 
la délibération, répondit avec assez d*esprit qu'il lui suffisait que 
son image fût gravée dans le cœur de ses sujets. Cependant on 
lui fit une statue, mais de bronze^. Innocent XII eut la sienne, qui 
fut érigée peu après son avènement, en 1692'. L'installation d'une 
statue se faisait avec beaucoup d'apparat ; on la revêtait d'ha- 
billements conformes à son rang et magnifiques; toute la no- 
blesse, les magistrats municipaux et la milice étaient convoqués 
et on la recevait avec des salves d'artillerie et au son des trom- 
pettes'*. 

I. « De ainovendo lapUco decreti monumetitn prohitens ne vcrta fiant de 
fjcicndis inscjiptionihus, sive statuis eriirendis viventi Principi, aul ejtis 
sanguine coninnctis, illoque modcrando alioque reponcndo. Ex S. C. viva voce 
approbalum fuit. » Arch. Stor. Capit-, Cred. I, vol. 33, fol. 127. — 2. • De statua 
Urtani VIII, in Capitolio erigenda. Consiglio del iS Gins^no 1640. Lecto décréta 
secreti Consilii de statua Urbani VIII in Capitolio erigenda... Decretum prc- 
fatum viva voce conflnnatum comprobatuvique fuit. » Ibid., Cred. I, vol. 33, 
fol. 221. Le bref se trouve Ibid., Cred. I, vol. 33, fol, 126, 127. Inscription gravée 
sur le socle. Forcell.\, I, n. 126. — 3. Diario di G. Gigli. Cod. Vat., 8717, 
p. i32. — 4. Diario di Gigli, Cod. \'at. 8717, p. 204. — 5. Conseil du 18 mars 1645. 
« De statua aenea Innnocenlio X Pont. Opt. Max. in Capitolio erigenda. Arch. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 34, fol. 64. Inscription placée sur le socle. For- 
CELLA, I, n. 142. — 6. Conseil secret du 5 avril 1657. Arch. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. 34, fol. 184 et 187. Cf. Archiv. Stor. Capit. Notari délia Caméra dei Con- 
servatori, vol. 4, fol. 99 et suiv. Inscription placée sur le piédestal. Forcell.\, 
I, n. 157. — 7. Avec l'inscription. Forcei.la, I, n. 191, —8. Ibid., vol. 33, fol. 219. 
Cod. Vat. Lat., 7927, c. i()3, 110; Casanatcnse, 983, p. III. 



\r'ES AU CAPITOLE. 



LES PAPES AU CAPITOLE' 

Pour le sacre de Léon XL l'arc de triomphe, toujours placé au 
même endroit, fut orné de liuit statues et des armes du pape, 
peintes en or par le peintre Giuseppe d'Arpino, le chevalier d'Ar-' 



pin (i6o5). Pour le sacre de Paul V qui eut lieu un mois après 
(17 avril-io mai), les Romains firent deux arcs; le premier situé 
près de l'éj^lise du Gesii, était formé de colonnes en imitation de 
marbre jaune, terminées par des chapiteaux qui étaient peints 
couleur de bronze; le second, situé prèsduCapitole, se composait 
de quatre colonnes surmontées de chapiteaux dorés; les armes 
du peuple et des statues le décoraient. En 1621, à l'occasion du 
couronnement de Cirét^oire XV, on construisit un arc de bois et 
de toile soutenu par douze colonnes cannelées blanches et or; il 

1. D'une façon générale, voir Cancellieri. HIoi-Ij Je' Solinni Possessi. Runic, 



i86 LE CAPITOLE ROMAIN. 

s'y trouvait ving-t statues de stuc et des peintures allég-oriques. A 
partir d'Urbain VIII (i623),des inscriptions louang-euses fig-urent 
toujours dans la décoration et bientôt on en mit sans mesure; leâ 
deux sphinx placés au bas du grand escalier jetaient du vin par 
leurs naseaux, ce qui devint aussi un des éléments invariables de 
la décoration. Quand Innocent X vint au Capitole, le sénateur 
Orazio Alban, revêtu de sa longue toge, s'avança au-devant de 
lui et lui baisa le pied ; puis il lui offrit toutes les clés du Capi- 
tole. En même temps, la nouvelle monnaie à l'effigie du pape 
était distribuée au peuple nombreux qui emplissait la place et les 
abords du palais (1644). 

La dépense était devenue si lourde pour le peuple qu'Alexan- 
dre VII permit de ne point orner le Capitole, quand il vint y rece- 
voir l'hommage de la municipalité (i655). 

La cérémonie reprit son éclat lors du couronnement de Clé- 
ment IX ; non seulement on distribua de l'argent et le vin coula 
à flots, mais du pain fut donné aux indigents par les conserva- 
teurs. L'arc élevé en l'honneur de Clément X fut particulièrement 
coûteux; on employa à le dorer quatorze mille feuillettes d'or 
qui furent payées 56 écus; la dépense totale monta à 221 écus*. 
Le nouveau palais fut décoré à l'intérieur et à l'extérieur*. 

La station au Capitole acquérait une importance de plus en 
plus grande dans la cérémonie du sacre; au couronnement de 
Clément XI, l'ambassadeur césarien (l'ambassadeur de l'empereur 
d'Allemagne) avait pris place au bas des degrés du palais, et la 
reine de Pologne, cette singulière Marie Kasimire, se trouvait 
sous un riche baldaquin, à la fenêtre du milieu du nouveau pa- 
lais; elle était masquée et ne se découvrit qu'au passage du sou- 
verain pontife (i7(x:)). Au couronnement d'InnocentXIII la façade 
des deux palais des conservateurs et celle du palais du sénateur 
étaient ornées de statues représentant les principales provinces 
appartenant aux États de l'Église, l'Emilie, la Sabine, le Pice- 
num, l'Ombrie, les provinces de Bologne, de Ferrare, d'Urbin et 
le Comtat Venaissin. 

La cérémonie continua, dans les mêmes formes, au siècle sui- 
vant; le sénateur ou, à son défaut, l'un des juges collatéraux ex- 
primait au pape la soumission du peuple romain, le pape donnait 
sa bénédiction au peuple et poursuivait sa route vers le Latran. 
Quelquefois les mortiers de la milice tiraient une salve et les 
tambours du sénat battaient (i 721). On illumina les palais pour le 

I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. VI, vol. 4, fol. 2!}. — 2. Itid., fol. 16. Comme 
la commune ne possédait pas de baldaquin, elle le louait à la famille Colonna ; 
le transport lui coûtait 20 b. {Itid., fol. 223). 



LES SÉNATEURS AU ÇAPITOLE. 187 

sacre de Benoît XIII (1724). La formule qu'employa Clément XIV 
en 1769, pour accepter l'hommag-e du sénateur, fut celle-ci qui 
était devenue presque hiératique : « Fidelitatem et obedientiam a 
te, nostre Urbis Senatore, Po. Ro. nomme. Nobis exhibitam, ac- 
ceptamus, tibiqiœ nostram ap. benedictionem impartimiir. » 



PRISE DE POSSESSION DU ÇAPITOLE 
PAR LES SÉNATEURS 

Il en fut de la prise de possession du Capitole par les séna- 
teurs nouvellement nommés comme de la réception des papes 
lors de leur couronnement, la cérémonie commença par être des 
plus simples et devint par la suite magnifique à l'excès. 

Quand Antonio de (irassis, surnommé Baccellieri, prit posses- 
sion de sa magistrature, il monta au Capitole sans aucune pompe 
selon la coutume, sine ullo (nullo) honore ut moris est (1414)^ 
Au siècle suivant, les choses avaient déjà considérablement 
changé. Avant d'entrer en fonction, Giulio Cesare Segni de Bo- 
logne s'en fut, entouré d'un cortège nombreux, baiser le pied du 
pape. Des gentilshommes à cheval, couverts de leurs armes et 
portant leurs écus, le suivaient sur de beaux chevaux ; on portait 
devant lui les étendards du Capitole. Après l'hommage fait au 
souverain pontife, il vint au Capitole se faire reconnaître dans la 
magistrature qui lui avait été confiée (28 mai i58o)*. 

Le 12 juin i585, Giovanni Pelicanode Maceratafit sa première 
entrée au Capitole escorté de six cents cavaliers, ce qui ne s'était 
encore jamais vu, dit le narrateur^. 

Cependant la cérémonie n'acquit son caractère définitif qu'au 
xvir siècle. La prise de possession de Gio. Batta Fenzonio rap- 
pelle l'entrée d'un ambassadeur; Fenzonio se présenta à la porte 
Flaminia, qui est la porte Del popolo actuelle, et traversa par le 
Corso toute la ville pour se rendre au Capitole ; il était entouré 
d'une pompeuse cavalcade (1616)*. Baldo Massei, de Camerino, 
entra par la porte Pia, traversa le Monte Cavallo et le Corso, et 
accéda au Capitole par les degrés. Son cortège est minutieuse- 



I. Dijirio di Antottio Pétri; Mi'ratori, R. Italie. Script., XXIV, 1040, 1041. — 
2. Cod. Vat. Urb., 1048 ad an. Le texte ne dit pas quels furent les détails de la 
prise de possession en cette occasion. — 3. Cod. Vat. Urb., io53 ad an. — 4. Can- 
CELLiERi, Le due Campane, p. 116. 



i88 LE CAPITOLE ROMAIN. 

ment décrit par Gig-li*. En tête venaient les Artisti^. Dans leur 
joie de porter des armes, ce qui leur arrivait rarement malgré 
leur organisation militaire, ils tiraient des arquebusades tout le 
long du chemin et faisaient retentir bruyamment leurs tambours ; 
leur étendard était porté au milieu d'un groupe muni de piques; 
derrière venaient les trompettes et dix carrosses, puis les chevau- 
légers du pape, puis dix chevaux de selle tenus en main, puis 
une infinité de citoyens qui entouraient les deux bannières rouges 
du peuple. Le sénateur, vêtu de son costume de cérémonie, fer- 
mait la marche, escorté de gentilshommes à cheval (i623). 

Dix ans plus tard, en i633, lors de l'installation de Orazio Al- 
bani d'Urbin, le cortège devient tout à fait triomphal; il part du 
Monte Cavallo, où le sénateur était allé faire hommage au pape et 
en recevoir l'investiture de ses fonctions, et parcourt tout le 
Corso avant d'entrer au Capitole. La milice du peuple, les ar- 
tistes, marchaient devant ; ils avaient des panaches et leurs vête- 
ments étaient rayés de rouge et de jaune ; ils portaient des épées 
et des arquebuses; derrière eux venaient un corps de piquiers 
avec un étendard rouge, un corps d'arquebusiers avec six tam- 
bours, les chevau-légers avec leurs trompes, trente-six carrosses 
aux armes du sénateur conduits pardes serviteurs vêtus de rouge, 
dix chevaux tenus à la main et couverts de housses de soie aux 
armes du sénateur. Ensuite les trompes et les tambours du 
peuple romain s'avançaient entourant deux étendards aux armes 
de la ville, que portaient des gardes à cheval ; deux pages à cheval 
tenaient l'un le bâton, l'autre la barrette du sénateur. Celui-ci les 
suivait, couvert de son manteau de brocart d'or et escorté de la 
garde suisse. Les mortiers du Capitole saluèrent son arrivée; les 
conservateurs l'attendaient dans la grand'salle décorée de tapis- 
series, et il prêta entre leurs mains le serment d'usage. Les cloches 
sonnaient à volées 5. 

On évaluait la dépense qui incombait à cette occasion au séna- 
teur à trois mille écus; son costume seul, non compris le collier 
d'or qu'il devait avoir au cou, coûtait deux cents écus. Aussi arri- 
va-t-il plus d'une fois, quand le nouvel élu n'était pas pécunieux, 
que la prise de possession se fit sans aucun apparat, par exemple 
en 1646 et en i655*. 

1. Diario di Giacinto Gigli. Cod. Vat. 8717, p. 0(\ cf. p. 287. — 2. Ces ArtisH 
étaient une milice appelée de ce nom parce qu'elle était formée d'artisans; 
elle servait de garde aux caporioni ou chefs de quartier, mais il lui était interdit 
de porter des armes excepté pour la parade, quand le Saint-Sièfre était vacant 
et à l'occasion de l'installation des caporioni qui étaient renouvelés tous les 
trois mois. — 3. Caxcellieri, Le due Campane, p. 117 et suiv. pour tout ce qui 
précède. — 4. D'ailleurs à cette époque le trésor communal était fort pauvre. 
On se souvient qu'en cette même année i055, le pape Alexandre VII permit 



t 



LES SÉNATEURS AU CAPITULE. 189 

L'entrée en fonctions des sénateurs s'accomplit, jusqu'en 1789, 
sensiblement avec le même cérémonial*. 

Le 21 juin 1718, le prince Tommaso Corsini prit possession du 
Capitoie dans l'appareil que voici : vers quatre heures, il se ren- 
dit au Quirinal privément et y reçut dans la salle dite des cong-ré- 
^ations les compliments des ambassadeurs et des principaux ci- 
toyens romains ainsi que des gentilshommes envoyés par les 
cardinaux pour les représenter. Puis il monta, accompag*né des 
maîtres de cérémonie, dans les appartements pontificaux; Pie VII, 
prévenu de sa présence, sortit de sa chambre, portant le rochet 
et la mozette, s'assit sur son trône ayant le majordome et le 
Maestro di Caméra à ses côtés, et reçut son serment de fidélité 
et d'obéissance qu'il prêta à genoux. Après quoi, il remit son 
sceptre d'ivoire, symbole de son autorité judiciaire et de son pou- 
voir et, l'ayant béni, se retira. Le sénateur vint prendre alors sa 
place dans la cavalcade qui devait le conduire au Capitoie. En 
tête marchait un piquet de carabiniers à cheval pour débarrasser 
les voies, puis venaient les carrosses des ambassadeurs et mi- 
nistres étrangers, un corps de pompiers avec leur commandant à 
cheval, un bataillon de grenadiers précédé de ses tambours, les 
trompes et les tambours du peuple qui formaient une corporation, 
le capitaine des milices du Capitoie à cheval avec, son adjudant 
et un groupe de sous-officiers ; les milices des quatorze quartiers 
suivaient, portant leurs étendards et précédant les dix chevaux 
du sénateur et ses vingt carrosses ; deux escadrons de dragons et 
deux compagnies de carabiniers les escortaient ; puis c'étaient les 
palefreniers des cardinaux à cheval, le chapeau rouge sur les 
épaules, les coureurs de la Curie capitoline et les gentilshommes 
des cardinaux, les camériers d'honneur et lescamériers secrets de 
cape et d'épée achevai, la musique capitoline et un page à cheval 
avec la valise du sénateur*, deux autres pages, l'un portant l'éten- 
dard du peuple, l'autre celui du sénateur, le capitaine des gardes 
suisses, deux autres pages du sénateur, l'un avec sa barrette, l'autre 
avec son bâton, puis enfin le sénateur en manteau rouge, le collier 

qu'on ne fit aucune décoration à l'occasion de son couronnement. Voir p. i?9. 
— I. Elles sont décrites dans des plaquettes publiées après la cérémonie; 
C.vNANi, (iiuLio Cksare, Descrizioiie dclla cavakata falta dal senatore di Roma 
Giiilio Cesare Nigrelli, Rome, 1062. Esatta descrizione délia cavalcata fatta il 
4 nov. lôçi dal senatore di Roma marchese Oltavio Riario, Rome, i6>i. — Dis- 
tinta Relacione délia notilissima cavalcata fatta in occasione del possesso dcl 
senatore di Roma Frangipane, Rome, 1712, etc. D'une façon générale dans 
Cancellieri, Moroni, Diz. di Erudiz,X, 3i2; Diario del Chracas, n* 3oi>5, 
an. 1737. —2. A Rome, depuis le moyen âge, dans toutes les cérémonies de 
ce genre figurait la valise, habituellement rouge, du personnage en l'jionneur 
duquel la fête avait lieu ; c'était un honneur de la porter. 



lyo LE CAPITOLE ROMAIN. 

d'or au cou: son cheval était caparaçonné de velours roug-e tramé 
d'or. Lesfedeli l'entouraient avec la g-arde suisse; le premier et 
le second juge collatéral, ainsi que l'auditeur, en un mot, 
les membres de son tribunal l'escortaient. Arrivé sur la place du 
Capitole, le sénateur entra d'abord dans l'ég-lise S. Maria Ara- 
cœli pour y prier et y fit l'offrande de quatre reliquaires d'arg-ent, 
après quoi il se rendit dans la g-rand'salle du palais ; les trois 
conservateurs et le prieur des caporioni étaient venus à sa ren- 
contre jusqu'au bout de l'escalier double qui mène à l'entrée; le 
scriba senato donna lecture du bref qui lui commettait sa mag-is- 
trature, et du serment qu'il devait prêter au peuple ; le sénateur 
descendit alors du trône sur lequel il avait pris place et, le genou 
ployé, prêta le serment et toucha les Évangiles; puis le premier 
des conservateurs lui adressa une allocution à laquelle il répon- 
dit. La cérémonie se termina par un banquet; leCapitole fut illu- 
miné, un feu d'artifice tiré et, durant deux jours, les sphinx lan- 
cèrent comme d'habitude du vin par leurs naseaux*. 

On le voit, la prise de possession des sénateurs avait singuliè- 
rement changé de caractère, et le peuple romain, maigrement re- 
présenté, n'y figurait plus que pour la forme. 



FÊTES DONNÉES AU CAPITOLE AU XVIl^ SIÈCLE 

L'usage de donner des représentations théâtrales au Capitole, 
né au xvr siècle, comme l'on a vu, devint fréquent au siècle sui- 
vant; ces représentations avaient lieu dans le palais des conser- 
vateurs à l'occasion du carnaval et étaient généralement coupées 
d'intermèdes, accompagnement obligé de la plupart des pièces 
de ce temps*. 

Les grands personnages qui venaient à Rome ne manquaient 
pas de visiter le Capitole et y étaient reçus avec solennité; c'était 
l'occasion de fêtes; des inscriptions étaient apposées par les 
soins de la municipalité pour rappeler ces événements. La reine de 
Suède eut cet honneur après la visite qu'elle fit au Capitole en 
i656', ainsi que la reine de Pologne, Marie Kasimire, en 1700*; 
les deux plaques commémora tives furent placées avec des bustes 

I. MoRONi, Diz. di Erud., X, 314. — 2. Cod. Vat. Urb., 1098, 16 février 1628; 
cf. Ms. Angelica, 325, Diario, ad diem. — 3. Forcella, I, n. i56. La pose de cette 
pierre coûta 121 écus. Les conservateurs et le conseil eurent soin de rappeler, 
dans cette inscription, qu'ils avaient reçu la reine la tête couverte; il avait fallu 
six mois de pourparlers pour la décider à ne pas contester aux magistrats capi- 
tolins un privilège qu'ils s'étaient arrogé depuis longtemps. — 4. Forcella, I, 
n. 2jo. 



FORMATION DES MUSÉES. 191 

dans la «Tand'salle du palais des conservateurs. D'autres person- 
nages moins illustres furent, comme on verra, honorés de la 
sorte au siècle suivant. 

Lorsqu'un nouvel ambassadeur faisait son entrée dans Rome, 
il ne manquait pas d'aller au Capitole, et les conservateurs lui 
rendaient sa visite vêtus de leur robe de pourpre ; il en fut ainsi 
pour l'ambassadeur du duc de Parme en 1669; les mag-istrats ca- 
pitolins le reçurent au haut de l'escalier d'honneur, il visita le mu- 
sée et, fait sans précédent, on sonna la cloche du Capitole en son 
honneur. Comme les conservateurs ne possédaient pas de car- 
rosses, ils durent, pour lui rendre sa visite, emprunter ceux du 
« connétable », le prince Colonna*. 

En 1686, eut lieu une fête à l'occasion de la révocation de l'é- 
dit de Nantes. Le Capitole fut illuminé per le allegre:^^7^e délia 
Francia in occasione che sua Maestà scaccio VUgonotti dal suo 
Regno; la dépense atteignit près de cinq écus*. 



FORMATION DES MUSÉES CAPITOLINS 



ORIGINE 

L'établissement définitif des musées capitolins eut lieu au 
XVII* siède, mais l'orig-ine en remonte beaucoup plus loin-''. 

I. Il s'agit du connétable de Naples, le mari de Marie Mancini. Archiv. Stor. 
Capit,, Cred XI, vol. 22, fol. 71. Le conseil communal avait refusé des carosses 
aux conservateurs, mais leur avait accordé des chevaux, dans sa séance du 7 
mai i58.^. Itid., Cred. I, vol. 28, fol. i63. Même cérémonial en 1671 et en 1695. 
Itid., Crcd.Yl, vol. 9, fol. 129.- Ce ne fut qu'en 1749 que les conservateurs 
purent se procurer des carrosses, encore leur fallut-il retrancher sur les dépenses 
des fêtes les sommes nécessaires pour en amortir le coût qui s'éleva à six mille 
écus; le pape ordonna que durant 16 ans les banquets qui étaient donnés cha- 
que fois qu'une nouvelle série de magistrats entraient en fonction, seraient 
supprimés ; ces banquets coûtaient 38o écus (Archivio Stor. Capit., 
Cred. VII, vol. 40, fol. 400). Le carrosse acheté était doré et recouvert de velours 
bleu turquin, mais comme la municipalité ne disposait pas de remises, on dut 
le loger au palais Farnèse avec quatre autres qui furent achetés plus tard à 
l'ambassadeur de Venise. {Ibid., fol. 404, 407.) Clément XIII (1758) rétablit l'allo- 
cation relative aux banquets, mais partiellement, et les conservateurs durent 
attendre le pontificat de Pie VII, en 1804, pour faire aussi bonne chère que 
jadis. Ibid., Cred. XVIII, vol. 32, fol. 2o5.) — 2. Note de la dépense. Archiv. 
Stor. Capit., Cred. VI, vol. 6, fol. 232. Suit le détail de la dépense faite à l'occa- 
sion de la paix de Bude. — Une inscription avait été placée sur la façade du 
palais sénatorial lors de l'abjuration de Henri IV. Forcella, I, n. 104. Une 
autre inscription rappela la part qu'avait prise par ses conseils et ses subsides 
le pape Innocent V à la défaite des Turcs devant Vienne. Forcella, I, n. lîb. 
— 3. A. MiCHAELis a consacré une étuda des plus approfondies à la formation des 



♦92 LE CAPITULE ROMAIN. 

Au moyen â^e, le Capitole ne possédait d'autre monument de 
l'antiquité que le lion de marbre qui servait aux exécutions et 
deux urnes funéraires*; elles avaient contenu jadis les cendres 
de la première Agrippine, femme de Germanicus, et de son fils 
aîné, Néron César, tous deux morts en exil, et avaient été rame- 
nées à Rome et placées par ordre de Caligula dans le mausolée 
de la famille d'Aug-uste. Par suite d'un bizarre concours de cir- 
constances, ces urnes furent apportées ensemble au Capitole à 
une époque que l'on ignore, mais antérieure au xiv-* siècle, pour 
y servir de mesure de capacité*; ce fut peut-être vers le temps 
où l'on installa un marché sur la place. Le caractère archaïque 
de l'inscription g-ravée sur la base : RVGITELLA DE GR/VNO 

musées capitolins. Slorij délia collezione capilolina di anlichilà fino alVinaugu- 
razione del mtiseo (1734) dans Mitlheilitngen des K. DeiUschen archeol. Instituts, 
Roemische Abteilung, B. VI, Rom, 1891. Voir aussi : Ulisse Aldroandi ou 
\\.DKOWMiiii, Délie Statue antiche,\i. 168; Boissard, Romanae Urtis Topog. et 
Antiqiiitales, Francfort, 1597- 1602 ; Museo Capitolino, per cura di Giovanni 
(iAETANO BoTTARi ct NicoLA FoGGiNi, Romc, 1741-1782, 34Bgravures ; Campiglia, 
Muséum Capitolinum, Rome, 1750-1755, 3 vol. in-fol.; le comte de Clarac, 
Musée de sculpture, Paris, 184 1 ; Gaddi, Museo Capitolino, 1760, 4% 1775, 8*; B. 
Gamucci, Le Antichità délia Città di Roma, i5ib, fol. 20 v; FranceSco Eugenio 
Gi'ASCO, Musei capitolini Antiquae Inscriptiones, Rome, 1775 ; Helbig, Fiihrer 
durch die Sammlungen Klas. Altertùtner in Rom, Leipzig, i" édit., 1891, traduit 
en français par J. Toutain, Leipzig, 1893; 2' édit., 1899; Lanciani, Scavi, II, 77 
et suiv.; (i. Locatelli, Museo capitolino sia Descrizione délie statue... Rome, 
1771 ; Lrcio Mauro, Le Antichità de la Città di Roma, i556, p. n ; Montagnani- 
Mir<ABiLi, P1ETR0 Paolo, // Museo Capitolino, Rome i82ï>; Mosf, ^culture del 
Museo Capitolino, libô; Muntz, Le Musée du Capitole et les autres collections 
romaimes, Paris, ilHi; Righetti, Descrizione d^l Campidoglio, Rome, i833; 
Agostino Tofanelli, Indicazione délie sculture e pitture di Campidoglio, Rome, 
1825, éd. française, publié par son fils en 1821 et i835 ;Flaminio Vacca, Memorie 
di varie Antichità... neW anno i5g4, Rome 1704, faisant suite à la Roma Antica 
de Nardini, Rome, 1704 ; Andréa di Vaccaria, Ornamenti di Fabriche, iCxxj; S. 
Woon, The capitoline Muséum of sculpture, Londres, 1872; Descrizione délie 
statue, bassirilievi... che si custodiscono ne' Pallazzi di Campidoglio, Rome, 
1775, Brilish Muséum sous la cote 7807, a, 8 avec des notes ms; Niiova Descriz. 
del Museo Capitolino compilata per cura delta Com. Arch., 1882. Le dernier 
catalogue du Musée de Capitole date de i8i)8. Il n'en existe pas pour le Musée 
des conservateurs. Actuellement d'ailleurs ces deu.\ musées sont en remanie- 
ment; celui des conservateurs a été bouleversé de fond en comble. Voir 
R. Lanciaxi, // Nuovo Ordinamento del Museo nel Palazzo dei Conservatori, 
Rome, i'/j4. — I. Le Pogge disait que, de son temps, il n'existait plus que six 
statues antiques à Rome; tout au contraire, Pétrarque en avait vu « din- 
nombrables». M. de Clarac, t. III, s'elTorce d'éclaircir cette antinomie qui tient 
plus, ce semble, à la tournure d'esprit des deux écrivains qu'à la réalité des 
choses. — 2. Dans une description de Rome, Descriptio urbis Romae ejusque 
excellentia, rédigée entre i.'544 et 1347, et attribuée faussement à Cola di Rienzo 
(Cod. Chig. I, VI, 204.) on lit : Alio lapide marmoreo silo in pede Capitolii, por- 
tait de sepulcro Augustorum... et ordinato pro mensuris. Voir Histoire de ce 
ms. dans le Bull.delV Istiluto di Corrispondenza archeologica ; an. 1871, p. 14 et 
suiv. 



FORMATION DES MUSÉES. 198 

confirme cette hypothèse*; sur une face de l'une des urnes fut 
sculptée, vers le xiv° siècle, Teffig-ie d'un soldat de la milice 
romaine, le pavesatore. C'est la seule représentation qu'on pos- 
sède de leur armement. D'autres étalons se trouvaient d'ail- 
leurs au Capitole; ceux des mesures d'huile et de vin, entre 
autres*; il y avait aussi une mesure sur laquelle on plaçait 
les poissons qui arrivaient au marché ; ceux qui la dépassaient 
avaient la tête coupée, et cette tête revenait de droit aux con- 
servateurs'. 

Au xvir siècle, une long-ue inscription entourée des armes des 
magistrats en exercice fut gravée sur le piédestal sur lequel les 
urnes étaient alors posées*. 

Le peuple, par suite d'une confusion qui ne pouvait manquer 
de se produire, pensait que l'une de ces urnes avait contenu les 
restes de l'empereur Néron au lieu de ceux de Néron César. 
Plus tard, quand elles eurent cessé de servir de mesure, ces 
deux urnes furent placées, comme des curiosités, dans la cour 
intérieure du palais des conservateurs: elles s'y trouvaient encore 
l'une et l'autre au milieu du xvr siècle. Actuellement celle d'A- 
grippine se voit seule, à l'entrée de l'escalier des archives; 
l'autre a disparu*. Les mesures à vin et à huile sont sur le palier 
du premier étage de l'escalier du palais des conservateurs; les 
mesures linéaires, dans l'escalier du campanile. 

Le Capitole était, on le voit, fort dépourvu d'antiquités quand 
le pape Sixte IV fit don au palais des conservateurs d'une série 
de statues d'origines diverses qui devint le noyau et l'ornement 
de la collection capitoline, et c'est pourquoi on peut l'en consi- 



I. MiCHAELis, La Collesione CapUolina, p. 10. Pour ce qui est de l'évaluation 
de cette mesure de capacité, on lit dans la Summa de Arithmetica de Luca 
Pacioli, citée par Muntz dans Les Arts à la Cour des papes; Innocent MIL., 
p. 2O9 : « Grano vi si vende a rugghio chc fa in Genoa mine una e sette ottavi e 
in Fiorenza staia ottoe tre qiiarti. » — 2. Forgella, I, n. 7, 8, 10; inscriptions en 
caractères archaïques: COG. VINI, COG. OLEI. — 3. Statuts de iSiç, liv. I, 
art. 33, rappelant une disposition analogue contenue dans les précédents statuts. 
Liv. III, art. 146 dans les statuts de i.'*63 ; Liv. III, art. 166 dans ceux de 146c, 
Liv. III, art. 67 dans ceux de i58o. Au-dessus de l'étalon placé dans la première 
salle du palais des conservateurs se lisait l'inscription citée par Forcella, I, 
n. 75. Plus tard, le bénéfice de cette coutume fut transféré par le pape Ur- 
bain VIII des conservateurs à son neveu, Taddeo Barberini. Gigli, Cod. Vat. 
8717, p. 21Ï. Cf. Arch. Stor. Capit., Cred. I, v. 29, f. 70. La République de 1798 
supprima ce singulier impôt qui fut rétabli en 1817. Moroni, Diz. di Erudiz., 
LXIV, 57 et LXXXIV, 2œ. Fea, p. 227. — 4. Forcella, I, n. i3o. Aldro- 
vANDi, p. 270, 271, a transcrit les deux inscriptions que portaient ces urnes. — 
5. Aldrovx\ndi, qui écrivait vers i55o, et Boissard, qui séjourna à Rome un peu 
plus tard (J.-J. Boiï^kard, Romanœ Urtis Topng. et Antiq., 1597-1602), les virent. 
Cf. Lanoiani, Ancicnt Rome, p. 2:. 

i3 



* 



t i 



i^'A LE CAFITOLE ROMAIN. 

dérer comma le fondateur». C'étaient, entre autres : La Louve 
de bronze que le conseil communal lit placer, comme on a dit, 
au-dessus de la porte d'entrée du palais. La statue fameuse du 
Tireur d'épine*. La tête colossale de Néron'. Une main tenant un 
^lobe que l'on supposait être un fragment d'une statue de Sam- 
son*. Une statue que l'on supposait représenter une zingara et 
qui est peut-être un camillus. Une statue en bronze doré repré- 
sentant Hercule, qui venait d'être découverte dans la démolition 
de l'Ara Massima, près du cirque Maxime s. Cette statue fut 
placée dans la cour du palais, à droite^. Elle se trouvait alors sur 
un socle carré fort élevé et était entourée de fragments de statues 
colossales. La donation comprenait aussi une statue de Charles 
d'Anjou laquelle, reléguée un temps dans un coin sombre, fut 



I. Ce fut un don et non une restitution, comme l'a écrit Gregoroviis, IV, 196; 
Platixa, qui n'est pas suspect de louer avec cxa^rêration les papes, dit dans la 
vie de Paul II (Bibl. Casanatense, Inc. OOi, c. 235) : • Qnipfe qui statuas veterum 
undiqueex tota urle conquisitas in suas illas ae.les quas sut" Capitolio construe- 
iaty comrer.eret. » Cf. Canesio, Vita di Paolo II,et Pauli II veneti Pont. Max. 
(iesta vindiata et illustrata a Card. Aug. Mar. Qlirini, Rome 1740. Il ne faut pas 
tirer du mot restituendas contenu dans l'inscription mentionnée plus bas un 
sens trop précis; le peuple y est considéré comme ayant été dans l'antiquité 
possesseur de toutes les richesses qui existaient à Rome ; ces statues lui ap- 
partenaient donc de droit comme toutes celles qu'on pouvait trouver sur le sol 
romain. Cf. Pastor, Histoire des Papes, Paris, nigi, IV, 427. Il y avait encore au 
Capitole à cette époque, dans une sorte de crypte, le bas-relief mithriaque qui 
est actuellement au Louvre ; Fi-amimo >'acca le vit vers 1594 : « Mi ricordo 
aver vista una buca, corne una vo7-agine...->y Smetus dit (i545): « Romse, sut Ara 
Cœli, templum sulHerraneum est uti Mithrœ simtilacrum est... » Au dire de 
Pignoria (laXj), le bas-relief figura un temps sur la place ; mais ceci est douteux ; 
il passa ensuite à la villa Borghèse. — 2. La découverte de cette statue remontait 
apparemment à un {^rrand nombre d'années, car lors du concours pour les portes 
du baptistère de Florence, 1402-1403, Brunellescho s'en inspira pour la fiffure de 
l'un des serviteurs d'Abraham, ainsi que l'a fait remarquer Cicoprnara (.Michae- 
Lis, p. i5.) On la prit un temps pour une représentation de Mars. Voir Pro- 
sPETTivo, p. K/6, note 3, et Forcella, I, n. m (1611); IIelbig, I, 617. — 
3. Une inscription fut placée, d'après Valesio, sur la base qui supporta 
cette tête quand on la plaça à l'intérieur du palais à côté de l'autre tête colos- 
vsale de marbre supposée être celle d'Aupruste. Voir Forcella, I, n. 106 et 110. 

— 4. Stevenson, p. 38i. Elle venait, comme la Louve, du Latran. D'après 
Vacca, cette tête et cette main colossales venaient du Colisée qui en avait tiré 
son nom. Vacca, Memorie di varie Antichità, Rome, 1594, n. 71. — 5. Au sujet 
des déplacements de cette statue, voir plus loin, p. 19:^, 199. En 1816 elle figurait 
dans le salon. Tofanelli, p. 86. Voir p. 210. De Ro^si, Mon. Ann. et Pull, de 
Inst. 1854, p. 28. Michaelis, p. 16, donne et commente l'inscription qui rap- 
pelait le don fait par le pape et dont une copie dénaturée existe seule. Cf. Muntz, 
Les Arts à la Cour des Papes, III, 170. IIelbig, I, (^2, 614. Sur le Camillus, 
voir Helbig, I, 607; Tofanelli, p. 73. Inscription de 1641. Forcella, I, 140. 

— 6. « Limina prima patent custode sut Hercule tula, Aenus ad dextram qui 
marmore prominct alto. » Fulvio, cité par Michaelis, p. 16. P\'lvio, éd. 1543, 
fol. 5i v. 



FORMATION DES .MrSIvIiS. i!tf> 

remise plus tard en évidence'. L'inauguration de cette collection, 
ijui comprenait épralement d'autres objets de moindre importance 
et quantité de fragments', se lit avec quelque solennité le 
14 décembre 1471. Une inscription rappela la ffénérosilé du pape*. 
D'autres monuments antiques prirent place bientôt à côté de 



CCS premières statues: un autel votif dédié à Hercule, trouvé 
comme la statue dans l'Ara Massima et que l'on plaça à côté des 
urnes de Néron et d'Agrippine, les bases des vicomagisin qui 
furent disposées près de la tfite colossale de Domitien (14 dé- 

1. Mi-Niz, Les Arts à U C'mr dts Papes, III. [71. Elle portait une inscri. 
ption : cf. Fohoella, I, ia, ijui constate sa disparition. CcpendanI die se ttciuvc 
actuellement dans la cour du palais des conservateurs et. au temps de Nibdv 
(/ïonu moiermt, p. II, 6i5), elle Otail dans la grande salle. — î. Entre autres un 
tiuste supposa être de .M. Junius Brutus. Peut.ftrc IIulbcc, I, 522. CT-Tupa- 
NELLi, p. 5] ; PoRCELLA, I, n. 54. Cl LuicuM. ficari, I, 76, — 3. Dans le palais 

sUluac osservanlur. FoF«:ti',i,A, I, n. [6. Sur l'Anonyme, voir Fi.ruti.i.». 1, n. ii. 



iy6 LE CAFITOLE ROMAIN. 

cembre 147 1)*. Sous le pontificat d'Innocent VIII (1484-1492) on 
porta au Capitole une tête colossale et le pied et la main d'une 
statue de marbre de grandes dimensions, supposée d'Apollon, 
découverte près du prétendu temple de la Paix*. 

Le peintre milanais Prospettivo, auteur d'une relation en vers 
d'un voyag-e qu'il fit à Rome vers i5(X), énumère les statues qui 
composaient à cette époque le musée capitolin ; il cite la statue 
d'Hercule, les frag-ments du colosse, le Camillus, le Tireur 
d'épine =5.... 

Bembo, qui fut à Rome vers la même époque, ne remarqua 
guère que le Tireur d'épine qu'il vit à côté d'une autre statue 
d'airain. « ... In cuius qiiasdam conclave spectantur geminœ 
statuœ œneœ atitiquissimœ columnulis insidentes, Sed una no- 
bilior et absolutior puer scilicet nudatus sedens dextra manu 
sinistrae plantse spinam extrahens...*. 

L'Albertini», qui écrivait en 1609, ajoute dans son énuméra- 
tion des richesses artistiques que renfermait de son temps le 
Capitole, à la tête et à la main colossales, un pied de bronze «. 

Il mentionne aussi : « alia qiiamplura Ro. monimenta cum 
duabus pulcherrimis tabulis lucentibus mirœ pulchritudinis et 
artificW. » Ces tables sont des frag^ments de deux sarcophages 
dont l'un représente les fig-ures symboliques des quatre saisons 
avec la porte du temple de Janus au milieu, l'autre le combat 
d'Achille et de Penthésilée^ Le premier de ces deux sarcophagres 
existe encore au Capitole dans la salle de la Louve, l'autre a 

I. Lanciani, Htoria dei Scavi di Roma, p. 76. Ces bases portaient une dédicace 
à Hadrien (C. /. L., VI, 975) ; salle du Canope, n. 42. Cf. Tofaxelli, p. i38, et Fea, 
p. 225. Cf. autre base, portique, n. 3o. EHes étaient connues depuis le temps 
de Ciriaco d'Ancona qui mourut en 1459. L'autel à Hercule, sur lequel est gravée 
une mscription (Forcella, I, n. 91), se trouve dans le portique du nouveau 
musée, n. 6. Avec ces objets furent apportées des pierres votives à Hercule 
(C. /. L., VI, 3i2-3i8), qui subirent bien des vicissitudes. Les numéros 314, 317, 
3iy, sont perdus. xMichaelis, note 47; Lanciani, Scavi, 1,76. — 2. Michaelis, loc. 
cit., p. 17, 18; Forcella, I, n. 127, i33; Tofanelli, p. i36. Au vrai la statue 
d'Apollon dressée par LucuUus était de bronze. Moxtagnani, p. 129, repro- 
duit la tête. Tofanelli, p. i38, l'attribue à une statue de Domitien ; Helbig, I, 
530, à une statue d'Auguste. D'autres fragments, un genou, un talon, un bras, 
un pied furent adjoints plus tard à ceux-ci et se trouvent dans le même lieu. — 
3. Bibliolhèque Casanatense, Incunable uég, réimprimé par Govi dans les AUi 
deir Accademia dei Lincei, Ser. II, vol. III (1875-187O), Parte m, p. 39, et 
publié à part sous le titre : Intorno a un opuscolo... Rome, 1876, p. 5i. — 4. Cité 
par MiJNTZ, Les Antiquités de la ville de Rome. — 5. Opusculum de Mirabilibtis 
novae et veteris Urbis Romae, Rome, i5io. — 6. Fulvio, Antiquit., et Aldro- 
VANDi en font également mention. — 7. Fol. 61 ; cité par Michaelis, p. 20. - • 
8. Aldrovandi, p. 271, les décrit de façon à ne laisser aucun doute sur leur 
identification : « Entrando nella casa de' Conservatori si truova sotte al portico 
che è da mandritta una tavola di marmo, attacata al inuro con bellissime figure 
iscolpite nel cui meso e coma una porta, dure di morius che para, che s'apra. Vi 



. ^ 



FORMATION DES Mt'SÉES. m 

passé dans la villa l'amtili. \'ers le même temps, entrèrent au 
Capitule trois fragments d'un bas-relief représentant un Sacrifice 
accompli à l'entrée du temple de Jupiter Capitolin, Les person- 



nages semblent de l'époque de Trajan'. Quant auxquampiuriina 

è anco un allrj lavoli mirmorej chehj in se scolpitc genli e cavMi, cHe (•■^r clie 
nim/'jHoiin, «ToFANELLi, p, 14s : Fïa. p. i3L i:e fut «cru la fin du xvi* siècle 4u'on 
IclransportadatisiasalledcInl.oUïc.MicrcAKMS.p .i7;T'"'A''t'-".p.M^— '-''f' 
AiDOLLENT, MéUnga SArchMl. el J-nisl., illHj.p.i>.; Milhaelis.P- :u, j?; Ilisr.- 
SES, Topog. der SUJl Rom. dans MUlheUitugeN Arcli. Inst., Rome, iWUj), 
p. 2A'}- Ucuidc CCS fragments passèrent plus lard dans la collection HoiGli^^cct 



i()^ LE CAPITOLE ROMAIN. 

monimenta, il faut y voir les bas-reliefs et les inscriptions, que 
possédait en effet dès cette époque, en très grand nombre, le 
Capitole'. Cette abondance frappa les ambassadeurs vénitiens qui 
vinrent à Rome en iSiS: relatant brièvement leur visite au Capi- 
tole dans un rapport au sénat, ils écrivent qu'ils y virent : « Cn 
infinita quantità di figure marmoree e di bronza le più belle et 
famose del monda*. » Le conseil communal augmentait ses col- 
lections par tous les moyens, au besoin par la force ; c'est ainsi 
qu'en i525 il enleva à l'ée^lise S. Martina les trois bas-reliefs 
représentant la vie de Marc-Aurèle qu'elle possédait et qui 
venaient de l'arc de Marc-Aurèle, sans vouloir rien donner en 
compensation à la fabrique de cette église'. 

Le Capitole devenait de plus en plus un musée d'inscriptions, 
d'antiquités, de curiosités*, tandis que le Belvédère, au Vatican, 
était réservé aux chefs-d'œuvre, aux belles statues de marbre, à 
tout ce qui charmait la vue par la perfection de l'art. Les papes 
envoyaient au Capitole les objets qui ne leur semblaient pas de 
nature à embellir leur séjour. C'est ainsi que Léon X abandonna 
au musée capitolin les deux figures de fleuve que l'on plaça de 
part et d'autre de l'entrée du palais des conservateurs s. 

A côté de ces deux statues se trouvaient, au milieu du siècle, 
les fragments du colosse, du moins la main tenant un globe **; on 
l'avait mise là sans doute pour témoigner que les conserv^ateurs, 
qui s'efforçaient de se faire assimiler aux consuls, détenaient le 
pouvoir souverain. A ces exceptions près, on faisait peu à peu 
rentrer dans le palais tous les morceaux de sculpture antique qui 
en ornaient auparavant les abords. La Louve fut placée dans 
une salle qui donnait sur la ville et qui devint la pièce princi- 
pale, le salon d'honneur du palais'; on en décorait les parois de 
brocart dans les occasions solennelles. L'Hercule doré fut 



appartiennent actuellement au Louvre, où on les a réunis; quant au troisième, 
qui représentait le frontispice du temple, il a disparu.— i. Ficuard, Franck- 
furtische Archiv., i5.%, cité par Miciiaelis, p. 20, note 57, parle de « Alia pliira 
marmorea sii^na circumquaqiie in infcriori parle palatii huiiis posita seJ 
quac in tanta copia non curanttir.» Marliaxi précise ce qu'étaient ces siirna 
en disant : « parietitus inclusa ». (F'ol. 21 v., éd. i5î>i). — 2. Alberi, Relazioni 
degli Amt. Veneti al Senalo, Ser. II, t. III, ui). — 3. Arch. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. i5, fol. 189. Séance du 29 mars 1524. Cf. Mabillon, Mus. Ital., II, 148, et 
Corpus Insc. Lai., VI, 1014. Laxciaxi, Deslruclion of Roma, p. 23r. HELBiri, I, 
544-546. Aldrovandi les décrit p. 271 ; ainsi que Fui.vio,^w/i.7. i'rtis Romae, écrit 
en i5i.l, pub. en 1627. RuiiETTi les reproduit, p. 164a lôîî. Ils sont actuelle- 
ment dans l'escalier du palais des conservateurs. — 4. Andréa Filviis, 
Anliquilalcs l'rtis, fol. 20 v. Cf. le pt)ème cité par E. Muxtz, Le Musée du 
Capitole, p. 7. — 5. Voir ce qui est dit de ces deux groupes, p. 121. — 6. Le globe 
a disparu ; il se pourrait que ce fût celui qui fut placé au haut de la colonne 
milliairc. .Miciiaelis, n. 184., — 7. « In porlicu interiori prope aulam. » Aldro- 



FORMATION DES MUSÉES. 190 

enlevé de son piédestal de la cour et transporté sur Tautel votif 
dédié à Hercule vainqueur*. A côté était une statue du dieu Pan, 
fort mutilée *. Le g^roupe du Cheval et du Lion passait à cette 
époque pour avoir été apporté au Capitole sous le pontificat de 
Paul III par les soins de Latino Ju vénal, « maestro di Strada », 
qui l'avait découvert près de la porte S. Paolo, dans un marais'. 

Un sphinx avait été transporté dans la cour à côté du g-roupe 
du lion*; un autre se trouvait dans une autre cour à côté d'un 
cynocéphale en pierre dure qui provenait, comme le sphinx, de 
l'ég-lise S. Stefano del Cacco^ Des trois statues représentant 
Constantin le Grand et son fils, l'une avait été placée sur l'esca- 
lier qui menait au mont Caprino, l'autre sur celui qui lui fai- 
sait face et menait à l'église d'Aracœli, la troisième dans le 
' musée^. 

Aldrovandi (i55o) donne une description de la collection capi- 
toline après ces modifications et ces accroissements; il mentionne, 
dans la cour du palais, un Apollon nu avec un chien sans tête^, 
et une femme vêtue; dans une autre cour, le sphinx et le singe, 
la tête dite de Commode et quelques débris. Dans l'intérieur du 
palais, l'Hercule, le Tireur d'épine, la Zingara (camillus), une tête 
d'Hadrien, la Louve, un Satyre de marbre avec des pieds de 
bouc, nu et attaché à un arbre, un Bacchus enfant, une statue 
d'Hadrien enfant, une femme demi-nue en bronze, un homme 

vANDi, p. 275; cf. Andréa Fulvio, éd. i543, fol. 5i. Marlïani l'y avait déjà vue 
en 1544. Stevenson. Annali delV Istitiito archeologico, an. 1877, p. 875 et suiv. 
parle longuement de la Louve et de la main colossale apportée avec celle du 
Latran au Capitole. — i. Corpus Insc. Lai., VI, 828; Michaelis, p. 3o; For- 
cella, I, n. 41. — 2. Avec les inscriptions. Forcëlla, I, n. i3i. Inscription de 
l'année i636. Il s'agit du satyre cité par Aldrovandi. Voir Michaelis, p. 27; 
ToFANELLï, p. 12; IIelbig, I, 4o3. Cour, n. 5, 23. — 3. Vacca, Memorie di 
varie Antiehità, n' 70. — 4. Aldrovandi, p. 273; Boissard, III, 100; Marlïani, 
éd. i588, fol. 21 V. — 5. Boissard, III, 100; Lanciani, Bull. Corn., i883, p. 35; 
Michaelis, p. 3i. Singe; Fea, p. 224. Boissard, Antiijuit.,p. III, n" kx), donne 
la reproduction des sphinx. Ils furent transportés avec le singe du Capitole au 
Vatican lorsque Grégoire XVI y fonda le Musée Égyptien (i838). Une inscri- 
ption placée dans la salle dite de l'Urne rappelle ce fait. Forcella, I, 254. Cf. 
P1STOLES1, Eras.mo, // Vaticano descrilto ed illiislrato, Rome, i838, vol. VIII, 
p. i38, et pi. 145 et suivantes. Actuellement, salle II. Les lions qui figurent dans 
le portique (Musée Capitolin), n. 32, 33, y furent apportés en i833. Lanciani, 
Bull. Coin., i883. — 6. Michaelis, p. 3i. Biondo, Roma Inst., II, 19, en cite trois, 
ainsi que Aldrovandi, p. 2^ : « Dinanzi la porta di Araceli si ve^^owo due 
statue di Costantino Imp. vestite ; ...sono annale à Vanlica con un bastonc in 
viano : Un altra statua di Costantino medesimamente si rede su la Ripe Tar- 
peia. » Marlïani, éd. 1544, p. 27; L. P\\uno, fol. 39, n'en citent que cienx. Cf. 
FicHARD, p. 41. Elles avaient été trouvées dans les thermes de Constantin que 
le cardinal Borghèse acheva de détruire sous le pontificat de Paul V. Novaes, 
vol. XIII, 297. Voir p. 142 et plus loin, p. 209. — 7. Endymiun, portique, n. i? 
Michaelis, note 89; Fea, p. 189. Tofanelli, p. i3, donne une autre origine. 



200 LE CAPITOLE ROMAIN. 

sans tête tenant à la main un marteaiu, une femme vêtue assise*. 
On le voit, le musée commençait à acquérir de l'importance et, 
tant en bronzes qu'en statues de marbre, possédait déjà de pré- 
cieux objets*. 

Paul III fit don d'une Minerve (1541), qui fut placée ultérieure- 
ment sur un socle par les soins du pape Grégoire XIII'. Les 
Fastes consulaires, découverts en août 1546 et offerts presque 
aussitôt au peuple romain par le cardinal Alexandre Farnèse, 
avaient été encastrés dans le mur de la cour, en face de l'entrée*. 
Le bas-relief de Mettius Curtius entra en i553 au Capitole^. 
Pie IV fît don d'une statue d'un homme assis que l'on appela 
alors l'Aristide de Smyrne^. 

Le musée s'accroissait de dons obligés aussi bien que de dons 
volontaires; en i526, par exemple, l'évêque de Melfi, Alessandro 
Rufini, ayant garanti à la commune le remboursement de deux 
mille écus sur une avance faite par celle-ci en vue de la recon- 
struction du Ponte S. Maria (Ponte Rotto), au cas où ce travail 
échouerait, et n'ayant pu verser que 640 écus, on exigea de lui, 
en remplacement du solde, deux grandes statues de Jules César 
et d'Auguste; elles font actuellement partie du musée des conser- 
vateurs ^ En i564, le cardinal de Carpi^ légua au musée le buste 
de L. Junius Bru tus 9. 

1. Tête d'IIadrien, galerie, n. 36. Satyre, salle du sarcophage dAlexandre 
Sévère, n. 20; Bacchus, galerie, n. .?8? Hadrien enfant, itid., n. 28. Femme 
assise, peut-être- la statue dite d'Agrippine (Helbig, I, 460), salle des Empe- 
reurs, n. 8-1. Les autres statues, notamment l'homme au marteau, ont disparu. 
— 2. Ulisse Aldrovandi ou Aldroandi, composa en i55o son livre : Délie Statue 
Antiche di Roma, qui fut imprimé à Venise en i556. Lucio Mauro, éd. i5:6, 
p. 1 1, ne cite que la louve, les fleuves, les fragments du colosse, l'Hercule doré, 
un berger nu, un satyre et, dit-il, quantité de statues en mauvais état. Gamicci, 
deuxième édition, i^ih, fol. 200, cite les mêmes objets à peu de chose près; 
dans la première salle il cite, comme fi.xée au mur, la tête colossale trouvée près 
du prétendu temple de la Paix., Marliani ne cite qu'un satyre : Statua xnea 
satyri pulcherrima et guœdam alia deorum simulacra, fol. 21. Fol. 22 v. : le 
tireur d'épine, un esclave, un enfant nu assis. — 3. Forcella, I, n. 71. Cf. n. .^3. 
Inscription de iS^i, 2' semestre; Miciiaelis, p. 32; Tofanelli, p. i3. Actuelle- 
ment, portique, n. 4. C'est celle qui fut placée un temps, comme il a été dit, 
dans la niche sous l'escalier. —4. Altacata al mura in capo del cortifrlio. Aldro- 
vandi, p. 271. Cf. L. Falno, De Antiq., 1649; Forcella, I, i, donne le texte de 
ces fastes. En Tf86, on mit une inscription dans la pièce où ils se trouvaient. 
Forcella, I, n. 88. — 5. Helihg, I, 648. Cour du palais des conservateurs. — 
6. Forcella, I, n. 52. Cf. RniHETTi, 146. Il fut donné en compensation d'un 
véritable Aristide attribué au Vatican (Miciiaelis, p. 34) ; galerie, n. 58. Sur la 
statue du Vatican, MoxTAciXANi, III, 58. Il y a un buste d'Aristide signalé par 
RiGiiETTi, n. 211, dans la salle des Philosophes, n. 9. — 7. yl rc/z.^Yor., Capit., 
Crcd. I, vol. 37, fol. 134. Cf. Helbic;, n. 534, 535. La seconde statue représente en 
réalité un commandant naval. Inscriptions placées sur les socles. Forcella, I, 
n. 56, n. 57. — 8. Ridolfo Pio di Carpi. —9. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 
37, fol. 179. Cf. Micn.vELis, p. 34; ViscoNTi, Icofwg., Rome, I, pi. 2; Helbig, I, 



FORMATION DES MUSÉES. 20i 

Elu le 7 janvier i566, Pie V fit présent au Capîtole, le ii fé- 
vrier, d'une trentaine de statues et d'une foule de bustes et de 
bas-reliefs que son prédécesseur, Pie IV, avait rassemblés au 
Vatican pour en orner le Belvédère. Cette grande hâte était 
l'effet, non pas tant de l'intérêt que le nouveau pontife portait au 
musée capitolin que de l'aversion qu'inspiraient à sa sainte rig-i- 
dité ces représentations du paganisme. Dès le 27 février les 
statues étaient transportées au Capitole*. Trente facchiîii furent 
requis à cet effet, un par statue. En retour, le peuple s'enga- 
geait à faire célébrer une messe à perpétuité à l'intention du 
pape dans la chapelle de S. Tommaso d'Aquino*. 

bans la pensée du pape, le don devait être plus important 
encore et toutes les statues contenues dans le Belvédère auraient 
été transportées au Capitole ' si des circonstances inconnues ne 
s'étaient opposées à cette dépossession. Certaines des statues qui 
demeurèrent au Vatican furent cachées derrière des planches, ce 
qui montre que le pape, empêché de s'en défaire sur le moment, 
tenait à tout le moins à en dissimuler la vue; d'autres furent 
transportées au Capitole sous les pontifes suivants qui s'inspirè-- 
rent des idées de Pie V*. 



610; FoRCELLA, I, 54. Il fut parmi les objets envoyés par Bonaparte à Paris. 
ToF.wELLi, p. ij,6. — I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I, vol. 27, fol. 227. — 2. Cod. 
\'at. l'rb. 1040 (avvisi), fol. 182. — 3. Bicci, NolicU délia f avilir lia Doccapadtili^ 
p. 1 14, donne Vlnventario délie fissure donate da N. S. Pio V al Popolo Romano 
qui comprend d'autres statues. Toutefois l'inscription suivante qu'il rapporte 
montre que les statues apportées furent bien au nombre de trente : 

MACxISTU. rOPVLlQ. RO. 

PII. V. PONT. MAX. 

XXX STATVARVM MARM. DONO 

ORNATI 

PVBLICVM AETERNVMQ 

GRATI. ANIMI 

TESTIMONIVM. 

Butr, /oc. cï/., p. 117, note. Fokcella, I, n. 62. Cf. Michaelis, p. .'>7, qui 
discute la nomenclature donnée par Bicci. — 4. Michaelis, p. 42, pense que ce 
fut sous le pontificat de Grégoire XIII ou sous celui de Sixte-Quint que les 
autres statues qui fifrurai.ent dans le Vatican et notamment au Belvédère, pas- 
sèrent dans le musée capitolin, du moins en partie. En tout cas, le transport se 
fit lentement. Pighio {IH^hius Hercules Prodiciiis, Anv. i^lj, p. 390) trouva en 
1.^74 le théâtre orné d'une quantité de statues de marbre; le sculpteur rémois 
Pierre Jacques dessina au Vatican, entre 1572 et i.Wj, le bas-relief de Zéthos et 
Amphion qui fij^urait sur l'inventaire des objets donnés {Mélanges d'Archéolo- 
gie et d'Hisloire, iTlcpo, p. 2(k.)); Cavalieri cite vers la même époque douze 
statues comme se trouvant in Vaticano viridario, dont quelques-unes firent 
partie dans la suite des collections capitolines (I, II, 17, 18; Capitole, tav. 8, 
n. ii3, i3, n. 6, cité par Michaelis, note 124). Contarino {L'Antichità di Roma, 
Venise, 1675), qui reproduit presque textuellement Aldrovandi, il est vrai, ne 



202 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Parmi les statues qui passèrent du \'atican au musée capitolin 
sont un Génie, une muse représentant la Comédie, une Fortune 
sans tête, un groupe d'Ap^rippine et Néron, quatre enfants, une 
représentation d'un fleuve, les bustes de Claude, d'Antoine, de 
Faustine, de Tibère, d'Alexandre, un Polyphème avec un com- 
pag-non d'Ulysse, une Vieille Femme qui recule, une Jeune Fille 
fvec un oiseau, un Bacchus et un Apollon, la statue de la 
Pudicité». 

En i568, il y eut échange de statues entre le cardinal de 
Ferrare, Luigi d'Esté, et le peuple romain. Le cardinal faisait 
alors construire sur le Quirinal la villa que le pape Sixte-Quint 
acheta dans la suite et qui devint la résidence habituelle des 
souverains pontifes; il avait remarqué dans la collection capito- 
line trois petites statues « propres à jeter de l'eau », une Nymphe 
sur un dauphin, une Vénus endormie, demi-nue, un Neptune 
ayant un dauphin endormi à ses pieds, et il désirait en orner le 
jardin qui entourait sa villa. 11 demanda donc au conseil- com- 
munal de lui céder ces trois statues, proposant en échange une 
statue colossale de l'empereur Tibère, « dont la tête était antique 
et d'un travail achevé » et qui convenait parfaitement, disait-il, à 
l'emplacement qu'elle devait occuper. Le conseil désigna des 
commissaires qui furent moins persuadés que le cardinal, à ce 
qu'il semble, de l'excellence du troc, car, avant de le conseiller 

mentionne pas ces statues au Capitole. Elles n'y vinrent donc que plus tard. 
Sixte-Quint fut peut-être le pape qui acheva au bénéfice du Capitole l'œuvre 
de Pie V. « A peine s'il pouvait tolérer au Vatican le Laocoon et l'Apollon du 
Belvédère », dit Ranke (trad. française, Paris, 1844, II, 12O). . Il ne voulut pas 
soulïrir au Capitole les statues antiques qui y avaient été placées par les bour- 
geois de Rome. Il déclara qu'il démolirait le Capitole si on ne les enlevait pas. 
Ces statues étaient un Jupiter tonnant entre Minerve et Apollon. On fut forcé 
en effet d'éloigner deux de ces statues : Minerve seule fut laissée. Mais Sixte 
exigeait qu'elle représentât Rome et même Rome chrétienne. Il lui arracha la 
lance qu'elle portait et lui mit en main une croix énorme. » Cf. Description de 
Rome par Bunsen, I, 702. Sixte-Quint n'aima pas les arts, mais il ne semble pas 
que ce fût avec tant d'âpreté. Righetti toutefois confirme que, lors des transfor- 
mations qu'il fit dans le palais du Vatican, plusieurs statues furent enlevées de 
la place qu'elles occupaient et données au peuple. Michaki.is, p. 42. Voir ce qui 
a été dit plus haut relativement à l'enlèvement par ordre de Sixte-Quint des 
statues qui ornaient le campanile, p. 147, note 2. — i. Inscription commémorant 
ce don: Forceli.a, I, n. 61. Génie: Hklbk;, 1, 5oi. Mkmiaelis le dit perdu. 
Muse (Thalie?) : Tofanelli, p. i39; Michaiîi.is, p. 37: palais des conservateurs, 
escalier. Fortune, salon, n. 23? Le groupe ne représente pas Agrippine et 
Néron; au temps de Fi:a, p. 202, il était dans la salle des Colombes; actuelle- 
ment, galerie, n. 56. Cf. Tof ankllt, p. 4î>. La translation était faite alors. Fleuve, 
peut-être sur le sarcophage représentant la naissance de Bacchus, galerie, 
n. 46. Bustes de Claude, salle des Empereurs, n. 12? d'Antoine, galerie, n. 2O; 
de Faustine, salle des Empereurs, n. 30 ou 3o; de Tibère, galerie, n. 24; 
Alexandre, salle du Gladiateur, n. 3. Polyphème, portique, n. 35. Vieille 



FORMATION DES MUSÉES. 2o3 

à leurs collèg-ues, ils exigèrent deux statues au lieu d'une 
(29 mars-27 septembre i568*). 

Mis en g-oût néanmoins, le cardinal proposa l'année suivante 
de céder, contre trois statues de femme, de g-randeur naturelle, 
assises et vêtues, qu'il voulait placer dans son jardin, quelques 
statues plus grandes que nature dont le directeur des travaux — 
ce devait être Boccapaduli — affirmait avoir besoin pour rorn?" 
mentation des palais. Le cardinal Giovanni Ricci de Montepul- 
ciano profita de l'occasion pour demander un échange analogue, 
car il édifiait à ce moment la villa qui, achetée par le cardinal 
Alessandro de Medicis, prit le nom de villa Médicis, et il recher- 
chait de petites statues. Le 28 juillet iSôç, les deux demandes 
furent examinées et approuvées par le conseil public*. 

En cette même année i569, le peuple romain ou plutôt son 
conseil fit l'acquisition d'une statue d'Hercule appartenant à 
Francesco Ronciono; ce fut Boccapaduli qui dirigea la négocia- 
tion ^ Lorenzo Astalli lui céda une plaque de marbre sur laquelle 
étaient gravées plusieurs inscriptions*. Malgré l'extrême dé- 
tresse du trésor public, le conseil ne se lassait pas d'envoyer des 
commissaires pour examiner attentivement tous les objets qu'on 
lui offrait d'acheter^. En 1671, il avait fait l'acquisition d'une 
statue de marbre qu'on croyait représenter le mont Aventin^. En 
même temps il recevait du Chapitre du Latran une table d'airain 
et un coq également d'airain et, en retour, il lui votait un pré- 
sent, que le Chapitre avait d'ailleurs quelque peu sollicité^. La 
statue d'Hadrien sacrifiant fut achetée vers cette époque s. 

Le Saint-Siège continuait, soit par générosité, soit pour les 
motifs qu'on a dits, à enrichir le musée; Grégoire XIII lui fit 

femme, salon, n. 22. Jeune fille, salle du Gladiateur, n. 9. Bacchus et Apollon ; 
MoNTAGNANi, I, pi. XX, XLVIII. Le Bacchus fut donné au temps de Sixte- 
Quint; RiGHETTi, I, pi. LXIX. La Pudicité, salon, n. i5. Cf. Helbig, I, 409, 5o8, 
526, 53i. — I. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 77, 91. Le Tibère 
est actuellement dans la cour, n. 17. — 2. La demande fut rapportée au conseil 
secret du 19 juillet ût acceptée, « attendu que les statues données par le 
peuple étaient petites et les statues offertes grandes et plus en rapport avec 
la décoration à laquelle on voulait les faire servir. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, 
vol. 38, fol. 107, i3i. Le texte ne dit pas quelles furent les statues échangées. 

— 3..IbU., vol. 38, fol. 107. Peut-être Helbig, I, 588. — 4. Itid., vol. 3ii, fol. 176. 

— 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. I,vol. 38, fol. 537. — 6. Conseil du 18 novem- 
bre 1570. Archiv. Stor. Capit., Cred. L vol. 38, fol. 342, 344. L'archevêque cardi- 
nal Massimi fit payer mille ducats cette statue trouvée sur l'Aventin. Il s'agit 
d'une représentation d'Hercule enfant (Helbig, I, 514; Forcella, I, n. 92); 
salon, n. 3. Autre Hercule enfant, galerie, n. 5i. — 7. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 27, fol. 16. Tofanelli, p. 39. La Frise navale, venant d'un temple 
de Neptune qui décorait auparavant l'église Saint-Laurent-hors-les-mtirs, entra 
au Musée vers cette époque; salle des Philosophes, n. 99-101. — 8. Micuaelis, 
p. 47. Portique, n. 36; trouvée près de S. Stefano Rotondo. 



2o4 LE CAPITOLE ROMAIN. 

donner la précieuse inscription contenant la Lex Regia qui avait 
servi jadis d'arg-ument et de texte à Cola di Rienzo pour montrer 
au peuple romain sa g-randeur passée et sa déchéance, et qui se 
trouvait encore dans le Latran à la place qu'elle occupait au 
temps du tribun* (1576). *- 



CLASSEMENT DES COLLECTIONS . • 

On commença, vers la fin du xvr siècle, à mettre un peu 
d'ordre dans la masse des antiquités qui, depuis un siècle, s'en- 
tassaient au Capitole ; les bronzes furent réunis, à ce qu'il semble, 
dans une même salle*. La statue d'Hercule reçut un piédestal 
plus approprié que celui sur lequel on l'avait placée auparavant 
(1.578)^. 11 en fut de même pour la Louve en i586*. Les P'astes 
que le cardinal Farnèse avait offerts nag-uère au Capitole furent 
ég-alement placés de façon plus convenable (i588)^. 

Sixte-Quint g-ratifia le musée de deux des colonnes antiques 
qui avaient appartenu au vieux palais du Latran; il lui donna 
aussi « la boule de métal qui se trouvait au-dessus de l'aigle du 
Vatican ♦* ». Parfois le musée recevait des leg-s. L'évêque d'A- 
quino, Adriano Fusconi, mort en 1679, avait lég-ué toute sa collec- 
tion d'antiquités, qui était fort belle, au peuple romain, mais 
dans l'éventualité seulement où ses héritiers ne s'entendraient 
pas pour la conserver entière dans sa maison'. L'inventaire qu'on 
en fit, en i5q3, en montra toute la valeur^, il s'y trouvait des 
statues de g-rande beauté, une Diane vêtue avec son chien, un 
Alexandre nu, de grandeur naturelle, un Adonis, un Marc-Aurèle, 

I. FoRCELLA, I, n. 72. Salle du Faune. Cf. Laxciani, Scavi, II, 85. — 2. Dans 
l'inscription (Forcella, I, n. 70), on lit : . COACTIS IN VNVM AENEIS 
MONVMENTIS. » Cette inscription date du pontificat de Grég-oire XIII. 
— 3. Nicolas Audebert d'Orléans, qui voyagea en Italie de 1574 à 1578, écrit 
dans une lettre qui se trouve à la fin de son itinéraire : « L'Hercule est encore 
là par terre couché jusqu'à ce qu'une salle soit achevée au bout de laquelle 
l'on le mettra. » Sur Audebert, voir P. de Nolhac, La Bibl. de Ftdvio Orsini, 
Paris, U>)7, p. 66, et Revue Archéologique; E. Muntz a pubiij la partie du 
voyage relative à Rome dans les Antiquités de la Ville de Rome, 1886, 
p. 72-128. Le ms. se trouve au British Muséum (Lansdowne, ms. 720). L'ancien 
piédestal servit à supporter le buste dit de Virgile, alors dans la même salle, 
maintenant salle des Philosophes, n. i. Venuti, II, 294. —4. Inscription sur le 
socle. Forcella, I, n. 87. — 5. Forcella, I, n. 878. — 6. Archiv. di Slato, 
Mand. Camcr., an. i5!;7-i589, fol. i u. Les colonnes servirent plus tard à orner 
la fenêtre centrale de la galerie. N'eniti, p. .n)5. — 7. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, v. 29, f. 45, 47. Le texte du testament se trouve dans VArch. Capit. , 
Atti Not. Originali, v. 77, f. 471. — 8. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 3o, 
fol. io5. 



CLASSEMENT DES CULLKCTIONS. ao5 

des bustes d'empereurs romains en grand nombre, des fotsde 
colonne. Ce fut en vain toutefois que le peuple chercha A entrer 
en possession de celle collection; lorsque mourut le dernier 
héritier direct de l'évèque, la marquise Francesca Pigrhini, 
l'affaire était encore en litige, bien que le conseil l'eût portùe 
devant toutes les juridictions et se fût même adressé au tribunal 
de la Rota {1764). 11 fut alors décidé que !e peuple ferait un^ 



Fig. 43. — Marforio (avan' 

renonciation complète de tous ses droits afin d'épargner au trésor 
communal de nouveaux frais'. 

lin i58[, le conseil traita de l'acquisition de plusieurs statues 
et objets antiques non décrits dans les procès-verbaux'; en 
i5H3, on acheta deux statues de marbre plus grandes que nature, 
• avec leurs têtes entières et bien conservées' ». Elles étaient 

[. Archiv. Stor. Capil-, Cred. VI, vol. 104, fol.O; Crcd. V(l, vol. 69. f- Sliû; 
dans la séance du 7 auùt 176S, l'avocat du peuple romain fui chargé de Taïrc 
celte renonciation. — 2. L.asc[ani, Scivi, 11, 89.-3. Séance du B mars iSaî. 
Arch. Stor. Capit., Crcd. \'I, vol: 61, fol. 17. et Cred. I, vot. 38, fol. i5i> Il 
s'agit des statues de Trajan et d'Antonin le Pieus. Forcella, I, n. ~- Trajan, 
salon, n. 91 Antonin, itU., n. 25. Tovasellc, p.as, !!U. 



2o6 LE CAPITOLE ROMAIN. 

destinées à l'ornementation du palais, car, en même temps qu'on 
s'occupait d'accroître les collections capitolines, on s'efforçait de 
parachever la réalisation du plan proposé par Michel-Ange. Sans 
cesse, le conseil s'occupait de nouveaux achats*. En 1090, on 
plaça dans la cour du palais un beau sarcophag'e trouvé peu au- 
paravant dans le Monte del Grano*, et sur le couvercle duquel 
on crut reconnaître les effigies de l'empereur Alexandre-Sévère 
et de sa mère Julia Mamea^. Ce fut en 1692 que fut acquis le 
buste fameux de Scipion, et en 1594 que la statue de Marforio, 
qui avait joué un rôle si considérable par ses répliques à Pasquin 
durant les siècles passés, fut transportée au Capitole et placée 
dans la cour du palais. Elle était destinée à orner la fontaine de 
la place Navona et on l'y amenait quand elle fut réclamée par le 
conseil communal « pour servir de fleuve au-dessus de la fon- 
taine de la place* ». La niche dans laquelle on la plaça fut con- 
struite sur le dessin de Giacomo délia Porta: elle coûta i5o écus. 
Ce fut Rescapé, comme il a été dit, qui répara la statue^. La 
tête colossale de bronze fut enlevée de la place qu'elle occupait 
sous le portique et rangée parmi les antiquités qui se trouvaient 
dans la cour du palais®. Un buste, que l'on supposa être celui du 
préteur L. Cornélius, fut légué vers ce temps au Capitole par 
Fulvio Orsini, ainsi qu'une table d'airain ; on venait de les dé- 
couvrir près de Tivoli. Cependant ni l'un ni l'autre ne figure 

I. Séance du 17 juin i583. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 28, fol. 171. — 
2. Le Monte del graiio est un tumulus situé dans la campagne de Rome, entre 
la l'ia Latina et la Via Laticana. On en cultivait les pentes d'où son nom. Des 
fouilles y furent faites à cette époque. Nibby, Dintorni di Rotna^ Rome, 1837, 
II, 3-14. — 3. FoRCELLA, I, n. 91. Ce sarcophage contenait un vase de verre, orné 
de dessins et irisé, qui devint la propriété de la famille Barberini, puis passa 
entre les mains du duc de Portland et appartient maintenant au British Muséum. 
Mémoire de R. Venuti, Spiegazione de bassirilievi delV Urna detta d'Aïessandro 
Severo nel Miiseo Capitolino, Rome, 1756, adressé à la duchesse de Choiseul, 
alors ambassadrice à Rome. Cf. F. Ficoroxi, Le Vestigie e Rarità di Roma 
anlica, Rome, 1744, p. 169. Tofanelli, p. 28, et Piranesi, Antiq. di Roma, II, 
tav. XXX. Les scènes représentent la vie d'Achille (Helbig, I, 424); salle dite 
du Sarcophage. — 4. Comme il a été dit précédemment, ce fut une autre statue 
qu'on plaça sur la fontaine. Elle servit plus tard, en 1734, à orner la fontaine 
qui se trouve dans la cour intérieure du deuxième palais des conservateurs. 
\'oir ce que dit Evelyn cité plus loin, p. 2o£i, note 6, et Helbig, I, n' 401. Michae- 
Lis, p. 5o. Cette statue représentait, à ce qu'on peut croire, le Rhin sous les 
traits de Jupiter; elle aurait été exécutée au temps de Dioclétien. Burckhardt, 
Le Cicérone, Art ancien, p. 72. Reproduction de cette statue avant sa restau- 
ration, BoissARD, I, pi. 4, 3; après sa restauration. De Cavalleriis, pi. 94; De 
Rossi, Raccolta di statue, pi. 26, etc. Sur son histoire, Cancellieri, Notizia 
délie due faniose statue di un fiume e di Patroclo dette volgaramente di Marforio 
c di Pasquino, Rome, 1789, et Carcere Tulliano du même. Scipion (Helbig, I, 
484), salle des Philosophes, n. 49. — 5. Arch. Cap., Atti Orig. Not. Arconio, 
vol. 12, fol.3o, II fév. 1594. Cf. Archiv. Stor. Capit., Cred. IV, vol. 104, fol. 11. '-• 
6. Michaelis, p. 5o. Voir p. 182 et 194. 



CLASSEMENT DES COLLECTIONS. 207 

aujourd'hui parmi la collection; ils furent soustraits au siècle 
suivant; la table passa entre les mains des Barberini et ils la 
possédèrent jusqu'en 1799; depuis elle a disparu; pour le buste, 
il fut acheté vers 1710 par l'architecte ang-lais Kent pour compte 
de Thomas Coke qui le plaça dans sa résidence de Holkham Hall 
d'où il a également disparu*. Le bas-relief supposé représenter 
Marc-Aurèle que l'on joignit aux trois autres entra au Capitole 
vers 1590*. 

Cependant les salles du palais des conservateurs s'emplissaient 
de statues le plus souvent en fort mauvaise condition ; aussi fut- 
il décidé, vers cette époque, qu'il en serait entrepris une restau- 
ration générale. On commença par restaurer les deux groupes de 
Castor et Pollux; un sculpteur milanais, Antonio Peracca et 
Giovanni Antonio Valsoldi furent chargés de ce travail conjoin- 
tement avec le sculpteur Alessandro Rondino de Côme ; il leur 
fut payé quatre cent cinquante écus par groupe avec engagement 
d'avoir terminé dans le cours de l'année 1594 3. On s'occupa 
ensuite du lion qui était placé jadis au haut de l'escalier d'accès 
du Capitole et servait aux exécutions; il se trouvait alors dans la 
cour du palais ; Ruggiero Bescapé de Milan eut mission de le 
restaurer; on donna ensuite (i5g5) au môme sculpteur à réparer 
la statue de marbre de Constantin, à faire un buste à la tête 
colossale de bronze, dite alors de Trajan (Néron jeune) et à y 
ajouter le sommet du crâne et les cheveux; le poids du métal 
que l'artiste devait employer pour la compléter ne devait pas être 
inférieur à dix-sept cents livres. Bescapé eut aussi à réparer les 
quatre bas-reliefs représentant l'histoire de Marc-Aurèle ; pour 
quelques-uns de ces travaux, Vincenzo Topi de Montepulciano 
lui fut adjoint. En 1600, il était mort sans avoir achevé la restau- 
ration du colosse de Trajan. Domcnico di Bartolommeo de Lupis 
lui succéda, puis un certain maestro Filippo, qui était sans doute 
Filippo Casella, enregistré vers cette époque au nombre des 
maîtres de l'art des tailleurs et sculpteurs de pierre *. 

Filippo resta longtemps le restaurateur attitré des antiquités 
appartenant au peuple romain et il restaura beaucoup; les paye- 

I. MiCHAELis, p. 5o; Gallaeus, Illustrium imagines, tab. 48; Miciiaelis, Ane. 
Marbles in great Britain. On remplaça le buste par un autre que l'on qualifia 
du même nom. Tofanelli, p. i5i. Il a aussi disparu. — 2. Vacca, n. 28; Michae- 
Lis, p. 46; Helbig, I, 547. Il provenait de la place Sciarra. —3. « Ascanitis Btita- 
lus, Johannes Franchinus et Marais Antoniiis Coronatus Conservatores nomine 
Ro. Populi... concessenint Magistro Johanni Antonio Peraccha sculptori Me- 
diolanensi in Urbe ad perficiendum et ad delntum finem terminandum Gigan- 
tem marmoreiim magnum ». Helbig, I, 538; Archiv. Capit.y Atti orig. del Not. 
Arconio, vol. 12, fol. 179. Cf. Archiv. Stor. Capit., Cred. IV, vol. 104, fol, 16. 
— 4. A. B RTOLOTTi, Artisti Lombardi a Roma, Milan, 1881, II, 3o> 



2o8 LE CAPITULE ROMAIN. 

ments, variant de dix à quarante écus, se succèdent d'année en 
année, mais l'objet du travail est rarement spécifié. En i6i3, le 
i5 décembre, il reçoit douze écus pour des réparations faites 
« aux deux chevaux et aux g-éants de marbre qui sont en haut du 
g-rand escalier du Capitole et qui menacent ruine * » ; puis presque 
aussitôt deux fois cinquante écus pour le même travail *. Malgré 
ces dépenses réitérées, le conseil s'apfjliquait à acheter « les 
monuments de l'antiquité de nature à commémorer la g-randeur 
de la cité' ». 

Que si la richesse du musée capitolin s'accroissait ainsi sans 
cesse, la confusion y devenait de plus en plus g-rande ; c'était, et 
ce fut long-temps *, un assemblage d'objets les plus divers entassés 
sans aucune méthode. Le désordre était si grand au commence- 
ment du xvii* siècle, que les conservateurs et le prieur des capo- 
r/owf reçurent mission d'opérer un classement; en récompense 
de leurs peines, on leur promettait l'autorisation de faire inscrire 
leurs noms sur les socles de tous les objets qu'ils rangeraient, - 
malgré les prescriptions contraires ^. 

Le conseil s'occupait aussi de la décoration des salles ; en 1624, 
il vota une somme de huit cents écus pour tapisser de soie et 
de damas la salle dite de l'Hercule. L'achat du buste de Cicéron 
est antérieur à l'année i635<^. 

En l'année i65i, le musée fut bouleversé; des statues qui se 
trouvaient au rez-de-chausséé furent portées au premier ; d'autres, 
placées dans la chapelle ou reléguées dans l'Archivio ; chaque 
déplacement coûtait de un à deux écus ; Gio. Batta Torrone, 

I. Archiv. Stor. Capit., Gred. VI, vol. 61, fol. 23o. — 2. Ibid., fol. 282, 284. — 
3. Séance du conseil communal du 4 novembre 1 596. Ce fut vers cette époque, 
sans doute, qu'entra au Capitole le bel autel circulaire qui supporte la statue 
d'Esculape; salon, n. 5. L'un et l'autre venant d'Anzio. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 3o, fol. 126. — 4. De Brosses, Lettres familières, 173Q-1740, II, 207, 
dit : « L'intérieur de ces trois palais, surtout celui de l'aile gauche, est rempli 
d'une immensité de statues antiques et d'inscriptions qu'on y amoncelle, de 
temps à autre, à mesure que l'occasion s'en présente. Tout cela est répandu 
sans ordre, dans les cours des ailes, sous les portiques, sur les escaliers, dans 
les appartements.... On parait dans le dessein d'y travailler bientôt. » Voir 
p. 178, note I. — 5. Séance du conseil communal du 28 juin 1614. Archiv. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 32, fol. 67. — 6. De ornanda caméra Herculis. Archiv. 
Stor. Capit., Cred. I, vol. 32, fol. 202; Miciiaelis, p. 52. Le voyageur anglais 
John Evelyn donne une description de la collection capitoline en l'année 1644 
(EvELYN, Diary, dans Memoirs and Correspondence of John Evelyn, Londres, 
1827, t. I, p. 161). Il cite la statue de Marforio qui, dit-il, jette de leau dans une 
vasque, la tête colossale de Commode fixée au mur, la colonne rostrale de 
Duillius, dans une petite cour la statue de Constantin, sur une fontaine une 
tête de Minerve (la tête colossale dont il a été parlé), le mausolée d'Alexandre 
et de Mamea, le groupe du lion et du cheval et les fresques de Laureti et du 
chev. d'Arpin. Buste de Cicéron (Forcella, I, n. 28 IIelbig, I, 493), salle des 
Philosophes, n, 75. 



CLASSEMENT DES COLLECTIONS. 209 

capo mastro du peuple romain, reçut en tout cent vingt-six écus, 
ce -qui montre l'importance du remaniement K C'est ce même 
Torrone qui, en i653, transporta les deux statues des Constan- 
tins, de la place qu'elles occupaient depuis un siècle sur les 
deg-rés menant à l'ég-lise S. Maria Aracœli, à celle où elles se 
trouvent actuellement, à droite et à g-auche des Dioscures. C'ette 
opération lui fut payée vingt-huit écus*. En 1662, le pape Alexan- 
dre VII lit don au Capitole de deux des bas-reliefs arrachés à 
l'arc di Portogallo qui se trouvait au coin du Corso et de la via 
in Lucina et qu'il venait de faire abattre', et, en i663, il donna 
un pied de bronze provenant de la pyramide de Cestius*. En 
1673, il fut dépensé 4 écus 5o pour porter la tête de Domitien 
dans la cour et réparer le socle de marbre sur lequel elle se 
trouvait^. En 1692, on décida de mettre en état la statue qui 
surmontait la fontaine; elle avait grand besoin, à ce qu'il 
semble, d'une restauration; on lui refit la tête, le cou, le bras 
gauche, les épaules, le torse et une partie des hanches. Cepen- 
dant l'entrepreneur n'eut qu'un écu pour la main-d'œuvre et un 
écu pour le marbre ^. Une fouille pratiquée vers ce temps sur la 
place di Pietra découvrit quatre piédestaux ornés de figures de 
province dont deux furent attribués au palais Chigi et deux au 
Capitole ; l'un fut placé dans la cour du palais des conservateurs 
oi^i il servit de support à la tête dite de Domitien (1672), l'autre 
fut placé dans le nouveau palais à côté de deux piédestaux 
chrétiens ^ 

Somme toute, le xvii* siècle fut moins fructueux pour le musée 
que le siècle précédent, car les papes qui régnèrent alors avaient 
des neveux grands amateurs de beaux-arts, les Barberini, les 
Pamfili, les Borghese, les Ludovisi, auxquels allaient de préfé- 
rence leurs largesses. 

I. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. I, fol. 4O. Le Tireur d'épine reçut 
un nouveau socle en 1609, de même que les fragments du colosse dit d'Apollon 
en i635 et l'urne d'Agrippine vers le même temps; les fragments du colosse 
furent déplacés, il semble, l'année suivante, ainsi que le dieu Pan; trois sta- 
tues assises et les muses Thalie et Uranie en 16,39; le Camille en 1641; une 
statue de Marius en i653. Forcella, I, n. m, 127, i3o, i3i, i32, i35, i30, 
140, i5i. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. i, fol. i38. — 3. Lanciaxi, 
Destruction of Rome, p. 256; Michaelis, p. 53; Righetti, vol. I, pi. 169 et 170; 
Helbig, I, 549. Ces bas-reliefs représentent l'apothéose d'une impératrice et un 
empereur (Hadrien) proclamant un décret. Sur la dénomination de l'arc, Por- 
togallo, voir Adinolfi, Roma nelV Età di viezzo, II, 72, et Nibby, Roma Antica, 
1,471. Une inscription rappela ce don. Forcella, I, n. 181. — 4. Michaelis, 
p. 53; ToFANELLi, p. 41. Cf. Helbig, I, 614, qui peut-être confond ce pied avec 
celui mentionné p. icj/iy. — 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 4, fol. 248. — 
6. Itid., Cred. VI, vol. 8, fol. 221. — 7. Michaelis, p. 54; Helbig, I, 537; 
Forcella, I, n. 167; Tofanelli, p. 14, i38. 

14 



210 LE CAPITOLE ROMAIN. 



1 



LE NOUVEAU MUSÉE DIT MUSÉE DU CAPITULE 



/ 



Au milieu du xvii* siècle, l'encombrement était devenu tel dans 
les salles du musée du palais des consen^ateurs, que l'on dut 
song-er à transporter ailleurs une partie des objets qu'elles ren- 
fermaient; le nouveau palais, situé en face, venait d'être achevé; 
il servit à cette fin. Toutefois la translation se fit sans méthode 
et très lentement*; en 1704, on y travaillait encore, mais avec si 
peu d'ardeur que les frais ne s'élevèrent qu'à dix-sept écus pour 
toute l'année*. Par économie, les bustes étaient placés sur des 
socles de bois'. D'ailleurs l'état des finances municipales était 
tel que les achats furent complètement interrompus à cette épo- 
que et qu'on se borna à faire réparer les statues dont beaucoup 
étaient en fort mauvaise condition. En 1707, on restaura l'Her- 
cule*. En 170B, on refit un doig-.t à l'une des deux statues de 
fleuve placées au pied du g-rand escalier du palais sénatorial, il 
en coûta 2 écus 5o ; on lui refit aussi le nez, moyennant un écu 
et la plante des pieds moyennant 2 écus 70^ : en 171 1, on rétablit 
un doig't qui manquait à la statue de Rome et on lui remit en 
main le bâton de commandement qui branlait «; en 171,3, on plaça 
les Fastes consulaires dans une des salles du palais ^ En 170.5, le 
pape Ulément XI fit présent au musée de deux bustes de Scipion 
et d'un buste d'« Ulpien Trajan, consul », et en 1714, il lui céda 
cinq statues antiques découvertes dans les jardins de Leone 

I. Il fut dressj, en 1671, un premier inventaire des statues que contenait le 
nouveau musée. Archiv. Stor. Capit , Crcd. IV, vol. ()(.), fol. 45 et suiv. — 
2. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 9, fol. 349. La statue de la Pudicité et 
la Junon Sospita furent placées dans l'escalier en iCxkj (Forcella, I, n. 176); 
actuellement, salon, n. i5; l'Abondance et l'Immortalité au rez-de-chaussé», 
portique, n. 3o, 3i, en lO'Ji (I'\)rcella, n. 171;); Jupiter et Hadrien dans le por- 
tique, n. 3), 41, en 16B7 (Forcklla, n. 182); Bacchus et Apollon dans la galerie, 
n. 3!), en 1717 (Forceli.a, n. 21H, 219). Le Polyphème, portique, n. 35; l'Esculape 
de marbre noir, salon, n. 5; Marcello ou l'Auguste assis, salle des Philosophes, 
n. 98; la N'ieille, salon, n. 22; la statue de Marius, sont désignés comme se trou- 
vant dans le nouveau palais, par Rossini (i(x)3), Pixarolo (i7o3), Keyssler 
(1730), MicHAELis, n. 2o5. —3. Archiv. Stor. Capit., ut supra. — 4. Forcella, 
I, n. 207. — 5. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I\', vol. 12, fol. 418. — ô. Ibi.i.., 
Cred. VI, vol. i5, fol. 140. — 7. Séance du conseil du 28 septembre 1713. Conto 
di M. Andréa Mai^a^i rnnralore fer mettere in opéra la lapide dei Fasli Conso- 
la ri nella seconda stanza verso Monte Tarpejo con ordine dei Conservalori. Per 
avère preso delta lapide che era nel cortile dei Palazzo e portata di sopra con 
Otto uomini. Le total de la dépense, approuvée par le nouvel architecte du 
peuple, Alessandro Specchi, s'éleva à 4 écus 77. (Archiv. Stor. Capit., Crcd. VI, 
vol. 14, fol. 148). Le Faune venait du Mont Avcntin (Toi-anelli, p. 52); galerie, 
n. 12. 



LE NOUVEAU MUSÉE. 211 

Verospi Vitelleschi près de la porte Salara ». Il donna également 
les deux Barbares en marbre gris, un buste de Marc-Aurèle et 
un bas-relief représentant Hndymion au repos*. Le « Bec de 
poisson » destiné à t montrer les merveilles de l'Océan » fut 
légué au musée en i733'. 

Benoît XIII se montra plus généreux encore que ses prédéces- 
seurs ; ayant appris que les chartreux du monastère de S. Maria 
degli Angeli possédaient deux oies de métal et une statue d'Isis 
haute d'une palme et demie (87 cent.), que Ton disait curieuse 
par les hiéroglyphes dont elle était couverte et qui était montée 
sur un socle d'albâtre antique, il l'acheta pour en faire présent 
aux conservateurs (1727)*. Cette même année, on retira d'une 
cour où elles demeuraient ignorées deux colonnes grecques, 
présent du cardinal Albani, et on les plaça dans la salle des 
capitani^. Le prétendu sarcophage d'Alexandre-Sévère fut trans- 
porté dans le nouveau palais, où l'on porta également deux 
statues égyptiennes dont l'une, en granit noir, représente la mère 
de Ramsès III (Sésostris) ^; le musée s'enrichit également à cette 
époque d'un buste de Socrate, d'une Diane, d'une Bacchante et 
d'une statue de Junon que l'on croyait être alors la statue d'une 
Amazone ; elle venait de la demeure des Sesi où elle occupait 
une place d'honneur'. 



I. Séances du conseil communal du 29 novembre et du 10 décembre 1714, où 
fut accepté le don et nommé un « surintendant au transport, à la réparation et 
à l'installation desdites statues » qui furent placées dans le nouveau palais. 
Arclîiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 57, fol. 24[ ; Michaelis, Coll. Capit., p. 57. Il 
s'agit, d'après le texte même de la donation, de statues « en pierre dure éjjyp- 
tienne » trouvées dans les jardins de Verospi, près de la porte Salara. C'étaient 
quatre Isis et un prêtre ég"yptien en granit rouge oriental. Montagnani, pi. CV, 
CVI, CVII, CVIII, CX; ToFANEi.Lr, p. 16 et i J7; N'enuti, I, 20; cour du palais 
des conservateurs et portique, en leur temps. Elles furent transportées au 
Vatican en iîi3<), comme il a été dit. Pour les bustes, voir Forcella, I, n. :cc ; 
Michaelis, note 187. Trajan, salle d'audience; Tofaxelli, p. 140. Scipion, iiHJ. 
—- 2. Les Deux Barbares, cour du palais des conservateurs; Endymion, salle 
des Empereurs, n. 92. Cf. Helbig, I, 462, 539. Le buste de Marc-Aurèle fut 
trouvé, avec quatre autres, dans les jardins de la villa supposée d'Antonin le 
Pieux U70O; galerie, n. 63. Michaelis, p. 56. — 3. Forcella, I, n. i25; Tofa- 
xelli, p. 148. Salle de la Louve. — 4. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 57, 
fol. 176, à la date du 3<j août 1727. Forcella, I, n. 223 ; Ficoroni, 1,48. Michaelis, 
p. 58, donne une provenance dilïérente. Actuellement salle des Oies. Les oies, 
qui sont réellement des canards, donnèrent leur nom à la salle où on les plaça 
(salle d'audience). Laxciani, -Scmi'ï, p. 77; Michaelis, p. 58; Tofaxelli, p. 148. 
— 5. Les capitaines du peuple ou des appels étaient des juges de ressort dont 
les statuts de i58o, liv. I, art. 5, déterminent les prérogatives, mais qui exis- 
taient auparavant. Inscription rappelant cette translation: Forcella, I, n. 224. 
Cf. note 6, p. 204. — 6. Cette statue Lut portée, avec les autres statues égyp- 
tiennes, au Vatican, .Musce égyptien, salle II, en 18.8. — 7. Michaelis, C/»//. 
Capit., p. 57. Socrate (IIelbig, Ï, 464; Fea, p. 15*;), salle des Philosophes, n. 4-6; 



212 LE CAPITULE ROMAIN. 

Malgré ces accroissements, le nouveau musée restait encore 
très pauvre ; son véritable créateur fut le pape Clément XII qui 
lui fit don d'une partie de la belle collection d'antiquités réunies 
par le cardinal Alessandro Albani et trouvées pour la plupart 
dans les ruines d'Anzio (i5 décembre 1733)*. Elle fut payée R 

soixante mille écus*. Le fond en était formé par cette série de 
bustes d'empereurs qui est une des curiosités du musée. On y 
remarquait les bustes de Poppée, de Vitellius, de Vespasien 
(buste revêtu à « l'héroïque » d'albâtre d'Orient), buste de Tibère, 
de Caracalla, de Calig-ula (d'un seul morceau de basalte), buste 
d'une femme inconnue, du dieu Pan, de Julia, femme de Septime- 
Sévère, avec la coiffure orientale, buste de Domitius TEnobarbus, 
du philosophe Diogène, d'Hadrien, de Septime-Sévère, de 
Faustine la Jeune, de Lucius Verus, d'Antonin le Pieux, de 
Marc-Aurèle, noté comme une œuvre hors lig'ne, autre buste 
d'Hadrien avec masque d'albâtre transparent, le cou restauré, 
buste de Sabine, deux autres bustes d'Hadrien, buste de Marc- 
Aurèle, de Septime-Sévère, de Commode enfant, deux autres 
bustes de Marc-Aurèle, d'Aug-uste, de Quintus Erennius, de Julia 
Mesa, de Faustine l'Aînée, d'Hercule enfant; en outre, deux 
statuettes de Diane et des bustes de philosophes, Sénèque, Pla- 
ton, Épicure, Ammon, des poètes, Euripide, Pindare, Sapho, et 
quantité d'autres encore. Le musée capitolin reçut encore, soit 
directement soit indirectement, les objets suivants provenant de 
la collection du cardinal Albani : un buste d'Homère, deux 
Apollon, un Chasseur (Polytime, 1747), une Minerve, une Diane," 
un Putcal sur lequel était représenté le cortèg-e des dieux, le 
buste de Théon de Smyrne, de Pitoride, un bas-relief, Pan et les 
Nymphes, Esculape, une statue de Jupiter, Hadrien sous les 
traits de Mars, Lucilla, un Faune'. 

Diane, portique, n. 52; Bacchante, portique, n. 10; Junon (Righetti, pi. V; 
ToFAXELi.r, p. 100), salle du Gladiateur, n. 2. Helbk;, I, 5v32, y voit une Proser- 
pine. La Rome triomphante de la cour du palais des conservateurs vient égale- 
ment des jardins Cesi (1720) (Venuti, II, 291 ; Michaelis, p. 56). — i. Aussi ce 
musée porte-t-il parfois le nom de Clemcnlino. Sur les fouilles d'Anzio, voir 
Soi-FREDixi, Storij d'Anzio, p. 87. — 2. La minute de l'acte d'achat est à 
VAi-chiv. di Stato, Atti Galosius D. Segretario di Caméra, Prot. 918, fol. 
<>8o; elle contient l'énumération de tous les objets constituant la collection et 
qui s'élevaient au chiflre de 408. Relazione délie statue, busti, teste, bassori- 
lieri, erme, urne con bassorilievi, idoli egicii, vasi istoriati, leone e colonne 
spettanti alV Emo Card. Alessandro Albani, raccoUa in vero, copiosissima e 
singolarissima fatta con prodiga e scenziata mente dal detto cardinale. — 
3. Buste d'Homère, salle des Philosophes, n. 44. Apollon, salon, n. 3(>-3i. Chas- 
seur, ibid., n. 7 Minerve, ibid., n. 8. Diane, ibid., n. 26. Puteal, galerie, n. 3i. 
Théon, salle des Philosophes, n. 25. Pitoride, ibid., n. 65. Van, ibid., n. iio. 
]isculape, salon n. 5. Jupiter, ibid., n. i. Hadrien, ibid. y n. i3. Lucilla, salon, 



LE NOUVEAU MUSÉE. 2i3 

Clément XII dota ég-alement la collection capitoiine de l'Her- 
cule tuant l'Hydre, d'un Masque de Silène, de l'Antinous, d'une 
statue de Romain imberbe dite de Marins, d'une statue colossale 
de femme, d'un Marc-Aurèle, d'une muse Thalie, d'une statuette 
de Mars, d'un Enfant pressant contre soi un oiseau, d'un Prison- 
nier dace (partie inférieure), d'une Diane, d'un Niobidc, d'une 
statue d'Auguste * et du Gladiateur mourant qui se trouvait dans 
les jardins de la villa Ludovisi et qu'il acheta pour l'offrir au 
Capitole ; le bras droit avait été réparé au xvi* siècle -. 

Le transport de tous ces objets fut à la charge de la commune^. 
Il commença dans les premiers jours de l'année 1734*. Le nou- 
veau musée, définitivement constitué par cette adjonction, fut 
inauguré dans l'année. 

Clément XII acheta en outre, pour l'offrir au musée, une col- 
lection de plus de cinq cents inscriptions antiques ayant appartenu 
à Ficoroni et qu'il paya quatre cents écus ». 

n. II. Faune, galerie, n. 10. Cf. Helbig, I, 489, 480, 504, 5(.i6, 524. Le Musée du 
Louvre possède un sarcophage des Muses venant de la collection du cardinal 
Albani et ayant passé par le Capitole. Le Faune jouant de la flûte avec un tau- 
reau é. ses pieds fut découvert sur l'Aventin, en 1749, avec un autre Faune 
(Ficoroni, dans Fea, Miscellanea^ I, p. CLXIV, n' 94). — i. Hercule, portique, 
n. 38. Masque de Silène, salle du Faune, n. 8. Antinous, salle du Gladiateur, 
n. 12. Statue dite de Marius (Forcella, I, n. i5i), salon, n. 14. Statue colossale 
de femme, ibid., n. 24. Marc-Aiirèle, itiJ., n. 32. Muse (Thalie), ibU., n. 35. 
Mars, salle du Faune, n. 12. Enfant à l'oiseau, salle du Gladiateur, n. 9. Pri- 
sonnier dace, portique, n. 21. Diane, ibiJ., 52. Niobide, galerie, n. 48; cf. 
R|GHETTi, p. 76; IIelbic, I, 444. Auguste, salon, n. lo. Pour les autres, Helbig, 
I, 406, 519, 524. Le Gladiateur, ainsi que le Tireur d'épine, l'Antinoïis, Zenon, 
l'Amour et Psyché, le buste de Brutus, dont il a été parlé, furent envoyés à 
Paris par les soins de Bonaparte. La salle du Gladiateur portait, au temps de 
Tofanelli, le nom de Salle des Monuments recouvrés. Un certain nombre d'ob- 
jets : Sarcophage représentant des Tritons, sarcophage des Muses, une Hygic, 
sont demeurés au Louvre. — 2. Righetti Pietro, Descriziotie del Campidoglio, 
I, i ; MoNTAGXANi, 11,72. PiNARoi.i, (iio. P., Trattato délia cose fi'', memorabili 
di Roma, Rome, 1724, t. II, p. 326, dit que la statue fut achetée au prince Livio 
Odescalchi, duc de Bracciano, en même temps qu'une statue d'Hercule. Helrig, 
I, 533. —3. Le détail de la dépense se trouve Bibl. Corsini, Cod. 41, 7, i, fol. 36. 
« Riêtretto délie spese fatte sotto Clémente XII per la collocazione délie statue 
comprate dal cardinale Alessandro Albani in Campidoglio.... Le total de la 
dépense atteignit io,335:o3 écus 1/2. Il est vrai qu'on profita de l'occasion 
pour faire quelques acquisitions nouvelles. « A padre Mansueto procuratore 
dei frati Carmelitani delta miova chiesa al Monte di Pietà per due statue e 
due busti di tnarmo antichi da collocare nella galleria e niiovo prospetto 
délia f on tana del nuovo palazzo, se. 80; a Filippo Barigioni per prezzo di 
una statua da collocarsi net medesif7io prospetto, se. 40; al Sig. \apoleoni 
scultore per restauri aile statue e prezzo di due busti antichi, loro trasporlo, 
se. 208 : 67 1/2. — 4. Diario di Francesco Valesio ; Archiv. Stor. Capit., Crcd. W\, 
vol. 19; Diari di Roma dal 1733 al 1736, fol. 67, dimanche 3 janvier 1734 : « In 
Ljuesti giorni si e dato principio al trasporto délie statue comprate dal papa al 
Card. Albani. » — 5. Inscription commémorant la générosité du pape; elle est 



ai4 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Si renrichissemcnt des deux musées capitolins était dû en 
prrande partie à la générosité des souverains" pontifes, en retour 
ils se prirent à considérer désormais les musées comme leur 
appartenant : dans leurs lettres, dans les actes émanés de la chancel- 
lerie pontificale, il est dit constamment, à partir de cette époque: 
t nos musées ». De fait, ils disposaient à leur g-ré des objets qui 
s*y trouvaient. Le v avril 1787, Clément XII ordonne qu'on 
transporte au portique du Latran, pour y remplacer sa propre 
statue envoyée à Ancône, la statue de l'un des fils de l'empereur 
Constantin'. Les Sforza-Cesarini donnèrent, en 1736, un bas-relief 
représentant un Archig-alle (g-rand -prêtre). La base carrée, sur 
laquelle sont représentés les travaux d'Hercule, fut apportée 
d'Albano en 1743, l'Harpocrate en 1744*. 

Benoit XIV fit placer au Capitole des mosaïques (1749)'* et des 
statues épryptiennes qui venaient de la villa d'Hadrien (1748) *: il 
lui donna ég-alement le fameux plan de Rome {Forma Urbis) 
alors en ving^t-six tables ». 

Les principales antiquités données par le pape Benoît XIV 
(1740-17.58) au musée du Capitole sont, outre celles qui viennent 
d'être désig-nées : un Enfant pressant une oie sur sa poitrine 
(1741); un buste d'Ag-rippa et une Prêtresse d'Isis (1743)^, le 
sarcophag-e des Amazones, une fig-ure de jeune fille, l'Isis (1744): 



placée dans la cour du nouveau palais ; Forcei.la, I, n. 234. D'autres inscriptions 
furent placées dans diverses salles du Capitole: Forcki.la, I, n. 233, 23i, 232. 
Ce Ficoroni est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Le Vestigia e Rarità di Roma 
anlica, Rome, 1744, dans lequel il est parlé assez longuement du Capitole, 
p. 42. — I. C\scELh\ERi, M erca ta e Lago, p. 245. Clément XII avait ordonné 
la reconstruction du môle. Cancellieri dit, par erreur, que c'était la statue 
de l'empereur. Cf. Novaes, XIII, 297. — 2. Archigalle, salle du Sarcophage, 
n. 3. Autel d'Hercule, salle du Canope, n. 44. Harpocrate, salon, n. 28. Cf. 
Heluig, I, 420, 425, 5o5; Tofanelli, p. iï5; Fea, p. i(>4; Righetti, I, 17, 62; 
II, 274, 275. — 3. J. A. Flrietti. De Musivis, Rome, 1752, p. 52. Entre 
autres, Hercule chez Omphale ; Helbig, I, 414. — 4. Forcella, I, n. 254. Ce 
sont les objets réunis dans la salle dite dd Canopo. Fea, p. içcv, Tofanelli, 
P- '9- — ''^- Le plan avait été trouvé deux cents ans auparavant derrière l'église 
S. Cosmo e Damiano. Inscription rappelant le don de ce plan. Forcblla, 
I, n. 243 Ns;d. 244, 25o. —6. Moxtagxani, p. 45. L'inscription suivante fut pla- 
cée sous le buste de Marco Agrippa : 

MVNIFICENTLV 

BENEUICTI XIV. 1>. O. M. 

ET DONO 

LACTANTII SERGARDI 

AB INTIMO EJVSI). PONT. CVBIC. 

A. 1). MIK CXLIIJ. 

Forcella, ï, n. 247. Cf. Bottari et Foggini, Il Miiseo capitolino, IV, 35. Salle 
des Philosophes, n. 16. Prêtresse d'Isis, salle du Gladiateur, n. i5. Enfant, 
salle du Faune, n. }(). 



LE NOUVEAU MUSÉE. 2i5 

autel dédié au dieu Jupiter Sol Serapis (1745), le Satyre en 
marbre rouj^e (1746); un groupe représentant un g'arçon et une 
fille se tenant enlacés, l'Amour et Psyché (1749); une Diane et un 
Jupiter (1750); la Vénus (1752); un groupe représentant un Ro- 
main et une Romaine en Alars et Vénus, une Amazone blessée, 
une statue d'éphèbe, le Mythe de Jupiter, une Psyché, une Femme 
portant un vase, une Amazone (i753); un Satyre au repos, la 
prétendue statue de Zenon; un Disque représentant la vie 
d'Achille; un Cadran solaire; Hécate à trois faces; la pierre 
tombale de Titus Statilius Aper ; un ^Masque de Pan*. La Vénus 
avait été trouvée près de l'ég-lise S. Vitale et achetée par le pape 
à la famille Stasi *. 

Le cardinal Pietro Ottoboni donna ou vendit plusieurs objets 
de prix aux musées capitolins, entre autres la Diane lucifera, la 
femme demi-nue connue sous le nom de Marciana, ou Plotina, 
ou Giulia', une Hyg-ia (déesse de la Santé)*; la Vieille Femme 
ivrog-ne qui embrasse une amphore a même provenance ^. En 
1760, le cardinal Spinelli envoya au pape le buste de Lucilla, 
femme de Lucius Verus, et celui-ci l'envoya à son tour à l'abbé 
Caccialupi, g-ouverneur des musées capitolins, afin qu'il le plaçât 
dans le musée nouveau^. 



I. Sarcophaofc des Amazones, salFe du Faune, n. j8. Isis, it>id., n. 14. Figure 
de jeune fille supposée Flora (villa d'Hadrien), salle du Gladiateur, n. 14. 
Groupe enlacé trouvé dans l'Aventin, cabinet de Vénus. Diane de neuf palmes 
de hauteur (i",75) trouvée cent ans auparavant près de la rue Barberina et 
placée, sur son ordre, dans la salle des Empereurs {Diario ciel Chracas, 10 jan- 
vier 1750 et 6 mai 1752); elle en a disparu. Peut-être dans le portique (Tofa- 
NELLi, p. i6). Jupiter, galerie, n. 26. La Vénus, cabinet de Vénus. Groupe de 
Mars et Vénus, salon, n. 34. Amazone blessée, ibid., n. 33. Ephèbe, itii., 
n. 21. Le Mythe de Jupiter, base, ibii., n. 3. Psyché, galerie, n. 20. Femme 
au vase, salle du Gladiateur, n. 6. Amazone, ibid., n. 4. La stèle de Jupiter 
sert de base au Faune. Satyre ou Faune au repos, salle du (iladiateur, n. 10. 
Zenon, ibid., n. 8, trouvé en 1701. Le Disque, salie du Sarcophage, n. 4, 
Cadran solaire, salle des Empereurs, n. 94. Hécate, palais des conservateurs. 
Pierre tombale de Titus, portique, 2* salle, n. 11. Masque de Pan, salle du 
Faune, n. 29. Cf. Helbig, I, 423, 4J4, 457, 45^^, 5o2, 5o3, 609, 5i5, 5i6, 52o, 621, 
523, 525, 527, 528, 53o, 619. -— 2. MoNTAGNAxi, I, io3. — 3. Inscription sur la base 
de cette statue : 

MVNIFICENTIA 

PETRI OTTHOBONI 

S. R. E. C.\RD. V. CANCEL. 

(l'ORCELLA, I, n. 228. Cf. RiGHETTi, pi. CLXXII ; MoNTAGNANi, II, 34); galerie, 
n .54. Diane, "t7'itl, n. 46. Tofaxelli, p. 54; Micmaelis, p. 59. — 4. Tofanelli, 
p. 84. Salon, n. 29. Une autre Hygie a passé au Musée du Louvre.— 5. Michae- 
Lis, p. 59. Elle fut donnée parle pape Clément XII qui l'avait reçue du cardinal 
(Helbig, I,43t); galerie, n. 8. — 6. Helbig, 1,447. Galerie, n. 53. Tofanelli, p. 65. 
Le torse d'unç femme drapée, salle octogonale, entra en 1750. Helbig, I, 5;3. 



aiG LE CAPITOLE ROMAIN. 

En 1765, le pape Clément XIII donna au Capilolc la mosaïqi 
des Colombes et les Centaures trouvés en 17-37 par le cardin 
Alessandro Furîetti, dans la ville d'Hadrien, prés de Tivoli, < 
que le comte Furiettî, héritier de son oncle, le cardinal, vendit 
la Chambre apostolique, au pri\ de treize mille ducats'. Il donn. 
en outre, l'autel dédié à la .Mater Magna, une statue d'Apolloi 
la table de marbre connue sous le nom de Tabula lHaca *. Pie V 
se montra généreux envers le musée, ainsi que le proclame l'in 
cription posée à l'entrée de la galerie ', 

C'est à Benoit XIV (i74<)) que l'on doit la création de la galeri 
des tableaux qui est au Capitole ; comme le dit Venturi *, elle e: 
célèbre plutôt par le lieu où elle se trouve que par les tableau 
qu'elle contient. 

I. Helgiu. l. I, n' ^Si. Dijrio manuscril: de la Bîbl. Cosanatensc, Coi 
301^1. a In dntc du A mai lyu^. Centaures, aaLon n. i, 4. RitHETTi, pi. Xlî 
XXXIV ;HtLBHi.l.+',i. ?i2,5i3; ToF.\Nti,Li, p. ^7, ai. 11]. - 2. Autel Mjt< 
il/jjfnj, fralerie, n. 25. Apollon, salon, n. ai. Tatuh //fjcj. salles des Colombe 
n. m. : trouve en lO'iî. Cf. Helbcg, 1, ^36, ^5^, 5io. — 3. FoRi;ELu.v, I, n. 379. C 
ToFANELui, p. 33. — 4. Venivht, A. iJ ijjllerij .M CjmfUoglio, Rome, 1U91 
Cf. Tor AS ELLi, in ^nc. 



LE CAPITULE AU XVIIL SIÈCLE 



TRAVAUX D'ENTRETIEN DES PALAIS * 



LE 14 janvier 1703, un tremblement de terre violent ébranla la 
ville de Rome; plusieurs édifices furent endommagés; la salle 
d'audience du palais sénatorial se lézarda et lai"açade faillit 
crouler par suite de la rupture de certaines chaînes qui la main- 
tenaient*. Il fallut que le conseil ratifiât, sur l'heure, de g-rosses 
dépenses pour que le mal pût être convenablement réparé ; les 
nouvelles chaînes coûtèrent, à elles seules, plus de sept cents 
ècus (7i3 : 74) ; les autres travaux s'élevèrent à 494 : 64 1/2 écus^. 

La chapelle du palais des conservateurs fut restaurée à la suite 
de cet événement *. Elle avait été décorée par Nucci d'une Vierg-e 
peinte sur ardoise ; par le Pinturicchio, d'une autre Merge ; par 
Caravag-e, de tableaux représentant les quatre évang-élistes^. 

Les conséquences de l'ébranlement causé par le tremblement 
de terre se faisaient encore sentir en 1707, quand la salle d'au- 
dience menaça de nouveau ruine 6; il fallut renforcer quelques- 
uns des pilastres qui la soutenaient: on proposa de les reprendre 
par la base en substituant aux pierres qui les composaient des 

I. On trouve des descriptions du Capiiole au xviii* siècle dans Deseine, 
Rome Moderne, Lyon, 1690, II, 355; Pôllnitz, Mémoires, II, 25i; De Brosses, 
Lettre familière, II, 204; Labat, Voyage en Italie, \'j(x), IV, 248. — 2. On se 
rappelle que la façade nouvelle était, en certaines de ses parties, simplement 
appliquée sur la laçade primitive, l'n chirographe de Clément XI, adressé aux 
conservateurs le 21 mars suivant, porte : « Avendoci il Procuratore fiscale di 
Campidiglio esposlo come nelterrenwto passato la facciala del palazzokenatorio 
ha patito e minaccia di cadere per essersi strappate alcune catene grosse che la 
reggevano ordinammo, senlito il parère degli architettied il parère di Pietro 
Ciiacomo Patriarca capomastro mtiratore délia Cam. Ap. ilriattamento di delta 
facciala.... » Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 5-, fol. 107. — 3. Ibid., vol. 11, 
fol. i47-iC)9. — 4. On y plaça les inscriptions: Forcella, I, n. 201, n, 212. Cf. 
n. 147, 148, 149, relatives aux années 1647, '^4^^ ^9A9- — ^^- ^'^- Nibby, Itinéraire de 
Rome, Rome, 18.^4, I, 83, et Tofanelli, p. 1 5 1. — 6. On se souvient qu'au siècle 
précédent, on avait eu des inquiétudes à son sujet par suite de l'afTaiblisscment 
des substructions. 



21 8 LE CAPITOLE ROMAIN. 

blocs de travertin pris, comme de coutume, au Colisée*: mais 
après examen, ces blocs furent trouvés trop ^ros. Le travail, 
estimé par l'architecte du peuple à cent écus, fut accompli avec 
des pierres ordinaires par le maître maçon Andréa Map:g-i; comme 
payement, il obtint le droit de jouir gratuitement pendant quatre 
ans de la partie du Tabularium qu'il louait auparavant moyen- 
nant quinze écus par an pour y déposer ses bois de charpente; 
le travail lui fut donc payé l'équivalent de soixante écus ^. 

A partir de 1709, il fut décidé qu'aucune dépense d'entretien 
ne pourrait être payée si elle n'avait été contrôlée par les con- 
servateurs et mandatée par le fiscal : or le fiscal était l'intermé- 
diaire entre le Saint-Siè^e et le conseil communal, en sorte que 
cette nouvelle prescriptiim, d'apparence modCvSte, était une de- 
possession des droits qu'avait exercés jusque-là, sur le palais des 
conservateurs tout au moins, le conseil communal '. 

Durant l'année i7()g, la ruelle qui lonj^^eait le C'apitole du côté 
nord et conduisait de la place à l'arc de Septime-Sévère, fut 
rendue plus accessible et la pente en fut adoucie: c'est alors que 
la porte de Sixte IV se trouva rendue inutilisable puisqu'elle 
s'ouvrit désormais bien au-dessus du niveau du sol ; ce travail 
coûta 388: 80 écus*. 

11 y eut en 17 16 des travaux d'aménaj^ement intérieur dans le pa- 
lais sénatorial ; un escalier fut construit, le plafond rehaussé dans 
quelques pièces. Le total de la dépense s'éleva à 2877 : St écus-^. 
La g-rande salle du palais où se tenaient les Académies fut peinte 
par Ciiuseppe Ghezzi". En 1719, le pape Clément XI ordonna 
aux conservateurs de fondre l'ancienne cloche qui se. trouvait 
dans le campanile d'Aracœli pour en faire une nouvelle^; 
cette môme année, le sculpteur de marbre Francesco Pincel- 
lotti reçut l'ordre de faire six chapiteaux semblables à ceux 
qu'avait dessinés Michel-Anpfe, pour en orner la cour inté- 
rieure du nouveau palais, au fond de laquelle se trouve actuel- 
lement la statue de Clément XII (1730-1740); le coût du travail 

I. II faut dire toutefois qu'il s'ag-issait de blocs détachés par le tremblement de 
terre de 170.^. — 2. Archiv. Stor. Capit.,Cred. I, vol. .42, fol. ii(>iî5<). — 3. On aura 
la preuve de cette dépossession par l'obli^'-ation, dans laquelle se trouva 
désormais le conseil, d'obtenir lagrément du pape pour les plus petites dé- 
penses. Ainsi, à propos de la réparation d'une conduite et d'un plafond, le 
fiscal est prié d'en référer au pape. Séance du 11 juin 1705. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. I, vol. 42, fol. ?(). D'ailleurs, vers cette époque, le conseil perdit jusqu'à 
son nom et devint une « conj^rrég-ation ». — 4. Iti.i., Cred. VI, vol. i3, fol. i\i. 
lîne inscription rappela ce travail. Forcklla, I, n. 2i[. — .S. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. VI, vol. i5, fol. 35 1. —-6. Leone Pascoli, Vile de Pittori, scultori ed ar- 
chîtetti inoderni, Rome 1736, II, :ui. Ghezzi naquit en 1634 et mourut en 1721. 
Pour ce qui est des académies, voir plus loin. — 7. Itid., vol. 16, fol. 242. 
Canclllieki, Le Due (aml^aiic, p. 5o. 




TRAVAUX D'ENTRETIEN. 219 

tut de 1^)08:46 écus*. En 1728, on restaura le tableau représen- 
tant la Viero-e et l'Enfant que l'on voit actuellement très endom- 
mai^é dans la salle principale du palais sénatorial et qui ornait 
alors, et sans doute depuis le temps où elle avait été peinte, le 
haut de l'escalier d'honneur; on l'attribue à l'école du Pérug-in; 
au xviir siècle, on la croyait du maître lui-même *. 

Tous les entrepreneurs du palais participèrent à cet ouvrag-e, 
le charpentier Domenico Giannini, le peintre doreur Simone Gi- 
done, le ferronnier Domenico Visco, le fabricant d'étain Biagio 
Alsina, le vitrier Girolamo Maes. Le coût en fut de 1Ô7 : 73 écus^. 
En 1738, quelques-unes des fresques du palais des conservateurs, 
et plus particulièrement celle qui représentait l'enlèvement des 
Sabines, se trouvaient en fort mauvais état; le peintre Pietro 
Ghezzi fut chargée de les restaurer*. 

Benoît XIV s'occupa à plusieurs reprises du Capitole; il fît 
construire une salle près du portique élevé du côté du mont Ca- 
prino par Jules III, afin que les artistes romains pussent s'y 
exercer commodément à l'étude du nu antique; il fit restaurer 
par le sculpteur Clémente Bianchi Napolioni les deux g-roupes 
de Castor et PoUux et lui paya pour ce travail 260 écus (1744) ^. 
Les années suivantes, il lui donna à restaurer toutes les statues 
qui ornaient la corniche des trois palais ainsi que celle qui était 
au haut du campanile, la statue de Rome au-dessus de la fon- 

I. Ibid., vol. 16, fol. 258. Une inscription, posée en 1725, rappelle que, sous le 
pontificat de Benoît XIII (i724-i7?o) les conservateurs avaient visité les cités 
vassales de Rome : 

BENEDICTO XIII. P. O. M. ORD. PR^D. ANNVENTE 

S. P. Q. R. 

SVBIECTA FEVDA JAM DIV NON VISITATA 

MAGNIFICO SPLENDORE 

INGENTI SVnOITORVM GAVDIO AC BENEFICIO 

INTECERRIMA CVRA ET VIGILANTIA 
MARCHIO ANTONIVS NVNES ) 

JVLTVS RICCIVS > CONS. 

NICOLAVS PLANCA DE INCORONATIS ) 
SINGVLATIM VISITARVNT 
A\NO DOMINI MDCCXXIX * 

FoRCELLA, I, n. 227.— 2. Pietro Vannucci, dit le Pérugin, travailla à Rome de 
1480 à 1490. Cette Madone en remplaçait une plus ancienne. Voir p. 88. — 
^. « Nota dei conti clc^li Artisti chc hanno lavorato intorno alV adornamento 
uUimamenle fatto fer Vlmagine délia Madontia SS. fiKstj nel miiro a capo le 
scale nobili del Palazzo délia Residenza delV Kccmo Magistrato Ho. in Campi- 
doglio. * Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 19, fol. 23 1. La supplique adressée 
au souverain pontife pour qu'il autorisât ce travail montre l'importance qu'at- 
tachaient les Romains à cette imagre. Itid. 282 — 4. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. ^'I, vol, 100, fol. loi-iiS. — - 5. Payement mandaté le 22 septembre 1744. 
llHd., Cred. VII, vol, 39, fol, ^35. 



I 



220 LE CAPITULE ROMAIN. 

taine, les deux Fleuves; la dépense s'éleva à 634 écus*; il fit 
encore surélever d'un étag-e le palais des conservateurs du côté 
du mont Caprino pour qu'on y mît les tableaux et les statues qui 
ne trouvaient pas place dans les musées *. 

Clément XIV restaura les plafonds des deux salles principales 
du palais des conservateurs, et Pie VI fit réparer nombre de sta- 
tues décorant les palais '. 

Le triang-le que forment l'escalier d'Aracœli et celui du Capi- 
tole était encore encombré de masures et de débris de toute 
espèce; Pie W entreprit de l'en débarrasser: toutefois ce travail 
ne fut accompli qu'en 1818*. 



L'HORLOGE DU PEUPLE ROMAIN 

L'horlog-e qui se trouve actuellement dans le campanile du 
Capitole, entre le premier et le second étage, et qu'on appelait 
l'Horlog-e du peuple romain parce qu'elle rég-lait la vie munici- 
pale de Rome, était autrefois placée sur la façade de l'église 
S. Maria Aracœli, église qui appartenait au peuple romain. 

Il est fait mention de cette horloge pour la première fois en 
141 2, quand on la compléta par une cloche, fondue par un maître 
milanais, Petrus, et mise en place par un ouvrier florentin, Ludo- 
vicus, car, à cette époque, il n'y avait guère à Rome de bons 
artisans que ceux venus du dehors. Installée le 24 décembre, 
elle commença à sonner le 27 ^. L'horloge se trouvait alors à 
gauche de la porte d'entrée de l'église, un peu au-dessus de la 
fenêtre ronde qui se trouve dans la façade, ainsi qu'on le voit sur 
la gravure ci-contre ^. On y fit quelques réparations en 1497 '. 

I. MoNTAGNANi, // >/«5eo Ca/>i7o/î«o, I, 44. — 2. ToFANELLi, Agostino, Des- 
crizione délie sciiltiire e fittiire di Campidoglio, Rome, 1834, p. 33. Séance du 
26 septembre 1747 : Archiv. Stor. Capit., Cred. VII, vol. 40, fol. 234. — 3. Mon- 
TAGNANi, I, 45. — 4. Notizie del Giorno, 8 avril 1818 (Bibliothèque Casanatense). 
— 5. « Anno 141 2 die veneris 2 mensis decemh'is de noctc fuit colata campanapro 
horologio facta de mandato D. N. Papse et posito in e.,clesia B. Marix de Ara- 
cœli per M. Ludovicum de Florenlia. Dicta campana fuit facta per M. Petrum 
de Milano. An. 1412 die sabbati 24 dec. fuit tirata campana Horologii per 
M. Antonium Todcsca cum sociis et posita in frontispicium Eccl. S. M. de 
Ai'acœli pro horis piilsandis. Die martis 27 dicti mensis Decembris incœpit 
pulsare horas siipradicla campana Horologii. » Muratori, R. Italie. Script.^ 
XXIV, io33. — 6. Cf. Laxciam, Bull. Archeol. Com., an. 1901, p. 267, qui repro- 
duit (pi. XIII, XIV) un dessin analogue conservé à Stuttgart, au musée. 
Cabinet des Estampes. — 7. « Mastro Domenico di Bartolomeo, carpentario, 
viastro di palazzo » répare l'horloge. Mù'xtz, Les Arts à la Cour des Papes 
Innocent VIII... Paris, i8(/}, p. 171. 



L'HORLOGK DV PEUPLE. 221 

Elle avait son remonteur, son « modérateur », dont la charge 
était héréditaire'. C'est à un Fabio délia Pcdaccliia que fut 
payée, en 1617, la somme de 6:40 écus pour t-erlaines répara- 
tions faites à l'horlofre". La commune n'eut pas à en payer d'au- 
tres jusqu'en i656, mais alors commencent toute une série de 
mémoires' qui expliquent peut-être la destitution de la famille 
Pedacchia, laquelle fut dépossédée de sa ciiarge en faveur de la 
famille Cioffni par un 
bref pontifical daté de 
1673*. 

En i658, il avait 
fallu construire ■ un 
pont • pour le peintre 
qui eut à réparer la 
» sphère de l'hor- 
loge • '. Cependant 
les dépenses d'entre- 
tien continuèrent avec 
le nouveau * modéra- 
teur » ; en 1676, l'hor- 
loge avait encore 
coûté 2.Ï écus ; en 
1678, elle en coûta 14; 
cette fois on s'était 
adressé à un horloger 
allemand ', lequel fut 
chargé de l'entretien 
qui lui fut payé 
29 écus pour quatre 

ans et onze mois'; en Fig. +t. — Gravure lirce des Cose Maravlgliose 
1687- 1689 , il reçut '';"■ Jl"'Ji cuti Jl Rwhj, Rome, iSjS. 

encore 18 écus de ce 

chef*. Mais le mécanisme était tout à fait usé, en sorte que 
le Conseil communal décida, dans sa séance du 18 août 1705, de 
consulter l'horloger du palais apostolique et tous les horlogers 
de la ville sur ce qu'il convenait de 'faire ; les avis le laissèrent 

I. Ënumération des officiers du peuple romain donnée par Muziano; voir 
Cerasoli, /( Comm. di P. P. Mmstano, p. 20. — :. Archiv. Slor. Capil-, Crcd. 
VI, Ï0I.91. fol. zRr. Pavement du sôjuin 1617. — 3. Archiv.Stor, Capil., Cred. \"I. 
vol. 1, fol. 266, !67 ; vol. II, fol. û6. - 4- Areh. Stor. Capil., Crcd. XI, vol. 22. p. 
II,,. — 5. Itii., fol. 63.-6. Sfesc jatte per Vorotogio délia chlesa di Ai-acall 
,fji .S(^. PeJaccMa, se. 26, 45{i6jnnv. 1676). Con/o .(e( avorifallt ail' orolngin 
dl Aractcti delV iHcUto Po. lio. da Giovanni Wendelino Elsler^ orologiaro, se, 
H. Archiv. Stor. Capil., Crcd. VI, vol. 5, fol. 77, 165. — 7. lUi., fol. 252, — 
u. /('(J., vol. 7. M-lii. 



222 LE CAPITOLE ROMAIN. . 

apparemment très perplexe, car il ne ,'prit aucune décision avant 
1723 et il résolut alors de limiter la dépense à douze écus *. 
Aussi l'horlog-e ne marchait-elle plus du tout. On charg-ea un 
horlog-er romain, Innocenzo Cihislerio, de présenter un devis 
(1725)*. La pendule avait été déplacée à cette époque 5; elle 
occupait le milieu de la façade ; l'emplacement où elle se trou- 
vait s'aperçoit encore. Une délibération du conseil communal en 
date de cette année 1725 dit que, par suite de la fermeture d'une 
porte par ordre du supérieur des Frères mineurs, le gardien est 
obligé de passer sur le toit pour parvenir jusqu'à l'horloge *. 
L'horloge cependant continuait à ne pas marquer l'heure; comme 
il s'agissait d'une affaire d'intérêt général, le pape Benoît XI II 
ordonna en 172B, par un bref, qu'elle serait remplacée. On négo- 
cia encore longtemps. Le fiscal eut des entrevues avec le gou- 
verneur de Rome et celui-ci s'entretint avec l'horloger Giovanni 
de Sanctis qui lui avait été désigné : finalement il fut résolu qu'on 
ne ferait rien avant l'année suivante. Alors on prit un parti et, 
avant la fin de l'année, l'horloge nouvelle était en place; elle 
avait coûté au trésor communal trois cents écus; pour le coup la 
libéralité des conseillers romains ne s'arrêta pas là; ils firent 
peindre à fresque sur la façade de l'église, à l'entour de l'hor- 
loge, les armes du sénat et celles du cardinal camerlingue, avec 
des guirlandes et des écussons ^. Toutefois, la nouvelle horloge 
était fort défectueuse, car bien qu'elle eût été sans cesse réparée ^, 
force fut, à la fin du siècle, de la changer; en 1771, on décida d'en 
référer au pape; il fit longtemps attendre « son oracle », oracolo; 
enfin en 1773, le conservateur reçut l'ordre de la faire restaurera 
En lbi^, le conseil communal s'avisa que, dans toutes les autres 
cités d'Italie, le campanile de la maiscm commune était orné 
d'une horloge tandis qu'il n'y en avait point sur celui du Capi- 
tole; soucieux de faire disparaître cette infériorité, il s'informa 
de la dépense qu'entraînerait le déplacement de l'horloge et 
entreprit des démarches auprès du souverain pontife en vue d'ob- 
tenir l'autorisation nécessaire. Pie \'II l'ayant accordée, le con- 
seil traita avec l'horloger Raffaele Fiorelli, lequel s'engagea à 
établir dans le campanile une horloge neuve, dont il garantirait 

uIcU., Cred. I, vol. 42, fol. 55. — 2. JIHJ., Crcd. VI, vol. 72, fol. 69, 7.I— 3. Telle 
n'est pas l'opinion de R. Lanciam, liull. Archeol. Cnm., an. i(/)i,p. 207,qui pense 
que le transport l'ut ordonné par un bref de Benoit XIII daté de l'année 1720. 
— 4. Archiv. Stor. Capit., Cred. 1, vol. 72, p. 73. - 5. Archiv. Stor. Capit.^ Cred. 
\l, vol. 72, l'ol. 220, 223, 239; vol. 19, loi. 197. — (>. « // conscrvatofe ha verificato 
il silo dcW horolo<rio d'Aracœli chc h.i lUsmrfio ,ii rcslauri othie si proveda • (7 
août 1741). Autres léparations en 1742; 1747, 19 écus; 1753, 9 écus; 1771, 28 écus. 
Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. kh», loi. 307; Cred. \'II, vol. i», fol. 353 ; 
vol. 45, loi. 17 ; vol. 61, fol. 28. — 7. IHd., Cred. XV, vol. i, fol. i58, 221. 



FÊTES CÉLÉBRÉES AU CAPITOLE. m3 

la marche pour six ans. au prix de deux cent cinquante écus; on 
lui abandonnait, en outre, l'ancienne pendule'. 



FÊTES CKLÉBRÉES AU CAPITOLE AU X\'III' SIECLE 

LES ACADÉMIES 

La joie populaire se manifestait au xviii" siècle, non plus par 
des représentations théâtrales, mais par des feux d'artifice et des 



l'i},'- qj. — i'ianlaliii.i du la.litk.- Je ia iibortij sur l.i pla.o du CapikÙL' tn 17.,!). 

L-anoniuides. Quand Innocent XIII fut élu, en 1721, le peuple on 
eut tant de joie, car il était d'ori^rinc romaine, que l'on lira au 

I. Archiv. Su.r. C,ipil„Crcd. XVIll, v<il. 3:, fal u», aïo, 3ij6, 2i,\ dùlibùralion 
du = I lùvrior. dos 31 cl 24 mars i!!04 et du U févrifr liiiiS Ca?(i;i;llieri, Le .iue 
( jpirf JHC, p. 55. 



224 LE CAPITOLE ROMAIN. 

Capitole deux cents coups de mortier. Il en fut de même à chaque 
nouvelle réjouissance, si bien que les statues et les ornements des 
palais en reçurent quelque dommag'e: les Pères de S. Maria 
Aracœli intervinrent et, d'un commun accord, il fut décidé que 
les mortiers seraient déplacés et les feux d'artifice tirés plus loin 
(1737,)». 

Le i5 février 1798, le peuple romain planta un arbre de la 
liberté sur la place du Capitole en présence des généraux Murât, 
Berthier et Cervoni ; quatre cents dragons assistèrent à la céré- 
monie. Dès que l'arbre fut dressé, on célébra des mariages ; le 
premier fut celui du baron Carlo Dosti avec la fille du capitaine 
Fruglia*. 

Toutefois les cérémonies qui attiraient alors le plus la foule au 
Capitole étaient les réunions solennelles des Académies; elles y 
tenaient régulièrement leurs séances et en donnaient à l'occasion 
de publiques, soit à propos du couronnement d'un lauréat, soit 
pour faire applaudir un de leurs membres. A partir de 1702, 
l'Académie de dessin se réunit dans le nouveau palais des con- 
servateurs: elle distribuait à certaines époques des couronnes à 
ses élèves'. L'architecte C-arlo Balestra lui légua plus tard sa 
fortune (i" juin 1769), en vue de cette cérémonie*. L'Académie 
des Infecondi s'assemblait également au Capitole ; les jours de 
séances publiques, elle illuminait les palais de lampions formant 
des festons et décorait la façade de ses armes qui étaient symbo- 
liques : « Un champ couvert de neige » avec cette devise conso- 
latrice : Genninabii ^. Benoît XIV accorda à l'Académie des anti- 
quaires une salle au ('apitoie'^. Les Arcadiens y eurent la leur'; 
ils y tenaient des assemblées d'éloquence et y célébraient des 
olympiades; en 1771, ils fêtèrent pour leur quatrième olympiade 
la réconciliation du pape Clément XIV avec l'empereur Joseph I**"; 
de nombreux cardinaux et les plus illustres parmi les Romains 
assistèrent à cette solennité ; la salle était ornée des statues des 

I. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 17, fol. 2^8. L'emplacement occupé par 
les lavandières était celui où se trouve actuellement, dans te triangle que for- 
ment les deu.K escaliers du Capitole et de S. Maria Aracœli, la cage de la 
louve et la statue de Rienzo. Cf. ItU.^ vol. kx», fol. 63, et Cred. VII, vol. \i\ 
fol. 109. — 2. 1). SiLVAGNi, La Carte e la Suciclà, 2' éd., Florence, li^^2, vol. I, 
p. 458. — 3. Ces fêtes remontaient assez haut. Jl Ccntesùno de Vanna iCxp ccle- 
trata in Roma dall' acca.iemia del Dises^na descriilo da Guskppe Ghezzi, 
piltare, Rome, 169O. Il existe un recueil en huit volumes des descriptions des 
fêtes données au Capitole par l'Académie du dessin, entre i6f)5 et 1812; il a été 
commencé par Giuseitl Ghezzi. Bibl. Casanatense, Mise. 4% 338. Cf. Cancel- 
i.iKRi, Le due Campane, p. i25. — .\. L'Académie de S. Luca a actuellement son 
siège dans le voisinage du Capitole, via Ronnella. — 5. Diaria del Chracas, 
19 décembre 1733. — 6. Novelle Lellerarie florentine, p. 220. — 7. Voir le cha- 
pitre consacré au couronnement de Corilla (p. 228). 



\ 



COURONNEMENTS POÉTIQUES. 225 

« cinq j2:énéraux de l'Ég-lise », que le différend entre les deux 
souverains avait failli mettre en mouvement*. Une inscription 
rappela cet événement *. 

Cette même année, le fameux aventurier Giacomo Casanova, 
qui devait paraître sous tant de masques différents, fig-ura dans 
une fête donnée par l'Académie de S. Luca, au cours de laquelle 
des couronnes et des récompenses furent attribuées aux jeunes 
artistes qui s'étaient disting-ués par leurs œuvres de peinture, 
de sculpture ou d'architecture ; les chantres de l'Arcadie rehaus- 
saient de leurs chants l'éclat de la cérémonie ; un sonnet fut dit 
par Casanova qui s'était fait admettre parmi eux ' et avait pris 
un surnom, celui d'Aupolemo Pantareno, comme tous ceux qui 
entraient en Arcadie *. 

L'Académie des Lincei siég-ea vers la fin du siècle au Capitole ^. 



COURONNEMENTS POÉTIQUES AU CAPITOLE 



PERFETTI 

Le deuxième couronnement poétique célébré au Capitole, celui 
de Bernardino Perfetti, eut lieu en 1725. La pompe en fut aussi 
g-rande qu'au temps de Pétrarque, mais elle semble une charla- 
tanerie. 

Ce fut l'Académie des Arcadiens qui y présida, et ce qu'il y 
avait de factice, de faux dans l'esprit qui l'animait, y paraît 
lamentablement. 

Perfetti, né à Sienne le 7 septembre 1681, commença mal®. A 
onze mois, il récitait Y Ave Maria et à un an il composa son pre- 
mier vers: à sept ans, il faisait des sonnets; à ving-t, il était ac- 

I. Diario del Chracas, 8 décembre 1770, 16 mars 1771. — 2. Forcella, I 
n. 265. — 3. Ce sonnet adressé à l'Hercule du Capitole est médiocre comme bien 
on pense; il se trouve dans le recueil intitulé I Pregi délie belle Arti celebrate 
in Campidoglio il 21 april 1771, p. 71. L'anecdote a été racontée par Ademollo 
dans II Fanfttlla delta Domenica, an VII, i885, n' 8. Chracas en parle à sa date. 
— 4. Voici ce qu'il dit dans ses Mémoires à ce sujet : «... Je sortis pour aller à 
l'assemblée des Arcades au Capitole, où la marquise d'Août devait réciter sa 
pièce de réception. Cette marquise était une jeune Française qui était à Rome 
depuis six mois avec son mari, homme doux et aimable comme elle... » Edit. Ciar- 
nier, t. VIII, p. 228.-5. Séance du 16 juin 1826. Arch. Stor. Capit., Cred. XVIII, 
vol. loi, fol. 45. — 6. La biographie de Bernardino Perfetti se trouve dans 
MoRERi, Michel Giuseppe, Le Vite degli Arcadi illustriy Parte V, 1751, p. 225, 
composée par Mazzolari; Fabroxi, Vitœ Italorum, t. III, éd. Romana: Uomini 
illiistri toscani, t. IV; Dome.nico, Ciamfogni, Saggio di Poésie scritle dal cav. 
B. Perfetti, Florence, 1748. 

i5 



226 LE CAPITOLE ROMAIN. 

clamé docteur et ses œuvres se multipliaient; il fut admis à louer 
le souverain pontife dans la basilique vaticane*. Sa réputation 
lui valut d'être appelé par la grande-duchesse Violante (Yolande) 
de Toscane* à la cour de Florence où la vie et les arts commen- 
çaient à renaître depuis la fin du règne morose du grand-duc 
Cosme III. Violante entreprit de lui obtenir le laurier poétique et 
se rendit dans cette vue à Rome, prenant le nom de comtesse de 
Pitigliano'. Le pape, Benoît XIII, agréa ses désirs et la céré- 
monie du couronnement fut fixée au 12 mai 1725. Cependant Per- 
fetti, pour prouver son mérite, improvisait un peu partout, dans 
les salons, dans le palais de la princesse, dans la grande salle du 
séminaire romain de la compagnie de Jésus où il eut à répondre 
impromptu à douze questions que lui posèrent les académiciens. 
Il reçut eh Arcadie le nom de Alauro Euroteo et fut enfin admis 
à l'honneur de ceindre la couronne des poètes ♦. 

Vers la cinquième heure du dimanche i3 mai, il partit de 
l'archi-gymnase romain dans' le carrosse des sénateurs; quatre 
autres carrosses suivaient dans lesquels avaient pris place les 
magistrats du peuple romain; une foule de valets les accompa- 
gnaient; les trompettes sonnaient, le peuple applaudissait*. La 
salle du Capitole avait été tendue d'étoffe rouge à franges par 
les soins de l'architecte Alessandro Specchi; sur les tribunes 
drapées de damas étaient rangés les membres de l'Académie des 
Arcadiens, des cardinaux, la noblesse romaine, beaucoup de 
dames; sous un dais se tenait le sénateur avec les conservateurs 
à ses côtés; c'était un dais superbe qui coûta 7i:5o écus; le 
damas cramoisi qui le couvrait était garni de galons et de franges 
en or allemand ; on y voyait les armes du peuple romain et le 
portrait du pape qui, n'ayant pu venir, se faisait représenter par 
son image ; le ciel en était de velours ^. La princesse de Toscane 
siégeait sur un trône à part. Quand le poète eut été introduit, 

I. Discorso accademico consistoriale fatto dal Cav, B. Perfctti Patricia 
Sanese nel darsi il possesso délia Signoria il 170Ô. Del medesimo, Ome- 
lia a Clémente XI. Venise, 1715. Bibl. Casanatense. Mise. 4'., n* 564, 12. — 2. 
Yolande Béatrice de Bavière, appelée en Italie Violante, avait épousé en 1688 
le grand-prince héréditaire de Toscane, Ferdinand, lequel mourut avant elle, en 
1713. Elle mourut en 1781 sans avoirpujouir de ses droits à la régence de Toscane 
par suite de l'opposition des Puissances. — 3. Galluzzi, Hist. del grandticato 
di Toscana, VII, 202. — 4. Diario del Chracas, 5-i2 mai 1725, n' 1209-1212.— 5. Le 
récit de cette solennité se trouve dans Moreri, et dans Gio. Maria Crescim- 
BENi, Atti per la solenne incoronazione fatta in Campidoglio del Sig. B. Per- 
fetli, Rome, 1725. Cancellieri, Le due Campanc donne la description latine 
qu'en fit le jésuite Cordara (Œuvres, t. IV). L'un et l'autre avaient assisté à la 
cérémonie et Crescimbcni y prit part en qualité d'archiprêtre de l'Académie. — 
6. Archiv. Stor. Capit., Crcd VI, vol. 18, {o\. 146, i5i. Au fol. 248, 25o se 
trouve le coût des autres dépenses. 



COURONNEMENTS POÉTIQUES, al? 

C rust-imben! 1 an-hiprêtre de l'Arcadie, lui adressa une docte 
harangrue, puib le sénateur le lit agenouiller devant lui et, lui 
posant sur k tête la couronne de laurier, lui dit ces paroles : 
Evimtum hoc Poeluae laudis decus quod luo captH impono stib 
/ehttssimts auspitits S5mi DûiNri Papae Benedicii XlIl.Eques 



Fig. ^6. — Pcrfclti. 

egref/ie, sil publici non minus erfia le sludii argtimentum, guain 
obsequentissUni animi erga amplissimam et plane regiam beiie- 
volenliam, qua decoraris. 

Perfetli répondit : 

Poelica laurus immeritae imposUa fronli excelsam SSmi Pa- 
tris ac Ptmlificis Papae Benedkti XllI munijicenliam, effiisatn- 
que S. P. Q. li. erga me rolimiatem lestalur; quarum ulraqve, 
aut honore Jigtios invenit aut facil. 



228 LE CAPITULE ROMAIN. 

Les poètes arcadiens chantèrent ensuite la louange du lauréat, 
et lui^ se plaçant dans une sorte de tribune qui lui avait été pré- 
parée, improvisa une heure durant, au son de guitares, des vers 
sur la splendeur passée du Capitole. 

Le sénateur et les conservateurs, non contents d'avoir honoré 
de la sorte le talent de Perfetti, lui conférèrent peu après le droit 
de cité et l'autorisèrent à charger ses armes du laurier *. 



GORILLE 

La poétesse Gorille fut couronnée au Capitole du laurier poé- 
tique le 3i août 1776, et cette cérémonie, dont le souvenir était 
encore dans toutes les imaginations au commencement du siècle 
suivant, n'a pas été apparemment sans inspirer à M""* de Staël 
l'idée de la scène pittoresque qui lui sert à présenter le person- 
nage de Corinne. 

Avant même d'être conduite en triomphe au Capitole, comme 
Pétrarque et Perfetti, Corille était fameuse; ce n'est pas qu'elle 
eût beaucoup écrit, on ne connaît guère d'elle que quelques 
pièces de vers, mais elle savait tirer avantage de ce peu et sur- 
tout possédait le talent d'improviser, qui était alors si fort prisé 
en Italie *. 

Née à Pise en 1728, elle avait promené sa célébrité à travers 
l'Italie, à Rome, à Naples, à Florence; Marie-Thérèse la manda 
à Innsbrûck pour y célébrer par ses improvisations poétiques 
les noces de l'archiduc Pierre-Léopold avec Marie-Louise de 
Bourbon (1765): la grande Catherine l'aurait voulue à sa cour et 
la gratifia d'une rente qui lui fut continuée par son successeur 
Paul I*"", et le pape Clément XIV l'autorisa, en considération de 
son savoir, à posséder et à étudier les ouvrages interdits par 
l'Eglise. 

Elle fut, dit un de ses biographes, estimée de Métastase, ché- 
rie de Frugoni, honorée de Cesarotti et de Pagani; le grand 

I. Il mourut à Sienne le i" août 1747. — 2. La vie de Gorille a été racontée, 
avec surabondance de détails, par Ademollo, Corilla Olympica, Florence, i8}>7. 
Amaduzzi parle d'elle assez longuement dans une lettre qui est imprimée dans 
\3iNuova Raccolta di Opiiscoli, vol XXXI, n' viii.Chracas décrit son couronne- 
ment {DiariOy ad an.) qui se trouve aussi relaté dans l'opuscule intitulé : Atti 
délia solenne coronazione falta in Campiioglio délia insigne poetessa... Rome, 
1776. Cf. SiLVAGNi. David, La Cor te e la Società Romana, chap. XVII, qui 
donne la biographie de Corille. Corille mourut à Florence en 1800, le 8 novem- 
bre ; sur sa tombe ne fut inscrit que son nom en Arcadie, Corilla Olympica. Son 
portrait se trouve dans la Collczione di vile e ritrattidi uomini e donne illustri, 
Rome, 1B21, t. II, i5i. 



COrRONNEMKNTS POÉTIQUES. 229 

violoniste Nardini, qui avait coutume de l'accompagner dans 
ses déclamations, déposait parfois son violon d'admiration '. 

Tant d'hommages et de si illustres recherches ne suffirent pas 
à son ambition: c'est pourquoi elle vint à Rome, car elle savait 
qu'on y obtenait, sans trop grand'peine. une gloire bruyante et 
universelle. Son attente ne fut point trompée. L'Académie des 
Arcadiens qui avait été fondée en 1690 • pour faire la guerre au 
mauvais goût •, comme le 
déclarent ses statuts, et qui 
maintenant le cultivait avec 
passion, s'empressa de la re- 
cevoir parmi ses membres, le 
16 février 177.5. C'est alors 
qu'elle déposa son nom de 
Ma rie- Madeleine Morelli Fer- 
nandez* pour prendre un nom 
plus harmonieux, comme il 
convenait quand on entrait en 
Arcadie ; elle choisit celui de 
Corilla Olympica. 

Peu après, le conseil com- 
munal lui déféra le droit de 
cité. Ce n'était pas encore 
assez. Corilla aspirait à être 
couronnée au Capitole: aussi 
prodigua- t-elle les preuves de 
son talent. L'Académie dus 
Arcadiens lui sen'it d'arène. 
Le 7 mars 1776 la nouvelle /*"■//// 

pastourelle improvisa avec (<-/»(/« (r^fo^nea/ 

son habituelle facilité quel- «_i_- — -ji— « 

ques poésies pastorales devant 

les membres émerveillés. Le Fig. ^r- — Codiia. 

i3 avril, qui était un ven- 
dredi saint, l'Académie tint une séance extraordinaire consacrée 
à la Passion du Christ, car ce n'est pas d'hier que ceu\ que 
n'absorbe pas complètement le souci des devoirs religieux 

I. Frogoni, Carlo Innocenio, ni; ù Gdncs on i6y:, mort en ijÉB. poète lyrique. 
Ccsarolti, Melchiorre. né A [■aiJouc en 1730, mort en \^, iraduistl en vers 
OsBlnn et l'/Ifjde. Pagani, Luca Antonio, nâ â Pistoie en 1737, mort d Pisc en 
lOt.) ; auteur de poésies bucoliques. — z. Elle avait épousé, A Naples, D. Fcrdi- 
nando Pernandcz, gentilhomme espafrnol, qui devint colonel et gouverneur du 
préside d'Orbelello et y mourut, en 1798: il ;■ avait longtemps alors que Corilla 



23o LE CAIMTOLE ROMAIN. 

se plaisent à continuer en temps de pénitence, sous de pieuses 
couleurs, leurs plaisirs coutilmiers. Corilla y chanta sur le sujet 
proposé « avec tant de chaleur, de mouvement et de grâce », 
qu'elle transporta l'assistance que charma, en outre, la douceur 
et la flexibilité de sa voix. A quelques jours de là, l'Académie 
ayant décidé de recevoir parmi les berg-ères Caroline-Louise, 
margravine de Bade et de Durlach, Corilla improvisa à cette 
occasion en se faisant accompagner d'une harpe et de deux 
violons. Ce fut Cirimm, « ministre du prince de Saxe-Gotha à 
Paris», qui proposa le thème qu'elle eut à développer et il le 
choisit délicat. « Un siècle où les femmes sont plus particulière- 
ment vertueuses est-il un siècle plus particulièrement heureux 
pour les hommes r » Corilla sut dans sa réponse plaire aux femmes 
et n'humilier pas les hommes, ce qui prouve qu'à tout le moins 
elle ne manquait pas de dextérité. Ces éclatants succès eurent une 
récompense immédiate: le buste de Corilla fut placé dans la salle 
des séances de l'Académie : l'artiste anglais Christopher Hewes- 
ton l'avait sculpté. 

Corilla méritait et ambitionnait mieux. Le lo août commen- 
cèrent les épreuves décisives qui devaient montrer si elle était 
vraiment digne de la consécration qu'elle souhaitait. Ce jour-là 
elle subit un premier examen dans le Locanda nobile où habitait 
le prince Louis de Cionzague, promoteur de son couronnement*. 
Le choix du lieu de l'éprouve était au moins imprudent, car nul 
n'ignorait qu'il y avait quelque esprit de retour dans la démarche 
que faisait le prince en faveur de Corilla*. . 

L'examen, s'il ne fut pas des plus approfondis, porta sur des 
matières dont on ne se serait guère attendu à voir la connais- 
sance exigée d'une postulante au laurier poétique. Saliceti, 
médecin secret du pape, l'interrogea sur la coloration de l'iris ; 
Cavalli, sur la gamme et l'harmonie; l'avocat Cedri, sur la perte 
que fit l'éloquence à la mort de Cicéron ; Petroni lui demanda de 
prouver qu'il n'y a point de vertu sans piété ; Devoti, revenant 



I. De la branche des marquis de Castiglione. Louis de Gonzague, fils de 
Léopold, était né à Venise en 1745; la République se chargea de son entretien 
et de son éducation, car son père l'avait laissé, en mourant, dans un grand 
dénuement. Il vécut quelque temps à Vienne, puis revint à Venise d'où il fut 
éloigné par le sénat en raison de certains écrits démagogiques. L'année même 
où Corilla fut couronnée, il publia un traité intitulé : « Il letterato buon 
Cittadino ». Quelques-unes de ses lettres furent produites à la Constituante 
lors des premières discussions. Il mourut à Venise, le 10 septembre 1819 (Litta, 
Famiglie celebri, Gonzague, table XVII.) — 2. On répéta qu'une femme, Vio- 
lante de Bavière, avait fait couronner un homme, Perfetti, et que maintenant 
un homme, Louis de Gonzague, faisait couronner une femme, Corilla (Betti- 
NELLi, Risorgimento d'Jtalia^ p. 169). . 



COURONNEMENTS POÉTIQUES. 23 1 

Siwx sujets habituels, lui donna comme thème : « La vie pastorale »; 
pour Nardini, il ne demanda rien parce que la poétesse venait de 
se sentir prise d'un refroidissement et «craignait pour sa santé ». 
Le lendemain eut lieu une épreuve plus grave et plus solennelle. 
En présence d'une assemblée de dames, de cavaliers, d'écrivains, 
on posa d'insidieuses questions à la postulante : Pourquoi la 
fable rep résente- t-el le l'Amour avec les yeux bandés alors qu'elle 
lui donne des traits pour frapper un but déterminé > Quelle fut 
la première religion révélée et qui la révéla ? On lui imposa 
ensuite d'exposer les arguments par lesquels un Européen instruit 
devrait démontrer à un sauvage les avantages d'une législation. 
Les dames intervinrent à leur tour et Corilla dut donner son avis 
sur ce point : qui des hommes ou des femmes se montrent géné- 
ralement le plus fidèles. 

Dans la dernière épreuve à laquelle prirent part les douze 
membres de l'Académie, l'abbé Testa interrogea Corilla sur le 
beau dans les arts; l'abbé Marzi, sur la poésie héroïque; le 
prince de Gonzague, sur les preuves physiques et les preuves 
morales de l'existence de Dieu. Le lendemain 20 août, l'abbé 
Gioacchin Pizzi, grand ami de la poétesse et gardien général de 
l'Arcadie, proclama le résultat de l'examen qui, bien entendu, 
lui était favorable et il le communiqua aux magistrats du Capitole 
afin d'obtenir l'autorisation de couronner Corilla à la mode anti- 
que. Ceux-ci s'étaient déjà occupés de l'aiTaire. Le conseil, dans 
sa séance du 25 juin 1776, avait décidé de demander au souverain 
pontife s'il n'y aurait pas lieu, la prochaine fois que les Arca- 
diens s'assembleraient au Capitole, de leur permettre de donner 
« tumultuairement » le laurier poétique à la poétesse Corilla*. A 
quoi le pape répondit : « SSmus mandavit non convocari Arca- 
diam super proposiio argumenio, in reliquis reservavit sibi pro- 
videri. » C'était d'un fâcheux présage. Néanmoins l'abbé Pizzi 
présenta au souverain pontife son « billet d'office » portant le 
vote des examinateurs (8 août 1776), ainsi qu'il avait été fait 
pour le poète Perfetti, et, cette fois, les obstacles ayant été levés, 
le conseil chargea le marquis Ferdinando Raggi de veiller aux 
préparatifs de la fête et l'architecte Carlo Puri de Marchis de 
décorer convenablement la grande salle consulaire (27 août). 

Le samedi 3i août, vers la tombée du jour, Corilla fut conduite 
au Capitole par les comtesses Cardelli, Dandini et Ginnasi ; la 
garde suisse du pape et la milice du sénateur faisaient la haie 
sur la place du Capitole. Corilla avait sollicité de venir jusque-là 
simplement, sans tout l'appareil triomphal auquel elle aurait eu 

I. Texte de la supplique. Archiv. Stor. Capit., Cred. XV, vol. 1, fol. 423. 



232 LE CAPITOLE ROMAIN. 

droit. La salle consulaire avait été g^arnie de tribunes « pour les 
divers ordres de la noblesse » ; un dais en occupait le fond, tout 
^àrni de velours cramoisi, le portrait du pape y était appendu, 
quatre sièges y avaient été placés pour le sénateur et les trois 
consen^ateurs. Des tapisseries recouvraient les murs et seize 
lustres éclairaient la salle. 

Corilla s'avança avec un maintien réservé et gracieux, disent 
lés relations, au milieu des applaudissements et au bruit des 
trompes. Elle touchait presque à la cinquantaine et n'avait jamais 
été belle : mais l'enthousiasme des spectateurs lui prêtait volon- 
tiers toutes les perfections nécessaires au rôle qu'elle jouait. Elle 
s'agenouilla au pied du trône des conservateurs ; le premier des 
conservateurs, Gio. Paolo del Cinque, qui était vêtu de la robe 
d'or congruente à sa dignité, se leva et, prononçant les paroles 
prescrites*, lui ceignit le front du laurier tandis que des musiques 
se faisaient entendre et que les mortiers du Capitole envoyaient 
une salve de cent coups. Le scribe du sénat dressa acte de la 
cérémonie. 

La fête s'acheva par la lecture de quelques à-propos en vers 
composés par les membres de l'Arcadie et par une double impro- 
visation de Corilla sur la splendeur de la ville éternelle et sur le 
haut prix qu'il convenait d'attribuer au laurier dont elle venait 
d'être honorée ; elle traita aussi de la supériorité de la philosophie 
moderne sur la philosophie ancienne et de l'influence de la reli- 
gion chrétienne sur le développement des arts ; puis elle se retira 
dans une pièce intérieure du palais où ses admirateurs vinrent 
l'entourer. Parmi eux se trouvait un lord anglais, le duc de (ilou- 
cester*, qui parcourait alors l'Europe en quête d'émotions; ainsi, 
jusque dans le détail, le couronnement de Corilla ressemble 
étrangement au couronnement de Corinne. 

Dans sa séance du 3 octobre suivant, le conseil ratifia la dé- 
pense qui s'était élevée à 488 : 5o écus '. 

On avait, ce semble, comblé la mesure. La disproportion. était 
par trop frappante entre l'insignifiance de la poétesse et l'éclatant 
hommage qu'on lui avait rendu ; le redoutable Pasquin, à qui 
seul alors il était permis de dire la vérité, fit courir cent libelles, 

I. « Eximitim hoc latidis Poeticœ dectts, qiiod tuo capitiimpono sub felicis- 
simis auspiciis 6.S. I). N. P. Pu Sexti, Millier egregia et nobilis nostra civis, 
sit piiblici non minus erga te studii argumcntum, qiiam obseqtientissimi animi 
signifîcatio erga amplissimam illam, et plane regiam benevolentiam, qua deco- 
raris. » Corilla répondit : « Poetica laurtis immeritœ imposita fronti, excelsam 
SS. Patris ac Principis Papœ PU Sexti munificentiam, effusamqtie Senatus 
Populique Romani erga me voluntatem testatur, quorum utraque aut onoie 
dignos invenit, aut facit. » — 2. William Iïexry, né en 1743, mort en i8o5. — 
?. Archiv. Stor. Capit., Cred. XV, vol. i, fol. 44.J. 



LE LOTO. 233 

ridiculisa et Corilla et les Arcadiens de si belle façon que la cou- 
ronne de laurier qu'ils lui avaient donnée devint pour elle, comme 
le disait l'abbé Pizzi, une couronne d'épines *. L'Arcadie ne tarda 
pas d'ailleurs à succomber elle-même sous les moqueries dont 
elle devint l'objet. 



INSCRIPTIONS COMMÉMORANT LA VISITE DK 
PERSONNAGES CÉLÈBRES 

On continua au xviir siècle à rappeler par des inscriptions le 
passagre des personnages célèbres. Frédéric-Aug-uste II qui vint 
en 1738*; Marie-Antoinette Walpurg-e de Bavière, femme de 
Frédéric-Christian, électeur de Saxe, en 1771'; Maximilien et 
Marie-Christine de Saxe, enfants de François I", empereur d'Al- 
lemaprne, en 1776*; leur sœur, Marie-Amélie, femme de Ferdi- 
nand I*% duc de Parfne, en 1783 ^ ; Ferdinand IV et Marie-Caroline, 
souverains du royaume des Deux-Siciles, en 1791^; enfin Fran- 
çois P, empereur d'Autriche, en 1819", furent honorés de la sorte. 



LE « LOTO » 

Le 7 septembre 172$ le g-ouvernement pontifical publia un édit 
défendant in perpetuum le jeu du loto ; les peines dont étaient 
menacés les infracteurs étaient des plus dures, les galères et 
mille écus d'amende à ceux qui organiseraient le jeu, trois cents 

I. On répéta le distique suivant dans lequel il est fait allusion à l'expulsion 
des courtisanes par le pape saint Pie V : 

Plaudite, lascivœ. Quintus vos expulit Urte 
Sut sexto refcrt serta Corilla Pio. 

Dans l'ouvrage d'ERNESTo Masi, La Vita, i Tempi e i^li Amici di Francesco 
Albergali, se trouvent quelques lettres qui donnent la contre-partie des des- 
criptions pompeuses des amis de la poétesse. On y lit : • Corilla fù condotta in 
Campidoglio nella carrozza del principe Gonzaga in compagnia di tre patrizie 
alquanto scadenti; notte tempo e sgaiottolando per straduccie solitarie. Sali al 
palazzo Senatorio non per la via maestra, ma per i rompicolli di Campo \'ac- 
cino; la coronazione andô per le brevi; ed il principe Gonzaga, temendo per la 
sua protetta, la fece riaccompagnare da alcuni stioi travacci armali, i qiiali 
presero a legnate certe atatucoli, che col favore délie ténèbre davan la baja alla 
poetessa laureata. » Le pape lui fit quitter la ville et défendit la vente de ses 
portraits. — 2. Forcella, I, n. 242. — ?>. Forcella, I,n. 266. —4. Forcella, I,n. 
268. — 5. P^ORCELLA, I, n. 270. — 6. Forcella, I, n. 271. — 7. Forcella» I, n. 284. 



234 LE CAPITOLE ROMAIN. 

écus d'amende plus des peines corporelles pouvant aller jusqu'à 
celle des g-alères aux joueurs; pour les femmes, la prison*. Deux 
ans après, Benoît XIII crut devoir renouveler sa prohibition par 
un bref daté du 12 août 1727 et qui a pour incipit: Creditœ Nobis 
divinitus^. Son successeur Clément XII fit afficher dans toutes 
les sacristies un avis annonçant qu'il confirmait les excommuni- 
cations et autres peines portées contre ceux qui auraient joué au 
jeu du loto (7 juillet 1731)'. 

Cependant le 7 janvier suivant (1732) un édit du trésorier pon- 
tifical, Carlo Maria Sacripante,. organisait le jeu du loto à Rome ♦. 
Il était prescrit que les tirag-es auraient lieu neuf fois par an à 
partir du 14 février prochain sur la place du Capitole*. Le choix 
de ce lieu était destiné vraisemblablement à accroître la foule des 
joueurs et des spectateurs. Ce fut, en effet, un événement consi- 
dérable. Une tribune avait été élevée près de la statue de l'un 
des Dioscures, au haut du grand escalier du Capitole^^ ; elle était 
garnie de velours et de damas; des prélats de la Chambre ainsi 
qu'un commissaire et quelques magistrats y avaient pris place ; 
la boîte destinée à contenir les numéros était une urne de cuivre 
argenté ; les numéros, des boules d'ivoire, au nombre de quatre- 
vingt-dix, y furent placés publiquement, et un enfant, choisi 
parmi les orphelins assistés et tout vêtu de blanc, en tira cinq ; 

I. Diario del T j/esto, cf. Cascelliem^ MercatoeLagOy p. 244. L'édit rappelait 
les dispositions analogues prises depuis 1O60. En i663, Alexandre VII avait, à 
la requête du roi Philippe IV, interdit les loteries en Espagne, par sa bulle 
• Pastoralis officii • du 2 janvier. — 2. A ce moment parut une dissertation 
de (iiROLAMO Ercoli, intitulée Del gioco del Lotio che sia degno di essere fer 
tutto prohibito e che ghistamente sia stato vietato sotto pena di scomunica con 
una bolla di papa Benedetto XI IL Rome, 1728. — 3. Valesio : « Sabato 7 Luglio 
1731. Oggi si è mandato biglietto per tulle le sagrestie di Roma in stampa, nel 
qiiale si fa sapere che S. B. conferma la scomunica e le altre pêne comminate 
ai giuocatori e prenditori del Lotto. » — 4. Les motifs de ce revirement ne se 
trouvent pas expliqués dans l'édit susdit; l'usage que le souverain pontife 
entendait faire et fit en effet, comme on verra, des sommes produites par le 
jeu du loto, justifia sans doute à ses yeux l'abandon de sa précédente attitude. 
— 5. Bando générale sopra il nuovo Lollo di Roma. « ... Oi'diniamo che il 
nuovo giuoco dei Lotli da farsi nove voltc l'anno... do\rà effettuarsi perla 
prima voila il 14 Febbr. prossimo nella piazza di Campidoglio. » Bibliothèque 
Casanatense, Collezione Bandi, 1732, n* 6. Un autre livre fut alors publié, cette 
fois en vers ; il était moins amer que le précédent et avait pour titre : In nume- 
rorum divinatores vulgo cabalistas, carmen; l'auteur en était le jésuite Cesare 
CoRDARA (1733). Il se trouve dans RaccoUa opusculi del Calogerà, vol. XII, 
p. 2i5. — 6. Si près même que la statue eut à souffrir les années suivantes et 
qu'il fallut la faire garder par un détachement de troupes. Archiv. Stor. Capit., 
Cred. \l, vol. 100, p. 216, séance du conseil communal du 10 décembre 1739. 
« Ad effetto che non restino ulteriormenle dannegiate le stalue dei Giganti dalle 
pcrsone in occasione delV estrazione del Lotto, il Conte Ottieri parti con Mons. 
Ricci Commissario délie armi perché nei giorni delV estrazione faccia custodire 
dai solda ti le dette statue. » 



LE LOTO. 235 

un homme connu pour sa voix sonore criait les numéros ; il était 
habillé de violet. L'opération dura deux heures. Le bénéfice fait 
par le gouvernement pontifical pendant la première année dépassa 
cinq cent mille écus* ! 

Cependant l'autorité défendait la publicité : elle empêcha les 
marchands d'afficher les listes des numéros sortis au tirage, de 
mettre en montre des affiches peintes ou imprimées*. D'autre 
part, on inscrivait sur des cartons barlongs les noms de quatre- 
vingt-dix jeunes filles pauvres; sur chaque carton était un numéro 
et celles dont les noms se trouvaient sur les cinq numéros 
gagnants recevaient une dot de trente écus quand elles se ma- 
riaient ou quand elles entraient en religion '. 

Le tirage au sort de la loterie fut transporté au bout de onze 
ans, en 1748, dans la grande loggia de la Curia Innocenziana 
(actuellement le palais du Parlement) *. 

1. Ce bénéfice fut aussitôt réparti par le pape entre les associations chari- 
tables et les églises de la ville ; l'église del Bambin Gesù fut construite sur ce 
fonds, celles de S. Pancrazio,de S. Pietro in Montorio, de S. Lorenzo in Borgo 
reçurent des sommes variant entre trois cents et deux mille écus, qui furent 
employées à leur restauration ; on consacra cinq cents écus à l'achat de Uvres 
pour la bibliothèque vaticane et trente mille écus pour dévier le Ronco près 
de Ravenne. (Casanatense, MiscelL, in-fol. 140.) — 2. 11 mars 1732. Bibliothèque 
Casanatense, Colles. Bandit ut supra, n" 29. — 3. Procès-verbal dressé par le 
notaire Galosius qui présida, en 1733, au tirage de la loterie. Archiv. di Staio, 
Prot. 918, fol. 91, 219, 403. Extraclio quinque puellarum. Une association avait 
été chargée de surveiller l'organisation de la loterie ; elle en réglait le fonction- 
nement. Bibl. Casanat., Coll. Bandi, vol. 43, n* 14. — 4. Diario del Chracas, ad 
an., 2 février. 




APPENDICE 



L'ÉGLISE DE SANTA iMARIA ARACŒLI 

LA coutume des premiers chrétiens d'élever sur l'emplacement 
des temples païens des ég-lises dédiées à des formes de la di- 
vinité rappelant d'aussi près que possible celles qu'on y ho- 
norait auparavant, les porta à consacrer à la Vierge l'ég-lise qui 
remplaça sur le mont Capitolin le temple dédié à Junon considérée 
comme Dea Virgo Celestis ou simplement Dea Celestis. On donnait 
aussi à cette déité le nom de Juno Moneta * : c'était la Junon 
conseillère, et ce rôle explique la légende qui se forma relative- 
ment à l'église du Capitole, car les superstitions, les imaginations 
du moyen âge sont presque toujours intimement liées avec les 
souvenirs et les réalités des époques précédentes *. 

On pense que l'église Santa Maria fut construite sur les ruines 
du temple vers Sço, au temps de saint Grégoire le Grand ' mais 
la première mention qui en soit faite est de l'année 882 ; elle por- 
tait à cette époque le nom de Santa Maria in Capitolio et dépen- 
dait d'un couvent de bénédictins dont l'abbé s'intitulait Abbas 
CapiioUi*; ce fut à ces moines que l'antipape Anaclet fit la 
donation du mont Capitolin dont il a été parlé. 

Le 26 juin 1260, le pape Innocent IV transféra l'abbaye et ses 

I. Voir p. lî), 20. — 2. Homo, Lexique de Topo^^raphie romaine, ic/lk), p. 581. 
LiK^i BoRSARi, Topogî'aphia di Roma antica. Milan, i8<;7. G.\tti, (îiusepfe, 
Acad. Romana di Arch., Ser. Il, vol. VI, p. 33 1-349. On lit dans Cicéron, 7)e 
Divinatione, Liv. I, xlv : « Aique scripttim a multis esi, qutitn terrœ motus 
jacius essei : « Ut sue plena prociiralio fieret », vocem ab œde Junonis ex 
arce exstitisse; quocirca Junonem illam appellatam Monetam. » — 3. Armellini, 
Le Chiese di Roma, p. 540: Grisar, Roma alla fine del Mondo Anlico, 1", 
336; NiBBY, Roma moderna, I, 341 ; F. Caslmero, Memorie istoriche délia (hiesa 
e convento di Hanta Maria in Araceli, Rome, 1K45. Il y a eu une première 
édition en 1736. D'après WADDiNCi, Annales Minorum, III, 25îj, ré<(Iise aurait été 
fondée sous Constantin le Grand, mais cette assertion paraît peu probable, 
étant que lors de l'invasion des Vandales en 455, les temples du Capitole étaient 
encore debout et qu'ils furent dépouillés par Genésric. Cf. J. Vetter, L'Ara 
Cn'li, Rome, iPiVj. — 4. Mabillox, Mus. Italie, II, 161; Nibby, loc. cit., p. 342; 
Armellini, p. 540. 



238 LE CAPITOLE ROMAIN. 

dépendances aux frères mineurs de Saint-François par la bulle 
Lampas insignis cœlestiiim, dans laquelle il désig-ne l'abbaye 
sous le nom de Monasierium Sanctœ Mariœ de Capitolio *. Les 
Franciscains restaurèrent et embellirent l'église ; ils firent con- 
struire par Pietro Cavallini un ambon en mosaïque qui fut détruit 
par ordre de Pie IV, en i56i, pour permettre aux frères de se 
tenir dans le chœur. Cavallini représenta aussi, dit-on, en mosaï- 
que la rencontre d' Auguste et de la Sibylle que l'on imaginait 
avoir eu lieu à cette place. 

Ce fut en effet vers cette époque que s'accrédita la légende qui 
valut à l'église son nom d'Aracœli ; toutefois l'origine en est bien 
plus lointaine; elle eut pour cause première cette opinion que 
deux maîtres ne pouvaient régner en même temps sur la terre et 
que du moment que Jésus était apparu, le César romain devait 
lui céder la place ; Orose s'en fait l'interprète quand il dit, après 
avoir parlé de la naissance du Christ : Eodemque tempore hic, ad 
quem reriim omnium summa coiicesserat , dominum se hominum 
àdpellari non passus est; imo non ausus, quo verus dominus 
totius generis humant inter homines natus est^. Cette conviction 
prit deux formes en se propageant ; en Occident on se contenta de 
symboliser la dépossession du César, tandis qu'en Orient on y 
ajouta la substitution des nouveaux prophètes aux anciens, de la 
nouvelle divinité aux anciennes'. C'est de cette version que l'on 

I. Wadding, II, 78; Calogera, Optisculi, XX, io3. Cette bulle n'est pas dans le 
Magnum Bullarium. La cession fut confirmée par le pape InnocentIV, en i25i, 
et par le pape Alexandre VI, en 1259. Muratori, R. Italie. Script., III', 692. Le 
Catalogo délie Attazie romane, dressé par Pietro xMallio et Giovanni Diacono 
sur la iin du xii* siècle, mentionne « 6\ Maria in Capitolio ubi est ara Filii Dei ». 

— 2. A. Orosii, Historiarum adversus Paganos Litri VII, Mayence, i6i5, 1, VI, 
c. 22, p. 451. Cf. A. Graf, Roma nella memoria... del medio œvo, Turin, 1882, I, 
3 10, qui a fait sur l'histoire de cette légende une étude des plus approfondies. 

— 3. Jacques de N'oragine narre, dans la Légende dorée, c. VI, De Nativitate 
(édition de Lyon, i554, fol. 8; cf. Tn. Graesse, 1890), les deux légendes. « Cum 
ergo {Octavianiis) in die nativitatis domini consilitim super hac re convocasset 
et Sibylla sola in caméra imperatoris oraculis insisteret in die in medio circulus 
auretis apparuit circa soient, et in medio circuli virgo pulcherrima stans super 
aram pueriim gestans in gremio. Tune Sitylla hoc Cœsari ostendit. Cum autem 
imperator ad predictam visionem plurimum admiraretur, audivit vocem dicen- 
tem sibi: Hœc est ara Dei cœli. Dixitque ei Sybilla: Hic puer major te est, et 
ideo ipsum adora. Eadem autem caméra in honore sanctx Mariœ dedicata est, 
unde usqiie hoc dicitur sancta Maria ara cœli; intelligens enim imperator quod 
hic puer major se erat, ei thura obtulit : et Deus de castero vocari recusavit. De 
hoc autem Orosius ita dicit : Octaviani tempore hora circiter tertia cœlo repente 
liquido ac puero et sereno circulus ad speciem cœlestis arcus orbem salis am- 
bivit quasi venturus esset, qui ipsum soient solum mundumque totum et fecisset 
et regeret. Hœc Orosius. Idem ait Eutropius. Refert quoque Timothœus histo- 
riografus se in antiquiis Romanorum historiis invenisse quod Octavianus XXXV 
regni sui anno capitolium ascendit, et quis post se rempublicam gubernaret a 



APPENDICE. 289 

rencontre les Iraces les plus anciennes. AufiTiste, voulant savoir 
qui lui succédera, va trouver la Pythie qui d'abord ne lui répond 
rien, puis se décide enfin à lui dire qu'il lui faut quitter sa 
demeure parce qu'un enfant juif est né qui a soumis les dieux 



et ordonne que les temples soient abandonnés, ce qu'entendant 
l'empereur fait élever sur le Capitole un autel avec cette inscrip- 
tion : autel du premier-né de Dieu, Ara Primogeniti Dci'. 

dijs sollicite requlsivil. Et audtvlt vocem siH dlcentem : fiier «Ihercas ex Iko 
rirenle sine kmpore genilHS non mullum posl ex Inlemtrjla virgine Deus homo 
nasctliirus sine macuii; hocauJilo Itluram aJIficavll. cul hiinclllulum inscrif- 
SU : Hkc esl ira fillt Del vlvenlis. Secundo, etc. . Cf. Abnolii vos Habff, DIc 
fiiaerfahrt... 1407, Cologriie. 186". Itad. italienno, Arcli. Venelo. XI, [. p. \jfj. 
— I. JOANNE«ANTiocnENfs.dit Malau, écrivain du VI' .siècle; Hlsloi-ij Cliro- 
iilij. puis CeriRExo, SmnAS, Nccèpiuire. Mai.ala cite TimolhSe, Cf. <i. B. nt 
Hll,^!I, liallclim' dl Archc-logij Chrisl., ifti,, p. R5. 



•-.«-y ■ 



240 LE CAPITOLE ROMAIN. 

La forme occidentale de la lég-ende se trouve dans les Mira- 
bilia : « Les sénateurs voyant la beauté de l'empereur qui était 
telle qu'on ne pouvait le reg^arder en face, et sa prospérité sans 
seconde, g-râce à laquelle il avait soumis le monde à ses lois, lui 
dirent que tant d'avantag-es n'auraient pu lui être accordés s'il 
n'était pas un dieu ; il alla consulter sur ce point la sibylle de 
Tibur qui lui demanda trois jo\irs de réflexion pendant lesquels 
elle mit en œuvre ses arcanes opérations, après quoi elle dit à 
l'empereur qu'un roi était venu du ciel pour juger la terre dans 
les siècles et qu'il avait pris la forme humaine ; alors le ciel s'ou- 
vrit et une splendeur apparut au milieu de laquelle l'empereur 
vit une vierg-e d'une beauté merveilleuse debout sur un autel et 
tenant un enfant dans ses bras ; comme il s'étonnait, une voix 
venue d'en haut se fit entendre à ses oreilles. « Cette Vierge, 
disait-elle, concevra le rédempteur du monde. » Puis encore : 
« Elle est la fille très chère de Dieu. » Aussitôt l'empereur se 
prosternant adora le Christ. Il rapporta sa vision aux sénateurs. 
Elle eut lieu dans sa chambre, à l'emplacement où se trouve 
actuellement l'église Santa Maria in Capitolio et c'est pourquoi 
on l'appelle S. Maria in Ara Cœli*. » 

Dans la suite, cette version subit de curieuses transformations ; 
la sibylle prit le nom d'Ara Cœli ; Auguste convoque tous les 
sages; il agit par simple modestie ou par crainte qu'un plus 
puissant que lui devant lui succéder, les honneurs divins qu'on 
lui rendrait ne tournent plus tard à sa confusion *. On raconta 
aussi qu'un empereur avait édifié, en ce lieu, un temple qui devait 
durer, disaient les oracles, tant qu'une vierge n'accoucherait pas 
d'un enfant et qui croula au moment de la naissance de Jésus ^ ; 
c'est là une des formes de cette pensée d'ailleurs très juste et 
que l'on retrouve si souvent et si diversement exprimée au moyen 
âge, à savoir que l'avènement du christianisme devait forcément 
entraîner l'anéantissement du monde ancien. 
Il est assez naturel que la légende existant sans que le lieu de 

I. Mirabilis, éd. Parthcy, p. 33, 3^. Le récit de la Graphia reproduit celui-ci 
avec peu de variantes; il n'y est pas fait mention toutefois de l'élise. Il se ter- 
mine par ces mots où se sent l'influence de la tradition orientale : « Alia vero 
die, dum fopultis dominum illiim vocare decrevisset, statim manu tt vultti 
repressit. Ncc etiam a filiis domimtm se appellari permisit, dicens : Cum sivi 
mortalis dominum vie dicere nolo. * Ed. C. L. Urlichs, 1871, p. 120, ligne 33. — 
2. A. CiRAF, t. I, p. 3i5. — 3. Gregorovius, II, 497, 524, 525. Borsari, Topogr. dî 
Roma antica, p. 202 et Gatti, AUi delV Accad. Pontif. dei Ntiovi Lincei, 
an i({()6, p. 33r, estiment que le nom d'Aracœli vient de Ara Vinrinis Cœlestis, 
que l'on contractait en Ara CœlesHs, car la Juno Cœlestis s'appelait indifférem- 
ment, comme il a été dit, Virs^o cœlestis, Dea Virs^o Cœlestis ow simplement 
Cœlestis. On a même prétendu que Cœlestis avait pu se lire Cn'li est 



APPENDICE. l4» 

l'apparition ait été lixc, on l'ait situé dans le temple de la Virgo 
cœleslis, la première des divinités féminines de Rome et celle 

qui avait charge d'à- ' ____^_^^_ 

vertir, de conseiller i ; 

les Romains. Mainte- 
nant il se peut aussi 
que le nom d'Aracœli 
ne vienne pas de Ubi 
esl arajilii Dei mais 
de Arce, puisque le 
temple s'élevait sur 
cette partie du mont 
Capitolin appelée 
Arx, ou bien encore 
de Aurocœlo, nom 
donné à certaines 
églises, notamment à 
ime ég'lise de Pavie'. 
Quoi qu'il en soit, le 
nom de S. Maria in 
Aracœli ou simple- 
ment Aracœli devint 

le titre définitif de Pig. 40. — S. Maria Aracitli. 

l'église du Capitule. (Gravure allemande du commencemoiit du siècle.) 
Une inscription ar- 
chaïque gravée sur un autel de la chapelle de Sainte-Hélène, 
' rappelait l'origine légendaire de celte appellation ; 

LVMINIS HANC ALMAM MATRIS QVI SCANDIS AD AVLAM 

CVNCTARVM PRIMA QVAE FVIT ORBE SITA 

NOXAS QVOD CAESAR TVNC STRVXIT OCTAVIANUS 

HANC ARA COELI SACRA PHOLES CVM PATET El' 

L'église possédait une image de la Vierge attribuée à saint 
Luc, ce qui lui valut, durant la grande peste de 1348, d'abon- 
dantes offrandes avec lesquelles fut construit l'escalier qui lui 
donne accès; il compte cent vingt-quatre degrrés: Lorenzo di 
Simone Andreozzi le construisit avec des pierres enlevées du 
temple de Quirinus au Quirinal '. Vers 1460, le cardinal Oliviero 
Caraffa reconstruisit les voûtes des deux nefs latérales ; en i56i. 
Pic IV, renouvelant une prescription de Paul IV qui était 
demeurée inexécutée, fit enlever une partie des monuments funé- 
raires dont l'église était encombrée*. Léon X fit de l'église 

,. ARHEL...M, p. 54..- 



2il2 LE CAPITOLE ROMAIN. 

d'Aracœli un titre de cardinal. En 1564, fut ou\'erte la porte 
qui donne sur la place du Capitule par le portique de Vignole. 
Ce fut Alessandro iVlattei qui fit placer dans la lucarne qui est 
au-dessus de la porte la mosaïque représentant la Vierg-e entre 
deux ang-es qui s'y voit encore. Antérieurement on sortait par 
une porte qui occupait l'emplacement de la chapelle S. Matteo: 
elle s'ouvrait sur le cimetière et près de l'obélisque *. Grég-oire XIII 
ordonna à tous les propriétaires des chapelles de les restaurer, 
mais elles ne furent mises en état que sous ses successeurs. En 
souvenir de la victoire de Lépante (1571), un plafond doré fut 
exécuté non en cette même année comme on l'a écrit g-énérale- 
ment, mais dans les années suivantes*. 

Ces embellissements étaient faits aux frais du peuple parce 
que le peuple était propriétaire de rég"lise. On a vu que les 
mag-istrats urbains siégèrent souvent, surtout au xv° siècle, dans 
le cloître du couvent et sous le porche de l'ég-lise. En l'année 
1445, le pape Eug-ène IV avait reconnu les droits du peuple sur 
l'église et ses dépendances '. 

core, et dont Forcella a relevé les inscriptions, se trouve celui de Biondi ou 
Blondi, ce descripteur de Rome dont on a eu l'occasion de citer l'ouvragre. 
Forcella, I, n, 519. P. Caslmiro, p. 28; Terribilini, Le Chiese di Rotna, Ms. de 
la Casanatense, 2i83, p. 120. — i. Boissardus, J. J., Romanœ Urtis Topog., 
p. 26. — 2. Séance du 20 novembre 1571. La bataille avait eu lieu le 7 septembre. 
Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 847. Le 19 juin 1572, le pape Gré- 
goire XIII autorisa, par un motu proprio, le conseil communal à prélever sur 
la gabelle des Études les fonds nécessaires à ce travail. « Cum,sicut accepimus, 
dilecH fllii... in memoriam gloriosissimœ victorix... laquear fatricari, ornari 
et decorari facere decreverunt.... » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 
38i. — 3. Par une bulle adressée aux sénateurs, conservateurs et caporioni, 
qu'il charge d'être à perpétuité les protecteurs du couvent et des religieux. La 
bulle ne figure pas dans le Magnum BulUritim ; Vitale, Storia diplom. de' 
Senatori di Roma, II, 413, la donne. 




BIBLIOGRAPHIE 



On trouve des monographies complètes ou partielles du Capi- 
tole moderne dans les ouvrages suivants : 

MoNTAGNANi, MiRABiLi-PiETRO Paolo, // Mttseo CapîtoUttOy Romc, 

1828. 

Re, Camillo, // Campidoglio e le sue adiacenze, Bullettino délia 
Commis, archeologica comunale di Roma, an. X, 1882. 

Gerardi, F., Scoperta di pregevoli avanzi delV antico palazzo 
Comunale. Ibid., an. XXVII, 1899*. 

Lanciani, Comm. R., Lo Monte Tarpeo, Ibid., an. XXIX, 1901. 

HuELSEN, Christian, Bilder ans der Geschichte des Kapitols, 
Rome, 1899. 

MicHAELis, A., Michelangelo's Plan zum Capitol. Zeitschrift fur 
Bildende Kunst., mai 1891. 

MiCHAEi^is, A., Storia délia Collezione Capitolina di Antichilà. 
Mittheilungen der kaiserlich deûtschen Archaeologischen Instituts, 
Rœmische Abtheilung, Band VI, Rome, 1891. 

Nomenclature de quelques-uns des ouvrages et des articles de 
Revues dans lesquels il est parlé du Capitole moderne avec 
indication du passage. (Voir également le chapitre consacré à la 
formation des Musées Capitolins.) 

Aldrovandi, Ulisse, Délie Statue Antiche di Roma. Rome, sans 
date, p. 268. 

BioNDO ou Blondo, Flavio, De Roma Instaurata libri Ires, Venise, 
i5io, liv. I, n. 66. 

I. M. Gerardi prépare un travail sur les Stemmi, les écussons et les armes 
qui ornent le Capitole tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. 



244 LE CAPITOLE ROMAIN. 

BoTTARi, Giovanni, Raccoîta e spiegazione délie scullure, t. IV 
publié par De Rossi, Rome, 1741-1782. 

BoRGHESi. Bartolommeo, .Vmov/ Frjmmettti del fjstî consolari capi'to- 
liniy Milan, 18 iB. 

BuRNET, G. V(:fyage de Suisse^ d'Italie... y fait es années i685 et 1686, 
Rotterdam, 1690, p. 348. • 

Cancellieri, Francesco, Le due nuove Campane di Campidog/io, 
Rome, 1806. 

Capobianciii, Vincenzo, Degli stemmi primitivi del Commune di 
Roma, Archiv. délia R. Soc. Romana di St. Patria, vol. XIX, p. 347. 

Castellani, Augusto, Le Aedes Trensarum sut Campidoglio, Bull. 
Arch. Comu., an. V, 1877, P- 66. 

Cavalleriis, Io. Bapta de, Antiquarum Statuarum Urbis Romœ, 
auctore, sans date, xvi* siècle. 

CoNDÉ, LE Prince de, Voyage en Italie, Paris, i636, p. i33. 

Coyer, Voyage d'Italie par Vabbé — , Paris, 1775, t. I, p. 169. 

DeBrosses, Lettres familières du Président — , Paris, i885, lettre XLV. 

Deseine, François, Description de la ville de Rome, Lyon, 1690, t. I, 
p. 194, t. II, p. 35i. — Rome Moderne, Paris, 1713, t. II, p. 499. Le 
texte est le même. 

DoNATO, Alexander, Roma velus ac recens, Rome, 16.39, P- ïo6 à i83, 
Liber secundus qui Capitolium et loca circumiacentia compiectitur. 

Fauno, Lucio, Délie Anlichità di Roma, Venise, 1648, liv. II, cap. I, 
fol. 28. 

Fea, Carlo, Xuova Descrizione di Roma antica e moderna, pub. 
par Angiolo Bonelli, Rome, 1821, p. 188. 

Fea, Carlo, Xuova Descrizione de Monumenti contenuti nel Vati- 
cano e nel Campidoglio, Rome, 1819, p. 176. 

Felini, Pietro Martire, Trattato nuovo délie cose meravigliose di 
Roma, Rome, 1625, p. i53. 

FicoRONi, Francesco de. Le Vestigia è rarità di Roma antica, 
Rome, 1741, cap. X, p. 41 à 67. Del Monte Capitolino e délie memorie 
che vi si vedono. 

Fi:lvio, Andréa, Antiquilates Urbis Romœ, sans date. Le bref de 
Clément VII qui en autorise la publication est du i5 février i525, lib. 
II, fol. XVI. De Capitolino Monte et ejus priscis ornamentis. 

Gaddi, Gio. Batta, Roma nobilitata nelle sue fabriche, Rome, I736, 
p. 129 à 202, // Campidoglio illuslrato. 

Gamucci, Bernardo, Dell' Anlichità délia Città di Roma, Venise, 
i565, p. 18. 

Gatti, g., Le Scholx délie Arti in Campidoglio, Bull. Arch. Comu., 
an XXII, 1894, P- •^^^• 

Gatti, G., Le recenti scoperte sut Campidoglio, Bull. Arch. Comu., 
an. XXIV, i8(/), p. 119, 187. 



BIBLIOGRAPHIE. 2^5 

Gatti, g., Di una antica iscrizione che ricorda la Dca « Virgo 
Cœlestis »», Rome, 1897. . 

Govi, G., Anliquarie prospetliche romane composte per Prospettivo 
MiLANESE dipintore, Rome, 1876. 

GuASCo, Francesco Eugenio, Musaei Capilolini Anliquœ Inscrip- 
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GuATTANi, Gii'SEPr>E Antonio, Roma descritla ed illustrata^ Rome, 
i8o5, t. I, p. 100. 

Gronovius, Jacobus, De Clivio Capitolhio, Lugd. Batav., 1696. 

HuELSEN, Christ., Vedule di Martino Ileemskerck, Bull. Areh. 
Comu., 1888, p. i53. 

Itinerario istruttivo délie magnificenze di Roma, Rome, 1764, p. 44. 
Campidoglio e suoi palazzi. 

La Lande, Voyage d^im Français en Italiej Venise, 1769, t. IV, 
p. 261. Collection des statues et des peintures du Capitole, p. 287. 
Description du Capitole. 

Lanciani, Comm. R., Il tempio di Giove Oltimo Massimo, Bull. Arch. 
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Lanciani, Sloria degli Scavi di Roma^ Rome, 1902- 1903. 

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Magnan, D., La ville de Rome, Rome, 1778, t. IV, p. 2. Quartier du 
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Marlianus, Barth., Urtis Romx Topographia, Bâle, i55o, p. 28, 
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Martinelli, Fiovarante, Roma ricercata, Rome, 1664, p. 79. 

Mauro, Lucio, Le Antichità de la Città di Roma, Venise, i556, p. 11 
et Le Antichità délia Città di Roma, Venise i558, p. 5. Del Colle 
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Mayer, Mattheus, Roma septicollis antiqua, Rome, 1677, p. 2. De 
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Mirabilia Urbis Romœ, éd. Parthey. 

Misson, Maximilien, Voyage en Italie, La Haye, 17 17, II, 228. 

MiJNTZ, 'E.,,Les antiquités de la ville de Rome, Paris, 1886, passim. 

Mlntz, E., Les Arts à la Cour des papes, Paris, 1878-1882, passim. 

MiJNTZ, E., Le Musée du Capitole elles autres collections romaines à 
la fin du xv" et au commencement du xvr siècle, Paris, 1882. 

Mtiseo Capitolino, Ijescrizione délie Antichità del nuovo palazzo. 
Rome, 1750. (L'auteur est le marquis Giampietro Licatelli.) 

Nardini, Famiano, Roma antica, Rome, 1704, à la fin se trouve : 
Memorie di varie antichità trovate in diversi luoghi délia Città di 
Roma,scrilte da Flaminio Vacca, 1594, stampate, Roma, 1704. 

NiBBY, Antonio, Roma antica, t. I, p. 9, 495, Del Campidoglio dalla 
fondazione di Roma al sec. XV, Rome, i838. 



246 LE CAPITULE ROMAIN. 

NiBBY, Antonio, Roma nelVanno M.D. CGC. XXXVIII parte seconda, 
Rome, 1H41, p. 606. 

XiBBY, voir Vasi. 

NoDOT, Nouveaux Mémoires ou Observations^ Amsterdam, 1706, 
11,64. 

Panciroli, Ottavio, / tesori nascosti neîV aima città di Roma, Rome, 
1600, p. 470. 

Panciroli Ottavio, Descrizione di Roma antica e moderna^ Rome, 
1708, t. II, p. 56q. Del campidoglio moderno e sue descrizione. 

P1NAROL1, Giovanni Pietro, Traltato délie cose piit memorabilie di 
Romay Rome, 1725, p. 160. 

Platner, Ernest, Bunsen, Beschreibung der Sladt Rom, Stuttgart, 
i837, t. III, A. p. 97. 

Pollnitz, Mémoires de Charles-Louis, baron de, Liège, 1784, t. II, 
p. 249. 

Prospettivo Milanese, voir Govi, G. 

RicHARDSON, Ab., Voyage en Italie (1720), t. VI, p. 5o. 

RkiIietti, p., Descrizione del Campidoglio, Rome, i83i-i836. 

RoGissART, Les Délices de V Italie, Leyde, 1706, II, 363. 

Rossi FiLiPPO DE, Ritratto di Roma Moderna, Rome, i652, p. 4i5. 

Rossi Gio. Batta. La Loggia del Commune di Roma nel Campido- 
glio, Bull. Arc II. Comu., an. X, 1882, p. i3o. 

RossiNi, PiETRo, // Mcrcurio errante, Rome, 1702, p. 2. 

Stendhal, Promenades dans Rome, à la date du 8 janvier 1828, t. I, 
p. 191. 

Stevenson, Knrico, Di una planta di Roma dipinta da Taddeo di 
Barlolo. Bull. Arch. Comu., an. IX, 1881, p. 90. 

ToTTi, LuDovico, Ritratto di Roma moderna, Rome, i638, p. 400. 

Vacca, Flaminio, voir Nardini. 

Vasi, Itinéraire de Rome, rédigé par A. Nibby diaprés celui de feu 
Vasi, Rome, 1839, t. I, p. 48. 

Venturi, A., La gai 1er ia del Ca?npidoglio, Rome, 1890. 

Venuti, Ridolfino, Accu rata e succinta descrizione di Roma mo- 
derna, Rome, 1766, t. II, p. 290. 

Venuti, Ridolfini, Spiegazione de bassirilievi dell' urna delta di 
Alessandro Severo sut Museo Capitolino, Rome, 1756. 

Voyage d'un Français en Italie fait dans les années 1765 et 1766, 
Venise 1769, t. IV, p. 248. 

Voyage d'Italie curieux et nouveau (par Huguetan, avocat au Par- 
lement de Lyon), Lyon, 1681, p. 290. 

Journal d'un voyage de France et d'Italie fait par un gentilhomme 
français Vannée i(y(n, Paris, 1679, p. 322. 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



La lettre M désigne les objets qui font partie des Musées Capitolins. 
—, Art. désigne les artistes ou les artisans ayant travaillé au Capitole. 



Abondance, statue, M, 

210 note I. 
Académie des Anti - 

quaires, 224. 

— des Arcadiens, 224, 

225, 226, 227, 229, 232,233. 

— de dessin, 224. 

— des Intecondi, 224. 

— des Lincei, 225. 

— de S. Luca, 225. 
Académies, 218, 224. 
Accolti (Vincenzo), 177. 
Achille. Voir Disque. 
Acqua felice, 149. 
Acqua Marcia, 46. 

— — château, 142. 
Adonis, statue, 204. 
iï^des Thcnsarum, 44. 47. 
^quimehum, 47, 48. 
Agon Capitolinus, 14. 
Agriculteurs (Corpora- 
tion des), i65, 166, 167. 

Agrippa, buste. M, 214. 

Agrippine (Urne funé- 
raire de la première 
Agrippine), M, 192, 193. 
195, 209 note I. 

Agrippine et Néron. grou- 
pe, M, 202. 

Albani (Çard. Alessan- 
dro), 211, 212. 

Albani (Orazio), sénateur, 
i32, 186, 188. 

Alberini (Marcello), i58. 
159, 175. 

— (Orazio), i58, 160. 
Albertini (L'), 196. 



Aldrovandi, description 
des Musées Capit., 199. 

Alexandre, buste, M, 202. 

Alexandre nu, statue, 204. 

Alexandre IV, 63. 

Alexandre VI, 238 note i. 

Alexandre VII, 181, 182. 
184, 186, 209, 234 note I. 

— statue, 184. 
Alexandre Sévère, i3. 

— sarcophage, 206, 208 
note 6, 211. 

Alsina, Biagio, Art., 219. 

Amazone, statue. M, 21 5. 

Amazone blessée, statue. 
M, 2i5. 

Amazone, statue suppo- 
sée, M, 211. 

Amazones (Sarcophage 
des), M, 214. 

Amédée de Savoie, 83. 

Amendes appliquées à la 
reconstruction des pa- 
lais, 146. 

Ammien Marcellin, 49. 

Ammon, buste. M, 212. 

Amour et Psyché, grou- 
pe. M. 2i5. 

Ampère, i32. 

Amulio. cardinal, 174. 

Anaclet, antipape. 62, 71, 
102, 237. 

Ancus Marcius, 5, 4or 

Andréa Morena de Lodi, 
94. 

Andréa di Nornianni, sé- 
I nateur. 65. 



Andreozzi (Lorenzo di 

Simone), 241. 
Annius Verus (Palais d'), 

l32. 

Antinous, statue. M, 2i3. 

Antipater, fils d'Antio- 
chus, 9. 

Antoine, buste, M, 202. 

Antonin le Pieux, buste, 
212. 

Antonio de Grassis, sé- 
nateur, 187. 

Antonio de Pontianis, 
Art., 88. 

Apollon, statue par Ca- 
lamis, 36. 

— Statues, M, 199, 202, 
210 note I, 2i5, 216. 

— (statue colossale pré- 
tendue d'). M, 196, 209 
note I. 

Apothicaires (Corpora- 
tion des), 167. 

Appius Claudius Sabi- 
nus, 8. 

Aracoeli. Voir S. Maria 
Aracœli. 

Arbre de la liberté, 224. 

Arc de Portogallo, 209. 

Arc de triomphe de Marc 
Aurèle, 37, 198. 

— — Néron, i3, 21. 

— — Scipion l'Africain, 
16. 

— — Scptime- Sévère, 
79, 71, 87, 97, 122, i83, 



218. 



2^8 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 



Arco di Settimio (Via 
dcU'). 5, 17, 19, 24. cfi. 

Arca (Lodovico), séna- 
teur, i5o. 

Archiconfraternité 
S. Sanctorum. Voir 
Sancta Sanctorum. 

Archigalle, bas-relief, M, 

Architectes ayant tra- 
vaillé au Capitule : 
Balestra, Carlo. 
Del Duca, Giov. 
Délia Porta. 
Lun^^hi, Martino. 
MatTei, Andréa. 
Matteo di Castcllo. 
Michcl-Anfîc. 
Rinaldi. Carlo. 
Rinaldi, Girolamo. 
Roverclla. 

Specchi. Alessandro. 

Tittoni. Filippo. 

Area Capitolina, 3, 8. 9. 

12, i3, 16, 17, 25, 26, 39, 

40. 41, 42, 43, 44, 45, 46. 

47. 48. 104. 

Aristide de Smyrnc, M. 

20<J. 

— buste. M, 200 note 6. 
Armes et écussons prin- 
cipaux figurant sur les 
murs du Capitole : 
Bovio, (iiacomo. 
Cibo, cardinal. 
Estoute ville (cardi- 
nal d'). 
Gualdi. 
Porcari. 
Roverella. 
Niccolo Tolosano. 
Arnaud de Brescia, 63. 
Aromates (Corporation 
des marchands d'), i65. 
166, iO~. 
Arpin (Giuscppe Cesari. 
dit le chevalier d'), 154. 
i55, 182. i85, 208 note 6. 
Artistes et artisans ayant 
travaillé au Capitole : 
Alsina Biagio. 
Antonio de Pontianis. 
Ascenzo. 
Baldassare. 
Bartolommeo di 
Tommaso. 



Basse de Florence. 

Beltrano. 

Benedetto de Pise. 

Bescape, Ruggiero. 

Caffarelli, Gio.Petro. 

Cencio Jacobi Van- 
nucii. 

Corbolini. Nardo. 

CriJitoforo Geremia. 

Del Buffalo, Orazio. 

Diana, Domenico. 

Ferretti, Antonio. 

Filippo. Maestro. 

Firmo daCaravaggio. 

Francesco. 

(ihezzi. 

Giannini, Domenico. 

Ciidone, Simone. 

Giovanni Antonio de 
Pomis. 

Giovanni daMantova. 

Guidocci. Leonardo. 

Jacobo de Bologne. 

Landini, Taddeo. 

Laureti, Tommaso. 

Ludovicus. 

Lupis. Domenicode. 

Macaronius, Marius. 

Maes, Girolamo. 

Mancini, Domenico. 

Mellini. 

Napolioni, Clémente. 

Nello di Bartolom- 
meo. 

Nucci. 

Oliviero. Paolo. 

Paolo Romano. 

Peracca, Antonio. 

Petrus. 

Pietra Santa, Giaco- 
mo. 

Pietra Santa, Lo- 
renzo. 

Pietro di Giovanni da 
\'aresc. 

Pincellotti, Fran- 
cesco. 

Rondino. Alessandro. 

Rossi. 

Salviati de Anania. 

Spagna. Giuseppe. 

Topi. Vinccnzo. 

Torrone. Gio. Batta. 

Valsoldi, Giovanni 
Antonio. 

Visco, Domenico. 



Artisti, 188. 

Arvales (Collège des), 32. 
43. 

Arx, 2, 4, S; 6, G, 10, II. 
12, 14, i5, 17, 18, 19, 20, 
21, 22, 25, 38, 5o, 241. 

Ascenzo da Mantova. 
Art., 97. 

Assectamentum (Salle de 
1'). Voir Salle d'au- 
dience. 

Astalli (Lorenzo), 2o3. 

Asylum, 2, 4, 5, 1 1 , 12, 1 3, 
14, i5, 16, 17, 21, 22, 23, 
25, 33. 

Atelier monétaire du Ca- 
pitole, 18. 

Athena (Pronaos d*), 27. 

Athenaeum, salle d'au- 
dition, 14, 44. 

Atrium publicum, 14. 

Aubergistes(Corporation 
des). 166, 167. 

Audebert (Nicolas), des- 
cription des musées ca- 
pitolins. 204 note 3. 

Auguraculum, 5. iB, 19. 

Augures, 5, 11. 

Auguste, 12, i3, 3i, 36. 
41, 42, 46. 

Auguste assis, statue. M, 
210 note I. 

Auguste, buste, 212. 

Auguste, statues, M, 200, 

2l3. 

Auguste (Mausolée de la 

famille d'), 192. 
Aurélia Extricata, ii5.ii6. 
Aurélien, i3. 
Ausone, 49. 
Autel circulaire, M, 208 

note 3. 
Autel, base carrée où sont 

représentés les travaux 

d'Hercule, M, 214. 
Autel dédié à Hercule, 

195, 199. 
Autel dédié à Jupiter Sol 

Serapis, M, 2i5. 
Autel dédié à la Mater 

Magna, M, 210. 
Autels des Vicomagistri, 

M, 195. 
Aventin, statue supposée 

du mont Aventin, M, 

203. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 



Averlino (Antonio), dit le 

Filarète, i33, 134. 
Bacchante, statue, M, 211. 
Bacchus, statue, M, 202, 

210 note I. 
Bacchus enfant, statue, 

M, 199. 
Balcons du palais séna- 
torial, 73, i5o. 
BaldasSare, marbrier. 

Art., 88. 
Balestra (Carlo), archi- 
tecte, 182. 
Balustrade de la place, 

140, 142, 182. 
Banderisi. Voir Banne- 
rets. 
Bannerets,89,90, 104, 11 3. 
Barbares (Statues des 

deux), 211. 
Barberini (Taddeo), i83, 

193 note 3. 
Bartolommeo di Tom- 

maso, Art., 88. 
Bas-reliefs, l'hoir Arc de 
Portogallo. 
Archigale. 
Endymion. 
Jupiter Capitolin. 
Marc-Aurèle. 
MetUus Curtius. 
Mithra. 

Pan et les Nymphes. 
Sarcoph. d'Achille. 
Sarcophage des Ama- 
zones. 
Sarcophage des Qua- 
tre-Saisons. 
Basa (Domenico), 171 

note 4, 176, 177. 
Bases dédicatoires des 

villes de Lycie, 4, 5. 
Bases. Voir aussi Autels. 
Basso de Florence, Art., 
98 note 1, 100 notes iet2. 
Béata Rita, 20. 
Bec de poisson, M, ai 1 . 
Bellonc asiatique (Autel 

de la), 44. 
Bcltrano. Art., 87 note 7, 

97 note 4. 
BeLvédère du Vatican, 

198, 201. 
Bembo, cardinal, 151,196. 
Benedetto de Pise, Art., 
137 note 3. 



Benefîcentia (Sanctuaire 
de la), 14, 43. 

Benoît XIII, 187,211,222, 
226, 234. 

Benoît XIV, 214, 2iS 219, 
224. 

Benoît de Sainte-More, 
54. 

Benozzo GozzoH, fresque 
de San-Gemignano, 95. 

Bernardino de Sienne 
(Fra), Il 5. 

Bernin (Le), 169. 

Berry (Représentation 
du Càpitole du Livre 
d'Heures du duc de), 
rotr Chantilly. 

Bescape(Ruggiero), Art., 
78, 206, 267. 

Bibliothèque, i23. 

Bibliothèque Nationale; 
représentation du Ca- 
pitale, 94. 

Bibliothèque Vaticane ; 
représentation du Cà- 
pitole, 63, 94. 

Bibulus (Sépulcre de), 20. 

Biondo (Flavio), 85. 

— sa sépulture à S. 
Maria Aracœli, 241 
note 3. 

Blado, imprimeur, 171 
note 4. 

— sa veuve, 177. 
Blasio (Camillo), geôlier, 

160. "^ 

Bocca délia Verità (Via 

délia), i5, 48. 
BoccabelIa(Luzio), 140. 
Boccapaduli, 144, 175,203. 
Bona Fortuna, statue, 45. 
Bonfilii (Benedetto), de 

Pérouse, peintre, i52, 

i55. 
Boniface, antipape, i32. 
BonifaceVIII, i34note i. 
Boniface IX, 65, 68, 74, 

84. 
Bonus Eventus, statue, 

45. 
Bottiers (Corporation 

des) i65, 166, 167. 
Bouchers (Corporation 

des), 166. 
Boulangers (Corporation 

des), 166, 167. 



249 

Bouviers (Corporation 
des), i65. 

Bovio (Giacomo), 127. 

Brutus (L. Junius), bus- 
tes, M, 200, 2i3 note 1. 

— statue, 46. 

Bufala (Vicolo délia), 48. 

Buffalo. Fo«r Del BuflFalo. 

Bulle de Louis de Ba- 
vière. \'oir Louis de 
Bavière. ^ 

Buoncompagni (Giaco- 
mo), 171. 

— statue, 168. 
Burchard, 170. 
Bustes, collection du car- 
dinal Albani,M, 212. 

Caccialupi, abbé, 21 5. 

Cadran solaire. M, 21 5. 

Cœlius (Mont), 2, 18. 

Caffarelli (Ascanio), direc- 
teur de l'imprimerie, 
175. 

Caffarelli (Gio. Petro), 
surveillant des travaux, 
i5o. 

Caffarelli (Famille), 108. 

Caffarelli (Palais), 2, 6, 
38, io5. 

Calâtes (Comices), 8, 9, 
44. 

Caligula, i3, 192. 

— buste. M, 212. 

Camellaria, 101, 162. 

Camillus dit Zingara, sta- 
tue, M, 194, iç6, 199, 
209 note I . 

Campanile, 96, 120, 122, 
146, 147, 182, 219, 220. 

— statues, 147 note 2. 
Voir Horloge du 
peuple romain. 

Campanile d'Aracœli, 218. 
Campidoglio (Piazza del) , 

2, 16, 21, 23, 25, 26, 78, 

137-144. 

— (Via del), 16, 24, 102, 
140, 160. ' 

Cancellaria, 101, 162. . 
Capitani (Salle des), 211. 
Capitolina (Via), 70, 72, 

i38, 140, 144, 182. 
CapitoUum vêtus, 45. 
Caporioni, ii3, 114, 126, 

180. 
Caracalla, i3. 



2.)() 

Caracalla, buste, M, 212. 
Caraffa (Cardinal Olivie- 

ro), 241. 
Carava|jre (Peintures de 

la chapelle par), 217. 
Carcer, 17. 

Carmentalis(Porte),6, i5. 
Caroline- Louise, margra- 

vine de Bade et de 

Durlach, 23o. 
Carpi (cardinal de), 2X). 
Carrachc (Annibal), i55. 
Carroccio, 66. 
Cartaro (Plan de), 121. 
Carushomo,sénateur, 102 

note 3. 
Casa Romuli, 44. 
Casanova (Ciiacomo),225. 
Casella (Filippo), 207. 
Cassiodore,6o. 
Castor et Pollux. Voir 

Dioscures. 
Catherine II de Russie, 

228. 
Catulus (Q. Lutatius), M, 

3o, 3i, 35. 
Cavalieri(Tommaso),i75. 
Cavalli, 23o. 
Cavallini (Pietro), 238. 
CechinodeC'ampello, iiô 

note 6. 
Ccdri, avocat, 23o. 
Cencio Jacobi Vannucii, 

charpentier, Art., 8^î. 
Centaures, M, 216. 
Ccntum (iradus (Escalier 

des), i3, 16, 77, 26, 48, 

62 note 2. 
César, i5, 3i, 46. 
— statue colossale, 200. 
Ccsarini (baron), 82, 83. 
Cestius (Pyramide de), 

209. 
Champ de Mars, i, 2, 6, 

II, 14, i5, 2u, 21, 25, 32, 

46, 48. 
Chancelier(Tour dite du). 

T 'oir Torre del Mercato 

del Cancelliere, 
Chantilly, Musée Condé ; 

représentation du Ca- 

pitole, 94. 
Chanvriers sur le Monte 

Caprino, 106. 
Chapelle du palais des 

Conservateurs, 74, 217. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 



Charles d'Anjou, séna- 
teur, 65. 75. 

— statue. M, 194. 
Charles-Quint, 119, 124. 
Charpentiers (Corpora- 
tion des), 166. 

Chars du Soleil et de la 
Lune, 37. 

Chasseur (Polytime), sta- 
tue, M, 212. 

Château-Miroir, 58. 

Cheval et Lion, groupe, 
M, 76, 77, 192, 199, 207, 
208 note 6. 

.Christine,reinede Suède; 
buste et inscription 
commémorative, 190. 

Cibo (cardinal), ses ar- 
mes, 87, 98. 

Cicéron, 36. 

— buste, M, 208. 
Ciogni,famille de modé- 
rateurs de l'Horloge, 

221. 

Circus Flaminius, 32. 
Circus Maximus, 17, 194. 
Citerne du Palais des 
Conservateurs, 90, ii5. 
Claude, i3, 44. 

— buste. M, 202. 
Claude le Gothique, sta- 
tue, 14, 46. 

Clément III, i32, i33. 
Clément VII, 83. 

— statue, 169. 
Clément VIII, 77, 119, 

149, i5o, 154. 
Clément' IX, 1^36. 
Clément X, 182, ii)6. 
Clément XI, i{%,2i), 218. 

— (Portique de), 78. 
ClémentXII, 182, 212, 2i3, 

214, 234. 

— statue, 218. 
Clément XIII, 216. 
Clément XIV, 187, 220, 

224, 228. 
Clivus Argentarius, i5, 

20. 
Clivus Capitolinus, 5, 8, 

10, 12, i5, 16, 17, 22, 23, 

26, 70. 
Cloaca Maxima, 5. 
Cloche du Capitole, 64, 

109, 182. Voir aussi Pa- 

tarine (cloche). 



Cock(Hieronymus). Voir 

Kock. 
Coke (Thomas), 207. 
Cola diRienzo,66, 73, 74, 

81,83,96, i3i, 144, 204. 
Colisée, 57 note 1 . 

— (Matériaux pris au), 
160, 182, 194 note 4, 2i8. 

Colonna (Marc-Antoine), 

169, 170. 
Colonna (Stefano), i)3. 
Colonna (Connétable 

prince), 191. 
Colonne rostrale, M, 208 

note 6. 
Colonnes de la place, 121, 

144. 
Colonnes grecques, M, 

204, 211. 
Colonnes miliiaires, 142. 
Colosses du Capitble : 
Fragments, M, 196, 198. 
Main tenant un globe, 
i(^i. Voir aussi : 
Auguste. 
Commode. 
Domitien. 
Néron. 
Samson. 
Tibère. 
Comédie, statue, 202. 
Comitium, 8, 17. 
Commode, i3, 44, 92. 

— enfant, buste, 212. 

— (Tête colossale dite 
de), 199, 208 note 6. 
Voir aussi Néron. 

Concilia de la plèbe. 9. 
Concorde (Temple de la). 

II, 18, 19, 22, 23, 24. 
Condé (Musée). Voir 

Chantilly. 
Connétables des gardes, 

112. 
Conservateurs (Tribunal 

des). 123. 

— (Palais des), rofr Pa- 
lais. 

Consolazione (Hôpital de 
la), 144. 

Consolazione (Via délia). 
48. 

Constance, fils de Con- 
stantin, statue, M, 142, 
1(.}L), 2ck;, 214. 

Constantin, 49. 



Constantin, statue, 23, 70, 
142, 199, 207, 2(j8 note 
6, 209. 
— (Statue équestre pré- 
tendue de), i3o, i3i. 
Corbolini (Nardo), Art., 

i35 note 2. 
Corbulon, 22, 
Cordiers. 106. 
Cordonniers (Corpora- 
tion des). Koir Bottiers. 
Corilla Olympica, 228-233. 
Coriolan, 8. 

Cornélius (Lucius), pré- 
teur, buste, M, 206. 
Corporations ayant leur 
tribunal au Capitole. 
Voir : 
Agriculteurs. 
Apothicaires. 
Aromates (Mar- 
chands d')- 
Aubergistes. 
Bouchers. 
Boulangers. 
Charpentiers. 
Cordonniers. 
Ferronniers. 
Lainiers. 
Maçons. 

> 

Marchands. 
Meuniers. 
Notaires. 
Soie (Arts de la). 
Tailleurs. 
Corsi (Famille des), 61, 

62, 72. 
Corsini (Tommaso), 189. 
Cour du Palais des con- 
servateurs, 78, 92, 123, 
199, 206. 
Couronnement des pa- 
pes, ii3, 114, 169, Ï70. 
Couronnements poéti- 
ques, 78^1, 225-233. 

Crescimbeni, 227. 
Cristoforo Geremia de 

Mantoue, Art., i35. 
Cupidon, statue, 43. 
Curia Calabra, 8, 9, 44. 
Curia Innocenziana, 225. 
Cynocéphale, M, 199. 
Daniel de Volterra(?). i55. 
De Brosses (Président), 

128, 208. 
DeaVirgo Celestis (Sanc- 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 

tuairc de la). 20, 237. 
Décoration des Palais. 

Voir Palais. 
Decemvirs, 11. 
Del Buffalo (Orazio), Art., 

i5o. 
Del Cinqifè (Gio. Paolo), 

232. 

Del Duca (Giovanni), ar- 
chitecte, i5o. 

Délia Porta (Giacomo), 
architecte, i38, 139, 144. 
146, 149, 206. 

Dépouilles opimes. 4. 

Devoti, 23o. 

Diana (Domenico), scul- 
pteur. Art., 167. 

Diana lucifera, statue, 
M, 2i5. 

Diane, statues, M, 204, 
211, 2l3. 2l5. 

— statuettes, 212. 
Dii Consentes (Portique 

des), 16, 22, 23. 24. 
Dioclétien, 49. 
Diogène, buste. M, 212. 
Dioscures (Groupe des). 

45, 125, 142, 179, 207, 

209, 219, 234. 
Disque représentant la 

vie d'Achille, 21 5. 
Domitien, 14, 24, 26, 32, 

41, 46. 

— (Temple de Jupiter 
Capitolin construit par). 

,30, «57" .59» 

— (Tête colossale de), 
121, 

182, 195, 209. Voir aussi 
Néron. 

Domitius /l^nobarbus, 
buste. M, 212. 

Dosio (Plan de), 121. 

Dosti (Baron Carlo), 224. 

Drapiers (Corporation 
des), 167. 

Du Pérac (Etienne). Re- 
présentation du Capi- 
tole. 124. 

Duillius (Colonne rcTstrale 
de), 208 note 6. 

Édiles, leur bureau, 10, 44. 

Édit de Nantes (Fêtes 
pour la révocation de 

r), 191. 
Egidio de Toccho, 89. 



25l 

Églises. Voir à San.... 

Egypte. Voir Statues 
égyptiennes. 

Endymion au repos, bas- 
relief, M, 211. 

Endymion, statue, M. 19(9 
note 7. 

Enfant pressant contre 
soi une oie. M, 214. 

Enfant pressant un oi- 
seau, M, 2i3. 

Éphèbe, statue, M, 2i5. 

Épicure, buste. M, 212. 

Escalier conduisant aux 
prisons, 182. 

Escalier de l'église d'Ara- 
cœli, 20, 144, 241. 

Escalier du Palais des 
Conservateurs, i8r. 

Escalier extérieur au Pa- 
lais, 73, 76, 94, 109, 1 14, 
120, 122, 147, 148, 220. 

Escalier, grand escalier 
conduisant à la place 
d'Aracœli, 139, 142, 144, 
170, 199, 210 note 2, 220. 

Escalier intérieur du Pa- 
lais sénatorial, 218. 

Escalier d'honneur, 219. 

Esculapc, statue, 38. 

— statue. M, 210 note i, 
212. 

Esquilin, 4. 

Este (Cardinal Luigi d'), 
202. 

Estouteville (Cardinal 
Guillaume d'), 68, 98. 

Estrapade, 164. 

Étalons de mesure, 193, 

Eugène IV, 85, 87, if6, 
242. 

Euripide, buste, 212. 

Evelyn (John), descrip- 
tion des Musées capito- 
lins, 208 note 6. 

Exécutions, io3, 104, 109- 
iio, 162-164. 

Faba Tosta (Via), 70, 71. 

Fabius Maximus, statue, 
46. 

Falda(Gio. Batta). Repré- 
sentation du Capitole, 
161. 

Farnèse(Cardinal Alexan- 
dre), 200, 204. 

— statue, i6<> 



252 

Fastes consulaires, 2(xj, 

204, 210. 
Faune, statue, M. 212. 
Faustine. bustes. M, 202. 

212. 
Fazio degli l'berti. 94. 
Fedeli, nx), 110 note 4. 

157. 190. 

Félicitas (Sanctuaire de 

la), 43. 
Femme, statue colossale, 

M, 2i3. 
■— en bronze, M. 199. 

— portant un vase, M, 

2l5. 

— vêtue assise, M, 2(k). 

— vieille-femme ivrogfne, 
M, 21 5. 

— vieille femme qui re- 
cule. M. 202. 

Fenêtre centrale du Pa- 
lais des Conservateurs, 
i5o. 

— d'où le sénateur assis- 
tait aux exécutions, 84. 
io5, 120. 

Fenêtres des prisons, 
160. 161. 

— du Palais, ifti, 120, 122. 
124. i5o. 179. 

Fenzonio(Gio. Batta). sé- 
nateur. i{)7. 
Ferdinand I", <,rrand-duc 
de Toscane. 171 note 5. 
Ferdinand IV, roi des 

Deux-Siciles, 233. 
Ferrare (cardinal de). 

\^oir Este. 
Ferretti (Antonio). Art.. 

14H note 4, 182 note 7. 
Ferretti (Francesco). 

d'Ancône, 85. 
Ferronniers (corporation 

des), 166. 
Fêtes données au Capi- 
tole : 
Au xiv* siècle, 83. 
Au XV* siècle, ii3, 114. 
Au XVI* siècle, 170, 

171. 
Au XVII* siècle, 190. 

191. 
Au XVIII* siècle, 223. 

224. 225. 

Ficoroni (Collection d'in- 
scriptions de). 2i3. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 

Fides (Temple de la), 8, 

II, i3, 40, 42, 45, 47. 
Filagato. pape, io3. 
Filarète (Le). Voir Aver- 

lino (Antonio). 
Filippo (xMaestro) Arl., 179 

note 3. 207. Sans doute 

Filippo Casella. 
Filippucci (Tommaso), 

140. 
Fioravante, capitaine du 

Capitole. 159. 
Fiorelli (Raffaele), horlo- 
ger. 222. 
Firmo da Caravaggio, 

Art., 97. 
Flamines, 11. 
Flaminia (Porte). 187. 
Fleuves, représentations 

allégoriques, 121, 19ÎÎ. 

210, 220. 
Fleuves, autre représen- 
tation, M, 202. 
Flumentana (Porte), 7. 
Fondo statuario, 5ii. 
Fontaine du Capitole, 

148, 149, 182, 219, 220. 
Fora impériaux, 12, 14. 

i5. 
Fornix Calpurnius, 16. 
Fortuna Primigcnia 

(Sanctuaire de la). 8, 12, 

43. 
Fortuna Bona. l'oirBo- 

na Fortuna. 
Fortune sans tête, statue, 

M, 202. 
Forum, i, 2, 5, 6, 12, i5, 

16, 19, 21, 22, 24,61,97, 

120, 124, i32, i5o. 
Forum Boarium, 1,7, 11, 

i5, 17, 48. 
Forum Holitorium, 7, i5. 
Fra Montrealc. Voir 

Montreale. 
Francesco, marbrier vé- 
nitien, Art.,îJ8. 
Francesco,sénateur. Voir 

Gualdi (famille). 
François I", empereur 

d'Autriche, 233. 
Frangipani, oi. 
Frédéric I" Barberousse, 

64. 
Frédéric II, empereur, 06. 
Frédéric-Auguste II, 233. 



Frise navale, 2o3 note 7. 
Fulvius Flaccus (P.), lO. 
Fumier sacré, 16. 
Furietti (Cardinal Alcs- 

sandro),2i4note3, 216. 
Furius Camillus (L.), 18. 
Furius Purpureo(L.), 19. 
Fusconi (Adriano), 204. 
Fustigation, 187, i58. 
(îabelia dello Studio (Ga- 
belle des études ou gla- 
belle des vins), 140, 145, 

i5o, 174. 
Galassi (Antonio), loi, 

note i. 
Galasso de Bologne, 88, 

112 cote 2. 
Galeotto, sénateur. Voir 

Gualdi (famille), 
(îalletti (P'abrizio), 175, 

176. 
Garçon et jeune fille, 

groupe, M, 21 5. 
Garde du Capitole, 110, 

Ml, 112. 
Gardes (Salle des). 89, 11 1 , 

112 notes I et 2. 
Gardien de la statue de 

Léon X, 168. 
Gardien du cheval de 

Constantin, i36. 
(iaulois, siège du Capi- 
tole, 9, II. 
Gelasse II, 61, 
Gémonies. Voir Scalœ 

Gemoniae. 
Génie, statue, M, 202. 
Genius Populi Romani 

(Sanctuaire du), 43. 
Gens Julia (Autel de la), 

44, 45, 47. 
Genséric, 49. 
Germanicus, i3, 43, 46. 

Voir aussi Trophées, 
Gcsù (Eglise du), i35. 
Ghetto, io5. 
Ghezzi (Giuseppe), 218. 
Ghezzi (Pietro), Art., 219. 
Ghislerio (Innocenzo), 

horloger, 222. 
Giacomo da Pietra Santa. 

Voir Pietra Santa. 
Giannini (Domenico), 

charpentier. Art., 219. 
Gibet. Voir Monte Ca- 

prino. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 



Gidone (Simone), Art., 
219. 

Giovanni Antonio de Po- 
mis, arch.. Art., 180. 

Giovanni da Ferrara,con- 
nétable, 112. 

Giovanni da Mantova, 
Art., QQ. 

Giovanni de Lcono, sé- 
nateur, III note I. 

Giovanni Del Duca. Voir 
Del Duca. 

Giudea (Piazza), io5, 164. 

Giulia. Voir Marciana. 

Giuliano da Aquila, 112. 

Giulio Romano (Via), 20. 

Gladiateur mourant, M, 

2l3. 

Gradus Monetas, 16, 17. 
Grégoire VII, 61. 
Grégoire XIII, 65, io5, 

142, 145, 147, ï5i, 176, 

177, 200, 2o3, 242. 

— statue, 168. 
Grégoire XIV, 170. 
(îrégoire XV, 179, iB5. 
Grégoire XVI, 162, 182, 

199 note 5. 

Grenier à sel du Tabula- 
riuin, 96-102. 

Gualdi (famille), 126. 

Guido de Montcfeltro, 
vice-sénateur, 82. 

Guidocci (Leonardo), 
Art., i35 note 2. 

Guidone di Pilo, séna- 
teur, 72. 

Guillaume le Clerc, 55, 
57 note I. 

Gulielmo Standardo, vice- 
sénateur, 75. 

Hadrien, i3, 14, 44. 

— bas-relief. M, 209 note 
3. 

— bustes, 212. 

— enfant, statue. M, 199. 

— sacrifiant. M, 2o3. 

— sous les traits de 

Mars, 212. 

— autre statue, 210 note 

I. 

— (Tête d'), M, 199. 
Hagiopolite (L'), 56. 
Harpocratc, statue. M, 

214. 
Hécate(Sanctuaire dc),2o. 



Hécate à trois faces, M, 

2l5. 

Heemskerck(Marten van). 
Représentations du Ca- 
pitole, 85 note 2, 90, 96, 
i<j8, 120 note, 144. 

Henri IV, empereur, 61. 

Henri IV, roi de France; 
son abjuration, 191 note 
2. 

Henri VII, 67, 72, 74. 

Henri de Castille, séna- 
teur, 86. 

Hercule, autel votif. M, 
195, 199, 214. 

— enfant, buste. M, 212 

— statue, M, 2o3note 6. 

— (Salle dite d'), 203. 

— statue dorée, M, 194, 

196, .198, 199, 204, 
210. 

— statues, 45. 

— statue. M, 2o3. 

— tuant l'hydre. M, 212. 
Herdonius, 8, 11. 
Hérétiques, i56. 
Heweston (Christopher), 

23o. 

Homère, buste. M, 212. 

Horatius Pulvillus (Al), 
9, 29, 3o. 

Horloge du peuple ro- 
main, 220-223. 

Hospice S. Giovanni, 
Voir Sancta Sancto- 
rum. 

Hygia, statue, 45. 

— statue. M, 2i5. 
Immortalité, statue. M, 

210 note I. 
Imprimerie du peuple, 

171-177. 
Infessura, 69, iio, 162. 
Innocent III, io5. 
Innocent IV, 63, 237, 238 

note I. 
Innocent VII, 84, io3. 
Innocent VIII, 69, c/), 99, 

io5, 112, 116, 196. 
Innocent X, i5o, 180, 181, 

186. 

— statue, 184. 
Innocent XII, 126, 144. 

— statue, 184. 
Innocent XIII, iQC>, 223. 
Isis, statue, M, 211, 214. 



253 

Isis (Prêtresse d'),statuc, 
M, 214. 

Isis Capitolina (autel d'), 
44. 

Jacobo de Bologne, ma- 
çon. Art., i37 note 3. 

Jacques de Voragine, 55 
note 3. 

Japonais (Ambassa- 
deurs), 171. 

Jardins du palais des 
Conservateurs, io5. 180. 

Jean d'Outremeuse, 53 
note 4, 55, 58. 

Jeune fille tenant un oi- 
seau, M, 202. 

Jeune fille, statue, M. 214. 
Voir aussi Garçon et 
jeune fille. 

Jeux. VoirAgonet Ludi. 

Johannes de Mantova. 
ToirGiovanni da Man- 
tova. 

Joseph I", empereur, 224. 

Jubilé de i3oo, 72. 

Juifs (Communauté des), 
141. 

Jules II. 126. 

Jules III, 139, 219. 

Julia, femme de Septime 
Sévère, buste, M. 212. 

Julia Mamca,sarcophage, 
M, 206. 

Julia Mcsa. buste, 212. 

Jumeaux, l'oir Louve. 

Juno Moneta (Temple 
de), II, 18, 60, 237. 

Juno Sospita. M, 210 
note I. 

Junon (Cella de). 7, 33. 

Junon, statue, M, 211. 

— statue, 35, 36 ,37. \ 'oir 
aussi Dea virgo celestis. 

Jupiter (Cella de), 36. 

Jupiter (xMythe de). 2i5. 

Jupiter (Sacrifices offerts 
à), 9. 

Jupiter (Statues de), 3^, 
36, 45. 

Jupiter (Statues), M, 124, 
.210 note I, 212, 2i5. 

Jupiter Africus, statue, 
45, 47. 

Jupiter Capitolin (Bas-re- 
lief représentant un sa- 
crifice à), 197. 



254 

Jupiter CapitoIin(Temple 
de), 3, 7, B. 9, 10, II, i3, 
14, 17, 22, 25, 26, 27-40. 
41, 42. 47, 5o, 60. 143. 

Jupiter Conservator 
(Temple de), 14. 26, 40, 
41, 60. 

Jupiter Custos (Temple 
de). Voir Jupiter Con- 
servator. 

Jupiter Feretrius (Tem- 
ple de), 4, 5, 8, II, i3, 
40, 42, 60. 

Jupiter Pistor (Autel de), 
44. 

Jupiter Sabazius (Sanc- 
tuaire de), 20. 

Jupiter Sol Serapis (Au- 
tel de), 2i5. 

Jupiter Soter (Sanctuaire 
de), i3, 43. 

Jupiter Summanus (Tem- 
ple de), 33. 

Jupiter Tonans (Temple 
de), i3, 41, 45. 

Jupiter Victor(Sanctuaire 
de), 43. 

Juventas (Sanctuaire de), 

4, 5, 27, ,^4* 

Kasimire (Reine Marie-), 
i8(), 190. 

Kent, architecte anglais, 
207. 

Kock (Hieronymus), Re- 
présentation du Capi- 
tule, 90, 92,96, 120 note, 
122. 

Lafreri. Représentation 
du Capitole, 92, 122. 

Lainiers (Corporation 
des), 166, 167. 

Landini (Taddeo), scul- 
pteur, Art., 1.52, 168. 

Latino (Cardinal), 68. 

Latino Juvenal, 199. 

Latran, 128, i32, i36, 164, 
169, 170, 186, 2o3, 214. 

Laurenzio di Pietra San- 
ta. Voir Pietra Santa. 

Laureti (Tommaso), Art., 

l52, 

i53, i55, 208 note 6. 
Légendes relatives au 

Capitole, 3, 53. 
Légendes relatives à la 

statue de Marc-Aurèle, 



L\DEX ALPHABÉTIQUE. 






128, 129, i3o, i3i, i32. 
Lelio daCeri, 175. 
Lello Capocci, 73 note 2. 
Léon X, 164, 170, 198, 241. 

— statue, 167. 
Léon XI, i85. 

Lex Reg-ia, inscription, 
204. 

Liber, statue. 45. 

Libraires ( Corporation 
des), 176. 

Lici Fabio (Plan de), 121. 

Lion de marbre du Capi- 
tole. groupe. Kotr Che- 
val et Lion. 

Lions du Capitole vi- 
vants et figurés, 75-78. 

Lippi (Annibale), archi- 
tecte, 146. 

Lippi (Filippo), i35. 

Livie, 43. 

Locus Saeptus, 21, 25. 

Loggia, 65, iio, 120, 122, 
145, 235. 

Lorenzo. Voir Pietra 
Santa (Lorenzo di). 

Loto, 233-235. 

Louis de Bavière, 72 note, 
76, 83, <>5, 94. 

Louis de Gonzague 
(Prince), 23o, 23 1. 

Louve vivante, en cage, 
144. 

Louve et les Jumeaux, 
statue. 35, 45. 

Louvp et les Jumeaux, 
statue actuelle. M, 92, 
121, 194, 198, 199, 204. 

Lucc II, 64. 

Luci (Inter duos lucos), 
21. 

Lucilla, buste, M, 2i5. 

— statue, M, 212. 
Lucina(Via), 209. 
Lucius Verus, buste, 2 12. 
LucuUus, 36. 

Ludi Capitolini, 11. 

Ludi Romani, 10. 

Ludovicus, ouvrier flo- 
rentin, Art., 220. 

Ludovisi (villa), 21 3. 

Lunghi (Martino), arch., 
139, 146. 

Lupis (Domenico di Bar- 
tolommeo de). Art., 207. 

Macaronius (Marius), sur- 



veillant des travaux- 

i37 note 3. 
Maçons (Corporation 

des), 166. 
Madone du Capitole, 88. 

i5i. 
Maes (Girolamo), vitrier. 

Art., 219. 
Maestri di strada, i38, 

140, 168. 
Maffei (famille), 104. 
Magalotti, gouverneur 

de Rome. 82. 
Maggi (Andréa), archi- 
tecte, 218. 
Magistri stratarum. Voir 

Maestri di strada. 
Maisons particulières sur 

le Capitole antique, 1 1 , 

12, 14, 17, 20, 25, 47, 48. 
Mamea, sarcophage. M, 

206. 208 note 6, 211. 
Mancini (Domenico), Art., 

148 note 3. 
Manlius (L.), 18. 
Manlius Capitolinus, 10, 

II, 18. 
Mantoue (Musée de). Plan 

de Rome, 96. 
Manuce (Aide). 171. 
Manuce (Paul), 171, 174, 

175, 176. 
Marc-Antoine. Voir Co- 

lonna (Marc-Antoine). 
Marc-Aurèle, i3, 14. 

— (Arc de), 37, 198. 

— (Bas-relief représen- 
tant Ja vie de). M, 137 
note I, 198, 207. 

— Buste, M, 211, 212. 

— Statue, M, 204, 2i3. 

— Statue équestre, 76, 
125, 128, 137. 

Marcello. Voir Auguste, 

statue. 
Marcellus(Théàtre de), 1 5. 
Marchands. Voir Mer- 

canti. 
Marché, 66, 67, 68. 69. 
Marcia (Aqua). Voir Ac- 

qua Marcia. 
Marciana ou Plotina ou 

Giulia, statue, M, 21 5. 
Marcucci (Plan de), 122. 
Marescalchi, 164. 
Marforio, statue, M, 77, 



note 4, 182, 206, 208 

note 6. 
Marforio (Via di), 20. 
Marie-Amélie, duchesse 

de Parme, 233. 
Marie-Antoinette Wal- 

purge de Bavière, 233. 
Marie-Caroline, reine des 

Deux-Siciles, 233. 
Marie-Christine de Saxe, 

233. 
Marie-Kasimire. VoirKa- 

simire. 
Marie-Thérèse d'Au- 
triche, 228. 
Marins, 45. 

— statue. M, 209 note i, 
210 note I. 

— autre statue. M, 2i3. 

— trophées. Voir Tro- 
phées. 

Marmorata, port, ici. 
Mars, sanctuaire, 4, 5. 

— statue. M, 37, 45. 

— statuette. M, 2i3. 
Mars Ultor (Temple de), 

i3, 42. 
Mars et Vénus, groupe, 

M, 2i5. 
Martin V, 84. 87, 97. 

— (Tour dite de), i25. 
Martin Polonois, 53 note 

4,58. 
Marzi (Abbé), 23 1. 
Masques. Voir Pan. 

Silène. 
Massei (Baldo) de Came- 

rino, 187. 
xMassimi (Cardinal), 2o3 

note 6. 
Mater Magna (Autel de 

la), 216. 
Mattei (Alessandro). 242. 
Mattei (Ciriaco), 143. 
Matteo di Castello, arch., 

149. 
Maximilien de Saxe, 233. 
Medicis CCardinal Ales- 
sandro de). 149. Voir 

aussi Ferdinand I" de 

Toscane. 
Medicis (Giuliano et Lo- 

renzode), 170. 
Medicis (Villa), 149. 
Mellini (Gaspero), Art., 

182 note r. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 

Mens (Temple de la), 12, 
42. 

Mercanti (Corporation 
des), 166. 

Mesures d'huile, vin, blé. 
Voir Étalons. 

Metellus, statue, 43. 

Mettius Curtius (Bas-re- 
lief de). M, 200. 

Meuniers (Corporation 
des), 114. 

Michel-Ange. 76, 119, 124, 
125, i36, 144, 145, 146, 
i5o, 161, 178, 206, 218. 

Milon (Maison de), 17. 

Minerve, 3i. 

— (Cella de), 7, 33. 

— (lieu dit « Ad Miner- 
vam »), 47. 

— Statue, 35, 36, 37. 

— Statue, M, 212. Voir 
aussi Rome (statue de). 

— Tête, M, 208 note 6. 
Minerve (ÉgUse de la), 

i36. 
Minucia (Portique), i5, 

48. 
Mithra (Sanctuaire de), 

20, 194 note I. 

— Bas-reliefmithriaque, 
194, note I. 

Mithridate, 11, 36. 

Monnaie (Ateliers de la), 
II, 18. 

Monte Caprino, 66, 71, 
78, 102, 106, 108, 109, 
120, 140, 164, 199, 219. 

— Gibet (du), 94, io5, 162. 
Monte Cavallo. 187, 188. 
Monte del Grano, 206. 
Montefeltro (Guido de), 

86. 
Monte Tarpeo (Via di), 

16; 26, 38. 
Montreale (Fra), 104, 109. 
Morelli Fernandez (Ma- 
rie-Madeleine) . Voir 

Corilla Olympica. 
Mosaïque de l'église d'A- 

racœli, 238. 
Mosaïque des Colombes, 

216. 
Mosaïques des Musées 

Capitohns, M, 214. 
Mosaïques du temple de 

Jupiter Capitolin, 34. 



255 

Muffel (Nicolas), de Nu- 
remberg, i3o. 

Muse, statue, M, 202. 

Musées Capitolins. 8(> 
191-216. 

— — Galeries de ta- 
bleaux. 216. 

Musées du Vatican. Mu- 
séeégyptien, 199, note 5. 

Mutio Âluto, i37 note 3. 

Muzio (Palais), i38. 

Mythe de Jupiter, M, 2i5. 

Napolioni (Clémente 
Bianchi, Art., 219. 

Nardini, 229, 23i. 

Nardo di Bartolommes, 
ICI note i. 

Navona (Piazza), 68, 69, 
206. 

Nello di Bartolommeo, 
Art., 88. 

Nemesis (Autel de), 44. 

Neptune avec un dau- 
phin endormi, M, 202. 

Néron, 12, i3, 21, 22. 

— (Arc de), i3, 21. 

Néron jeune (Tête colos- 
sale de), M, 90, 92. 194, 
199, 207, 208 note 6. 
Voir aussi Domitien. 

Néron (Trophées de), 21. 
Néron César, M, 192, 193. 
Niccolo Tolosano, 126. 
Nicolas V, 87, 88, 90, 96, 

97, 120. 
Nicolas di Thiano, séna-, 

teur, 84. 
Nil, figure allégorique, 

121 note I, 224. 
Niobide, statue. M, 2i3. 
Notaires ( Corporation 

des), 166. 
Nouveau Palais. Voir 

Palais des Conserva- 
teurs. 
Nucci, Art., décorateur 

de la chapelle, 217. 
Numa, 8, 42. 
Nymphe sur un dauphin, 

M, 202. 
Obélisque, 121, 143, 242. 
Oies du Capitole, 9, 72. 
Oies de bronze. M, 211. 

— (Salledes), 2ii,note4. 
Oliviero (Paolo), sculp- 
teur, Art., 168. 



256 

Ops (Temple d'). 12, 32, 

Orfèvres (Corporation 
des). i-|i. 

Orsini (Fulvio). 206. 

Orsini (Napoleone). 83. 

Orsini (Virginio), 169. 

Ottoboni (Cardinal Pie- 
tro, 21 5. 

Paix (Prétendu temple de 
la), 92. 

Palais des Conserva- 
teurs, 38, 78. 

— au XV' siècle, 89-92, 
i65. 

— au XVI* siècle, 119, 120, 
121, 122, 123, 124. 145, 
i5o. 

— au XVII* siècle, 180. 

— au xviii* siècle. 217. 
Décoration intérieure, 

i5i-i55, 180, 181, 182. 
Palais des Conservateurs 

(Nouveau Palais), 124, 

i5o, 166, 180, 186, 210, 

224. 
Palais sénatorial : 

— au xiV siècle, 72-74. 

— au XV siècle, 84-89. 

— au XVI* siècle, 119. 
140, 142, 144. 145, 149. 

— au XVIII* siècle, 217, 
218, 219. 

Palatin. 2. 3, 4, 5, 14, 19, 

49. 
Palmier du Capitole, 122. 
Paloni (Silvestro), i56. 
Pan, buste. M, 212. 

— masque, M. 2i5. 

— statue, M, 19^;, 209 
note I. 

Pan et les Nymphes, bas- 
relief, M, 212. 
Pandana (Porte), 3, 5, 26, 

47- 
Panthéon. 57 note i, i23. 

Paolo di Mariano de 
Sczze. l'oir Paolo Ro- 
mano. 

Paolo Romano, Art., 8î). 

Papes au Capitole. l'oir 
Visites des papes. 

Papes auxquels des sta- 
tues furent élevés au 
Capitole : 
Alexandre VII. 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



Clément VII 
Grégoire XIII. 
Innocent X. 
Innocent XII. 
Paul III. 
Paul IV. 
Sixte-Quint. 
Urbain VII. 
Urbain VIII. 
Parlements du peuple, 64, 

74- 
Parrhasius, 36. 
Paschalis II, 61. 
Patarine (Cloche), 64, 83. 
Paul II, 89, 97, i33, i35. 
Paul III, 126, i38, 139. 

199. 200. 

— statue, 168. 
Paul IV, 171, 241. 

— statue, idi, 169. 
Paul V, 149 note 2, i5i, 

179, 180, i85. 

Pedacchia (famille de mo- 
dérateurs de l'Horloge). 
221. 

Peintres (Corporation 
des), 141. 

Peintures (Musée de). 
}'oir Musées Capito- 
lins. 

Pelicano (Giovanni), sé- 
nateur. 187. 

Pérac. Voir Du Pérac 
(Etienne). 

Peracca (Antonio), scul- 
pteur, Art., 207. 

Perfetti (Chevalier), 81. 

Perfetti (Bernardino), 225- 
228, 23l. 

Pérugin (Le), i55. 

Pérugin (École du), 219. 

Pctilius Capitolinus, 35. 

Peto Luca, jurisconsulte. 

177- 
Pétrarque. 78, 79, 80. 

PetraSancta. Uo/rPietra 

Santa. 
Petroni, 2?o. 
Petrus, maître fondeur 

milanais. Art., 220. 
Piazza del CampidogHo. 

T'oîV Campidoglio. 
Pie II. as. 112. 
Pie IV, 125, 140, 142, 145, 

2(X). 201. 2?[h 241. 

Pie V, 145, 171, 201. 



Pie VI, 220. 

Pie VIL 189, 216, 222. 

Pied de bronze supposé 

de Qestius, 209. 
Piédestaux. M, 209. 
Pietra (Piazza di), 209. 
Pietra Santa (Giacomo 

da). Art., 97. 
Pietra Santa (Lorenzo 

da). Art., 97, 98 note i. 
Pietro, préfet de Rome. 

l32. 

Pietro dï Giovanni da Va- 
rese, Art., 87, 97. 

•Pietro di Stefano. séna- 
teur, 65. 

Pighini (Marquise Fran- 
cesca), 2o5. 

Pinardo (Plan de). 121. 

Pincellotti (Francesco), 
Art., 218. 

Pindare, buste. M, 212. 

Pinturicchio, 217. 

Pitoride, buste. M, 212. 

Pizzi (Abbé Gioacchin), 
23 1, 233. 

Place du Capitole. l'oir 
Campidoglio ( Piazza 
del). 

Plan de Rom* (Forma 
Urbis), 214. 

Plans. Voir Représenta- 
tions du Capitole. 

Platon, buste, M. 212. 

PleydenwulIT. Représen- 
tation du Capitole , 
96. 

Plotina. Voir Marciana. 

Pogge (Le). 97, i3o, 192 
note I. 

Poggio (Cîaleazzo), séna- 
teur, 146. 

Pollux. Voir Dioscures. 

Polyphème, M, 202, 210 
note I, 

Polytime. Toir Chasseur. 

Pompée, 36. 

Pont Saint-Ange, 72. 

Ponte Santa-Maria ou 
Ponte Rotto, 200, i38 
note 3. 

Pontifes, 11. 

Poppée. buste. M, 212. 

Porcari (Armes des). 98. 

Porcari (Stefano). io5. . 

Porta. Ut)/;- DcUa Porta. 



Portes, 145. Voir : 
Carmentalis. 
Flaminia. 
Fiumentana. 
Pandana. 
Ratumena. 
Salara. 
Sixte IV. 
Stercoraria. 
Tabularium, 97. 
Porticus ad Nationes. 

56. 
Portique situé au sud du 
Portique Minucia, 48. 
Portiques. Voir aussi 
Dii Consentes. 
Minucia. 
Vignole. 
Portogallo. Voir Arc de 

Portogallo. 
Porzionari. 137. 
Postumius Albinus. 16. 
Prêtresse d'Isis, buste, 

M, 214. 
! rise de possession du 
Capitole par les Séna- 
teurs, 187. 
Prison Mamertine. 70. 
Prisonnier dace, M, 2i3. 
Prisons, 102- io3, i56-i02. 
Voir aussi Fenêtres. 
Proserpine. M, 21 1 note 7. 
Prospettivo, 77, 196. 
Psyché, statue, M, 2i5. 
Publicola, 29. 3o. 
Pudicité, statue. M, 202. 

210 note I. 
Puri de Marchis (Carlo), 

Putéal. 212. 

Quadrige du temple de 
Jupiter Capitolin, 2î>. 

Quintus Ercnnius, buste, 

M, 212. 
Quirinal, i, 2, 3, 4, 6. i5, 

45. 125, 202. 
Quirinus (Temple de), 73. 

241. 
Raimondi (Gio. Batta). 

imprimeur, 171 note 5. 
Ramsès III, statue de sa 

mère, M, 211. 
Ratumena (Porte), 6. 29. 
Uedi (Représentation du 

Capitole d'Alessandro 



;DEX ALPHABÉTIQUE 


• 

:. 257 


: 

.1 
11 

1 


Strozzi, dite Plan de), 


la figure de Minerve), 


; 


96. 


148, 2(X), 201 note 4. 


. 


Représentations du Capi- 


Romulus, 3, 4. 5. 21, 40. 44. 


-1 


tole. 


Ronciono (Franccsco). 


1 


au XII' siècle, (4. 


2o3. 


•' 


au XIII* siècle, 93. 


Rondino (Alessandro). 


f 


au XIV* siècle, 72, 92, 


Art., 207. 




<>3, 94. 


Rossi, maçon, 178. 


• 


au XV* siècle, 92, 96. 


Rossi (Lodovico), Art., 


, , 


au XVI* siècle, 120 


181. 




note I. 


Rostrale (Colonne). Voir 




Voir aussi : 


Colonne. 




Benozzo Gozzoli. 


Roverella (Lorenzo). f;8. 




Bibliothèque Nat. 


RucccUai (Bernardo), î>5. 




Cartaro. 


Rufini (Alessandro), évé- 




Chantilly. 


que, 200. 




Dosio. 


Sabine, buste. M, 212. 




Du Pérac. 


Sabins, 4, 7, 27. 




Falda. 


Sabinus, 12, i3, 17, 26. 




Ileemskerck. 


Sacra (Via), 5, 8, 10, i5. 16. 




Kock. 


Sacripante (Carlo Maria). 




Lafreri. 


234. 




Lici. 


Sadler (Représentation 




Mantoue. 


du Capitole de), 97. 




Marcucci. 


Saffi (Antonio), i56. 




Pinardo. 


Salara (Porte), 211. 




PlevdenwullT. 


Salara Vecchia (Via), uyo. 




Redi. 


Saliceti, médecin, 23o. 




Sadler. 


Salle d'audience du séna- 




Sienne. 


teur, dite aussi Salle de 




Taddeodi Bartolo. 


l'Assectamentum, 73, 




Wolgemut. 


74, 80. 124. i5i, 178. 217. 




' Wyngaerde. 


Salles du Capitole. l'oir 




Représentations allégo- 


Capitani. 




riques peintes sur les 


Gardes. 




murs du Capitole, 81- 


Hercule. 





83. 

Représentations théâtra- 
les, 170, K^. 

Ricci (Cardinal Giovanni), 
2o3. 

Rienzo. V^oir Cola di 
Rienzo. 

Rinaldi (Carlo), archi- 
tecte. 181. 

Rinaldi (Girolamo), 149. 

Ripanda (Giacomo). pein- 
tre. i5i. 

Robert, roi de Naples, 
79, 83. 

Robert I", duc de Nor- 
mandie, i3i. 

Roberto da Lecce, ii5. 

Roche Tarpéienne. Voir 
Tarpéienne. 

Rome (Statue de — . sous 



Oies. 
Salvatio civium. 54. 
Salviati (Alfonso) de Ana- 

nia. Art., ux) note i. 
Samson, fragment d'une 

statue colossale. M, 194. 
San Beata Rita, 20. 
S.Biagioin MercateIlo,67. 
S. Giovanni Decollato, 

confrérie. i63. 
S. (îiovanni, hôpital. \'oir 

Sancta Sanctorum. 
S. (îiovanni in Merca- 

tello. aujourd'hui S. Ve- 

nanzio de Camerinesi, 

67, 70. 
S. Lorenzo a Monti, 67. 
S. Lorenzo hors les murs. 

2()3 note 7. 
S. Maria Dcgli Angeli 



t; 



258 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 



(Chartreuse de), 211. 

S. Maria Aracœli, 2, 25, 
66, 69, 73, 77, 83, 85, 86, 
87, 88, 96, 97, 100, io3, 
121, 122, 124, 126, 139, 
140, i5(3, 168, 178, 199, 
209, 218. 220, 224, 237- 
242. Voir aussi S. Ma- 
ria in Capitolio. 

S. Maria de Curte, 70. 

S. Maria dei Monti, 144. 

S. Maria délia Consola- 
zione, 71, 108. 

S. Maria in Capitolio, 6(3, 
61, 62. Voir aussi S. 
Maria Aracœli. 

S. Maria sopra Mincrva. 
140. 

S. Martina, 198. 

S. Nicola de Funariis. 
aujourd'hui S. Orsola 
a Tor de'Spechi. 71. 

SS. Sergioe Bacco. 71. 

S.StefanodelCacco, 199. 

S. Stefano Rotondo. 2o3 
note 8. 

Sancta Sanctorum. hôpi- 
tal, 108, 160. i65. 

Sanctis (Giovanni de), 
horlogrer, 222. 

Santafiora (comte di), 
statue, 169. 

Sapho, buste, M. 212. 

Sarcophage d'Achille et 
de Penthésilée. M, 196. 

Sarcophage d'Alexandre 
Sévère, M. 206. 2ii\ 
note 6, 211. 

Sarcophage des Amazo- 
nes. M, 214. 

Sarcophage d'Aurelia Ex- 
tricata. 11 5. 

Sarcophage des Quatre- 

Saisons, M, up. 
Saturne, 2. 

Saturne, autel, 3. 

Saturne (Temple de). 16, 

71- 
Saturnia. colonie. 2, 3, 4. 

Satyre, statue. M, 2(x) 

note 2. 

— au repos. M, 21 5. 

— en marbre rouge. M. 
21 5. 

— en marbre, attaché à 
un arbre, M. h». 



Savelli (Giacomo), 83. 
Savelli (Orazio). 142. 
Scalae Gemoniae, 16, 17. 

22, 23, Voir aussi Gra- 

dus. 
Schedel, 96. 
Sciarra (Palais), 145. 
Scipion l'Africain, 16. 
— bustes, M, 206. 210. 
Segni (Giulio Cesare). 

sénateur, 187. 
Séjan, 17. 

Sénat, 9, i3, 42 etpassitn. 
Sénateur, l'oir Prise de 

possession et Trône. 
Sénèque, buste. M, 212. 
Septime-Sévère, buste M. 

212. Voir aussi Arc de 
triomphe. 

Sépulcre de Bibulus. Voir 

Bibulus. 
Sérapis (Autel de). 44. 
Sergius III, i32 note 3. 
Servius Tullius (Enceinte 

de), 6. 7, 8, 9, 1 1 , 1 5. 20, 25. 
Sesi, 211. 
Sesostris. Voir Ram- 

sès, III. 
Sévère Alexandre. Voir 

Alexandre Sévère. 
Sforza-Cesarini. 214. 
Sforza (Costanza), 168. 
Sibylle, 238, 240. 
Sienne (Représentation à 

— du Capitole, par Tad- 

deo di Bartolo). 90. 94. 

104. 
Sigismond. empereur. 

III. 
Silène (Masque de), M, 

21 3. 

Silos du Monte Caprino, 

108. 
Singes, M. 199. 
Sixte IV, 89, 90, 97, CjH], 

114, 121, i33, 134, i35, 

i(>3. 

— (Porte ÔQ).(]lilgc). 218. 
Sixte-Quint, 149. i5i, i53, 

161, 170, 177. 202, 204. 

— (Statue de). i(.i\. 
Socrate. buste. M. 211. 
Soie (Corporation des 

arts de la). 166. 
Spagna (Giuseppe). fon- 
deur. Art., i?(). 



Specchi (Alessandro), 

arch., 210 note i, 226. 
Sphinx, M, 199. 
Sphinx ou Lions de ba- 
salte, 140, 186. 
Spinelli (Cardinal), 2x5. 
SpuriusCarvilius, statue, 

46. 
Spurius Maelius (Maison 

de), 48. 
Squarcialupi (Pietro), sé- 
nateur, 122, 123. 
Stasi (Famille), 21 5. 
Statue équestre. Voir 

Marc-Aurèle. 
Statue du Peuple romain 

(Minerve). Voir Rome 

(statue de). 
Statues égyptiennes. M, 

211, 214. 
Statues honorifiques : 

au XVI* siècle, 167-169. 

au xvii* siècle, i83, 184, 
Statuts de i363, 86. 
Stercoraria (Porte), 16. 
Stilicon, 49, 60. 
Strt)zzi (Alessandro). Voir 

Redi. 
Suède (Reine de). Voir 

Christine. 
Subura, 4. 

Surdis (Famille des). 106. 
Sylla, 1 1 , 3o. 
Table iliaque, 216, 
Tableaux (Galerie de). 

216. 
Tabularium, 11, 16, 17, 21, 

22, 23, 24, 25, 49, 61, 70. 

72, 89. i>6-i02, i5o, 162, 

218. 
Tacite, empereur, 46. 
Taddeo di Bartolo. Voir 

Sienne. 
Tailleurs (Corporation 

des), 166. 
Tarpéien.MonsTarpeius. 

2, 3, 27. Voir, Monte 

Caprino. 
Tarpéienne (Roche). 4, 5, 

10, 26, 42, 47, io3, io5. 
Tarquin l'Ancien, 5. 6, 7, 

i5, 27. 28. 
Tarquin le Superbe ,7. 28. 
Tarquins. 3. 5. 8, 25, 3o, 

32. 

Tartaglia di Fuligno, 112. 



Tasse (Le). iU. 
Taureaux (Combats de). 

114. 
Temples et sanctuaires 
élevés sur le Capitule. 
Foir Bellone asiatique. 

Beneficentia. 

Concorde. 

Dea Virgo Celestis. 

Félicitas. 

Fides. 

Fortuna Primigenia. 

Genius Populi Ro- 
mani. 

Gens Julia. 

Juno Moneta. 

Jupiter Capitolinus. 

Jupiter Conservator. 

Jupiter Custos. 

Jupiter Feretrius. 

Jupiter Pistor. 

Jupiter Sabazius. 

Jupiter Soter. 

Jupiter Summanus. 

Jupiter Tonans. 

Jupiter Victor. 

Juventas. 

Mars. 

Mars Ultor. . 

Mens. 

Mithra. 

Nemesis. 

Ops. 

Saturne. 

Serapis. 

Terminus. 

Valetudo. 

Venus Erucina. 

Venus Victrix. 

Vesta. 
Terminus, sanctuaire. 4. 

5, 27, 34. 
Testa (Abbé), 23i. 
Testaccio (Mont). 114. 
Têtes colossales du Ca- 
pitole. Voir Colosses. 
Tetricus, i3. 

Thalie, muse, statues, M, 
202 note I, 209 note i. 

2l3. 

Théon de Smyrne. buste. 

M, 212. 
Thésée, statue, 36. 
Thorwaldsen. i36. 
Tibère (Statue colossale 

dite de). M, 202. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 

Tibère, buste, M, 202. 
Tibère, autre buste, M. 

212 
Tibcrius Gracchus. 9, 10. 
Tibre. 6, i5, 26, 48. 
Tibre, figure allégorique. 

121 note I, 124, 198, 210. 

— statue, 38. 
Tiburzio, 112. 
Tireur d'épine. M, 194. 

196. 197. 199, 20<;note I, 
2i3 note I. 

Tittoni (Filippo), archi- 
tecte, 182. 

Titus, i3, 14. 32. 

Titus Quinctius Capito- 
linus, 8, 

Titus Statilius Aper 
(Pierre tombale de). M. 

2l5. 

Titus Tatius. 3. 4. 5. 27. 
40. 

Tivoli. 64, 114. 

Toiture du palais des 
conservateurs, 145, 167. 

Toiture du palais sénato- 
rial. 140, 145. 

Topi (V'incenzo),Art., 207. 

Tor de' Specchi (Mona- 
stère). 70. 

Tor de' Specchi (Via), 26, 
i3iî. 139. 

Torre del Mercato del 
Cancelliere, 67, 68, 69. 

Torre di Nona, 1 10 note 
3, 164. 

Torrone(Ciio.Batta),Art.. 
208. 209. 

Tour du Chancelier, Voir 
Torre del Mercato del 
Cancelliere. 

Tours de Boniface IX, 
74. 87, 120, i5o. 

Tours de Martin ^^ 85. 

125. 

Tours de Nicolas V, 87, 
96, 97. 100, i5o, i83. 

Tours du Capitole, 94, 
119, 124. 149. 

Tozo (Francesco di), i5î{. 

Trajan. i, i3, i5, 38, 46. 

— statue, 3iJ. 

— tête colossale, 207. 
Voir Néron. 

Trajan Ulpius. consul, 
buste, M. 210. 



259 

Trajane (Colonne), i5. 

142. 
Tre Pile (Via dellc) 6, 25, 

144. 
Trevi (Fontaine de). 172. 
Tribunaux consulaires. 

165-167. 
Triomphes au Capitole. 

10, i3. 
Trône du sénateur. i5i. 
Trophées de Germanicus, 

45. 47- 

— deMarius,45, 142. 

— de Néron, 21. 
Ulpien Trajan. l'oir Tra- 
jan Ulpius. 

Uranie, muse, M, 20; 

note I. 
Urbain VII, statue, 169. 
Urbain VIII, 100. 160, lîlo. 

186, 193 note 3. 

— statue, 169, 181. 184. 
Urnes funéraires d'Agrip- 

pineetde Néron César, 
M, 192, 193, 195, 2r)(.) 
note 1. 

Valadier, i36. 

Valerius Publicola (L.), 8. 

Valetudo (Sanctuaire de 
la), 43. 

Valsoldi (Giovanni An- 
tonio), Art., 142. 207. 

Vcies (Artistes de), 28, 29. 
34. 

Vejovis (Temples de). 11. 
18, 19, 21, 25. 

Vélabre, i. 2, 5, 14, i5. 

Vellis (Gio. Batta et Gia- 
como de), chanvriers. 
107. 

Vénitiens (Ambassa- 
deurs), 198. 

Venus Capitolina (Sanc- 
tuaire de), 43. 

Vénus du Capitole. sta- 
tue, M, 2i5. 

Vénus endormie. M, 202. 

Venus Erucina (Temple 
de). 12. 43. 

Venus victrix (Sanctuaire 
de), 43. 

Verospi(Statues trouvées 
dans les jardins), 211. 

Verveines sacrées. 19. 

Vespasien, 12, i3, 14, 16, 
22, 24, 3i, 32. .35, 37. 92. 




rf '.S: 



260 



Vcspasten, buste. M, 212. 
— (Tribunal de). 47. 
Vesta. statue. 3i>. 
Vcsta (Temple de). 16. 
V'^estales, 3i. 
Via. Wnr Arco di Setti- 

mio. 

Bocca délia Verità. 

Capitolina. 

Consolazionc. 

Faba Tosta. 

Giulio Romano. 

Lucina. 

Marforio. 

Monte Tarpco. 

Sacra. 

Salara vecchia. 

Torde* Specchi. 

Tre Pile. 
Vico (Préfet de). 82. 
Vicolo délia Bul'ala. T'oir 

Bufala. 
Vicomagistri (Autels des), 
M, 195. 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 

Victor-Emmanuel (Monu- 
ment de). 20. 

Vicus Jujrarius. i5, 47. 

Vicus Tuscus, i5. 

^'ierge (Représentations 
de la). 88. i5i, 217, 219. 
241. 242. 

Vignole (Portique de). 
139, 242. 

Vilain (Légende du 
grand), i3o. 

Villa d'Hadrien (Statues 
provenant de la), 214, 
216, 

N'inceslas, roi de Naples, 
84. 

Violante (Yolande), gran- 
de-duchesse de Tos- 
cane, 226. 

Virgile, buste, M, 204 
note 3. 

— légende, 54. 5t). 

Visco (Domenico) ferron- 
nier, Art., 219. 



Visites des papes au Ca- 
pitole, 169, 170, 181,182. 
i85, 1ÎÎ6. 

V'^itelleschi (Cardinal), 5o. 

Vitellius. 12, i3, 17, 26, 3r, 
41. 

— buste. M, 212. 

Vitcllozo Vitelli (Cardi- 
nal), 174. 

Voies d'accès au Capi- 
tole, 14, i(>5, i38, 140, 
144. 182. 

Wace, roman de Rou. 
i3i. 

Wolgemut (Michel). Re- 
présentation du Capi- 
tole, 96. 

Wyngaerde. Représenta- 
tion du Capitolc, 120 
note I. 

Zénobie, i3. 

Zenon (Statue prétendue 
de). M, 2i5. 

Zingara. Voir Camillus. 





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12 

14 

17 
21 

25 

27 

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TABLE DES MATIERES 



LE CAPITULE DANS L'ANTIQUITE 

Périodes royale et républicaine i 

Période impériale 12 

La Topop^raphie du Capitole. — Voies 4'accès 14 

L'Arx 17 

L'Asylum. — Le Tabularium 21 

Le Capitole. — L'Area Capitolina 25 

Le Temple de Jupiter capitolin 27 

Les autres édifices du Capitole '. 40 

La décadence et la ruine du Capitole 48 

LE CAPITOLE AU MOYEN AGE 

Légendes 53 



LE CAPITOLE AUX XI% Xll" ET XIII* SIECLES 

Formation progressive du Palais sénatorial 60 

Le Caroccio r 66 

Le Marché 66 



LE CAPITOLE AU XIV* SIECLE 

Transformation du Palais sénatorial 72 

Les Lions du Capitole 75 

Couronnements poétiques. — Pétrarque 78 

Représentations allégoriques peintes sur les murs du Capitole. 81 

Fêtes 83 



262 LE CAPITOLE ROMAIN. 



LE CAPITOLE AU XV* SIECLE 

Transformation du Palais sénatorial 84 

Palais des Conser\'ateurs 89 

Représentations du Capitole au xiv* et au xv* siècle 92 

Le Tabularium. "96 

Prisons du Capitole 102 

Mont Tarpéien ou Monte Caprino io3 

Les exécutions au Palais Capitolin ioq 

La Garde du Capitole 110 

Fêtes données au Capitole au xv siècle ii3 

Épisodes ii5 

Aurélia Extricata ii5 



LE CAPITOLE MODERNE 



LE CAPITOLE AU XVI* SIECLE 

Transformation des Palais 119 

Travaux accomplis dans le palais des Conservateurs 122 

Plan de Michel-Ange 124 

Tour dite de Martin V i25 

Statue équestre de Marc-Aurèle 128 

Achèvement de la place 187 

Achèvement des deux Palais 144 

Salle et Trône du Sénateur i5i 

Décoration intérieure du palais des Conservateurs i5i 

Les Prisons du Capitole au xv* et au xvi* siècle i56 

Les Exécutions au xvr siècle 162 

Tribunaux consulaires i65 

Statues honorifiques 167 

Les papes au Capitole i6c) 

Fêtes données au Capitole au xvi* siècle 170 

Imprimerie du peuple 171 



LE CAPITOLE AU XVII* SIECLE 

Les Palais l'-S 

Statues honorifiques élevées au xvii* siècle i83 

Les Papes au Capitole i85 

Prise de possession du Capitole par les Sénateurs 187 

Fêtes données au Capitole au xvir' siècle 190 

Formation des Musées capitolins. Origine 191 

Classement des collections , . . 204 

Le nouveau Musée dit Musée du Capitole 210 



TABLE DES MATIERES. 263 



LE CAPITULE AU XVIII* SIECLE 

Travaux d'entretien des Palais 217 

L'Horloge du peuple romain 220 

Fêtes célébrées au Capitole au xv;ir siècle. — Les Académies. 22,3 

Couronnements poétiques au Capitole 225 

Inscriptions commémorant la visite de personnages célèbres. . 233 

Le « Loto » 233 



APPENDICE 

L'Eglise de Santa Maria Aracœli 23? 

Bibliographie 243 

Index alphabétique 247 



54770. — Imp. Laiu'rk, 9, rue de Fleurus, à Paris.